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18 avril 2016 1 18 /04 /avril /2016 16:33
"Je suis un oiseau"

"Je suis un oiseau"

Dans les bacs depuis quelques jours, "Du coeur au stylo" est le premier album du chanteur français JB Bullet, rendu célèbre par la chanson #Je suis Charlie.

 

 

" CHARLIE

J'ai toujours un peu de mal à en parler, car même si c'est sûrement par ce moyen que vous m'avez connu, ça n'a été une période facile pour personne, moi y compris...
Mais le 7 janvier dernier, je suis comme tout le monde atterré par les attentats commis au siège de Charlie Hebdo. Et comme tout un chacun, j’ai ressenti le besoin de m’exprimer, et le premier moyen qui m’est venu a été d’écrire et de chanter… J’ai donc pris ma guitare et ma webcam, et me suis filmé afin de dire ce que j’en pensais à mes amis sur Facebook, et quelques heures plus tard, j’ai commencé à recevoir des messages de mes proches : la vidéo avait été vues des centaines de milliers de fois…

Le lendemain j’étais invité sur le plateau de « C à vous » sur France 5, puis deux jours plus tard pour la Soirée de soutien pour Charlie sur France 2 et dans « Le Grand 8 » sur D8. Beaucoup de médias s’intéressaient à moi, voulaient me connaître, alors qu’au final, je ne suis qu’un mec avec une guitare, un citoyen parmi des millions qui a simplement voulu réagir à ce qui se déroulait sous ses yeux…" (http://www.kisskissbankbank.com/du-coeur-au-stylo-1er-album-de-jb-bullet)

 

Passion Animale s'est intéressé à ce jeune homme, et a trouvé une jolie perle : L'Oiseau.

 

14 avril 2016 4 14 /04 /avril /2016 12:56

Des vidéos d’une opération ultra-violente d’abattage de chiens errants à Ksar el-Kébir, au Maroc, ont filtré sur les réseaux sociaux. Des habitants se disent choqués des moyens employés, et dénoncent un risque sanitaire, compte tenu de la mauvaise gestion des cadavres des animaux.

 



Les habitants de Ksar El Kébir, ville au nord de Rabat au Maroc, ont eu droit à un spectacle choquant durant les nuits du 22 au 25 mars derniers. Des chiens ont été tués par balles en pleine rue à Ksar el-Kébir, puis jetés dans des camions-bennes.


L’opération avait été annoncée en grande pompe quelques jours auparavant par la mairie sur les réseaux sociaux, parlant d’opération d'abattage des chiens errants pour des "problèmes de santé publique et de sécurité des habitants" entre minuit et 5 heures du matin. La mairie justifiait l’opération par de multiples cas de passants mordus ces trois dernières années.


Cette annonce a pris une autre dimension lorsque des images ont été diffusées le 24 mars sur les réseaux sociaux. Une vidéo de 7 minutes diffusée par KsarForum montre que les personnes qui chassent les chiens semblent s’amuser, tandis que les animaux gémissent et se débattent.

 

"J’ai regardé par ma fenêtre, et j’ai vu comment ils ont tué et maltraité un chien" Ayman Benazzouz


Indignés par la violence de l’opération, une dizaine d’habitants s’est constituée en groupe de surveillance pour patrouiller en ville. Ayman Benazzouz en a fait partie.


"Même si nous avions été prévenus des coups de feu, nous estimions qu’il était dangereux de tirer à balle réelle dans des quartiers résidentiels. Les rues sont étroites, et de nuit, la visibilité est mauvaise. Nous avons déposé une pétition à la mairie, qui ne nous a jamais donné de réponse.
La première nuit, alors que nous dormions, nous avons entendu des tirs dans notre quartier. Les enfants étaient terrorisés. J’ai regardé par ma fenêtre, et j’ai vu comment ils ont tué et maltraité un chien.

La nuit suivante, on est sorti pour surveiller ce qu’ils faisaient, en restant discrets. Mais dans un quartier de la ville, nous sommes tombés face-à-face, et l’opposition a quasiment tourné à l’affrontement. Ce n’étaient ni des policiers, ni des personnes que nous connaissions à la mairie. Nous avons réussi à les chasser en leur disant qu’ils faisaient n’importe quoi et qu’ils terrorisaient les habitants. Ils nous ont répondu par des insultes.
C’était un vrai massacre [200 chiens ont été abattus, en seulement trois jours selon la mairie, ndlr]. Dans le lot, il y a le chien vacciné d’un gardien de parking qui a même été tué. L’opération n’a pas eu lieu le 25 au soir, grâce à la pression des associations, mais aussi parce que les chasseurs avaient exterminé la plus grande partie des chiens [selon la municipalité, le ministère de l’Intérieur serait lui-même intervenu pour demander l’arrêt de l’opération, ndlr]. "

 

Au-delà des scènes de cruauté insoutenables, des responsables associatifs s’inquiètent de la gestion des cadavres. Dans un reportage diffusé par 2M, une télévision nationale publique, les corps des chiens sont visibles dans une décharge publique à un peu plus de 2 km du centre-ville de Ksar El Kébir.


Les activistes affirment que la municipalité les aurait jetés là. De son côté, la mairie affirme avoir enterrés ces chiens, et ne pas savoir comment ces corps se sont retrouvés là. Elle évoque un "cas de malveillance ".

 

Contactée par France 24, Nadia Daoudi, militante de l’association ASPAE Atlas de défense des animaux explique :


" Près de 150 personnes vivent autour de cette décharge, et très souvent, des enfants y entrent même à la recherche d'objets qu’ils pourraient réparer et revendre au souk. On nous explique que l’opération est faite pour des raisons sanitaires, mais on laisse des cadavres en putréfaction près d’un endroit où vivent des gens ! Des chiens viennent aussi dans cette décharge, et risquent de manger ces cadavres… donc si ce sont bien des cas de rage, ils risquent de se propager. "


La militante affirme avoir proposé à plusieurs reprises son aide à la mairie, sans succès. Son association, accompagnée de deux autres, "Comme chiens et chats" et "Le Cœur sur la Patte", ont porté plainte contre la municipalité de Ksar el-Kébir. Un appel aux dons a également été lancé sur Internet.

