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30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 17:29

POUR SES 45 ANS, LE SALON DU CHEVAL DE PARIS VOUS PROPOSE DU SPORT DE HAUT NIVEAU ET DE NOMBREUSES SURPRISES ! Du 26 novembre au 4 décembre 2016, au Parc des Expositions de Paris Nord Villepinte.

 

Présentation de l'événement d'après le site officiel : https://www.salon-cheval.com/Le-Salon/Decouvrez-le-Salon

 

4 UNIVERS À DÉCOUVRIR :

 

 Sports et Compétitions : Sport, Performance et Convivialité

 

Le Salon du Cheval de Paris 2016 met l’accent sur le Sport en vous proposant un programme de compétitions nationales hors du commun pendant le concours hippique INDOOR DE PARIS. Saut d’obstacle, Dressage, Concours Complet d’Equitation, Attelage, Voltige, Horse Ball, Hunter et Western, toutes les disciplines seront au rendez-vous ! Dans un souci de confort aussi bien pour les participants que pour leurs chevaux, les équipes du Salon 2016 ont mis tous leurs efforts au service du Sport en préparant des conditions d’accueil inégalées : gestion des écuries, secrétariat sportif, espaces de convivialité dédiés aux cavaliers ainsi que des carrières et paddocks qui ont été redessinés pour l’occasion. Au programme : des épreuves nationales de niveau pro et amateur dont la dotation totale sera de 40 000 euros, mais aussi des épreuves nationales de niveau club et poneys pour satisfaire le plus grand nombre.

 

Spectacles et Animations : Découverte, Emotions et Talent

 

Le Salon du Cheval de Paris 2016 est définitivement le rendez-vous des passionnés. Le concours « Equi Star » révèlera comme chaque année les artistes équestres les plus talentueux du 1er au 4 Décembre 2016. Des baptêmes, initiations, démonstrations et ateliers vous seront proposés tous les jours, gratuitement, pour votre plus grand plaisir. Les Trophées de l’innovation mettront en lumière des projets originaux et innovants encore inconnus du grand public, qui révolutionneront notre manière de vivre notre passion des chevaux. Grande nouveauté concernant la Nuit du Cheval 2016, qui pour la première fois braquera ses projecteurs sur le Devoucoux Derby Indoor le samedi 26 novembre et sur le Pas-de-deux du Master International de Voltige by CWD le dimanche 27 novembre ! Un spectacle sportif dans une atmosphère de folie, qui sera précédé d’une performance artistique unique orchestrée par le Cadre Noir et Mario Luraschi.

 

Elevage et Ventes : Rencontres et Coups de cœur

 

Venez à la rencontre des éleveurs qui vous présenteront leurs chevaux, poneys, ânes et mulets ; partagez des expériences de passionnés et découvrez de nouvelles races. Le Salon du Cheval de Paris c’est aussi le rendez-vous des cavaliers et de leur futur compagnon d’écurie.

 

Ethologie, Bien-Etre et Sante : Conseils, Pédagogie et Cas pratiques

 

Le Salon du Cheval de Paris 2016 comportera un espace complètement dédié au bien-être et à la santé animale. S’adressant aux cavaliers, éleveurs, enseignants, propriétaires ou bien tout simplement aux passionnés de chevaux, tous les sujets relatifs à la santé, l’alimentation, l’hébergement, le comportement, l’appareil locomoteur et les soins seront traités par l’Association Vétérinaire Equine Française (AVEF). Vous pourrez aussi observer les « cliniques » dispensés par des éthologues professionnels et participer aux cas pratiques afin d’appréhender au plus près les problématiques abordées.

 

3 TEMPS FORTS INCONTOURNABLES :

 

            Les Longines Masters de Paris

 

Le Salon du Cheval de Paris 2016 vous offre l’opportunité d’admirer les champions internationaux de saut d’obstacles à l’occasion des Longines Masters de Paris, CSI 5*. Le Sport et l’Excellence réunis sur un même plateau pendant 4 jours de challenge et d’émotions du 1er au 4 Décembre.

 

            La Nuit du Cheval

 

La Nuit du Cheval 2016, savant mélange entre spectacle équestre et Sport de haut niveau ! Le Samedi 26 Novembre 2016, réservez votre soirée et venez assister à un spectacle équestre exclusif présenté par le Cadre Noir de Saumur et Mario Luraschi, suivi, en avant-première sur Paris, du Devoucoux Derby de Cross Indoor. Le Dimanche 27 Novembre 2016 après midi, le spectacle  du Cadre Noir de Saumur et de Mario Luraschi sera cette fois-ci suivi des programmes libres du Master International de Voltige by CWD (étape Coupe du Monde).

 

            Le Championnat du Monde du Cheval Arabe

 

Le Salon du Cheval de Paris 2016 vous ouvre les portes d’un évènement prestigieux qui, du 25 au 27 Novembre 2016. Le Championnat de Monde du Cheval Arabe, ou 3 jours de compétitions pendant lesquels vont se jouer un ballet continu des « plus beaux pur-sang du monde ». Esthétique, résistant et endurant, le cheval Arabe, présente de nombreuses qualités qui seront jugées et notées par nos professionnels lors de cette compétition internationale unique au monde.

 

LES CHIFFRES CLES DU SALON DU CHEVAL DE PARIS

 

45 ans d’existence !

9 jours d'ouverture

Près de 150 000 visiteurs

450 exposants

2 300 chevaux 

1 soirée unique mêlant Sport et Spectacle : la Nuit du Cheval

1 CSI 5*, le Longines Masters de Paris

Indoor de Paris

 

EN SAVOIR PLUS (tarifs, horaires, agenda du jour...) : 

https://www.salon-cheval.com/

29 novembre 2016 2 29 /11 /novembre /2016 18:31

Article lu ici : http://www.jbjv.com/Les-principaux-courants-en-ethique.html, extrait de J.-P. Engélibert, L. Campos, C. Coquio et G. Chapouthier (dir.), La Question animale. Entre science, littérature et philosophie, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2011, p. 79-92.

 

L’éthique animale peut être définie comme l’étude du statut moral des animaux ou, pour le dire autrement, l’étude de la responsabilité morale des hommes à l’égard des animaux, pris individuellement [1]. Elle pose donc les questions classiques des devoirs de l’homme envers les animaux, des éventuels droits des animaux et, plus généralement, des jugements moraux (c’est-à-dire ceux formulés en termes de bien ou de mal) à porter sur notre traitement actuel des animaux.

 

 

Histoire d'un concept

 

La naissance du débat contemporain dans les années 1970 est due à plusieurs facteurs. Dès la fin du XIXe siècle, la pratique de la protection animale s’intensifie, avec l’apparition d’associations et de mouvements organisés, mais la théorie ne connaît pas encore de développement substantiel. L’élément déclencheur sera sans doute la contestation de l’élevage industriel dans les années 60 en Angleterre [2]. C’est dans cette foulée que se crée ce que Richard Ryder appelle « le groupe d’Oxford » : un groupe d’étudiants et de chercheurs de l’université d’Oxford qui, au début des années 1970, pose les fondements de l’éthique animale.

 

Trois étudiants, Harris et les Godlovitch, publient un recueil intitulé Animals, Men, and Morals en 1972 [3]. Ce livre attire l’attention de trois autres étudiants, Andrew Linzey, Stephen Clark et Peter Singer, un Australien qui fait son doctorat à Oxford. C’est en faisant un compte rendu de cet ouvrage que Singer a pour la première fois introduit l’expression « Animal Liberation », qui est le titre d’un article qu’il a publié en 1973, puis d’un livre publié en 1975 [4]. S’ensuit immédiatement une avalanche de publications, toutes issues du groupe d’Oxford ou de personnes en contact avec le groupe. C’est ce que l’on appelle la première génération d’auteurs en éthique animale, qui pose les bases du débat contemporain.

 

Aujourd’hui, et dans le monde anglo-saxon exclusivement, l’éthique animale est considérée comme une véritable discipline universitaire, qui donne lieu à des milliers de publications, des colloques, des conférences, des thèses et de nombreux enseignements en philosophie, en droit, en sciences animales et en médecine vétérinaire. Les premiers cours se sont développés à la fin des années 70 et au début des années 80 aux Etats-Unis et en Angleterre. Ce développement, néanmoins, est très régionalisé : il est clairement anglo-saxon. On parle beaucoup plus de animal ethics que d’« éthique animale » - même si cela commence à changer en France depuis quelques années.

 

Les défis de la discipline

 

Pour avoir une identité propre, il faut en premier lieu se différencier du reste. Le premier défi de l’éthique animale en tant que discipline, ou domaine, est donc de se distinguer des autres, qui lui sont proches.

 

Premièrement, l’éthique animale (animal ethics) n’est pas la science du bien-être animal (animal welfare). On confond souvent, dans les laboratoires et les écoles vétérinaires, les notions d’éthique et de bien-être animal. La manière dont les médias utilisent les expressions « règles d’éthique animale » ou « comités d’éthique animale » est également trompeuse. La science du bien-être animal est une discipline technique qui ne se demande pas si l’homme doit chercher à améliorer le bien-être des animaux et pourquoi, mais seulement comment. L’éthique animale, de son côté, n’est qu’un questionnement, beaucoup plus large, qui n’est pas un ensemble de règles et qui déborde largement la question des animaux de recherche. L’éthique animale permet donc une remise en cause profonde de la relation homme-animal, contrairement à la science du bien-être animal dont l’unique but est de garantir l’absence ou la minimisation de la souffrance de l’animal exploité.

 

Deuxièmement, l’éthique animale (animal ethics) n’est pas le droit de l’animal (animal law), qui n’est pas non plus les droits de l’animal (animal rights). Le droit de l’animal, au singulier, est l’étude du statut juridique de l’animal dans le droit positif. C’est une discipline distincte, qui donne lieu à des cours dans près de la moitié des facultés de droit américaines, par exemple. Les droits de l’animal, au pluriel, entendus comme droits éventuellement légaux mais aussi et surtout moraux, relèvent au contraire de l’éthique. L’éthique animale est un ensemble plus large, qui intègre la question des droits de l’animal, mais pas seulement elle (puisqu’il est possible de réfléchir sur le statut moral de l’animal sans revendiquer une théorie des droits, comme le fait Singer par exemple).

