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21 mars 2017 2 21 /03 /mars /2017 13:34

Dans son dernier livre, L'Humanité carnivore, Florence Burgat explore l'historique d'une pratique bien loin d'aller de soi : manger de la viande. Si nombreux sont ceux qui, à la question "Pourquoi manger de la viande ?" répondent "parce que c'est bon", il existe une réponse bien plus riche et ambivalente. C'est celle que propose la philosophe.

 

MEAT: A Recurring Nightmare (The Vegan Voyeur) x

 

Florence Burgat est également directeur de recherche à l’Inra, détachée aux Archives Husserl de Paris (ENS-CNRS). Ses recherches portent sur les approches phénoménologiques de la vie animale ; la condition animale dans les sociétés industrielles : le droit animalier (épistémologie juridique) ; l’anthropologie de l’humanité carnivore, à laquelle elle consacre son nouveau livre, L’humanité carnivore (Seuil).  Passion Animale s'était déjà intéressé à ses travaux en publiant un de ses articles : Les animaux ont-ils des droits ?

 

L'homme est physiologiquement omnivore, c'est-à-dire qu'il peut se nourrir à la fois d'aliments d'origine animale et d'origine végétale. Mais la viande n'a pas connu toujours la même place au cours de notre histoire et selon les cultures. Longtemps réservée à une élite sociale, elle ne domine notre alimentation que depuis quelques décennies ou bien dans ces rares lieux comme le Grand Nord où les populations n'ont rien d'autre à se mettre sous la dent. Sa consommation s'accompagne de plus de divers rituels ou légitimations. En effet, on ne parle par exemple plus de cochon quand il s'agit de viande, mais de porc, comme pour bien marquer la frontière entre l'animal et l'aliment carné.

 

La question de manger d'autres êtres vivants n'a cessé de nous poser question, dès le début. Au paléolithique certains squelettes d'animaux montrent qu'ils ont reçu les mêmes soins mortuaires que les hommes. Des sectes antiques ont refusé le "meurtre alimentaire". Certaines régions indiennes et chinoises ont institutionnalisé le végétarisme à différentes périodes historiques.En revanche, ce qui semble universel à travers le temps et les cultures, c'est l'irrépressible nécessité de légitimer notre droit au carnivorisme, comme pour se donner bonne conscience, pour oublier les vaches massacrées en série lorsqu'on plante la fourchette dans notre steak; pour effacer les poulets suspendus par les pattes quand on croque un pilon de volaille; pour dissimuler ces visions cauchemardesques qui ont lieu chaque jour sur des chaînes de production dans les abattoirs...

 

Paradoxalement, nous n'avons aujourd'hui jamais tant aimé, chéri, défendu, protégé les animaux... et nous ne les avons jamais massacré en aussi grand nombre. Cette même époque qui voit émerger tant de mouvements dits "vegan", ou du moins végétariens, qui valorisent la cause animale, qui mènent des actions chocs (à l'instar de L214 qui vise régulièrement les abattoirs français), cette même époque est le cadre d'une tuerie de masse, des milliards d'animaux abattus selon une logique processuelle et capitaliste. Le marché de l'alimentation carnée ne s'est jamais porté aussi bien. Même l'Inde, lieu où le boeuf est un animal sacré, est devenue le premier producteur au monde de vaches !

 

Alors pourquoi l'humanité met-elle à mort les animaux pour les manger ? Pourrait-elle s'en passer ? Comment et pourquoi ? 

 

~> L’Humanité carnivore, par Florence Burgat

Edition Seuil, 480 p., 26 €.

 

Extrait d'un entretien de l'auteur (que je vous invite à lire dans son intégralité, lien à la fin) :

 

Extrait d'un entretien de l'auteur (que je vous invite à lire dans son intégralité, lien à la fin) : 

 

"Jusqu’au milieu du XIXe siècle, les animaux sont abattus et vendus dans la rue. Personne ne peut se raconter que la viande sur les étals n’a rien à voir avec les animaux dont elle provient. À partir de 1850 (et de la loi Grammont portant sur les mauvais traitements envers les animaux), les premiers abattoirs sont construits, pour des raisons d’hygiène, mais aussi pour soustraire aux yeux du public la mise à mort des animaux. Pour le législateur, la banalisation de la violence envers les animaux émousse en l’homme la disposition — c’est d’ailleurs ce que dit Kant — la plus utile à la moralité : la pitié ou la compassion. Autrement dit, s’habituer à la vue du sang, à la cruauté envers les animaux, c’est s’habituer à l’ouvrier qui tapera sa femme, ou à d’autres types de violence.

 

En quelques décennies, l’abattage des animaux va donc être soustrait à la vue du public. Les consommateurs n’auront plus affaire aux bouchers qui vendaient les animaux qu’ils avaient tués, mais à des commerçants dont le rôle est cantonné à la vente. Bien d’autres éléments concourent au mécanisme psychologique de « l’oubli » de l’animal dans la viande. Mentionnons parmi eux les stratégies parfaitement maîtrisées du marketing et leurs slogans publicitaires, les images trompeuses qui illustrent les « produits animaux » ou encore les discours vantant les mérites nutritionnels, prétendument irremplaçables, de la viande.