 

Contacté par France 24, le président de la commune de Ksar el-Kébir se justifie :


"Depuis trois ans, j’ai reçu beaucoup de plaintes des écoles et de la population qui nous demandaient de les débarrasser de ces animaux. J’ai reçu des pétitions, et nous avons recensé 1 557 cas de morsures par des chiens. Après une réunion avec les responsables vétérinaires et les autorités sanitaires, nous avons pris la décision de cette opération. Aucune association ne m’a proposé de les vacciner, et moi je n’ai de pas les moyens financiers de le faire. Actuellement, il reste environ 1 300 chiens errants dans les rues de Ksar el-Kébir. "


Si des opérations de ramassage des chiens par les fourrières sont fréquentes au Maroc, notamment à Casablanca, des militants s’inquiètent de la recrudescence de ce type d’opération depuis fin 2015.


Ces méthodes violentes ne sont pourtant pas utilisées partout au Maroc : des villes comme Agadir ou Taghazout, ont quant à elles mis en place des opérations de ramassage et de vaccination de ces animaux errants en lien avec des associations.

 

Source de cet article et vidéos-preuves (ATTENTION IMAGES CHOQUANTES) : http://observers.france24.com/fr/20160330-operation-chiens-errants-ksar-el-kebir-maroc-violences-video-massacre-decharge

Publié par Delphina - dans Actualités
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3 mars 2016 4 03 /03 /mars /2016 18:26

Afin d'intéresser le maximum de personnes aux données scientifiques sur le réchauffement climatique, trop souvent négligées selon elle, l'artiste américaine Jill Pelto les a traduites en tableaux paysagers. "Les datas, et la façon dont l'être humain les influence en émettant des gaz à effet de serre, forment une part essentielle du paysage et des changements qui se produisent sous nos yeux", souligne le site d'information scientifique Grist. Jill Pelto est particulièrement sensible à la fonte des glaces et à la disparition d'espèces animales dans le Grand Nord, son père, chercheur sur cette thématique, l'y ayant emmenée de nombreuses fois.

Source : courrier international.

 

SON SITE OFFICIEL : http://www.jillpelto.com/gallery/

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3 mars 2016 4 03 /03 /mars /2016 17:04

« En cette Journée mondiale de la vie sauvage, je vous engage tous, particuliers, entreprises et pouvoirs publics, à contribuer à la protection des espèces animales et végétales sauvages de la planète. Le sort des espèces sauvages dépend de chacun de nous. L’avenir de la vie sauvage est entre nos mains! »
Message du Secrétaire général Ban Ki-moon, 3 mars 2016

 

 

Thème 2016 : « L’avenir de la vie sauvage est entre nos mains »


Affiche de la Journée mondiale de la vie sauvage 2016
La Journée mondiale de la vie sauvage offre une occasion idéale de célébrer les formes innombrables, belles et diverses, que revêtent la faune et la flore sauvages et de sensibiliser à la multitude d’avantages que la conservation de la nature procure aux êtres humains. Cette Journée nous rappelle aussi l'urgente nécessité d'intensifier la lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages, aux profondes répercussions économiques, environnementales et sociales.


Le thème de cette année 2016 est « L’avenir de la vie sauvage est entre nos mains » et met l’accent sur les éléphants d’Afrique et d’Asie à l’occasion de cette campagne mondiale. Ce thème met en lumière le lien indélébile entre la vie sauvage, les individus et le développement durable. Il appartient à chaque génération de préserver la vie sauvage pour la génération suivante. Il met également l’accent sur la nécessité pressante de prendre des mesures au niveau national pour assurer la survie à l'état sauvage d’espèces à la fois remarquables et moins connues.


Les espèces sauvages ont une valeur intrinsèque et contribuent de manières diverses au développement durable et au bien-être des populations, notamment sur les plans environnemental, génétique, social, économique, scientifique, éducatif, culturel, récréatif et esthétique.


Tous les États Membres, les organismes des Nations Unies, les autres organisations mondiales, ainsi que la société civile, les organisations non gouvernementales et les particuliers, sont invités à célébrer et participer à cette fête mondiale de la vie sauvage. Les communautés locales peuvent jouer un rôle positif en aidant à réduire le commerce illégal des espèces sauvages.


Le Secrétariat de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES), en collaboration avec les organismes pertinents du système des Nations Unies, est chargé de faciliter la mise en œuvre de la Journée mondiale de la vie sauvage.


Depuis des années, la CITES est au nombre des accords sur la conservation qui ont la plus large composition; elle compte actuellement 182 Parties.

 

Source : http://www.un.org/fr/events/wildlifeday/

2 mars 2016 3 02 /03 /mars /2016 15:46

Le déclin des pollinisateurs, abeilles, papillons ou oiseaux, constitue une grave menace pour la production alimentaire mondiale. Et met en danger les moyens de subsistance de millions de personnes. C’est le message-clé du rapport rendu, vendredi 26 février à Kuala Lumpur (Malaisie), par la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES en anglais). Créée en 2012 sous l’égide des Nations unies, l’organisation est à la biodiversité ce que le Groupe d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) est au changement climatique. Très attendu, son premier rapport porte sur la pollinisation et entend rassembler l’ensemble des connaissances accumulées sur la question.

 

Abeille, Sting, Abeille À Miel, Ailes, Miel

 

« Plus des trois quarts des principales cultures mondiales destinées à l’alimentation dépendent d’une manière ou d’une autre de la pollinisation animale », détaille le résumé à l’intention des décideurs, un document d’une vingtaine de pages synthétisant le rapport et adopté ligne à ligne par les délégations des 124 Etats membres de l’IPBES, précisant que « les cultures dépendant de la pollinisation contribuent à 35 % en volume de la production des cultures au niveau mondial. » Selon le rapport, la part de la production végétale attribuable à la pollinisation – fruits, légumes, noix… – représente une valeur comprise entre 235 milliards et 577 milliards de dollars (entre 213 milliards et 524 milliards d’euros).