 

Troisièmement, l’éthique animale (animal ethics) n’est pas la philosophie animale (animal philosophy). Cette confusion est fréquente dans la tradition continentale, en particulier en France. Ce que l’on pourrait appeler « philosophie animale » ou « philosophie de l’animalité » examine la manière dont la tradition philosophique considère l’animal (s’il pense, s’il raisonne, en quoi consiste son essence, son être-au-monde, ce qui le distingue de l’humain), dans une perspective souvent historique, des Grecs à nos jours, mais qui a tendance à privilégier certains courants (existentialisme, phénoménologie, herméneutique). Autrement dit, la philosophie animale relève davantage de l’ontologie, ou philosophie première, que de l’éthique appliquée, même si elle implique forcément des conséquences éthiques, et si le lien entre les deux domaines gagnerait à être développé.

 

Quatrièmement, l’éthique animale (animal ethics) n’est pas l’éthique environnementale (environmental ethics). Il y a au moins quatre différences. 1) L’éthique animale s’intéresse aussi à des classes d’animaux (de compagnie, de divertissement, d’élevage, de travail) qui ne relèvent pas de ce que l’on appelle la « nature », et ne font donc pas partie des préoccupations directes de l’éthique environnementale. 2) L’éthique animale ne s’intéresse qu’aux êtres vivants sensibles, car elle fait de la souffrance son point de départ. Les plantes, les entités supra-individuelles (forêts, espèces, écosystème) et le monde abiotique ne sont considérés qu’en tant qu’ils ont un lien avec l’animal, tandis qu’en éthique environnementale ils peuvent faire l’objet d’une considération morale directe. 3) L’éthique animale considère généralement la mort et la souffrance comme des maux, qu’elle cherche à éviter, ou au moins à minimiser. Ce n’est pas le cas de l’approche environnementale, qui est très critique à cet égard, considérant que la mort et la souffrance font partie intégrante de la vie et de la nature. 4) La perspective de l’éthique animale est généralement individuelle (puisque ce sont des individus qui souffrent), tandis que celle de l’éthique environnementale est généralement holiste, et s’attache à la protection des espèces et des écosystèmes.

 

L’éthique animale se distingue, elle n’est aucune de ces approches mais elle les implique toutes. C’est pourquoi je pense qu’il faut l’aborder dans un esprit interdisciplinaire, polyvalent, curieux et ouvert. Dans la deuxième partie d’Ethique animale, sur les cas pratiques, je mets souvent en évidence le fait que des problèmes qui semblent ne concerner que les animaux ont un impact sur les hommes et sur l’environnement. L’élevage industriel est un exemple typique : en plus de nuire au bien-être animal, il pollue énormément, participe au réchauffement climatique, à la déforestation, et à la misère humaine en poussant les petites exploitations traditionnelles à mettre la clé sous la porte.

De quels animaux parle-t-on ?

 

L’éthique animale qui étend le statut moral aux animaux est dans une logique extensionniste. Au cours de l’histoire, le statut moral s’est étendu des hommes blancs, mâles et libres aux esclaves, aux femmes, à tous les « autres » d’une manière générale et, aujourd’hui, il s’étend en dehors de l’homme, aux animaux, voire à tous les êtres vivants. Un défi important de l’éthique animale est donc de savoir jusqu’où il faut aller.

 

Jusqu’où le cercle de la considération morale doit-il s’étendre ? C’est-à-dire : de quels animaux parle-t-on ? Il existe un certain consensus : l’éthique dont il est question n’est généralement pas celle des éponges, des huîtres et des vers de terre. Les exemples utilisés s’approchent rarement des couches élémentaires de l’évolution et en restent généralement aux animaux supérieurs, à ceux dont il ne fait aucun doute qu’ils sont sensibles.

 

Le critère de la sensibilité 

 

C’est au XVIIIe siècle que l’on formule clairement cette thèse, qui est un renversement de perspective, une sorte de révolution copernicienne, selon laquelle c’est la sensibilité, et non la rationalité ou les capacités cognitives des animaux, qui font que l’on a envers eux certains devoirs. Et, contrairement à un préjugé fort répandu, ce n’est pas Bentham qui, le premier, a énoncé clairement cette thèse. C’est Rousseau : "l’homme est assujetti envers eux à quelque espèce de devoirs. Il semble, en effet, que, si je suis obligé de ne faire aucun mal à mon semblable, c’est moins parce qu’il est un être raisonnable que parce qu’il est un être sensible : qualité qui, étant commune à la bête et à l’homme, doit au moins donner à l’une le droit de n’être point maltraitée inutilement par l’autre" [5].

 

Aujourd’hui, le critère de la sensibilité, ou de la souffrance, est l’un des points de départ les plus consensuels de l’éthique animale contemporaine, mais il pose de nombreux problèmes. Il n’est pas toujours évident, par exemple, de savoir ce qu’est un animal sensible. Le critère de la sensibilité n’est donc pas simple à utiliser. Mais, plus fondamentalement, est-il nécessaire ?

 

Oui, répondent Singer et la plupart des acteurs de l’éthique animale contemporaine. Martha Nussbaum nuance sa réponse : non en théorie, mais oui en pratique. Théoriquement, Nussbaum défend une approche disjonctive selon laquelle « si une créature a soit la capacité de ressentir le plaisir et la douleur ou la capacité de se mouvoir d’un endroit à l’autre ou la capacité d’éprouver des émotions et de l’attachement ou la capacité de raisonner, et ainsi de suite [...], alors cette créature a un statut moral » [6]. Mais dans les faits, il se trouve que toutes les créatures qui ont les qualités susdites ont aussi la capacité de ressentir le plaisir et la douleur, car « la sensibilité joue un rôle essentiel dans le mouvement, l’attachement, l’émotion et la pensée [7] ». Autrement dit, si la sensibilité apparaît comme une condition nécessaire de la considération morale, ce n’est pas parce qu’elle est le seul critère pertinent, mais plutôt parce qu’elle est la condition de tous les autres critères, la condition de toutes les autres conditions de la considération morale. Donc, de ce point de vue, elle reste nécessaire.

 

Le critère de la sensibilité est-il suffisant ? A partir de maintenant je vais employer les termes « déontologisme » et « utilitarisme », qu’il faut d’abord expliquer. Le déontologisme, dérivé du grec deon (devoir), est une approche d’origine kantienne selon laquelle une action est moralement bonne si elle est accomplie par devoir ou par respect pour la loi. Les actes ont une valeur intrinsèque : ils sont bons ou mauvais en eux-mêmes, indépendamment des sujets et des conséquences (ex. : « tu ne tueras pas »). L’utilitarisme, au contraire, est une sorte de conséquentialisme, approche d’origine anglaise qui évalue moralement l’action en fonction de ses conséquences : une action est moralement bonne si elle produit les meilleures conséquences possibles.


Pour les utilitaristes comme Singer, la réponse est généralement oui : il suffit d’être capable de souffrir pour avoir droit à de la considération morale. C’est pourquoi, explique Singer, « pour défendre les conclusions qui sont argumentées dans ce livre [Animal Liberation] le principe de réduction maximale de la souffrance suffit » [8]. Mais pour d’autres, en particulier des déontologistes, le critère de la sensibilité n’est en général pas suffisant et il faut lui ajouter, ou le remplacer par, d’autres conditions. 

 

C’est notamment le cas de Tom Regan, et de son critère de sujet-d’une-vie. Pour lui, les individus sont sujet-d’une-vie « s’ils ont des croyances et des désirs, s’ils sont doués de perception, de mémoire et d’un sens du futur incluant leur propre futur, s’ils ont une vie émotionnelle faite de plaisirs et de peines, des préférences et des intérêts au bien-être, la capacité d’entreprendre une action pour atteindre leurs désirs et leurs buts, une identité psychophysique à travers le temps et un bien-être personnel dans le sens où l’on peut dire que leurs expériences leur réussissent ou pas [que leur vie se déroule bien ou mal] de manière logiquement indépendante de leur utilité pour les autres et du fait qu’elles puissent satisfaire l’intérêt de quelqu’un d’autre » [9]. La définition de Regan est assez restrictive, elle ne concerne à vrai dire que les mammifères âgés d’un an et plus, et l’auteur laisse ouverte la question de savoir ce qu’il en est des animaux moins évolués.

 

Certains auteurs donnent par ailleurs la priorité à certaines espèces.

 

D’une part, pour des raisons scientifiques : c’est souvent le cas avec les grands singes, et en particuliers les chimpanzés. Steven Wise, par exemple, considère que ne sont dignes de statut moral que les animaux titulaires d’une « autonomie pratique », c’est-à-dire capables de partager certaines tâches cognitives avec les humains (par exemple réussir le test du miroir, qui ferait la preuve d’une conscience de soi) [10]. Dans les faits, ce critère assez strict ne laisse passer que les humains, certains grands singes, les dauphins et les éléphants. Dans l’immédiat, il donne la priorité aux chimpanzés. A ce titre, il est le fondateur d’une organisation qui réunit juristes, scientifiques et experts dans le but de faire du chimpanzé un sujet de droit devant les tribunaux américains, et en particulier d’abolir leur utilisation pour le cinéma et la télévision.

 

Autre exemple : Paola Cavalieri est avec Singer à l’origine du Projet Grands Singes [11], dont le but est d’étendre aux grands singes trois droits jusqu’ici réservés aux humains – le droit à la vie, la protection de la liberté individuelle et l’interdiction de la torture.

 

D’autre part, on peut aussi donner la priorité à certaines espèces pour des raisons stratégiques : les militants donnent généralement la priorité aux animaux de consommation, pour des raisons qui n’ont rien à voir avec leurs caractéristiques propres, leurs capacités cognitives, par exemple, mais avec leur nombre – on tue chaque année au moins 53 milliards d’animaux dans le monde pour se nourrir (sans compter les poissons), et cela suffit, selon certains, à en faire une priorité absolue. 