 

Longtemps, j’ai cru que cette occultation du processus de mise à mort expliquait la facilité avec laquelle nous mangeons de la viande sans penser que nous mangeons en vérité des animaux. Mais à présent, cette analyse me semble relever d’une courte vue. Nous n’ignorons en fait rien de cette vérité, et les animaux entiers ou reconnaissables dans les étals des bouchers sont là pour nous rappeler qu’il s’agit bien de cadavres d’animaux qui peu de temps auparavant étaient en vie comme nous souhaitons tous le rester ! La mauvaise foi ne doit pas être évincée de l’analyse, et moins encore l’ambivalence qui est au fondement de la vie psychique. « Nous savons bien, mais quand même », pour reprendre une formule chère aux psychanalystes…

 

L’idée selon laquelle nul (ou presque) ne veut renoncer à l’alimentation carnée s’est confirmée au moment de la diffusion des images de L214. La médiatisation des vidéos faisant la lumière sur la mise à mort des animaux dans les abattoirs aurait dû, si nous étions vraiment dans « l’oubli » de cette généalogie, entraîner une réaction massive de rejet de cette viande, dont la vérité était révélée. Il n’en fut rien, même si le véganisme a le vent en poupe, comme on dit. En effet, de nouvelles stratégies surgissent, de nouveaux discours œuvrent à pérenniser la consommation de « viande », qu’il est pourtant désormais impossible de dissocier de la mise à mort des animaux.

 

Dans mon livre L’Humanité carnivore, je montre en quoi l’institution de l’alimentation carnée reflète un désir très profond de l’humanité, qui n’est bien sûr pas à entendre comme l’agrégat des individus, mais comme une entité qui prend conscience d’elle-même en se pensant contre l’animalité. La manducation [Ensemble des actions mécaniques qui constituent l’acte de manger, NDLR] des animaux ne répond plus depuis longtemps à une nécessité ; l’enjeu est métaphysique et identitaire dans cette violence très singulière qui ne consiste pas simplement à tuer, mais à manger, c’est-à-dire à absorber, digérer, excréter.

 

L’horreur que nous inspire le cannibalisme confirme la spécificité de la violence propre à la manducation qui suit une mise à mort. Les anthropologues ont en effet mis au jour un « cannibalisme de gourmandise », où des hommes mangent d’autres hommes « parce c’est bon ». Il peut être curieux de penser que le cannibalisme nous répugne plus que la torture, qui constitue une situation où l’autre continue à être tenu pour un sujet qui doit répondre à une question. La manducation, qui implique un processus de décomposition, ravale celui qui est ainsi traité à un rang qui ne peut être comparé à aucun autre. Quoi de plus absolu que la manducation pour affirmer une forme d’anéantissement d’autrui ?"

 

Cliquez ici pour lire l'intégralité de l'entretien de Florence Burgat sur le site reporterre.net

 

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Publié par Delphina - dans idées livres
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7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 16:59

Acupuncture, homéopathie, naturopathie, phytothérapie, chiropratie, ostéopathie, psychothérapie, hypnothérapie, massothérapie... Que cachent ces termes qui définissent l'ensemble des médecines douces, ces moyens de passer outre les résultats insatisfaisants de la médecine officiellement reconnue ? Découverte de ces pratiques qui sont encore loin d'être un réflexe pour l'homme : où l'on découvre que l'euthanasie de son animal n'est pas la seule possibilité. 

 

En ce qui concerne les applications à l'homme, je vous conseille l'émission "Les pouvoirs extraordinaires du corps humain" diffusée à 20h55 mardi 7 mars 2017 sur France 2 : le thème est "les médecines parallèles". Michel Cymes et Adriana Karembeu voyagent en Chine, berceau de ces pratiques saines pour combattre les maladies et vivre en bonne santé.

 

 

Article réalisé grâce à homeoanimo.com

 

Kenzo était paralysé des quatre pattes depuis deux semaines. Il ne mangeait pas, se couchait uniquement sur le côté et n’essayait même pas de se lever. La médication fournie par le vétérinaire ne faisait pas d’effet.

 

À la recherche de solutions pour leur chien, ses maîtres ont trouvé la clinique de Dre. Valérie Trudel, acupunctrice et ostéopathe et se sont dit qu’ils n’avaient rien à perdre. Quand Kenzo est arrivé à la clinique, il avait l’air en douleur. Le premier réflexe de Dre. Trudel a été de préparer ses maîtres à l’éventualité d’une euthanasie. Mais avant d’en arriver là, ils ont décidé de tenter des traitements, conscients que la route serait peut-être longue avant que Kenzo retrouve ses pleines capacités. Ils se sont donné un premier 24 heures avant de voir les effets du traitement en acupuncture, parce qu’il était hors de question de laisser souffrir le chien inutilement si rien ne semblait évoluer.

 

Kenzo est arrivé couché sur le côté. Après le premier traitement, il est reparti couché sur le ventre. Dre. Trudel l’a revu deux semaines plus tard : Il marchait.

 

Des histoires comme celle-ci, les spécialistes en médecine alternative peuvent en raconter beaucoup.

 

« Je veux que les gens sachent que l'euthanasie n’est pas la seule solution, explique Dre. Trudel. Quand la médecine ou la chirurgie ne sont pas une option ou qu'il y a des contre-indications, ça vaut vraiment la peine d'essayer la médecine alternative. Il y a bien des animaux qui ne sont pas euthanasiés parce que nous les avons traités autrement. »


 

Vous êtes à la recherche d’une solution pour aider votre animal ? Vous aimeriez le faire suivre avec des traitements les plus naturels possible, mais vous ne savez pas comment vous y retrouver parmi toutes les approches qui sont proposées ? Ce petit guide s’adresse à vous.

 

Comme vous, nombreux sont les propriétaires d’animaux pour qui la médecine traditionnelle ne suffit pas ou qui cherchent un traitement en douceur. Comme vous, ces propriétaires considèrent leur animal comme un membre de la famille et feront tout ce qui est en leur pouvoir pour lui donner les meilleurs soins et lui éviter l’euthanasie dans le pire des scénarios.