 

Déclin des pollinisateurs sauvages en diversité et en abondance
Les experts estiment qu’aux côtés des abeilles domestiques, la part jouée par la faune sauvage dans ce service de pollinisation est « sous-évaluée ». La « grande majorité des pollinisateurs » appartiennent en effet au monde sauvage : environ 20 000 espèces d’abeilles non domestiques, mais aussi certaines espèces de mouches, de papillons, de guêpes, de chauves-souris ou d’oiseaux.

 

Or, en Europe de l’Ouest et en Amérique du Nord, les pollinisateurs sauvages déclinent en diversité et en abondance « aux échelles locale et régionale ». Ailleurs, le manque de données ne permet pas d’être affirmatif, même si, notent les experts, « des déclins ont été localement enregistrés ». « Il y a un besoin urgent de surveillance internationale de long terme, pour fournir des informations sur le statut et les tendances de la plupart des espèces, dans la plupart des parties du monde », précise le résumé.


A l’heure actuelle, l’Union internationale pour la protection de la nature (UICN) estime que 16,5 % des espèces de pollinisateurs vertébrés (oiseaux, chauves-souris, etc.) sont menacées d’extinction, et jusqu’à 30 % pour les espèces insulaires. Au niveau mondial, les données sont encore lacunaires en ce qui concerne les insectes – qui fournissent une grande part du service de pollinisation. Mais en Europe, pour certaines espèces de papillons et d’abeilles (abeilles sauvages, bourdons…), des études nationales ou régionales mettent en évidence des chutes de population supérieure à 30 %. Lorsque des évaluations sont disponibles, notent les experts, « elles montrent souvent que plus de 40 % des espèces d’abeilles [abeilles sauvages, bourdons, etc.] pourraient être menacées ».

 

La part la plus délicate du rapport de l’IPBES concerne l’attribution de ce déclin des espèces pollinisatrices. Les différents facteurs listés sont « les changements d’utilisation des sols, l’agriculture intensive et l’usage de pesticides, les pollutions environnementales, les espèces invasives, les pathogènes et le changement climatique ». Mais le résumé ne se prononce pas explicitement sur la gradation de ces menaces, recommandant simplement d’inverser le mouvement de simplification des paysages provoqué par les pratiques agricoles actuelles, l’intensification écologique, la diversification des agrosystèmes et la restauration des habitats naturels ou semi-naturels. Au chapitre des impacts possibles, le résumé note que les risques potentiels des variétés de cultures transgéniques ne sont pas évalués de « manière adéquate ».
La question des nouvelles générations d’insecticides systémiques – dits « néonicotinoïdes » –, centrale pour une part de la communauté scientifique compétente, n’est pas éludée. Mais elle ne fait pas, en elle-même, l’objet d’une recommandation. Dans la section des points-clés du texte, elle est abordée dans un unique paragraphe qui, témoigne un observateur, a conduit à « des palabres de trois quarts d’heure entre délégués, la délégation française ayant beaucoup œuvré à sa clarification ».


« La recherche récente indique des effets létaux et sublétaux des insecticides néonicotinoïdes sur les abeilles et sur le service de pollinisation qu’ils assurent », constate le résumé. Ces substances peuvent en effet provoquer soit la mort, soit l’altération du comportement des insectes, telle que leur capacité de retour à la ruche. Le paragraphe précise qu’« une étude récente indique un impact sur la survie et la reproduction des pollinisateurs sauvages », tandis que « les indices sont discordants quant aux impacts sur les colonies d’abeilles domestiques ».


Conflits d’intérêts
Ce paragraphe sera scruté à la loupe. En effet, l’implication des industriels de l’agrochimie dans le fonctionnement de l’IPBES a soulevé des critiques dans la communauté scientifique. Croplife International, l’association professionnelle des producteurs de pesticides, compte par exemple au nombre des « parties prenantes » associées à l’organisme, et peut proposer des experts à l’IPBES. Deux salariés de l’industrie agrochimique ont ainsi été sélectionnés pour participer au rapport, créant une polémique, relayée notamment par Le Monde. Le secrétariat de l’organisation a vivement réagi, faisant valoir que seuls deux experts sur les soixante-dix-sept ayant participé au rapport avaient une affiliation industrielle (Bayer et Syngenta), et que les versions de travail du texte avaient reçu de nombreux commentaires de la communauté scientifique compétente.

 

Source : http://abonnes.lemonde.fr/biodiversite/article/2016/02/26/le-giec-de-la-biodiversite-consacre-l-importance-cruciale-des-pollinisateurs_4872427_1652692.html

2 mars 2016 3 02 /03 /mars /2016 15:23

Botaniste, biologiste, pharmacologue mais aussi écologiste de la première heure, homme de radio, écrivain et grand vulgarisateur, Jean-Marie Pelt est mort le 23 décembre dernier, à l’âge de 82 ans. Il a été l’une des figures les plus marquantes – et aussi l’une des plus singulières – du mouvement écologiste français, au croisement paradoxal de la science, de la foi chrétienne et de l’engagement militant.

Tour d'horizon de ses ouvrages, tous plus intéressants les uns que les autres...

 

Les langages secrets de la nature

A l'ère où la communication est devenue le maître mot d'une société éprise d'innovations technologiques mais en complet désarroi quant aux valeurs, les modèles inspirés de la nature peuvent suggérer d'utiles réflexions. Cet ouvrage lu, il ne sera sans doute plus possible de voir les plantes et de les approcher comme avant
Oui, les plantes ont bien une sensibilité qui leur est propre. D'où naturellement des possibilités de communication avec l'homme, maintes fois soulignées, mais jamais, jusqu'à ces toutes dernières années, scientifiquement prouvées. La fameuse " main verte " trouve désormais des justifications scientifiques ; comme d'ailleurs la sensibilité des plantes à la musique
Langages de la nature, sensibilité des plantes, communications secrètes mais efficaces, fondées sur des faits scientifiques récents et dûment établis, nous dévoilent dans cet ouvrage une vision du monde vivant radicalement neuve, où tous les êtres communiquent et communient dans un rapprochement inattendu entre la plante, l'animal et l'homme. Ce sont des analogies de mœurs et de comportements qui nous frappent toujours davantage, parce que ces mœurs et ces comportements, ce sont aussi les nôtres..
Hymne à la vie, parcours initiatique dans ses arcanes et ses secrets, les langages de la nature modifient radicalement une vision par trop statique de la botanique, qui prend ici des aspects familiers, pour ne pas dire animés, comme si les plantes étaient elles aussi douées d'une âme.