 

Ce qu’il faut retenir de ce tour d’horizon rapide est qu’il est important de tenir compte de la diversité du monde animal. Ceux qui s’opposent à ce qu’ils appellent les « animalistes » (c’est-à-dire les défenseurs de la cause animale) ont tendance, pour les dénigrer, à dire qu’ils mettent tous les animaux dans le même sac et que défendre les droits des animaux, par exemple, c’est vouloir donner des droits au chimpanzé comme au ver de terre. Il y a un peu de vérité dans cette accusation dans la mesure où l’on pourrait reprocher aux acteurs de l’éthique animale de prendre toujours les mêmes exemples faciles et consensuels (le chien, le chat, le cheval, la cochon), et d’éviter les cas plus difficiles, les cas-limites (poissons, invertébrés, insectes). Mais, globalement, le reproche est infondé car la plupart des auteurs font l’effort de dire quels sont les animaux qui, pour eux, sont concernés par l’éthique animale. De toute façon, comme le dit bien Regan, le but n’est pas de dresser la liste exhaustive des animaux en question, ni de montrer que tous les animaux ont des droits (ou des intérêts, selon Singer), c’est de montrer qu’il est faux de considérer que seuls les hommes en ont. Donc, de ce point de vue, quelques exemples suffisent.

 

Les courants de l'éthique animale

 

          1) Les fondements

 

Avant d’entrer dans les courants eux-mêmes, il est utile de rappeler quelques notions fondamentales pour comprendre les débats dans le domaine de l’éthique animale. La première d’entre elles est l’antispécisme. Cette notion fondamentale, apparue dans les années 70 sous la plume de Richard Ryder à Oxford, est à la base de l’éthique animale. L’anti-spécisme s’oppose au spécisme. De la même manière que le racisme est une discrimination selon la race et le sexisme une discrimination selon le sexe, le spécisme est une discrimination selon l’espèce. C’est l’attitude qui consiste à juger la valeur d’un individu, à lui attribuer ou à lui refuser une certaine considération, non pas en fonction de ses caractéristiques individuelles, mais seulement en fonction de son appartenance à une espèce.

 

Être antispéciste, c’est donc ne pas faire de l’appartenance à une espèce un critère discriminant de considération morale. Les différences physiques entre les espèces ne sont pas moralement pertinentes. C’est déjà ce que disait Bentham au XVIIIe siècle : "Les Français ont déjà découvert que la noirceur de la peau n’est en rien une raison pour qu’un être humain soit abandonné sans recours au caprice d’un bourreau. On reconnaîtra peut-être un jour que le nombre de pattes, la pilosité de la peau, ou la façon dont se termine le sacrum sont des raisons également insuffisantes pour abandonner un être sensible à ce même sort" [12].

 

Aujourd’hui, quasiment tous les acteurs de l’éthique animale sont antispécistes. C’est l’une des bases les plus consensuelles du domaine. 

 

La deuxième notion, ou plutôt couple de notions, qu’il faut présenter est la distinction entre bien-être et droits des animaux. Il est capital d’insister car on ne cesse, en France, de faire la confusion. Lorsque les auteurs français critiquent l’éthique animale anglo-saxonne, qu’ils ne connaissent pas, ils la réduisent sans cesse à la défense des « droits des animaux ». Ferry écrit par exemple : « une deuxième tradition de pensée, qui n’a pourtant rien de totalitaire, a prétendu fonder l’idée d’un ‘droit des animaux’ […]. Il s’agit bien sûr de la philosophie utilitariste » [13]. Il y a là deux amalgames. D’une part, Ferry parle du droit des animaux au lieu des droits des animaux. Je rappelle que le droit des animaux est le statut juridique de l’animal dans le droit positif, à ne pas confondre avec la question, philosophique, des droits (moraux) des animaux. D’autre part, Ferry écrit que la philosophie utilitariste (il vise explicitement Singer) défend les droits des animaux : c’est une confusion très grave, puisque Singer fait exactement le contraire.

 

L’éthique animale contemporaine réunit une grande diversité de courants, comme nous le verrons dans un instant, mais elle est parcourue par une distinction, assez simple, entre deux grandes écoles de pensée : ceux qui souhaitent maximiser le bien-être animal, et ceux qui défendent des droits des animaux. 

 

Par bien-être animal, on entend généralement l’absence de faim et de soif, d’inconfort, de douleur, de blessure ou de maladie, de peur et de stress, ainsi que la liberté d’exprimer des comportements naturels. Les welfaristes (de l’anglais welfare, bien-être) ont donc pour but de maximiser le bien-être animal, c’est-à-dire réduire la souffrance lorsque c’est possible, c’est-à-dire lorsqu’elle n’est pas utile. Il est donc envisageable, pour un welfariste, d’accepter la souffrance animale si on estime qu’elle produit un plus grand bien (par exemple dans la recherche médicale).

 

L’expression « droits des animaux » est ambiguë et je fais partie de ceux qui s’en méfient. Elle implique d’emblée un faisceau de questions : quels droits ? Moraux ou légaux ? Des droits de l’homme étendus à certains animaux ou d’autres droits qui leur seraient propres ? Et quels animaux ? Selon quels critères ? Si l’on considère que l’animal a le « droit » non seulement de ne pas souffrir, mais encore de ne pas être exploité par l’homme, alors la défense des droits des animaux implique l’abolitionnisme, c’est-à-dire l’abolition de toute exploitation animale. 

 

Dans les faits, les défenseurs d’une théorie des droits sont souvent (mais pas systématiquement) abolitionnistes. On peut être welfariste et souhaiter l’abolition de telle ou telle pratique, la corrida par exemple, cela ne fait pas de vous un abolitionniste pour autant. Pour être abolitionniste, il faut souhaiter l’abolition de toute exploitation animale, et donc n’être pas seulement végétarien ou même végétalien, mais vegan, c’est-à-dire ne consommer aucun produit animal, ni pour se nourrir, ni pour se vêtir, ni pour se soigner, etc. L’abolitionniste ne cherche pas à évaluer telle ou telle pratique : il les refuse toutes, puisque ce qui le gêne est le principe même de l’exploitation animale. Il ne veut pas agrandir les cages, il veut les ouvrir, comme le dit explicitement Regan : « Le mouvement des droits des animaux est un mouvement abolitionniste ; notre but n’est pas d’élargir les cages, mais de faire qu’elles soient vides » [14].

 

Si cette distinction est claire, on peut être troublé par l’expression « libération animale », qui est trompeuse. Elle ressemble à une annonce abolitionniste : libérer les animaux, c’est ouvrir les cages, c’est donc cesser de les exploiter. Et pourtant, l’expression n’est pas de Regan, abolitionniste, mais de Singer, qui n’est pas abolitionniste ! Il ne faut donc pas la prendre au sens strict : Singer a le sens du slogan, du bon titre, mais ce n’est pas parce qu’il annonce la « libération » des animaux qu’il est abolitionniste. Singer est un welfariste.

 

          2) Le vif du sujet

               a) L'utilitarisme

 

Ces bases étant posées, voyons maintenant les courants à proprement parler. Tout d’abord, l’utilitarisme de Peter Singer. Le premier chapitre de Animal Liberation s’intitule : « Tous les animaux sont égaux. Ou pourquoi le principe éthique sur lequel repose l’égalité humaine exige que nous étendions l’égalité de considération des intérêts également aux animaux ».


L’idée clé de Singer est donc l’égalité de considération des intérêts. En l’occurrence,l’intérêt en question, que partagent la plupart des hommes et la plupart des animaux, est de ne pas souffrir. C’est-à-dire qu’il faut considérer avec autant de considération la souffrance animale et la souffrance humaine. Le fait que l’homme soit globalement plus intelligent, plus rationnel et plus complexe que la souris ne change strictement rien au fait que l’un et l’autre souffrent. Comme le dit Sidgwick : « la différence de rationalité entre deux espèces d’êtres sensibles ne permet pas d’établir une distinction éthique fondamentale entre leurs douleurs respectives » [15].

 

Il est important d’éviter deux confusions. Premièrement, l’égalité de considération n’est pas l’égalité de traitement. Lorsque Singer dit qu’il faut considérer également les intérêts de tous les animaux, cela ne signifie pas qu’il faille les traiter également. Tous les animaux n’ont pas les mêmes intérêts. Donc considérer également ces intérêts peut impliquer de les traiter différemment, en s’adaptant à chaque être : "La préoccupation pour le bien-être des enfants qui grandissent aux États-Unis peut exiger que nous leur apprenions à lire ; la préoccupation pour le bien-être des cochons peut ne rien impliquer d’autre que de les laisser en compagnie d’autres cochons dans un endroit où il y a une nourriture suffisante et de l’espace pour courir librement" [16].

 

Deuxièmement, l’égalité de considération n’est pas l’égalité des vies. Il ne s’agit pas de dire que toutes les vies sont d’égale valeur. Singer distingue deux situations : faire souffrir et tuer. En matière de souffrance, les autres caractéristiques que la souffrance, et qui sont notamment chez l’homme sa supériorité intellectuelle et tous les critères habituels, ne sont pas pertinents : ils ne changent rien à la souffrance elle-même. Par contre, pour ce qui est de la vie, ces critères deviennent pertinents. Donc « la vie d’un être possédant conscience de soi, capable de penser abstraitement, d’élaborer des projets d’avenir, de communiquer de façon complexe, et ainsi de suite, a plus de valeur que celle d’un être qui n’a pas ces capacités » [17].

 

               b) L'abolitionnisme et les théories des droits

 

La deuxième famille de courants importants est l’abolitionnisme et les théories des droits. Pour Regan, par exemple, attribuer des droits moraux à un être implique de reconnaître que celui-ci a une valeur inhérente selon le critère du fait d’être sujet-d’une-vie (tandis que pour Singer, avoir une considération morale pour un être implique de reconnaître qu’il a des intérêts selon le critère de la sensibilité). Autre défenseur d’une théorie des droits, Francione estime que le principal obstacle à la libération animale est juridique ; il réside dans le fait que les animaux sont toujours considérés comme des biens et qu’ils ont le statut légal de propriété. Dès lors, le premier droit qu’il faudrait leur reconnaître est celui de ne pas être traités comme des biens dont l’homme peut se rendre propriétaire, c’est-à-dire comme les moyens des fins d’autrui, et ce en vertu de leur valeur inhérente.

 

Dans l’intuitionnisme, je réunis l’ensemble des approches qui accordent une place essentielle à l’intuition, au bon sens et à la moralité courante, contre les positions classiques qui reposent surtout sur la rationalité (Sapontzis, Clark, Habermas). Clark, par exemple, écrit que « Ceux qui battent les chiens à mort font quelque chose que la société devrait condamner sans attendre de savoir si le chien a des droits abstraits et métaphysiques » [18]. Il s’appuie sur une intuition morale accessible à tous : il est mal de causer un mal évitable.