 

Les animaux ont, à notre époque, une place de choix au sein de la cellule familiale. Longtemps considérés avant tout pour leur utilité (défense de la maison, prédateurs contre la vermine, travail à la ferme, etc.), nos animaux sont maintenant plus que cela à nos yeux. Ils comblent un besoin affectif essentiel et nous nouons avec eux une véritable relation. Ils nous rappellent notre lien avec la nature et nous ramènent souvent à l’essentiel. Quoi de plus vrai que le regard de notre chien posé sur nous lors d’une journée triste ? Quoi de plus touchant que notre chat cherchant la caresse d’une main après une dure journée de travail ? Les animaux nous obligent à nous arrêter et à profiter de l’instant présent.

 

D’ailleurs, en occident, une bonne partie des foyers possède au moins un animal domestique. Des sondages effectués ces dernières années mentionnent que la France compterait environ 63 millions d’animaux domestiques. Au Québec, plus de 30 % des foyers possèderaient un chat et plus de 25 % un chien.

 

La place de l’animal étant plus que jamais importante dans notre société, la médecine vétérinaire traditionnelle a fait des avancées spectaculaires dans les dernières années et reste essentielle au bien-être de nos compagnons. Mais c’est aussi le cas des différentes médecines alternatives.

 

Dre Hélène Haltrecht, vétérinaire holistique et professeure à la faculté vétérinaire de l’Université de Montréal, exerce au Centre DMV de Montréal. Elle se définit comme vétérinaire spécialisée dans les médecines COMPLÉMENTAIRES. Toutes les médecines dites alternatives peuvent en effet s’avérer vraiment compatibles et aidantes, même si votre animal est suivi aussi en médecine traditionnelle.

 

Le principal atout des médecines alternatives est qu’elles permettent de soigner de nombreux maux de manière naturelle sans passer par des traitements chimiques qui peuvent avoir des effets secondaires néfastes ou être ou invasifs.

 

Mais avant de vous lancer dans un quelconque traitement, soyez conscients que le Web regorge d’informations de toutes sortes et qu’il est important de vous assurer de toujours prendre conseil auprès des professionnels qui, quelle que soit leur spécialité, sauront vous conseiller et vous orienter vers les traitements qui s’imposent.


Gardez aussi à l’esprit que, dans les situations plus sérieuses, votre animal pourrait avoir besoin d’examens complémentaires (prise de sang, scanner, échographie, etc.) ou d’interventions chirurgicales qui restent la spécialité de la médecine vétérinaire.
 

En somme, les médecines alternatives s’avèrent tout indiquées et efficaces pour traiter certaines maladies chroniques mais, dans les cas d’urgence, vous devez toujours consulter un professionnel en médecine vétérinaire. De plus, certaines maladies (comme un état cardiaque sérieux) requièrent un traitement médicamenteux.


Dans tous les cas, la médecine alternative et la médecine occidentale peuvent dans la plupart des cas être tout à fait bénéfiques conjointement ! Un traitement naturel peut souvent être administré en complément d’un médicament (toujours sous avis et surveillance d’un professionnel). Les approches naturelles peuvent aussi souvent favoriser l’efficacité d’un traitement médicamenteux.

 

 


LA MÉDECINE ALTERNATIVE : UNE APPROCHE GLOBALE EN DOUCEUR

 

La médecine alternative (ou complémentaire) se caractérise par deux choses, quelle que soit sa spécialité :

- son approche globale

- son approche naturelle


 

Cette approche globale est ce que l’on appelle la thérapie holistique, c’est à dire le fait de tenir compte de l’entièreté (ou globalité) de l’individu afin de le traiter, l’idéal étant de connaître ses faiblesses en amont afin de prévenir plutôt que de guérir. La médecine non conventionnelle, alternative, naturelle, holistique (les termes ne manquent pas) ne s’intéresse donc pas seulement à l’aspect physique de votre animal, mais aussi à ses aspects émotionnels et à son vécu qui peuvent avoir un impact majeur sur sa santé physique.

 

Cécile Jean, docteure en médecine vétérinaire, pratique l’ostéopathie, l’acupuncture et la phytothérapie en France:

 

« Pratiquer la médecine de façon holistique consiste à appréhender le patient dans sa globalité. Soigner par le biais des médecines douces que sont l'ostéopathie, la phytothérapie, et l'acupuncture permet cette approche, finalement très complémentaire de la médecine allopathique classiquement pratiquée, explique-t-elle. Comme la plupart des médecines holistiques, l'objectif si peu utilisé en occident, n'est pas de soigner un malade mais d'éviter qu'un individu tombe malade ... Il serait quand même bien plus logique qu'un médecin ou un vétérinaire soit payé à garder son patient en bonne santé. »

 

C’est ce que confirme Dre. Hélène Haltrecht, déjà mentionnée plus haut :

 

« Je vise une approche globale. Selon le cas, je regarde quelle médecine ou quelle combinaison serait la plus appropriée pour traiter l'animal. Par exemple, l’acupuncture se combine bien avec les herbes, surtout pour des problèmes chroniques qui sont souvent difficiles à traiter avec la médecine traditionnelle, comme les problèmes neurologiques, les hernies discales, les paralysies, etc. Certains animaux ne répondent pas bien aux médicaments ou pas assez. À ce moment, c'est souvent l'option chirurgie qui s’impose, mais c'est parfois hors de prix pour les clients ou bien ils veulent essayer d'éviter la chirurgie. »

 

La médecine alternative offre alors d’autres options ou au moins des options complémentaires à la prise en charge traditionnelle :

 

« J'offre toujours toutes les options qui, je pense, pourraient être bénéfiques à l'animal. Cela peut comprendre des médicaments aussi. Si je pense que la chirurgie pourrait être une bonne option je vais la recommander aussi. »

 

Dre. Anne-Marie Potrawiak, vétérinaire holistique, pratique à la clinique Animomedic de Montréal. Elle considère sa pratique en ostéopathie, acupuncture, homéopathie et phytothérapie comme une médecine intégrative, c’est à dire une approche qui se veut davantage globale et qui traite l’animal en utilisant (intégrant) différents types de médecines douces selon les besoins.