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La raison du plus faible

Plus de cent cinquante ans après la publication du célèbre ouvrage de Darwin, De l’origine des espèces, Jean-Marie Pelt s'emploie à récuser la fameuse « loi de la jungle » qui, dans une nature réputée « cruelle », serait le seul moteur de l'évolution. Il existe bien une raison du plus faible : tout au long de l'histoire de la vie sur terre, des premières bactéries jusqu'à l'homme, là où les plus gros n'ont pas su résister aux cataclysmes et aux changements climatiques, ce sont souvent les créatures les plus humbles qui ont survécu. Notre société humaine, dans laquelle règne un esprit de compétition exacerbé, court à la catastrophe si elle n'entend pas cette leçon de la nature qui fait de l'égoïsme la maladie mortelle des puissants et de la solidarité la force des faibles. Un ouvrage fourmillant d'anecdotes puisées au cœur du monde végétal et animal.

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La solidarité chez les plantes, les animaux, les humains

Une interprétation, fort discutable, de l'œuvre de Darwin a imposé la compétition et la lutte comme les moteurs de la vie, aussi bien dans la nature que dans la société. Or la nature met en oeuvre d'innombrables systèmes de symbioses et de solidarités qui ont joué un rôle déterminant dans toute l'évolution biologique et sans lesquels il serait impossible de comprendre le fonctionnement des écosystèmes. Les lichens comme les coraux sont des êtres doubles où chacune des parties rend des services à l'autre ; quant aux champignons, ils nourrissent les arbres qu'ils paraissent parasiter. 

Dans le règne animal, les prestations de services mutuels entre espèces sont tout à fait courantes. Poissons et oiseaux pratiquent des comportements d'entraide qui témoignent d'un authentique altruisme et qui, comme l'amitié chez de nombreux mammifères, ne sont pas le propre de l'homme. Quant aux sociétés humaines, elles ont développé de précieuses organisations : les mutualités, les coopératives, la sécurité sociale et les assurances... qui sont la base de l'économie solidaire. La création de nouveaux mécanismes de solidarité sera pourtant absolument nécessaire si l'on veut assurer demain à tous un emploi et un statut dignes d'un être humain ; mais aussi pour sauver la planète des menaces grandissantes que notre mode de développement fait peser sur elle.

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La loi de la jungle : l'agressivité chez les plantes, les animaux, les humains

Compétition pour la lumière dans la forêt, où les arbres les plus chétifs meurent étouffés par les plus forts ; conquête massive de territoires par de redoutables envahisseurs ; déploiement d'armes chimiques sophistiquées : les plantes ont mille manières de se faire la guerre. Mais nul ne dirige ces entreprises belliqueuses, car les plantes sont un monde sans chef. Les animaux s'affrontent pour la nourriture, le territoire, le partenaire sexuel ou la protection des petits. 

Mais, à travers l'évolution, la nature a inventé d'habiles stratagèmes visant à réguler leur agressivité ; on les voit se mettre en place et se perfectionner chez les poissons, les oiseaux et même les loups. Ils échouent malheureusement chez les rats... et les humains. En effet, nous sommes loin de nos cousins les bonobos, ces grands singes qui, fidèles au slogan de Mai 68, font l'amour mais pas la guerre. De tout temps, les humains ont tenté de maîtriser l'agressivité qui menace si dramatiquement leur espèce, mobilisant à cette fin les philosophies, les religions, la psychologie et la sociologie. Force est de constater qu'ils n'y sont pas arrivés. Y parviendront-ils, et comment ? Peut-être en s'inspirant des modèles qu'offre la nature...

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C'est vert et ça marche !

Chacun peut constater les changements climatiques de notre planète. C'est pour l'instant le signe le plus tangible d'un bouleversement écologique majeur qui s'annonce. Un scénario catastrophe se dessine ainsi à l'horizon, qui impose des changements rapides et radicaux si nous ne voulons pas que notre légèreté fasse le malheur de nos enfants. Grâce à l'émergence de la notion de développement durable, en mettant en oeuvre ce nouveau concept dans toutes ses dimensions - économique, écologique, sociale, éthique -, nous pouvons relever les défis du futur.
Dans C'est vert et ça marche ! Jean-Marie Pelt nous entraîne dans un nouveau tour du monde écologiste. Préservation de la forêt en Amazonie, en Afrique, en Chine, gestion de l'eau douce partout où elle se fait rare, exemples de villes 100 % vertes en Allemagne, au Danemark et, plus surprenant, également au Brésil, multinationales éprises d'écologie, mais aussi mutualités impliquées dans ce combat, volonté de préparer l'après-pétrole, de construire un habitat qui recourt aux énergies renouvelables, etc. D'un continent à l'autre, il dresse un inventaire impressionnant des expériences de développement durable qui ont fait leurs preuves et qui démontrent qu'une autre voie est possible.

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29 février 2016 1 29 /02 /février /2016 15:19

En 1992, le Dr Michel Aubert prouvait, qu’après vaccination, les chiens adultes en France, restent protégés au moins cinq ans durant. Pourtant, 24 ans plus tard, en France, les chiens sont toujours revaccinés chaque année contre la rage contrairement au reste du Monde.
 

Petition : Stop à la survaccination des chiens !