 

Les deux premiers courants que j’ai distingués, l’utilitarisme de Singer et la théorie des droits de Regan et Francione, s’opposent mais ils ont en commun un même goût pour l’argumentation rationnelle. Ils font tous les deux partie de ce que l’on pourrait appeler une éthique de la justice, qui cherche à établir rationnellement ce qui est juste. Un certain nombre d’auteurs ne partagent pas cette approche, qu’ils jugent trop froide et trop comparative (puisqu’elle compare la situation de l’animal avec celle de l’homme). Ils préfèrent une approche basée sur un sentiment direct : la sollicitude. Ils partent du principe que l’homme éprouve naturellement de la sympathie pour les animaux et ils développent leur argumentation en suivant cette ligne : c’est ce qu’on appelle l’éthique du care (soin, sollicitude). 

 

               c) Les approches "alternatives"

 

On trouve par ailleurs au moins quatre approches qu’on pourrait dire « alternatives », parce qu’elles abordent l’éthique animale en partant d’un point de vue extérieur, et que faute de temps je me contenterai de citer seulement : les approches religieuses, comme la « théologie animale » d’Andrew Linzey à Oxford ; les approches scientifiques (Rodd, Rollin) qui évaluent nos devoirs envers les animaux en fonction de leur fonctionnement biologique ; les approches environnementales (Callicott) qui s’opposent en général à l’éthique animale au sens strict, en ne faisant pas de la souffrance un critère et en s’intéressant au sort des espèces et non des individus et les approches féministes (Adams, Donovan), qui établissent un parallèle entre l’exploitation de l’animal par l’humain et l’exploitation de la femme par l’homme. 

 

Autre courant : l’approche par les capacités (capabilities approach). Nussbaum l’a développée dans les années 80 avec l’économiste Amartya Sen, sur les questions d’inégalité, de pauvreté et de développement. Ce qui est relativement nouveau est de l’appliquer à l’éthique animale. Nussbaum l’a fait en 2006. L’approche par les capacités, appliquée aux animaux, est une théorie des devoirs directs qui « traite les animaux comme des sujets et des agents, et pas seulement comme des objets de compassion », selon laquelle « les animaux ont droit au fonctionnement d’une grande variété de leurs capacités, celles qui sont le plus essentielles à une vie épanouie, une vie digne de la dignité de chaque créature » [19]. Quelles sont ces capacités ? Nussbaum en donne dix : la vie, la santé corporelle, l’intégrité corporelle, les sens, l’imagination et la pensée, la raison pratique, la capacité d’avoir des relations avec d’autres espèces et le jeu.

 

La politique constitue un autre angle à partir duquel il est possible d’aborder l’éthique animale. On peut voir par exemple Robert Garner [20], qui critique l’approche libérale dominante et montre qu’il y a de bonnes idées à prendre dans d’autres courants : conservatisme, communautarisme et socialisme. La perspective socialiste vise surtout à montrer comment l’exploitation animale et l’exploitation humaine sont étroitement imbriquées. C’est ce que fait un sociologue américain qui travaille sur la mondialisation de l’industrie agroalimentaire, « du terrible confinement et abattage de milliards d’autres animaux […] au traitement abusif des ouvriers de l’industrie alimentaire ; du meurtre de ceux qui au Tiers Monde résistent à l’expropriation de leur terre pour servir de nouveaux pâturages à une production toujours croissante de ‘bœuf nourri à l’herbe’ ; de l’expansion de la famine mondiale aux ‘maladies de l’abondance’ en grande partie causées par une alimentation excessivement carnée » [21].

 

               d) L’approche par le discours

 

Il est possible, et souhaitable, d’aborder l’éthique animale du point de vue argumentatif et sociologique, en analysant les discours et les stratégies de l’exploitation animale. Les stratégies d’exclusion sont les stratagèmes, les alibis et l’ensemble des actions mises en œuvre pour justifier l’exploitation animale et ses abus, tout en modérant la culpabilité des acteurs et des spectateurs. L’une des rares personnes, en France, à avoir défriché cette approche il y a quelques années est Georges Chapouthier. Je tente désormais de la développer, à travers notamment le cas de la corrida [22].

 

Parmi les discours-alibis classiques : 

- l’alibi historique (l’homme préhistorique mangeur de chair et chasseur), l’alibi diététique (le besoin vital de viande)

- l’alibi écologique (chasse des espèces en surdensité, régulation des populations), l’alibi sportif (jeu, lutte, effort, règles, discipline)

- l’alibi naturaliste (relation avec la nature, bonheur d’une marche en forêt, passion des animaux)

- l’alibi de la tradition, qui consiste à défendre certaines pratiques parce qu’elles sont traditionnelles (foie gras « patrimoine culturel et gastronomique protégé en France » / alinéa 3 de l’article 521-1 du code pénal français qui sert à autoriser la corrida et les combats de coqs quand une « tradition locale ininterrompue » peut être invoquée)

- l’alibi économique (chasse au phoque, foie gras, corrida, etc.)

- l’alibi éducatif (cirques, zoos).

 

On trouve en outre trois stratagèmes : 

- Le premier est la négation des torts causés, qui a au moins deux manifestations. D’une part, la dissimulation de la réalité : il est très difficile de savoir comment les animaux sont traités derrière les portes des baraquements fermiers et des laboratoires. Des efforts sont entrepris pour qu’on ne voie pas l’exploitation animale – tout simplement parce que, si l’on voyait, on consommerait moins. D’autre part, le déguisement de la réalité, en partie par l’euphémisation : les chasseurs ne tuent pas, ils « récoltent », « cueillent », « prélèvent », « s’emparent », « prennent » ou procèdent à une « réduction de la population ». Les chercheurs « achèvent », « terminent » ou « sacrifient » ce qu’ils appellent du « matériel biologique » ou des « systèmes d’essai », c’est-à-dire des animaux de laboratoire. Aux Etats-Unis, les abattoirs sont des « unités de transformation d’aliments » (food-processing units), des « moissonneuses à protéines » (protein harvesters) ou des « usines à viande » (meat factory). On utilise une terminologie abstraite, mécanique ou agricole, plus propre, pour « sanitariser » l’acte de tuer. Ce qui prouve bien qu’il pose problème.

 

- Le deuxième stratagème est le découpage des responsabilités. C’est la division du travail, par exemple, qui permet au consommateur de viande de dissocier le morceau qu’il achète de l’animal dont il est originaire. Ce n’est pas la même personne qui élève, abat, transporte et achète la viande : la responsabilité est donc diluée dans une société qui fonctionne « toute seule » et le consommateur est déconnecté de la réalité. Plutarque disait : si tu veux manger de la viande, tue l’animal toi-même.

 

- Le troisième stratagème est la dévalorisation de la sympathie pour les animaux. On véhicule l’idée que la sympathie pour les animaux a un fondement irrationnel, sentimental et juvénile. On vise à décrédibiliser les personnes, les associations, les discours qu’on appelle « animalistes », c’est-à-dire qui défendent d’une manière ou d’une autre la cause animale. 

 

L’exemple le plus courant consiste à utiliser ce qu’on appelle en théorie de l’argumentation le sophisme du pire. On s’insurge que l’on puisse penser aux animaux quand tant d’humains souffrent et meurent de faim. Le sophisme du pire consiste à dire que X n’est pas un problème puisqu’il y a pire que X (et que l’on devrait donc concentrer toute son énergie sur le pire que X). Par exemple, il consiste à décrédibiliser ceux qui luttent contre la corrida en les accusant de n’avoir aucun sens des priorités : Wolff (auteur d’une Philosophie de la corrida dans laquelle on trouvera de nombreux sophismes) pense qu’ils feraient mieux de s’occuper « de la Tchétchénie, de l’Irak, du Darfour », « des enfants qui crèvent de faim ou meurent sous les bombes » [23].

 

L’argument est extrêmement courant, et totalement fallacieux. D’abord, comme le dit bien Chapouthier, ceux qui citent volontiers les enfants du tiers-monde comme un prétexte pour ne pas se soucier des animaux ne font en général strictement rien ni pour les uns ni pour les autres. Ensuite, il y a une faute logique : ce n’est pas parce qu’il y a pire ailleurs que l’on ne doit rien faire ici. Ce n’est pas parce que des enfants meurent de faim que l’on ne doit rien faire pour la souffrance des poules pondeuses, dans la mesure où l’un n’empêche pas l’autre. On peut donc se soucier du bien-être des taureaux. Et, plus largement, des animaux. C’est même quelque chose d’important pour l’homme, comme en témoigne ce recueil.

 

[1] Pour tout développement sur ce sujet, voir J.-B. Jeangène Vilmer, Ethique animale, Paris, PUF, 2008.

[2] Voir par exemple R. Harrison, Animal Machines : The New Factory Farming Industry, London, Vincent Stuart, 1964.

[3] S. et R. Godlovitch, et J. Harris, Animals, Men, and Morals : An Enquiry into the Maltreatment of Non-Humans, London, Victor Gollancz, 1971.

[4] P. Singer, “Animal Liberation”, The New York Review of Books, 20:5, 5 avril 1973 et Animal Liberation : A New Ethics for our Treatment of Animals, New York Review/Random House, New York, 1975.

[5] J.-J. Rousseau, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, Aubier, 1973, p. 59.

[6] M. Nussbaum, Frontiers of Justice : Disability, Nationality, Species Membership, Cambridge, Harvard UP, 2006, p. 362.

[7] Ibid.

[8] P. Singer, La Libération animale, seconde édition, Grasset, 1993, p. 56.

[9] T. Regan, The Case for Animal Rights, Berkeley, University of California Press, 1983, p. 243.

[10] S. Wise, in C. R. Sunstein et M. C. Nussbaum (ed.), Animal Rights. Current Debates and New Directions, Oxford, Oxford UP, 2004, p. 19-50.

[11] P. Cavalieri et P. Singer (ed.), The Great Ape Project : Equality beyond Humanity, London, Fourth Estate, 1993.

[12] J. Bentham, An Introduction to the Principles of Morals and Legislation, XVII, §I, IV, note 1, Oxford, Clarendon Press, 1907, p. 311.

[13] L. Ferry, Le Point, 6 avril 2001, p. 136.

[14] Interview de Tom Regan, Cahiers Antispécistes 2, janvier 1992.

[15] H. Sidgwick, « The Establishment of Ethical First Principles », Mind, 4:13, 1879, p. 106-107.