 

Beaucoup de vétérinaires offrent maintenant, si les propriétaires de l’animal le désirent, une combinaison de médecine traditionnelle et de soins alternatifs, naturels avec des effets secondaires moindres.

 

Mais, peut-être vous demandez-vous ce qu’il est possible de traiter avec les médecines naturelles ? La plupart des médecins et thérapeuthes rencontrés s’accordent pour dire que les problèmes les plus fréquents pour lesquels ils sont consultés sont des problèmes de douleurs chroniques chez l’animal : hernies discales, arthrose, animaux gériatriques qui bougent moins bien, problèmes de peaux, colites, allergies, etc.  

 

Vous aimeriez faire suivre votre animal et ce, le plus naturellement possible? Faisons maintenant un petit tour d’horizon des différentes approches naturelles qui s’offrent à vous afin de vous aider dans vos choix thérapeuthiques.

 

 

1. LA PHYTOTHÉRAPIE POUR ANIMAUX

 

«J’ai réglé des problèmes de phobie / agressivité chez un chien grâce à l’association de l’acupuncture et de la phytothérapie et d’échanges  avec sa propriétaire.», raconte Dre. Jean.

 

Des plantes pour soigner votre animal, est-ce possible ? Oui !

 

L’utilisation des plantes pour soigner les humains ET les animaux n’est pas nouvelle. On n’a qu’à regarder le mode de vie des peuples autochtones pour s’en rendre compte. Depuis des millénaires, les hommes ont soigné leurs animaux grâce aux plantes.

 

La phytothérapie consiste à utiliser les plantes médicinales, sous différentes formes, pour les bienfaits thérapeutiques de leurs composantes chimiques.

 

Les animaux vivant à l’état naturel ont tendance à manger les plantes qu’ils trouvent dans les champs, forêts ou bosquets afin de soigner (de manière instinctive) certains de leurs maux. C’est d’ailleurs en observant la faune que les propriétés médicinales de certaines plantes ont été découvertes.

 

La phytothérapie peut être utile pour renforcer le système immunitaire, désintoxiquer l’organisme, traiter les problèmes de stress et d’anxiété, compléter une bonne alimentation afin de renforcer l’organisme ou régulariser les activités spécifiques de certains systèmes ou organes.

 

Mentionnons aussi  qu’utilisées en combinaison, plusieurs plantes peuvent avoir des effets synergiques qui auront une influence sur la santé de l’animal à long terme. En somme, la phytothérapie peut être utilisée de manière préventive afin de favoriser la santé globale de l’animal.

 

Dans ce domaine, la médecine chinoise utilise beaucoup les herbes en combinaison avec d’autres traitements, ce qui permet de réduire l’utilisation de médicaments chimiques, voire même de les remplacer, réduisant ainsi de beaucoup les effets secondaires nocifs :

 

« Je vais souvent recommander les herbes chinoises en combinaisons avec mes autres traitements. Avec ça, on peut donner moins de médicaments, ou bien ça peut remplacer les médicaments. Donc on a moins d'effets secondaires. », explique Dre. Haltrecht.

 

Bien entendu, ce n’est pas parce que vous êtes traité vous-même en phytothérapie que les plantes qui vous ont été administrées conviendront à votre animal. Une plante peut être sûre pour un humain sans l’être pour un animal et vice-versa. Le métabolisme des animaux et des humains est différent. Vous devez toujours consulter un professionnel avant d’entreprendre un traitement. De plus, comme c’est souvent le cas en matière de médecine alternative, les thérapies sont à envisager à moyen ou long terme.

 

Si vous choisissez la phytothérapie pour votre animal, assurez-vous de toujours faire affaire avec des professionnels et des fournisseurs dignes de confiance et ayant fait leurs preuves, comme c’est le cas chaque fois que vous prenez des décisions en matière de santé.

 

2. L’ACUPUNCTURE POUR ANIMAUX

 

La phytothérapie est souvent pratiquée en association avec l’acupuncture. Plus connue du grand public, cette thérapie ancestrale est très bien reçue par les animaux, contrairement à ce que l’on pourrait penser.

 

« L’acupuncture est l’une des cinq branches de la Médecine traditionnelle chinoise (MTC), explique Dre. Jean. C’est une médecine qui s’est établie de façon empirique au fil des siècles (Plus de 5000 ans d’existence !) et dont le principe fondateur est la circulation harmonieuse d’énergie (ou Qi) dans le corps. La MTC repose sur l’idée qu‘on ne peut soigner efficacement qu’en abordant la pathologie et le patient de façon globale. La maladie est donc, selon les Chinois, à la fois l'expression d'un problème mettant en cause l'organe auquel elle est liée, mais également le signe d'un déséquilibre plus général au sein de l'organisme ou encore plus largement du patient avec son écosystème (propriétaire, autres animaux, lieu de vie).