Quatre firmes commercialisent des vaccins contre la rage : MERIAL, VIRBAC, ZOETIS et INTERVET. Ce sont ces laboratoires qui fixent en France la fréquence de revaccination contre la rage selon l’arrêté du 10 octobre 2008 relatif aux conditions et modalités de la vaccination antirabique (contre la rage) des animaux domestiques (lire ici). En Europe, en Amérique du Nord, même au Japon, leurs vaccins contre la rage sont valables deux ans, plus souvent trois ans mais pas en France où leurs vaccins pourtant identiques ne sont valables qu’un an. Les laboratoires pharmaceutiques évoquent des procédures administratives lourdes et complexes pour ne pas faire évoluer la situation. Seul MERIAL, dans une volonté de mieux-être canin et d’harmonisation des protocoles au niveau européen, propose en France un vaccin rage valable 3 ans depuis 2014, ce que la plupart des français ignorent.


D’après le Dr. Jean-Claude Rouby, chef du Département d’Immunologie à l’Agence Nationale du Médicament Vétérinaire, les laboratoires ont carte blanche pour démontrer la durée d’immunité de leurs vaccins dés lors qu’utilisent la même souche vaccinale que celle commercialisée en France.


Il ne viendrait à aucun être humain l’idée de se refaire vacciner chaque année de sa naissance à sa mort contre la fièvre jaune. Et pourtant, 24 ans, après la découverte du Dr Aubert, les chiens en France sont toujours revaccinés chaque année contre la rage.


La vaccination contre la rage est obligatoire chaque année en France pour les chiens de catégorie 1 et 2 (chiens dangereux) et ceux voyageant en dehors du territoire (vérifications à la douane). Pour les autres chiens, elle reste « recommandée ». Comme il existe un risque de voir son chien abattu pour présomption de rage d’après l’article L223-9 du Code rural (lien ici), la plupart des maîtres vaccinent leurs chiens chaque année d’autant plus que depuis 2001, 11 cas de rage ont été apportés sur le territoire dont le dernier en mai 2015.


Pour Canis Ethica, une association française dont la pétition « Stop à la survaccination des chiens » a récolté près de 12000 signatures en une semaine sur « mesopinions.com », une littérature scientifique prolifique met en garde contre une survaccination des chiens adultes qui peut engendrer des maladies auto-immunes et cancers. Par ailleurs, tous les français n’ont pas accès au vaccin de MERIAL contre la rage, ce qui est source d’inégalité devant la santé de leurs protégés. La France compte un chien ou un chat dans un foyer sur 2. En 2014, les français ont dépensé plus de 4,3 milliards d’euros pour eux. Les maitres expriment leurs difficultés croissantes à régler leurs factures vétérinaires qui, en une décennie, ont bondi de 70%.


Devant cette discrimination pouvant fragiliser la santé des chiens en France, Canis Ethica écrit au Dr ELOIT, la nouvelle Présidente de l’Organisation Mondiale de la Santé Animale (OIE) pour qu’elle fasse entendre raison à VIRBAC, INTERVET et ZOETIS. Dr ELOIT connait bien le dossier car a validé l’Arrêté du 10 octobre 2008 qui autorise les laboratoires pharmaceutiques à fixer en France la durée d’immunité de leurs vaccins.
Les laboratoires entendront ils les voix des 12000 propriétaires de chiens ayant signé la pétition ?

 

Pour plus d’informations : 
• Pétition : Cliquez ICI
• Arrêté du 10 octobre 2008 relatif aux conditions et modalités de la vaccination antirabique : Cliquez ICI
• Courriers + réponses des laboratoires pharmaceutiques et courrier à la Présidente de l’OIE : Cliquez ICI
• Etude de 1992 du Dr Michel Aubert : Cliquez ICI

 

Contacts pour en savoir plus :
Mme Thilo HANE présidente-fondatrice de Canis Ethica
Tel : 06 70 27 63 52
Mail : contact@canisethica.org Site internet : http://www.canisethica.org
Facebook : http://www.facebook.com/CanisEthicaFrance

Twitter : https://twitter.com/CanisEthica

Publié par Delphina - dans Agir
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17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 19:36

Les philosophes ont presque tous eu recours à des animaux pour dire leur monde : du taon de Platon au hérisson de Derrida en passant par le ciron de Pascal ou le porc-épic de Schopenhauer, il existe dans l'histoire de la philosophie un bestiaire qui pourrait donner des fables avec lesquelles se diraient simplement leurs pensées complexes. Nietzsche a abondamment sollicité les animaux. Dans Ainsi parlait Zarathoustra, les bêtes humaines disent l'humain, le trop humain : la dénégation de l'autruche, la veulerie du buffle, l'agenouillement de l'âne, la ruse et l'hypocrisie du chat, la servitude volontaire du chameau, la servilité du chien, la grossièreté du cochon, la lourdeur de l'éléphant, la mesquinerie de la fourmi, la rancune des mouches, l'opportunisme des sangsues, le ressentiment des tarentules, la méchanceté des vipères... Les bêtes surhumaines sont un contrepoison aux bêtes humaines : la félicité de l'aigle au regard perçant, la paix dans l'affirmation dont sont capables les colombes, le volontarisme du lion qui dit "je veux", l'éternel retour exprimé par le serpent qui se mord la queue, le sens de la terre du taureau. Le bestiaire nietzschéen dit la pensée de Nietzsche. Ces petites proses poétiques la ramassent. Comme un vade-mecum pour s'éloigner des hommes et se rapprocher du surhumain.

 

Bestiaire nietzschéen : Les animaux philosophiques, de Michel Onfray

  • 62 pages, 14€
  • Editeur : Editions Galilée (18 septembre 2014)
  • Collection : Incises
Publié par Delphina - dans idées
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17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 19:00

Cet article est issu d'un numéro de la revue Sciences Humaines publié en 2006. Il a été écrit par Florence Burgat, auteur de trois ouvrages fondateurs sur la question animale :  Animal mon prochain (Odile Jacob, 1997), couronné par le prix Biguet de l'Académie française, Liberté et inquiétude de la vie animale (Kimé, 2006), dans lequel elle restitue l’expérience et la subjectivité des animaux, et Une autre existence (Albin Michel, 2012) qui traite de l'existence animale par contraste avec une vie biologique non vécue en première personne. 