[16] P. Singer, La Libération animale, op. cit., p. 31.

[17] Ibid., p. 55.

[18] S. Clark, dans un dépliant de la RSPCA, On the Side of the Animals.

[19] M. Nussbaum, op. cit., p. 351 et 392.

[20] R. Garner, The Political Theory of Animal Rights, Manchester, Manchester UP, 2005.

[21] D. Nibert, Animal Rights / Human Rights. Entanglements of Oppression and Liberation, Lanham, Rowman & Littlefield Publishers, p. 134.

[22] J.-B. Jeangène Vilmer, « Les sophismes de la corrida », Revue semestrielle de droit animalier, 2, 2010, p. 119-124.

[23] F. Wolff, « Gare à l’idéologie ‘animaliste’ », L’Humanité hebdo, 15 septembre 2007, p. 18.

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29 novembre 2016 2 29 /11 /novembre /2016 18:05

Sergey Polyushko est un photographe Ukrainien aux centres d’intérêt variés.
Habitué du milieu publicitaire mais aussi de la mode et même de l’architecture, si nous nous intéressons à Sergey aujourd’hui c’est pour l’un de ses dons extraordinaires : celui d’immortaliser l’âme de nos animaux préférés à travers de fabuleux clichés.

Sauvages, élevés ou domestiques — écureuils, vaches ou chiens — il parvient à saisir à travers son objectif l’énigme de ceux qui ne parlent pas, à créer l’intimité si particulière oscillant entre la profondeur et l’abandon et à instaurer le dialogue entre le regardant et le regardé.

Très soutenu sur les réseaux sociaux (plus de 40 000 abonnés sur Instagram) c’est un véritable voyage poétique quotidien qu’offre Sergey Polyushko à ses fans et la raison pour laquelle vous ne pouviez pas passer à côté.

[Photos] L'oeil de Sergey Polyushko
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[Photos] L'oeil de Sergey Polyushko

Vous pouvez suivre de plus près le talent extraordinaire de Sergey Polyushko en vous rendant sur sa page facebook : https://www.facebook.com/psfoto.com.ua 

Ou ici : https://500px.com/polyushkosergey

 

Source de cet article : http://www.demotivateur.fr/article/le-photographe-ukrainien-sergey-polyushko-realise-des-cliches-d-animaux-d-une-rare-beaute-7958

22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 20:43

Arte diffusera une soirée Thema le 13 décembre prochain à 20H50, intitulée « Pas si bêtes, les animaux ».

 

 

Martin Blanchard, réalisateur chez What’s Up films, nous éclaire : "Le documentaire de 90’ que j’ai réalisé « Les animaux ont-ils des droits? » ouvrira la soirée, avec des interviews de Peter Singer, Jane Goodall, Gary Francione, Boris Cyrulnik, Vinciane Despret, Mariane Thieme (parti des animaux NL), Temple Grandin, Jocelyne Porcher, Pascal Durand (EELV, [aujourd'hui DVG, ndlr]), Sébastien Arsac (L214…). Mon documentaire sera suivi du film sur le Nonhuman Rights Project de Steve Wise (Unlocking the Cage)."

 

Bande-annonce du documentaire de Martin Blanchard,

"les animaux ont-ils des droits?" : 

(lien direct : http://tinyurl.com/hgcav32)

 

 

Mais qui sont les intervenants de ce documentaire ?

Peter Singer est un philosophe australien auteur de La libération animale, ouvrage de référence dans la protection animale, dont j'ai parlé dans mon article "les animaux ont le droit d'être bêtes" : http://www.passionanimale-delphina.fr/article-les-animaux-ont-le-droit-d-etre-betes-118405374.html

Jane Goodall est une primatologue, éthologue et anthropologue britannique, qui a récemment signé la préface du livre Révolutions animales : comment les animaux sont devenus intelligents, dont je parle ici : http://www.passionanimale-delphina.fr/2016/11/livres-preuves-de-l-intelligence-animale.html

Gary Francione est un juriste et philosophe américain, défenseur des droits des animaux et théoricien du véganisme.

Boris Cyrulnik est un psychiatre et psychanalyste français, auteur de Les animaux aussi ont des droits.

Vinciane Despret est une philosophe des sciences belge, qui a publié Que diraient les animaux... Si on leur posait les bonnes questions ?

Mariane Thieme est une femme politique néerlandaise, dirigeante du parti pour les animaux.

Temple Grandin est une célèbre autiste américaine, professeur de zootechnie et de sciences animales à l'université. Passion Animale lui a consacré un article récemment : http://www.passionanimale-delphina.fr/2016/11/temple-grandin-l-interprete-des-animaux.html

Jocelyne Porcher est une sociologue de l'INRA qui s'intéresse aux relations hommes-animaux. Son site : http://jocelyneporcher.fr/

Pascal Durand (DVG) est un eurodéputé qui agit pour les animaux.

Sébastien Arsac est un militant pour la protection des animaux d'élevage, il est le cofondateur de l'association L214, à l'origine des images montrant les pratiques cruelles des abattoirs, récemment de celui de Limoges (lire mon article ici : http://www.passionanimale-delphina.fr/2016/11/limoges-videos-choc-de-l214-sur-l-abattage-de-vaches-gestantes.html)

 

Au programme de la soirée 

 

- le documentaire de Martin Blanchard : "les animaux ont-ils des droits?"

Thomas Kausch s'entretient avec l'écrivain allemand Richard David Precht à propos de l’intelligence et des droits des animaux, ainsi que sur la question des rapports entre les hommes et les bêtes.

Le Nonhuman Rights Project/ L'avocat des chimpanzés : combat sans précédent de l’avocat Steven Wise pour faire progresser les droits des animaux, filmé par les deux documentaristes chevronnés Chris Hegedus et D.A. Pennebaker. En 2013, il s'est lancé un nouveau défi : faire passer les chimpanzés du statut juridique d’"objets" à celui de "personnes".

 

Le Nonhuman Rights Project

 

Après trente ans passés à batailler contre les lois inefficaces relatives au bien-être animal, l’avocat Steven Wise s’est lancé en 2013 un nouveau défi, sous le regard d’un couple fameux dans l’histoire du cinéma direct documentaire, Chris Hegedus et D.A. Pennebaker. Avec son association Nonhuman Rights Project, il a tenté de faire passer les chimpanzés du statut juridique d’"objets" dénués de droits à celui de "personnes". Car selon lui, les animaux doués de capacités cognitives avancées, comme les grands singes, les cétacés et les éléphants doivent pouvoir prétendre aux mêmes droits fondamentaux que les humains, ce qui garantirait à ces espèces menacées une protection autrement plus efficace que celle que la loi leur accorde. Avec pour bagages les travaux des primatologues du monde entier, et pour armes des mandats d’Habeas corpus, une disposition du droit anglo-saxon permettant de libérer des personnes injustement emprisonnées, l’avocat américain entreprend de défendre quatre chimpanzés lors d’un procès inédit.

 

Lignes mouvantes : Fort de l’attention médiatique et de la réceptivité croissante du public face à ses arguments, Steven Wise a réussi à faire bouger les lignes du droit américain. En filmant de bout en bout son combat mouvementé, ce documentaire révèle les enjeux complexes de la question des droits des animaux. Une plongée captivante au cœur d’un débat juridique à rebondissements.

 

Sources : Martin Blanchard & Arte (http://www.arte.tv/guide/fr/20161213)

19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 16:41

Clap de fin ! Après deux semaines de pourparlers, les pays réunis à la 22ème Conférence des parties sur le Climat, ont rendu public, l’appel de Marrakech en faveur de l’action pour le climat et le développement durable. Une proclamation est un signal de changement vers une nouvelle ère de mise en œuvre de l’Accord de Paris. Celui de réduire à 2 degré Celsius, les émissions de gaz à effet de serre dans le monde pour sauvegarder l’environnement pour les générations futures.

 

 

Ci-dessous, l’intégralité de la Proclamation de Marrakech pour l’action pour notre climat et le développement durable.

 

"Nous, Chefs d’États, de Gouvernements, et Délégations, rassemblés à Marrakech, en sol Africain, pour la Vingt-deuxième session de la Conférence des Parties, la douzième session de la Conférence des Parties agissant comme réunion des Parties au Protocole de Kyoto et la Première session de la Conférence des Parties agissant comme réunion des Parties à l’Accord de Paris, à la gracieuse invitation de Sa Majesté le Roi du Maroc, Mohammed VI, prononçons cette proclamation afin de signaler un changement vers une nouvelle ère de mise en œuvre et d’action en faveur du climat et du développement durable.

 

Notre climat se réchauffe à un rythme alarmant et sans précédent et nous avons le devoir urgent de répondre. Nous nous réjouissons de l’entrée en vigueur rapide de l’Accord de Paris, adopté en vertu de la Convention-cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques, ainsi que de ses objectifs ambitieux, sa nature inclusive, et sa conformité a l’équité et au principe des responsabilités communes mais différenciées et des capacités respectives, eu égard aux différentes situations nationales, et nous affirmons notre engagement pour sa mise en œuvre complète. 

 

En effet, cette année, nous avons assisté à un élan extraordinaire en matière de lutte contre les changements climatiques, partout dans le monde, ainsi que dans de nombreux fora multilatéraux. Cet élan est irréversible — il est guidé non seulement par les gouvernements, mais également par la science, par le monde des entreprises ainsi que par une action mondiale de tous types et à tous niveaux.

  

Notre tâche aujourd’hui est de perpétuer cet élan, ensemble, allant de l’avant délibérément pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et pour encourager les efforts en matière d’adaptation, favorisant et appuyant ainsi l’Agenda pour le Développement Durable de 2030 et ses Objectifs de Développement Durable.

 

Nous appelons à un engagement politique des plus fermes afin de lutter contre les changements climatiques, c’est une priorité urgente. Nous appelons à une solidarité forte avec les pays les plus vulnérables aux impacts des changements climatiques et nous tenons à souligner la nécessité d’appuyer les efforts visant à améliorer leur capacité d’adaptation, à renforcer leur résilience et à réduire leur vulnérabilité.

 

Nous appelons toutes les Parties à renforcer et à soutenir les efforts pour éradiquer la pauvreté, assurer la sécurité alimentaire et prendre des mesures rigoureuses pour faire face aux défis des changements climatiques dans le domaine de l’agriculture.