L’acupuncture constitue une médecine à part entière, et peut à ce titre être à propos dans presque toutes les situations. Cependant, il y a des situations où ses atouts thérapeutiques se distinguent : dermatologie, pathologie ostéo-articulaire, comportement, gériatrie, insuffisance organique (rein, foie, etc.) La MTC, au même titre que toutes les médecines holistiques permet un regard global sur le patient quel qu'il soit, et ne s'arrête pas aux symptômes. Elle est donc très utile dans de nombreuses pathologies. »

 

Il existe plus de 300 points d’acupuncture répertoriés chez les animaux provoquant une réaction spécifique de l’organisme. On utilise des aiguilles, la chaleur, des faisceau laser, un courant électrique ou parfois des injections pour traiter l’animal. L’acupuncture permet aux mécanismes de guérison et de régénération du corps de fonctionner à leur plein potentiel. Elle permet aussi de stimuler certains réflexes nerveux qui vont à leur tour stimuler certains organes. Tout comme beaucoup de médecines alternatives, l’acupuncture propose une approche holistique, travaillant avec l’animal selon sa personnalité et son vécu.

 

Un autre avantage de l’acupuncture, comme l’affirme Dre. Trudel, est de traiter souvent des cas où les maîtres n’ont pas les moyens de payer une chirurgie pour leur animal, par exemple dans des cas de ruptures de ligaments croisés ou de paralysie. Ces chirurgies, pour ne mentionner qu’elles, coûtent environ entre 3000 et 8000 $ canadiens. Une somme que peu de gens ont les moyens de débourser. De plus, même si les moyens sont présents, les conséquences d’une chirurgie sont parfois aussi contraignantes que le mal en lui-même. L’acupuncture permet de traiter en douceur et d’éviter des effets secondaires indésirables. Elle s’avère aussi très utile pour soulager les animaux vieillissants et leur permettre de terminer leur vie correctement et sans souffrances liées au manque d’énergie, aux douleurs articulaires ou aux raideurs. 

 

 

3. LA PHYSIOTHÉRAPIE POUR ANIMAUX

 

Docteur Olivia Lannou est physiothérapeute à la clinique Physiovetcare en France et raconte ceci:

« Coben a déclenché une polyradiculonévrite, maladie auto-immune inflammatoire du système nerveux périphérique, qui a entraîné chez lui une paralysie flasque généralisée. Lors de sa première venue à PhysioVetCare, cela faisait presque trois mois qu'il ne marchait plus, arrivait très peu à tenir sa tête et était extrêmement amyotrophié. Après un mois de rééducation, neurologique et musculaire, et beaucoup de motivation, les résultats sont à la hauteur de nos espérances ! [...] À cause d'une hernie cervicale, et malgré la chirurgie, Canelle était paralysée des quatre membres. Grâce à la physiothérapie, sa motivation et la persévérance de ses propriétaires, après deux mois de travail, nous avons la joie de la revoir déambuler ! »

 

Des histoires comme celles-ci, elle en a des tas à raconter ! Elle et son équipe en ont vu des animaux arriver incapables de marcher dans sa clinique et maintenant en pleine forme.

 

La physiothérapie est maintenant une des médecines douces qui se développe de plus en plus dans les cabinets vétérinaires, en complément d’autres traitements plus traditionnels. Elle est particulièrement indiquée dans les cas de troubles neurologiques ou orthopédiques.

 

La physiothérapie regroupe l’ensemble des techniques manuelles et instrumentales qui permettent le diagnostic et le traitement des troubles fonctionnels et lésionnels chez les animaux. Les physiothérapeuthes utilisent donc des techniques comme le massage, les étirements autant que les ultrasons, l’électrothérapie ou l’hydrothérapie, etc.

Si votre animal vous paraît atteint d’un trouble neurologique ou orthopédique, la physiothérapie pourrait l’aider.

 

Le premier objectif sera de soulager sa douleur par le biais de différents traitements naturels et manipulations physiques. Ensuite, le but sera de l’aider à récupérer sa forme physique mais tout en douceur par le biais de manipulations par les mains, l’utilisation d’éléments naturels comme l’eau, les vibrations, le chaud/froid ou la lumière.

 

Elle pourra aussi être associée à d’autres traitements naturels comme l’homéopathie ou la phytothérapie pour préserver sur le long terme l’état de santé de l’animal.

 

La physiothérapie sera tout indiquée dans les cas d’animaux arthrosiques ou âgés qui ne peuvent pas être opérés.

 

Dans les cas de problèmes orthopédiques importants, une chirurgie sera parfois nécessaire. Cependant, la physiothérapie sera souvent utilisée en complément de la chirurgie ou en traitement post-opératoire, pour permettre à l’animal de se rétablir le plus vite possible.

 

En fait, la physiothérapie et la rééducation fonctionnelle sont l’équivalent des soins donnés par les kinésithérapeuthes en médecine sportive. Elle est particulièrement intéressante à utiliser en rééducation post-chirurgicale (orthopédique ou neurologique), en  rééducation des processus dégénératif (arthrose, myopathie dégénérative,  syndrome queue de cheval, etc.) ou dans la préparation du chien sportif ( pathologies spécifiques du chien de sport, prévention des blessures,  programme d'entraînement spécifique) comme nous l’explique Dre. Olivia Lannou, thérapeuthe chez Physiovetcare.  