 

La violence envers les animaux suscite une inquiétude morale croissante. Ce souci éthique n'est pourtant pas récent puisqu'il interroge les philosophes depuis l'Antiquité. Reste qu'aujourd'hui l'évolution du statut juridique de l'animal est le signe le plus sûr d'un changement des mentalités.


Chaque année en France, plus de 1 milliard d'animaux sont abattus pour la boucherie, 30 millions au cours de la chasse (sans compter les blessés dont le nombre est évalué à plusieurs millions, qui agonisent dans les bois), et quelque 3 millions utilisés par la recherche (les animaux invertébrés ne sont pas répertoriés) ((1). A ces chiffres s'ajoutent ceux de l'industrie de la fourrure (40 millions d'animaux par an dans le monde, provenant de l'élevage et du piégeage), des combats d'animaux, de la corrida ((2). Le monde marin ne doit pas être oublié, avec les 590 000 tonnes de poissons pêchés en 2000 (il n'existe pas de chiffre par tête). Paradoxalement, l'énormité de ces chiffres rend difficile de se représenter cette réalité.


Celle-ci pose pourtant plusieurs questions : est-il moralement indifférent de traiter violemment des animaux ? La sphère du bien et du mal, du juste et de l'injuste ne concerne-t-elle que le rapport des hommes entre eux ? A quelles conditions un animal est-il propre à faire l'objet de considérations morales, c'est-à-dire à faire partie des êtres vis-à-vis desquels les individus obéissant à des principes moraux ont des obligations ? Depuis longtemps, l'homme s'est octroyé des droits sur le monde animal qu'il a tenté de légitimer sous diverses formes. Pour justifier les usages violents envers les animaux, la formule triviale : « On a toujours fait comme ça », à laquelle le sens commun recourt, exprime à sa façon l'idée que ce qui existe de fait existe également de droit. D'autres justifications sont plus élaborées. Cela va de l'argument théologique, selon lequel tout ce que Dieu a créé l'a été au bénéfice de l'homme, à l'argument juridique selon lequel il ne saurait y avoir de justice qu'entre des êtres capables de passer un contrat qui les protège et les oblige en même temps. Même dans ce cadre étroit de la réciprocité des devoirs et des droits, l'exclusion des animaux demeure discutable. En effet, dès lors qu'ils sont pris dans un tissu de relations, le plus souvent économiques mais aussi affectives, avec les hommes, les animaux font partie de la société humaine ; et si ces derniers ne peuvent passer de contrat (tout comme les êtres dépourvus des facultés que requiert une telle disposition, et qui ont donc besoin de représentants), ils vivent cependant dans des relations de dépendance réciproque avec les hommes. En outre, les humains utilisent les animaux, ce qui les inclut de fait dans l'ensemble institué qu'est la société.


Petite histoire d'une inquiétude morale
Même si elle est loin d'être dominante, une inquiétude morale quant à la manière dont l'homme traite les animaux a constamment cheminé aux côtés des arguments anthropocentristes. L'Ancien Testament (dont le souci porté aux animaux ne constitue certes pas un point important, en comparaison des religions de l'Inde ? le bouddhisme, l'hindouisme, mais surtout le jaïnisme ? pour lesquelles il s'agit d'un véritable problème moral) évoque notamment la communauté de destin qui rassemble, en tant que mortels, les hommes et les animaux. Dieu a passé une alliance avec tous les êtres animés. Le texte biblique comprend aussi un certain nombre de prescriptions protégeant des animaux de travail. Mais c'est la pensée grecque qui formule ce problème dans des termes véritablement moraux. Dès le VIe siècle av. J.-C. en effet, le pythagorisme et l'orphisme condamnent le sacrifice et prônent le végétarisme. Plus tard, la tradition sceptique, de Pyrrhon d'Elée à Montaigne, s'attache à réduire la distance entre l'homme et les animaux, en faisant valoir leurs capacités à raisonner. Si le stoïcisme et l'épicurisme (IIIe siècle av. J.-C.) s'éloignent de l'idée d'une proximité de nature entre l'homme et l'animal, le péripatéticien Théophraste remet au jour la parenté des vivants pour en déduire un devoir de justice envers les animaux. Au début de l'ère chrétienne, Porphyre, dans son traité De l'abstinence, élabore une critique des arguments justifiant les sacrifices animaux. On retrouve ce thème chez Plutarque, en particulier dans son S'il est loisible de manger chair, où le refus des nourritures provenant de la mise à mort est apprécié pour des raisons morales. Dans un autre texte (Que les bêtes brutes usent de raison), Plutarque pose la question majeure : faut-il être doué de raison pour se voir reconnaître un statut moral ?