 

Nous appelons à rehausser d’urgence nos ambitions et à renforcer notre coopération afin de combler l’écart entre les trajectoires d’émissions actuelles et celles requises pour atteindre les objectifs à long terme de limitation de la température fixés par l’Accord de Paris.

 

Nous appelons à une augmentation des financements, des flux et de leur accès, conjointement avec une amélioration de la capacité et de la technologie, y compris des pays développés vers les pays en développement.

                                                                                                                        
Nous, les pays développés Parties, réaffirmons notre objectif de mobiliser 100 milliards de dollars américains.

 

Nous, à l’unanimité, appelons à davantage d’action climatique et d’appui, bien avant 2020, en prenant en compte les besoins spécifiques et les circonstances particulières des pays en développement, des pays les moins avancés ainsi que ceux particulièrement vulnérables aux effets néfastes des changements climatiques.  

 

Nous qui sommes Parties au Protocole de Kyoto encourageons la ratification de l’Amendement de Doha.

 

Nous, collectivement, appelons tous les acteurs non étatiques à se joindre à nous pour une action et une mobilisation immédiate et ambitieuse, s’appuyant sur leurs importantes réalisations, notant les multiples initiatives et le Partenariat de Marrakech pour l’Action Climatique Globale lui-même, lancé à Marrakech. 

 

La transition requise de nos économies pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris fournit une opportunité positive et substantielle pour une prospérité accrue et un développement durable.

 

La Conférence de Marrakech marque un point d’inflexion important dans notre engagement pour rassembler la communauté internationale dans son ensemble afin de relever un des plus grands défis de notre temps.

 

Dorénavant, alors que nous nous tournons vers la mise en œuvre et l’action, nous renouvelons notre détermination de vouloir inspirer la solidarité, l’espoir et l’opportunité pour les générations présentes et futures."

Source : http://guineenews.org/environnement-les-conclusions-de-la-cop-22-a-marrakech/

 

EN SAVOIR PLUS

-> sur la COP21 à Paris : http://www.passionanimale-delphina.fr/2015/11/la-cop21-kezaco.html & http://www.cop21paris.org/

-> sur la COP22 à Marrakech : http://cop22.ma/fr/

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19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 15:50

Les membres de ce nouveau mouvement veulent rendre visible la question animale et identifier un électorat pour lequel elle est prioritaire. Ils réfléchissent au soutien qu'ils pourraient apporter à un candidat à la présidentielle de 2017.

 

88 % des Français estiment que le bien-être des animaux d'élevage en France devrait être mieux protégé qu'il ne l'est actuellement, selon une enquête Eurobaromètre conduite en 2016. Quatre ans plus tôt, un sondage Ifop révélait que 29% des citoyens considéraient que les propositions des candidats en matière de protection animale pourraient influencer leur vote. C'est dans cette optique que le premier Parti animaliste français a officiellement vu le jour lundi. Sept personnes en sont à l'origine. Parmi elles, des militants associatifs, des politiques et des avocats.

 

Ce mouvement «reconnait et accorde une place centrale à la question animale dans la société», expliquait lundi Isabelle Dudouet-Bercegeay, l'une des cofondatrices, à l'occasion d'une conférence de presse. Pour que cette question ne soit plus «diluée» au milieu de moult propositions électorales, ce parti politique ne se positionnera que sur les thématiques en lien avec les animaux.

 

«Nos dirigeants politiques considèrent acceptable de découper puis de dépecer un animal alors qu'il est encore conscient» Hélène Thouy, co-fondatrice du Parti Animaliste

 

Le but est d'identifier un électorat pour lequel il s'agit d'une priorité. «Aujourd'hui, nos dirigeants politiques considèrent acceptable de découper puis de dépecer un animal alors qu'il est encore conscient», regrette Hélène Thouy, avocate au Barreau de Bordeaux et cofondatrice du Parti animaliste. Elle insiste sur le fait que celui-ci s'attachera à mettre en place un Ministère de la Protection animale. Il veillera - entre autres choses - à l'interdiction de la mise à mort d'un animal sans insensibilisation préalable, des mutilations pratiquées en élevage et de la pratique du gavage. Des mesures qui font écho aux derniers scandales dans l'industrie alimentaire. Début novembre, l'association L214 révélait des images insoutenables. Filmées en mai dernier dans un abattoir de Limoges, elles montrent des employés en train d'ouvrir des utérus de vaches gestantes pour en sortir des fœtus, dont certains sont déjà partiellement formés.

 

Le Parti animaliste sera-t-il représenté aux présidentielles de 2017? Il vise essentiellement des sièges à l'Assemblée Nationale. «Nous allons nous pencher sur la possibilité de soutenir un candidat qui partagerait entièrement notre façon de penser», avancent les fondateurs. Dans la salle, un membre de l'Oeuvre d'Assistance aux Bêtes d'Abattoirs (OABA) exprime ses «craintes» à l'idée que ce parti naissant ne se compromette en s'associant à certaines «idées politiques et propos inacceptables». Hélène Thouy le rassure: «Nous avons à coeur des valeurs qui seraient en contradiction avec certaines idées républicaines, auxquelles nous n'apporterons aucun soutien.» D'ici-là, le parti compte tout mettre en oeuvre pour se montrer irréprochable. Il devrait bénéficier de l'appui de plusieurs expertises scientifiques, qui lui permettront de renforcer ses compétences sur des domaines clés de son programme, tels que l'abattage, l'élevage et l'expérimentation animale.

Source : http://www.lefigaro.fr/politique/2016/11/15/01002-20161115ARTFIG00298-en-france-le-premier-parti-animaliste-voit-le-jour.php

 

POUR EN SAVOIR PLUS

-> le site officiel : https://parti-animaliste.fr/

-> les fondateurs : https://parti-animaliste.fr/fondateurs/

-> leur page Facebook : https://www.facebook.com/parti.animaliste/

 

A noter : Le parti animaliste des Pays-Bas — le Partij voor de Dieren (Parti pour les Animaux) — a été créé il y a 10 ans ; en 2013 il comptait déjà trois élus, deux parlementaires et un sénateur ! Le parti animaliste espagnol est très influent ; et il existe près d’une vingtaine de mouvements animalistes dans le monde (Canada, Australie…), depuis 15 ans pour certains...

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19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 13:35

Connu pour ses théories originales sur le multiculturalisme, Will Kymlicka signe avec son épouse, Sue Donaldson, une analyse politique des obligations et des devoirs de l’homme envers les animaux.

 

 

On a beau aimer les bêtes, les protéger, leur éviter la souffrance, ne pas manger leur viande, un nuage de scepticisme se lève toujours quand on envisage de leur attribuer des droits, car on voit mal quel droit aurait le moustique sinon celui de rencontrer violemment le devoir qu’a la main de l’écraser avant qu’il ne pique. Alors, qu’on lise Zoopolis, une somme qui fait faire à la réflexion sur l’animal un bond décisif.

 

Will Kymlicka, 54 ans, canadien, professeur de philosophie politique à la Queen’s University de Kingston et la Central European University de Budapest, est considéré comme l’un des plus fins analystes du multiculturalisme. On lui doit d’avoir introduit dans la réflexion sur les droits des minorités des points de vue originaux. Et, entre autres, élargi le concept de «diversité culturelle» selon le type de droits auxquels elle renvoie : les «droits à l’autonomie» ou à l’autodétermination des peuples, les «droits multiethniques» (dont la finalité est d’«aider les groupes ethniques et les minorités religieuses à exprimer leur particularité et leur fierté culturelle»), enfin les «droits de représentation sociale», qui visent à compenser les désavantages politiques subis par des groupes marginalisés systématiquement sous-représentés. C’est par ce biais que Kymlicka rénove la notion de «citoyenneté multiculturelle».

 

Instinct de vivre

 

Selon la théorie libérale classique, les sujets jouissent des mêmes droits et des mêmes garanties, indépendamment de leur appartenance ethnique, sexuelle, religieuse ou culturelle. Dans ce cadre, toute revendication, par des minorités, de régimes juridiques spéciaux ou différenciés apparaît illégitime, ou en contradiction avec l’universalisme et l’égalité de traitement de tous les citoyens. Le théoricien canadien trouve trop rigide cette façon de poser le problème, au nom même du libéralisme : les choix responsables et libres sont toujours indexés au patrimoine de valeurs et de traditions personnelles ou propres au groupe d’appartenance, aussi minoritaire soit-il. Si on coupe ce lien, on porte atteinte à la liberté, à la formation de l’identité de la personne, et on lèse également la possibilité de sa socialisation et de son intégration. Mais si on attribue de façon différenciée droits, garanties et devoirs, on porte atteinte à l’idée même de citoyenneté, qui ne sera plus symbole d’appartenance à une communauté faite de règles pour tous et par tous partagées.

 

C’est cette voie apparemment sans issue que dégage l’œuvre de Kymlicka, en proposant, à côté des droits sociaux - vecteurs de protections et des bénéfices matériels mais non d’intégration - des «droits culturels», qui à la fois protègent l’autonomie culturelle (ou religieuse) des groupes particuliers et développent un «sentiment partagé de loyauté» envers la culture commune, premier pas vers la coexistence pacifique dans une société multiculturelle. Ces droits auraient la même fonction «intégrative» que les droits sociaux attribués tour à tour aux ouvriers, aux femmes, aux handicapés, aux homosexuel(le)s, aux chômeurs, aux enfants, etc.

 

L’apport principal de Kymlicka a été d’introduire la notion de culture dans le débat sur la citoyenneté, et de souligner que les sphères culturelles, aussi éloignées soient-elles, peuvent «s’épouser», s’échanger, se partager, s’enrichir l’une par l’autre, et que donc, paradoxalement, l’attachement de groupes particuliers à leurs racines traditionnelles n’est en rien un «mur» mais un facteur positif d’inclusion sociale. Ce faisant, le philosophe a dû, au passage, montrer qu’il n’existe aucun argument apte à justifier une quelconque discrimination de genre, d’orientation sexuelle, d’ethnie ou de pratique religieuse. Il était donc normal qu’il en arrivât aux discriminations d’«espèce», et appliquât aux animaux les catégories forgées pour les humains dans le creuset de la théorie de la citoyenneté - et ce dans la mesure où ils partagent sur bien des points une même «condition», habitent la même Terre, sont soumis à la mort et exposés à la souffrance, sentent, éprouvent des émotions, tissent des relations, ont la même volonté ou instinct de vivre… Zoopolis - Une théorie politique des droits des animaux, que Kymlicka signe avec sa femme, Sue Donaldson, est donc bien plus qu’un énième ouvrage «animalier» : il est destiné à devenir un classique de l’analyse politique, car, en utilisant pour les animaux «les idées de souveraineté, de résidence, de migration, de territoire, d’appartenance sociale et de citoyenneté», non seulement il outrepasse ces classiques de l’éthique ou de la déontologie que sont déjà Libération animale de Peter Singer ou Pour les droits des animaux de Tom Regan, mais ouvre des voies nouvelles à la philosophie elle-même.