 

La physiothérapie repose sur l'utilisation de technique de kinésithérapie passive (mobilisation articulaire), kinésithérapie active (exercices pour stimuler l'équilibre, la proprioception ou de renforcement musculaire ciblé), d’électrothérapie, d’ultrasons, de l’hydrothérapie (marche dans l'eau qui permet un travail musculaire important sans poids sur les articulations) et de laser thérapeutique.

 

 

4. L’HOMÉOPATHIE POUR ANIMAUX

 

Dre. Potrawiak s’intéresse, comme tous les spécialistes en homéopathie, à l’animal sous tous ses aspects, avant de lui administrer un quelconque traitement.

 

L’homéopathie soigne en effet l’individu et non la maladie en prônant une approche holistique. On s’intéresse à l’animal dans sa globalité et non seulement à son symptôme. C’est ce qu’on appelle la loi de l’individualisation. L’homéopathie s’intéresse donc autant au psychique qu’au physique de l’individu mais aussi à son vécu (traumatismes ou autres) et à son hérédité par exemple. Elle dressera un portrait unique de votre animal et proposera un traitement qui s’appliquera à lui en tenant compte de tous ces aspects, se différenciant ainsi de la médecine traditionnelle qui ne considère pas le corps comme un tout mais traite chaque symptôme séparément.


 

Comment fonctionne le traitement ? L’homéopathie pour animaux consiste à soigner les animaux au moyen de remèdes (à doses infinitésimales obtenues par dilution) capables, à doses plus élevées, de produire sur l'homme (ou l'animal) sain des symptômes semblables à ceux de la maladie à combattre.

 

Le but est de stimuler les aptitudes de l'organisme à l'auto-guérison (ou force vitale). Les remèdes homéopathiques visent à stimuler la force vitale pour aider le corps à lutter contre la maladie.


 

L’homéopathe cherche à savoir comment les symptômes se manifestent mais aussi ce qui les aggrave ou ce qui les apaise ainsi que les moments auxquels ils apparaissent. Il tient compte de tout cela pour trouver une formule homéopathique qui conviendra. Deux animaux souffrant de la même maladie pourraient ainsi se voir prescrire des formules homéopathiques différentes.

 

Cette approche naturelle peut être une bonne alternative aux médicaments, particulièrement en cas de troubles digestifs, de troubles psychologiques comme l’anxiété ou de perturbations hormonales pour ne citer que quelques exemples. Elle limitera beaucoup les effets secondaires, contrairement aux traitements médicamenteux. Il est aussi tout à fait possible d’utiliser l’homéopathie en complément de traitements conventionnels.

 

La plupart des animaux réagissent très bien aux traitements homéopathiques. De nombreux problèmes de santé physiques ou psychologiques peuvent être traités par cette approche présente en Europe depuis très longtemps et de plus en plus populaire et reconnue en Amérique du Nord.


5. L’AROMATHÉRAPIE POUR ANIMAUX

 

Dre. Nelly Grosjean, docteur en naturopathie et auteur du livre Aromathérapie Vétérinaire, explique en entrevue : 

« L’aromathérapie est particulièrement utilisée contre les affections comme la toux, les problèmes digestifs ou la pelade et s’avère très efficace sur le plan antiseptique (pour lutter contre les bactéries, les parasites, les champignons, etc.). Je la recommande fortement dans le traitement des tendinites, boulets, démangeaisons, douleurs articulaires, de la digestion ou encore pour renforcer le système immunitaire ou aider l’animal à récupérer après un gros effort physique (par exemple les chevaux de course). »

 

L’aromathérapie consiste à utiliser les extraits aromatiques de plantes (essences et huiles essentielles) à des fins thérapeutiques, à la différence de la phytothérapie qui utilise l’ensemble des éléments des plantes.
 

ATTENTION : Cependant, sachez que, tout comme l’homme, certains animaux peuvent être allergiques ou sensibles à certaines huiles essentielles. On ne devrait jamais faire usage d’huiles essentielles à des fins thérapeutiques pour son animal sans l’avis d’un spécialiste en aromathérapie. De plus, celui-ci vous conseillera parfois de faire un essai sur une petite zone du corps avant d’utiliser un traitement. Il saura aussi vous dire si certaines huiles doivent être évitées lors de certains moments particuliers de la vie de votre animal (gestation, allaitement, etc.).

 

Qu’est-ce qu’une huile essentielle ? Il s’agit d’un concentré de principes actifs provenant de la distillation d'une plante aromatique. On ne peut pas à proprement parler qualifier l’aromathérapie de médecine «douce», car, dans les faits, les huiles essentielles sont de vraies bombes d’énergie ! Les huiles utilisées en aromathérapie doivent être de qualité excellente et provenir de plantes saines. Assurez-vous toujours que la bouteille indique l’appellation exacte de la plante et son lieu de distillation.

 

Les huiles essentielles peuvent être utilisées à des fins antiseptiques, antimicrobiennes, anti-infectieuses, comme détoxifiantes, revitalisantes ou régulatrices du système nerveux ou des glandes hormonales.  Elles augmentent la résistance à la maladie, améliorent les défenses immunitaires et préviennent les infections et contagions. Elles peuvent donc être utilisées en prévention ou en traitement curatif et ce, sous trois formes différentes : en diffusion dans l’atmosphère, en friction ou en absorption interne. Évidemment, seul le professionnel de la santé saura vous recommander les huiles qui conviennent à votre animal et leur mode d’utilisation.

 

« Mes compositions aromatiques ont aidé et aident encore les haras des princes d’Angleterre et les haras d’une princesse de Jordanie, des cliniques de biothérapies vétérinaires et des ostéopathes et dentistes équins.», déclare Dre. Grosjean…

De quoi convaincre les plus sceptiques d’entre nous, n’est-ce pas ?