La sensibilité à la source des droits naturels
Si le XVIIe siècle est cartésien (l'animal est assimilé à un automate insensible), le siècle suivant verra s'effondrer cette biologie mécaniste. Sous l'impulsion de la philosophie empiriste de John Locke (toutes nos idées proviennent de l'expérience) d'une part, sous celle de l'observation des animaux (l'Histoire naturelle de Buffon, les travaux de Réaumur sur les insectes, etc.) d'autre part, la lecture mécaniste de la vie animale devient de plus en plus absurde aux hommes des Lumières. Le caractère finalisé du comportement animal, que les Lettres sur les animaux de Georges Leroy décrivent, conduit certains philosophes à accorder aux animaux non seulement la sensation mais encore des facultés de jugement, un véritable langage (Traité des animaux de Condillac), voire la capacité à se perfectionner. La question morale prend, sous la plume de Jean-Jacques Rousseau, un tour beaucoup plus marqué grâce au concept de pitié, cette capacité à s'identifier à tout être souffrant, qu'il soit donc humain ou animal ((3). En plaçant la sensibilité à la source des droits naturels, il inclut tous les êtres pouvant souffrir dans la communauté morale. Cette disposition à la compassion engage, en effet, l'homme à ne « jamais (faire) du mal à un autre homme ni même à aucun être sensible, excepté dans le cas légitime où sa conservation se trouvant intéressée, il est obligé de se donner la préférence à lui-même », note-t-il dans le Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes (1755). La réflexion du philosophe Jeremy Bentham dans son Introduction aux principes de la morale et de la législation (1789) marque un tournant en décentrant le problème : « La question n'est pas : "Peuvent-ils raisonner ?" ni : "Peuvent-ils parler ?" mais : "Peuvent-ils souffrir ?" », déclare-t-il. Les animaux étant des êtres capables de ressentir le plaisir et la douleur, le fait de leur infliger des souffrances n'est pas un acte moralement neutre. Quelles que soient les limites et les dérogations que certains souhaitent opposer à ce principe, toute réflexion honnête et digne de ce nom aboutira à la conclusion qu'il n'est pas indifférent d'infliger de la souffrance.
Le concept de pitié nourrit également la réflexion morale de Arthur Schopenhauer. Dans Le Fondement de la morale (1841), un examen des fondements de la morale kantienne bornée aux seuls êtres de raison le convainc de l'illégitimité de cette voie. Fidèle à l'idée rousseauiste selon laquelle « si je suis obligé de ne faire aucun mal à mon semblable, c'est moins parce qu'il est un être raisonnable que parce qu'il est un être sensible », A. Schopenhauer substitue le critère de la sensibilité à celui de la raison.


La mention de ces quelques repères a pour principal intérêt de montrer que, contrairement à ce que l'on entend dire parfois, l'interrogation morale portant sur le traitement des animaux n'est ni récente ni le fait de sociétés qui n'auraient pas d'autres problèmes à résoudre. Si les textes en témoignent ((4), l'institutionnalisation de ce souci au sein de la société civile par la création d'associations de protection et de défense des animaux, ainsi que l'évolution du statut juridique de l'animal concrétisent la reconnaissance du caractère moral du rapport de l'homme aux animaux.


L'ampleur, jamais atteinte, de la mainmise des sociétés humaines sur le monde animal explique en partie ces avancées concrètes. Envisagé sous son jour lucratif, le trafic des animaux sauvages arrive en troisième position (après ceux des armes et de la drogue). Quant aux activités licites, elles ne sont pas non plus en reste comme le montrent les chiffres cités plus haut.


D'aucuns déploreront peut-être que seuls les aspects sombres de la relation aux animaux soient mentionnés. Ses aspects positifs sont à mettre au compte des profits humains. Mais si l'on envisage la question sous son angle moral, il faut bien en venir à considérer ces rapports du point de vue des animaux. Peut-on mettre en balance la vie perçue comme confortable des animaux de compagnie (alors que le nombre d'abandons est du reste fort élevé en France) avec la condition de milliards d'animaux dont l'usage implique l'enfermement et la mort ? On peut en douter. Contrairement à ce que l'on pouvait attendre, le progrès technique n'a pas libéré les animaux des charges qui semblaient leur incomber du fait de limites techniques. Son développement a, au contraire, servi à élargir les domaines d'utilisation des animaux (biotechnologies) et à augmenter de manière inouïe les rendements (œufs, lait, viande). De cette situation sans précédent procède une « inquiétude grandissante », selon les termes de Jacques Derrida (philosophe et auteur de L'Animal que donc je suis, 2006, il a présidé le CRAC, comité radicalement anti corrida), que manifestent les débats actuels.


De la SPA au traité d'Amsterdam
Le souci porté à la condition animale se manifeste par la création d'associations de protection des animaux d'une part, et par l'adoption de textes de loi d'autre part. Pour s'en tenir à la France, la Société protectrice des animaux fut créée en 1846 et la première loi de protection des animaux, dite loi Grammont, fut promulguée le 2 juillet 1850. Si ce texte comporte de très fortes limites (il punit les mauvais traitements infligés aux seuls animaux domestiques et uniquement si ces actes sont commis en public (5)), il ouvre une première brèche dans l'assimilation juridique des animaux à la catégorie des biens (dans laquelle ils sont du reste toujours rangés) et au droit absolu que l'on peut exercer sur toute propriété.


Rendant obsolètes la condition de publicité et le caractère « abusif » des mauvais traitements infligés aux animaux domestiques requis par la loi Grammont, le décret du 7 septembre 1959 réprime tout mauvais traitement, qu'il soit ou non exercé devant un tiers, et remplace le terme « abusivement » par l'expression « sans nécessité ». La loi du 19 novembre 1963 fait de l'acte de cruauté un délit (le mauvais traitement n'étant puni que par une contravention), tandis que celle du 10 juillet 1976 accomplit un véritable saut qualitatif en définissant l'animal comme un « être sensible ». Ce texte comporte en outre des aspects bénéfiques pour la faune sauvage par la création de réserves naturelles et de parcs nationaux. Il permet par ailleurs aux associations de protection des animaux, reconnues d'utilité publique ou déclarées depuis au moins cinq ans, d'exercer les droits octroyés à la partie civile. Elles représentent ainsi les intérêts des animaux, ce qui leur confère une existence juridique qui n'est plus seulement celle de la propriété. Enfin, la loi du 6 janvier 1999 supprime la mention « sans nécessité » qui structurait l'ancien article 521-1 du Code pénal relatif aux sévices graves et aux actes de cruauté commis envers les animaux ; cette mention rendait douteuse la responsabilité de l'agent et difficile l'élaboration d'une jurisprudence homogène. Sur le plan européen, si le traité de Rome voit dans les animaux des « marchandises et produits agricoles », le traité d'Amsterdam, par un protocole signé le 2 octobre 1997, enjoint la Communauté européenne et ses Etats membres de prendre en compte « le respect des animaux en tant que créatures douées de sensibilité ». Pour autant, la condition des animaux ne connaît pas encore d'amélioration, tant se sont accrus les domaines d'activités comme le nombre d'animaux utilisés. Mais il en va toujours ainsi dans les domaines où l'habitude est soumise à l'examen moral : les discours de surface changent avant les façons de penser, tandis que les comportements sont les derniers à se modifier. Parce que le droit ne précède pas mais sanctionne l'évolution des mentalités, on doit voir dans la transformation, timide mais incontestable, du statut juridique des animaux le signe tangible d'une moralisation de nos rapports aux animaux.