 

Kymlicka et Donaldson partent d’un constat : depuis Jeremy Bentham - qui a marqué une véritable rupture épistémologique en notant que ce qui importe n’est pas de savoir si les animaux parlent ou pensent mais de savoir s’ils souffrent - la cause animale a considérablement avancé. La conviction qu’il faille respecter la vie des bêtes, éviter la maltraitance et l’exploitation, interdire les «pratiques d’extrême cruauté», est entrée dans la conscience publique. Cette éthique animale s’est développée «dans l’un des trois grands cadres moraux» que dessinent l’«approche "welfariste"», l’«approche écologique» et l’«approche dite des "droits de base"». La première reconnaît l’«importance du bien-être animal d’un point de vue moral», mais le «subordonne aux intérêts des êtres humains». Ce principe d’un «usage éthique» des animaux semble être celui qui est majoritairement partagé - et le plus facilement réduit à l’opinion diffuse selon laquelle il est juste de se soucier du bien-être animal mais encore plus de se préoccuper des enfants exploités, des hommes qui sont dans la misère, exposés aux guerres, confrontés aux catastrophes naturelles, etc.

 

«Êtres individuels»

 

L’«approche écologique» privilégie, elle, la «santé des écosystèmes, dont les animaux sont un élément essentiel». Elle critique de «nombreuses pratiques ayant un impact dévastateur sur les animaux, comme la destruction de l’habitat, la pollution ou la responsabilité majeure de l’élevage industriel dans l’émission de CO2», mais accepte celles qui n’ont pas d’impact sur les systèmes écologiques (chasse, élevage durable, élimination d’une espèce invasive…).

 

La troisième approche est celle qui se rallie au modèle des «droits des animaux». Elle représente une «extension naturelle de la conception de l’égalité morale qui sous-tend la doctrine des droits de l’homme», car elle reconnaît aux animaux des «droits inviolables» : en tant qu’«êtres individuels», ils ont le droit de «ne pas être torturés, emprisonnés, soumis à des protocoles d’expérimentations médicales, séparés de leurs familles ou abattus parce qu’ils ont mangé trop d’orchidées rares ou parce qu’ils ont altéré leur habitat». Eu égard à leurs «droits moraux fondamentaux», hommes et animaux «sont égaux, et non pas maître et esclave, gestionnaire et ressource, tuteur et mineur, ou bien encore créateur et artefact». Bien que la plus approfondie en philosophie, cette théorie des droits des animaux (TDA) est cependant la plus mécomprise et ne rencontre «quasiment aucun écho auprès du grand public», qui a du mal à réaliser quels droits peuvent bien avoir la moule ou les acariens. Ce n’est pas surprenant, écrivent Kymlicka et Donaldson : cette théorie est en effet «intenable d’un point de vue politique». Le but de Zoopolisest de l’amender pour qu’elle devienne non seulement «tenable», mais rende raison de la «complexité empirique et morale des relations entre humains et animaux».

 

Écureuils et cerfs

 

La TDA s’est en effet contentée d’établir une liste de droits négatifs (ne pas maltraiter, ne pas tuer…), et les a appliqués de façon générique, comme le fait sur le plan politique la théorie libérale qui, au nom de l’universalisme, attribue à tous les mêmes droits et les mêmes garanties. C’est pourquoi Kymlicka et Donaldson préconisent des obligations positives envers les animaux, conçus comme «résidents» originaires ou immigrés (porter secours, «concevoir nos édifices, nos routes et nos quartiers en tenant compte de leurs besoins»…), et également des devoirs relationnels, c’est-à-dire «les devoirs qui ne découlent pas uniquement des caractéristiques intrinsèques des animaux (comme leur conscience), mais également les relations géographiques et historiques spécifiques qui se sont développées entre certains groupes d’animaux et certains groupes d’humains». Dans le cas des hommes, on dispose de cadres sociaux bien établis pour penser ces droits de façon relationnelle : employeur/employé, parent/enfant, enseignant/élève, etc. Il s’agira dès lors d’«identifier des catégories similaires dans le contexte animal, de décrire avec précision […] les devoirs positifs qui leur correspondent».Et ce, en sachant d’une part que les animaux, même s’ils ne sont pas domestiques (renards, écureuils, cerfs, chauves-souris…) font partie de la société et sont «affectés chaque fois que nous abattons un arbre, que nous obstruons une voie navigable, que nous construisons une route, un lotissement ou une tour», et que, d’autre part, ils entretiennent des relations dont il est aisé de voir qu’elles sont celles qu’il revient à la politique de traiter, à savoir la capacité de suivre des normes, la possibilité d’être autonomes ainsi que les «différentes formes de souveraineté territoriale, de colonisation, de migration, d’appartenance sociale». Il s’agit donc bien de penser une zoopolis, de concevoir une politique des droits des animaux, fondée sur l’idée de communauté citoyenne, où seraient associés droits négatifs universels et droits positifs différenciés, pour les animaux comme pour les hommes.

 

Depuis Singer et Regan, la réflexion morale sur l’animal s’est beaucoup enrichie, grâce aux contributions venues de Jacques Derrida ou de la pensée anglo-saxonne, de l’éthique des vertus (Rosalynd Hursthouse) ou de l’éthique des «capacités» (Martha Nussbaum). Avec Zoopolis, Will Kymlicka et Sue Donaldson lui font faire un saut qualitatif vers l’élaboration d’une théorie politique soucieuse de justice et de liberté, qui, après avoir inclus dans la citoyenneté tous ceux et celles à qui les droits ont été niés pendant de longues ères historiques - en raison de leur sexe, leur orientation sexuelle, la couleur de leur peau, leur provenance géographique ou leur appartenance ethnique - y intègre désormais ces autres «résidents» sociaux que sont les animaux.

 

Article de Robert Maggiori, paru sur http://next.liberation.fr/livres/2016/10/26/zoopolis-la-bete-a-bon-droit_1524505

 

Will Kymlicka, Sue Donaldson 

Zoopolis. Une théorie politique des droits des animaux

Traduit de l’anglais par Pierre Madelin, relu par Hicham-Stéphane Afeissa, postfacé par Corine Pelluchon, Alma

408 pp. 25,90 €.

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19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 13:15

Vingt-neuf élèves, de 21 à 61 ans, ont fait leur rentrée le 5 septembre pour obtenir un diplôme en droit animalier. Un cursus unique en France.

 

En apparence, c’est un cours de droit tout ce qu’il y a de plus classique. A ceci près que les exemplaires du code civil posés sur les tables sont estampillés du logo de la Fondation 30 Millions d’amis. Et que certains ordinateurs affichent les couleurs d’autres associations de protection animale : L214, le WWF ou Sea Shepherd. Sur le campus de Brive-la-Gaillarde (Corrèze), une antenne de l’université de Limoges, 29 étudiants suivent depuis lundi 5 septembre le premier diplôme universitaire (DU) en droit animalier de France. Deux semaines d’enseignement – 54 heures au total – dispensées par neuf professeurs de droit pour « faire avancer la protection des animaux ».

 

 

« Depuis la loi du 16 février 2015, les animaux sont considérés comme des êtres vivants doués de sensibilité dans le code civil, et sont extraits de la catégorie des biens », énonce, lors du premier cours consacré aux statuts juridiques de l’animal, Jean-Pierre Marguénaud, professeur de droit privé, fondateur de la Revue semestrielle de droit animalier et cocréateur du diplôme. C’est à la suite de cette « avancée juridique majeure » qu’il a décidé, avec sa collègue Lucille Boisseau-Sowinski et en partenariat avec 30 Millions d’amis, de créer un diplôme universitaire qui soit « uniquement consacré à cette discipline en plein essor mais complexe et mal maîtrisée ».

 

« Le droit animalier est difficile à appréhender, dans la mesure où il touche à de nombreuses branches, qu’il s’agisse des droits civil, pénal, rural, environnemental, européen ou encore aux règles de bien-être, note Mme Boisseau-Sowinski, maîtresse de conférences en droit privé. Actuellement, il n’est jamais enseigné dans le cursus commun de la licence ou du master en droit. » Seule exception, la faculté de Strasbourg délivre depuis un an des cours de droit animal, mais dans le cadre d’une spécialisation (« animaux : sciences, droit et éthique ») au sein d’un master plus général intitulé « ethique et sociétés ».

 

L’université française reste très en retard par rapport aux Etats-Unis, qui enseignent le droit animalier depuis une vingtaine d’années. « Les trois quarts des facs américaines proposent cette discipline, et l’université de Lewis & Clark, à Portland (Oregon), a même un master uniquement consacré à cette question », indique Olivier Le Bot, professeur de droit public à l’université d’Aix-Marseille, qui intervient dans le master de Strasbourg et le nouveau diplôme de Limoges.

 

« Les débouchés ne sont pas assez importants pour créer un master à part entière, juge de son côté Lucille Boisseau-Sowinski. Les responsables juridiques d’associations ou les avocats qui prennent des dossiers de droit animal le font en général en parallèle d’autres activités. C’est pourquoi notre diplôme, ouvert aux bac + 2, ne mène pas à un métier mais à des connaissances, une spécialisation complémentaire à un parcours. »

 

Cookies végans en pays bovin

 

Conséquence de ce choix : une première promotion très hétérogène. Parmi les 29 admis – sur 83 candidatures reçues –, on compte 17 étudiants en formation initiale et 12 en formation continue, âgés de 21 ans à 61 ans et provenant de 17 départements. Une magistrate, des avocats ou un professeur de philosophie côtoient ainsi des étudiants en sciences politiques, en droit, en éthologie, des attachés territoriaux ou encore un comportementaliste canin. Un seul trait commun rassemble une majorité des élèves : 24 sont des femmes, pour seulement 5 hommes.