 


6. L’OSTÉOPATHIE POUR ANIMAUX

 

L’ostéopathie est une médecine alternative utilisant des techniques manuelles, mais qui, comme d’autres médecines naturelles, se base sur le principe que le corps est une entité et que c’est le patient (l’animal) que l’on traite et non la maladie.

 

L’ostéopathie accorde une grande importance au système vasculaire et au pouvoir d’auto-guérison de l’individu. Elle part du principe que tous les systèmes du corps interagissent les uns avec les autres.  En permettant de soigner toutes sortes de pathologies, l’ostéopathie permet souvent d’éviter la prise de médicaments. De plus, en s’intéressant à la cause des maux et non seulement aux symptômes, elle permet souvent de traiter le problème à la source et d’éviter sa récurrence.  Sachant que certains états de santé nécessitent des interventions médicales plus traditionnelles, l’ostéopathie peut, comme toute médecine alternative, être utilisée en complément de certaines interventions chirurgicales par exemple.

 

« En consultant régulièrement un ostéopathe, vous permettez à l’organisme de votre animal de gérer les dérèglements qui s’opèrent à bas bruit avant que les symptômes se manifestent (...). », explique Dre. Jean.

 

L’ostéopathie s’avère être aussi très complémentaire à l’acupuncture, comme l’explique Dre. Trudel :

 

« Il est rare que je traite seulement avec l'acupuncture, étant donné que ces médecines sont très proches l'une de l'autre et sont complémentaires. En combinant les deux approches, j’ai traité par exemple un chien avec boiterie avant depuis plusieurs mois qui avait vu plusieurs spécialistes. En deux traitements, son problème était réglé. C'était une cervicale qui était coincée et qui faisait pression sur le nerf. Un autre chat avec boiterie de la patte arrière était incapable de mettre du poids dessus. La propriétaire était sur le point de l'euthanasier. Trois traitements plus tard, le chat marchait. »

 

 

7. LA NATUROPATHIE POUR ANIMAUX

 

La naturopathie est, elle aussi, fondée sur l’approche holistique de la maladie et considère l’organisme et l’individu dans leur globalité au lieu de ne traiter que le problème de santé en lui-même.

 

La naturopathie animalière permet de soigner certains maux sans avoir recours aux médicaments pharmaceutiques et dans le respect de l’environnement. Elle s’intéresse aux besoins physiologiques de l’animal autant qu’à son bien-être et à son confort. Un naturopathe proposera donc souvent un bilan de santé global de l’animal tout en s’intéressant à son alimentation, son vécu et sa santé mentale avant même de proposer un quelconque traitement. Il proposera ensuite d’utiliser les plantes, les fleurs, les essences aromatiques, les remèdes homéopathiques ou des oligo-éléments par exemple pour traiter l’animal. Dans tous les cas, l’approche sera entièrement naturelle.

 

Le principal intérêt de la naturopathie est son approche naturelle à 100 %. Vous serez certain, en allant consulter un bon naturopathe animalier, de fournir à votre animal des soins non invasifs et complètement naturels. Le naturopathe est en fait un spécialiste des différentes médecines naturelles. Il pourra donc vous proposer différentes approches (aromathérapie, homéopathie, etc.) parmi lesquelles vous pourrez choisir. Il prendra en considération tous les aspects de la vie de votre animal, ce qui vous rassurera.

 

Comme toute médecine alternative, dans certains cas urgents ou dans les cas de certaines maladies invalidantes, la naturopathie ne peut se substituer aux traitements traditionnels. Elle peut cependant, et c’est souvent le cas, leur être complémentaire et même favoriser leur efficacité.

~
 

Comme vous pouvez le constater, en matière de médecine alternative, les choix qui s’offrent à vous ne manquent pas ! De la phytothérapie à l’ostéopathie, en passant par la naturopathie, la physiothérapie, l’homéopathie, l’aromathérapie ou l’acupuncture, vous pouvez trouver l’approche naturelle qui conviendra à la personnalité et aux besoins de votre animal en matière de santé et qui conviendra à votre mode de vie et à vos valeurs personnelles.

 

Tous les experts que nous avons interrogés nous ont expliqué la même chose : toutes ces approches sont en réalité souvent liées les unes aux autres. C’est pourquoi lors de vos recherches, vous constaterez que beaucoup de thérapeuthes sont à la fois ostéopathes et acupuncteurs ou naturopathes et homéopathes. Bref, ces médecines complémentaires ont chacunes leurs forces et peuvent agir à différents plans, et parfois aussi parallèle de traitements plus traditionnels qui s’avèrent nécessaires.  

 

Chaque cas est unique et doit être étudié en tant que tel pour pouvoir trouver la thérapeutique qui lui correspond le mieux. Mais chaque cas peut être traité de la manière la plus naturelle possible, si tel est votre souhait pour votre plus fidèle compagnon.

 

« J’ai traité un chien de 10 ans avec arthrose et boiterie aiguë d'un postérieur, douleur et tremblements associés, raconte Dre. Jean.  Eh bien, la médecine classique, et même l'ostéopathie associée à la phytothérapie ne semblaient pas le soulager. Par contre, après deux séances rapprochées d'acupuncture, la boiterie a disparu (sans aucun autre traitement associé). Ça peut ne pas être évident, et dans certains cas on ne trouve pas du premier coup les soins qui sont adaptés à l'animal et à son problème du moment, mais quand c'est le cas, ça peut vraiment être très impressionnant d'efficacité ! Il y a également des animaux suivis en cancérologie, et on obtient dans certains cas des rémissions très importantes avec l'association acupuncture / phytothérapie. »

 

Nous souhaitons tous ce qu’il y a de mieux pour nos animaux domestiques et, dans la mesure du possible, s’il nous est possible d’éviter les traitements médicamenteux chimiques et les effets secondaires indésirables qui vont avec, c’est un beau cadeau que nous leur faisons !