 

NOTES
1. Chiffres de l'année 2000.
2. Voir É. Hardouin-Fugier, Histoire de la corrida en Europe (xviiie-xxie siècle), Connaissances et savoirs, 2005.
3. Voir J.-L. Guichet, Rousseau, l'animal et l'homme, Ed. du Cerf, 2006.
4. Voir É. de Fontenay, Le Silence des bêtes. La Philosophie à l'épreuve de l'animalité, Fayard, 1998.
5. Voir M. Agulhon, « Le sang des bêtes. Le problème de la protection des animaux en France au XIXe siècle », Romantisme, n° 31, 1981.

Publié par Delphina - dans agir idées
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11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 19:44

Le film, co-réalisé par Mélanie Laurent et Cyril Dion, a déjà fait plus de 600 000 entrées et est sélectionné aux Césars. "Une surprise" due au bouche-à-oreille.

 

 

Comment un documentaire sur l'écologie, sorti des cartons via une campagne de financement participatif, peut-il dépasser les 500 000 entrées et rêver d'un césar ? En montrant, de Copenhague à Detroit, des gens appliquant joyeusement des solutions pour protéger la planète. Après neuf semaines en salle, Demain affiche plus de 600 000 entrées. « Une surprise », confirme Cyril Dion qui l'a co-réalisé avec Mélanie Laurent.


Passer la barre du demi-million de spectateurs le place déjà loin devant d'autres documentaires sur les enjeux écologiques : Nos enfants nous accuseront de Jean-Paul Jaud, sorti en 2008 (254 000 entrées), Solutions locales pour un désordre global, de Coline Serreau en 2010 (238 000 entrées) ou Le Syndrome du Titanic de Nicolas Hulot en 2009 (261 000 entrées). Home de Yann Arthus-Bertrand (2009) ou La Glace et le Ciel de Luc Jacquet, projeté en clôture du dernier Festival de Cannes, avaient respectivement attiré 167 000 et 61 000 spectateurs.


Après des débuts honnêtes mais pas fracassants pour Demain, sorti le 2 décembre, le bouche-à-oreille s'est enclenché. Visible d'abord sur 154 écrans, il est dans plus de 300 salles depuis la sixième semaine. Et le voilà sélectionné pour les Césars qui seront décernés le 26 février. « Il n'y a pas un jour sans que l'on me parle de ce film », raconte Txetx Etcheverry, porte-parole du mouvement écologique et citoyen Alternatiba. « Surtout, des gens ont envie de le conseiller à leur famille, à leurs amis, hors des écolos convaincus », ajoute-t-il.


Le désir de « prendre en main son existence »
Plutôt que de s'attarder sur des constats alarmants (dérèglement climatique, disparition des espèces, océans et sols pollués, etc.), le documentaire plonge dans l'univers des actions déjà mises en oeuvre : essor de l'agriculture biologique, développement des énergies renouvelables, recyclage généralisé des déchets, mais aussi réhabilitation de la démocratie participative.

 

« À différents niveaux (du local au national), le film donne des exemples d'autres manières de vivre et de faire, dans l'agriculture, l'industrie, la gouvernance, etc. Alors que les élites nous rabâchent qu'il n'y a pas d'alternative », explique le philosophe Dominique Bourg, vice-président de la Fondation Nicolas Hulot. « Il répond à un désir de prendre en main son existence, de vivre autrement », ajoute l'auteur du Dictionnaire de la pensée écologique et professeur à l'université de Lausanne. Pour l'économiste Alain Grandjean, la crise écologique est tellement « anxiogène » qu'il faut aller au-delà de la « tragédie annoncée » et « parler des solutions, ça marche mieux, ça désangoisse, ça mobilise ».


À l'écran, Detroit renaît de ses cendres grâce aux fermes urbaines, Copenhague vise 100 % d'énergies renouvelables en 2025, San Francisco recycle 80 % des déchets ménagers, quantité de villes donnent une nouvelle place au vélo et privilégient les transactions commerciales locales via des monnaies complémentaires de la monnaie nationale. Ce qui frappe, c'est l'enthousiasme dont font preuve les élus et citoyens impliqués : davantage d'emplois locaux, de cohérence, de lien social, de sens au travail.


« Des solutions intelligentes portées par des gens de grande valeur »
Dominique Brenguier, une Toulousaine séduite par le film, estime qu'en montrant « des solutions intelligentes portées par des gens de grande valeur », il « donne le sentiment, dans un monde en perte de sens et d'idéologie, que l'on peut croire en de nouvelles valeurs collectives et partagées ». Cyril Dion, qui s'est rendu dans 65 villes de cinq pays pour des projections, l'a constaté : « Les gens disent que ça leur redonne de l'espoir, envie de faire plein de trucs » alors que par ailleurs « les mauvaises nouvelles s'accumulent ».


Au-delà des perspectives positives dessinées par le film, l'écho rencontré peut aussi s'expliquer par un débat de société plus mûr sur des questions écologiques. Le prix des renouvelables a fortement chuté, les cultures biologiques ont fait leurs preuves, les entreprises trouvent leur compte dans les économies d'énergie, les filières de recyclage se structurent, les start-up planchent sur l'écoconception des objets, etc. « Avec Solutions locales pour un désordre global, Coline Serreau était déjà dans ce mouvement », relève Alain Grandjean. Mais « c'était un peu trop tôt, aujourd'hui les alternatives sont plus crédibles. »

 

BANDE-ANNONCE

 

Source : http://www.lepoint.fr/environnement/demain-le-succes-inattendu-d-un-documentaire-sur-l-ecologie-05-02-2016-2015732_1927.php

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