 

A la pause déjeuner, sur la pelouse de l’université corrézienne, la petite troupe débat de végétarisme en partageant des salades de quinoa et des cookies végans. Une scène inhabituelle, en plein cœur d’un pays d’élevage bovin. « J’ai toujours été sensible à la question animale mais mon engagement remonte à l’époque où j’ai adopté un chien qui avait été battu, raconte Perrine Ferrer, dynamique doctorante de 26 ans, qui mène une thèse en droit de la familleà l’université Paris-1. L’humain ne peut pas s’octroyer un droit de vie ou de mort sur les animaux. C’est une conviction d’ordre philosophique, mais c’est par le droit que l’on peut faire changer les choses. »

 

Or, juge-t-elle, « la maltraitance animale n’est pas suffisamment punie aujourd’hui », car le « droit animalier ne rencontre aucun écho chez les juristes, à part des rires ». Quand l’étudiante a annoncé qu’elle suivrait le cursus de Brive, elle s’est vu rétorquer : « Si cela vous fait plaisir, allez-y, mais pour votre carrière, cela ne servira à rien. »

 

Plus qu’une ligne supplémentaire sur leur CV, c’est surtout la perspective d’une meilleure protection des animaux qui motive les étudiants. Tous sont des passionnés de la première heure, souvent militants. Comme Alice Rodriguez, 23 ans, titulaire d’un master 1 en éthologie à Paris-13, qui vient de fonder un collectif avec des « amis du mouvement Nuit Debout » pour organiser des débats et, à terme, créer des sanctuaires pour animaux. « J’aime énormément les félins, raconte-t-elle. Je me suis rendue compte qu’ils étaient en voie d’extinction et qu’il fallait les protéger dans leur milieu sauvage. »

 

250 à 1 050 euros la formation

 

Les chats, c’est aussi le rayon de Fabienne Cacciapaglia. Depuis sept ans, cette professeure de SVT dans un collège de l’Isère a pris en charge, dans le cadre de son association Les EntreChats, 750 félins errants qu’elle soigne, stérilise et propose à l’adoption. « Le droit animalier va me fournir de solides connaissances, à la fois pour connaître les démarches que l’on peut entreprendre en tant qu’association et pour livrer aux élèves des informations claires et rigoureuses, qui vont au-delà de ma sensibilité propre », affirme-t-elle.

 

Il y a encore Pierre Georget, cheveux assortis à sa chemise blanche, qui a dirigé une entreprise de la grande distribution, avant de reprendre ses études en droit afin « d’aider les associations à faire des propositions juridiques qui tiennent la route et mener du lobbying auprès des parlementaires ».

 

Reste que si une bonne connaissance du droit peut conduire à une évolution de la jurisprudence, « les grandes réformes concernant l’exploitation animale ne peuvent se faire dans les prétoires mais au Parlement », assure Lucille Boisseau-Sowinski. D’ici là, le DU de Limoges, facturé entre 250 et 1 050 euros selon le profil des étudiants (hors droits d’inscription universitaires), espère nouer des liens avec des écoles vétérinaires et de la magistrature pour la rentrée 2017.

Source : http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2016/09/08/a-l-universite-de-brive-avec-la-premiere-promo-qui-veut-defendre-les-animaux_4994736_1652692.html

 

EN SAVOIR PLUS : 

-> Présentation officielle de la formation, des modalités d'inscription et débouchés sur le sie de l'université de Limoges : http://www.fdse.unilim.fr/article937.html

-> Publications de la revue semestrielle de Droit Animalier par l'université : http://www.unilim.fr/omij/publications-2/revue-semestrielle-de-droit-animalier/

-> Evolution de la définition juridique de l'animal dans le Droit français : http://www.passionanimale-delphina.fr/2014/04/le-statut-juridique-des-animaux-remis-doucement-en-question.html

-> Ethique et condition animale étudiées par Florence Burgat dans l'article "Les Animaux ont-ils des droits?" publié dans la revue Sciences Humaines : http://www.passionanimale-delphina.fr/2016/02/les-animaux-ont-ils-des-droits.html

19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 12:56

Après la SPA, l'humoriste Rémi Gaillard s'engage avec l'association Animalter contre la fourrure, pour sensibiliser les jeunes à ne plus en acheter et obliger les grandes marques à ne plus en commercialiser.

 

 

Rémi Gaillard continue son combat pour la cause animale avec une campagne contre la fourrure. Après s'être enfermé pendant quatre jours dans une cage pour récolter des fonds pour la SPA, il se met en scène dans des affiches diffusées dans le métro parisien pendant une semaine pour sensibiliser le grand public à ne plus porter de la fourrure.

 

L'objectif est de «sensibiliser les jeunes qui achètent de la fourrure sans même s'en rendre compte, avec la mode des vestes à capuches». Aujourd'hui la plupart de la fourrure est produite pour ces vêtements, à des prix souvent accessibles (parfois moins de 50 euros) loin de l'image des manteaux de fourrure dans les boutiques de luxe. Le but de la campagne est d'obliger les marques qui produisent encore ces vestes de les retirer du marché ou d'utiliser de la fourrure synthétique.

 

Sensibiliser et proposer des alternatives

 

Aux côtés de Rémi Gaillard sont présentes d'autres personnalités qui se sont fait connaître sur Youtube, le comédien Greg Guillotin du collectif Nou et la youtubeuse du sud de la France Georgia Horackova, très engagée pour la cause animale.

Vidéo (lien youtube : https://youtu.be/50GEXAQ1sEk )

 

Les affiches ainsi que la campagne VireTaCapuche sont menées par le collectif Mode sans fourrure, créé par l'association Animalter. «Par ces affiches nous voulions attirer l'attention des jeunes en restant sérieux» explique Cyril Bret, bénévole. «Nous préférons donner des solutions, des alternatives, plutôt que seulement dénoncer par des images chocs». Sur le site de la campagne Vire Ta Capuche sont présentées des moyens de vérifier si la fourrure est vraie ou non. Par exemple, brûler quelques poils, et si ça sent le cheveu brûlé, c'est qu'il s'agit bien de fourrure animale.

 

Les affiches ont dans un premier temps été censurées par Mediatransports qui s'occupe de la publicité dans le métro à Paris, invoquant des situations représentées qui correspondent à des actes de strangulation et l'utilisation d'images pouvant heurter la sensibilité de certains publics. Mais après des discussions de nouvelles affiches ont été proposées par l'association et acceptées. Elles sont donc présentes jusqu'au 23 novembre dans une cinquantaine de stations de métro et de RER de la région parisienne, comme République, Nanterre Préfecture ou encore Château d'Eau.

Source de l'article : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/11/17/01016-20161117ARTFIG00186-remi-gaillard-s-engage-contre-la-fourrure-dans-le-metro-parisien.php

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13 novembre 2016 7 13 /11 /novembre /2016 12:34

Deux sorties littéraires d'octobre qui traitent du même thème : démontrer que les animaux sont tout autant intelligents que les humains, voire plus, et démonter les "bêtes" stéréotypes.

 

Sommes-nous trop 'bêtes' pour comprendre l'intelligence des animaux ?

FRANS DE WAAL

Editeur : Les liens qui libèrent

Date de parution : 05/10/2016

320 pages

Format : 22 x 2,9 x 14,6 cm

Prix : 24 euros

 

Dans ce livre fascinant, Frans de Waal, psychologue et primatologue mondialement reconnu, nous amène à réexaminer tout ce que nous croyions savoir sur l’intelligence animale – et humaine.

 

Présentation par l'éditeur : 

 

Qu’est-ce qui distingue votre esprit de celui d’un animal ?  Vous vous dites peut-être : la capacité de concevoir des outils ou la conscience de soi – pour citer des traits qui ont longtemps servi à nous définir comme l’espèce dominante de la planète.

 

Dirons-nous que nous sommes plus stupides qu’un écureuil parce que nous sommes moins aptes à nous souvenir des caches de centaines de glands enterrés ? Ou que nous avons une perception de notre environnement plus fine qu’une chauve-souris dotée de l’écholocalisation ?

 

De Waal retrace l’ascension et la chute de la vision mécaniste des animaux et ouvre notre esprit à l’idée d’un esprit animal bien plus raffiné et complexe que nous ne l’imaginions…

 

Frans de Waal nous emmène à la découverte de pieuvres qui se servent de coques de noix de coco comme outils ; d’éléphants qui classent les humains selon l’âge, le sexe et la langue ; ou d’Ayumu, jeune chimpanzé mâle dont la mémoire fulgurante humilie celle des humains. Sur la base de travaux de recherche effectués avec des corbeaux, des dauphins, des perroquets, des moutons, des guêpes, des chauves-souris, des baleines et, bien sûr, des chimpanzés et des bonobos, Frans de Waal explore l’étendue et la profondeur de l’intelligence animale. Il révèle à quel point les animaux sont en réalité intelligents et à quel point, trop longtemps, nous avons sous-estimé leurs aptitudes.

 

 

Révolutions animales : comment les animaux sont devenus intelligents

KARINE LOU MATIGNON
PRÉFACE DE JANE GOODALL

Coédition ARTE éditions / Les Liens qui Libérent 
Date de parution : 19 octobre 2016 
576 pages 
Format : 19,6 x 25,5cm 
Prix : 38 euros

 

"Hier, jugée anecdotique, la sollicitude pour les animaux induite par la connaissance, est désormais une question sociétale et s’impose progressivement sur la scène économique et politique mondiale. Elle augure d’autres manières de vivre ensemble."

 

Un livre d’actualité, rigoureux et accessible, qui porte un nouveau regard sur le monde des animaux.

 

Basé sur les avancées des connaissances scientifiques sur les compétences des animaux et l’histoire des relations hommes/animaux, ce livre est le premier ouvrage complet en France dédié à ces questions. Une première partie réunit les connaissances actuelles sur les compétences des animaux à la lumière des découvertes les plus récentes. Dans une seconde partie, c’est l’histoire des relations entre les hommes et les animaux, des origines jusqu’à nos sociétés modernes, en passant par les différentes époques et cultures, qui est abordée, ainsi que la question très actuelle, mais aussi d’avenir, du bien-être et des droits des animaux. Pour la première fois, la recherche et la pensée sont traitées sur un pied d’égalité avec les sujets d’actualité.

 

Site officiel (extrait, liens pour le commander) : http://www.revolutionsanimales-lelivre.com/

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