 

Dre. Trudel termine toutefois sur ce conseil :

« Consultez votre vétérinaire avant de commencer un traitement alternatif.» Pourquoi ? « Une dame m’a appelée pour son bouvier bernois de trois mois qui avait une boiterie de la patte arrière. Cependant il s’est avéré que le chien n'avait pas besoin d'acupuncture ou d'ostéopathie. Il avait en fait une fracture du talon depuis un mois. »

 

Dans des cas comme celui-ci, seule la médecine vétérinaire traditionnelle pourra aider à la base votre animal, quitte ensuite à compléter les traitements par des soins alternatifs. Soyez donc toujours bien aux aguets des signes observés chez votre animal.

 

Source : Suzie Cyr pour homeanimo.com -> https://www.homeoanimo.com/blogs/sante-animale/la-medecine-alternative-pour-animaux-petit-guide-pour-soigner-son-animal-naturellement

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11 janvier 2017 3 11 /01 /janvier /2017 15:03

Les scientifiques viennent de découvrir qu’il y a des « abeilles » dans les océans : il s’agit de minuscules crustacés qui, tout comme leurs cousins terrestres, pollinisent les plantes sous-marines.

 

 

La pollinisation est au cœur de la nature et de ses processus de reproduction. Sur Terre, le transport du pollen des étamines au pistil s’effectue principalement par le vent (entre autres chez les graminées et les conifères) et les insectes (surtout des abeilles et des papillons, dans la plupart des « plantes à fleurs »). En mer, on pensait jusqu’alors que les plantes marines ne pouvaient compter que sur l’eau pour répandre leurs gênes, mais pour la première fois, des chercheurs ont trouvé des preuves que les écosystèmes sous-marins ont des pollinisateurs qui transportent le pollen entre les fleurs, de la même manière que les abeilles et autres animaux pollinisent les plantes sur la terre ferme.

 

Pour arriver à de telles conclusions, les chercheurs de l’Université nationale autonome du Mexique ont filmé les divagations printanières nocturnes de petits crustacés parmi les lits « d’herbes à tortue » (ou  Thalassia testudinum) une plante qui pousse sur les fonds marins tropicaux et forme des herbiers qui constituent des zones de frai pour les poissons. Jusqu’à récemment, les scientifiques pensaient que leur pollen était transporté par les eaux, mais les images ont révélé de nouveaux responsables : des centaines de petits invertébrés, principalement des petits crustacés, transportant le pollen de fleur en fleur et les invitant ainsi à fertiliser.

 

Au même titre que les abeilles, ces nouveaux petits pollinisateurs sont probablement attirés par le savoureux pollen produit par les fleurs mâles. Un peu de ce pollen gluant vient alors se coller au corps de l’animal qui viendra ensuite le déposer sur une fleur femelle tout en continuant de se nourrir. Comme sur la terre ferme, les plantes usent ici de leurs fleurs pour attirer les pollinisateurs. Chez Thalassia testudinum, les fleurs sont bien visibles bien que dépourvues de pétales, souvent blanches et tirant parfois sur le vert ou le rose. Pour le moment, les pollinisateurs sous-marins n’ont été aperçus que sur cette espèce de plante sous-marine qui possède de grandes fleurs, mais il serait intéressant de voir si d’autres plantes avec des fleurs plus petites peuvent aussi être pollinisées de cette façon, notent les chercheurs.

 

Rappelons que ces « prairies côtières » sont immensément importantes pour les écosystèmes. Non seulement elles soutiennent diverses communautés d’animaux, de petits crustacés aux grands mammifères marins, mais de nombreuses espèces marines se nourrissent également de cette plante et s’abritent ou se reproduisent dans la zone de calme créée entre ses feuilles.

 

Source : http://sciencepost.fr/2016/12/abeilles-mers-de-minuscules-crustaces-pollinisent-plantes-marines/

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11 janvier 2017 3 11 /01 /janvier /2017 14:53

Hasard du calendrier ou réaction rapide, quelques semaines après la sortie d’une étude sur le déclin du guépard, les Emirats Arabes Unis promulguent une loi interdisant aux particuliers la détention d’animaux sauvages dangereux, une pratique qui s’était malheureusement répandue.

 

Les animaux sauvages domestiqués désormais interdits

 

Léopards, guépards, lions, tigres, chimpanzés…autant d’animaux qui sont visibles dans leur milieu naturel, en parcs animaliers ou bien dans les jardins privés des riches habitants des Emirats Arabes Unis. Si cet Etat compte en fait sept émirats fédérés, Abu Dhabi, Dubaï, Charjah, Ras el Khaïmah, Fujaïrah, Oumm al Qaïwaïn et Ajman, seuls les deux premiers sont vraiment concernés par ces pratiques, Charjah par exemple ayant déjà légiféré pour l’interdire. En revanche, les jeunesses fortunées d’Abu Dhabi et Dubaï ont développé depuis plusieurs années une nouvelle mode : détenir un animal sauvage, si possible dangereux ou menacé, comme animal domestique, faire des selfies avec, le promener dans la rue, en voiture etc. Des dizaines de photos, postées notamment sur Instagram ou Pinterest, ont fait le tour du monde provoquant indignation et incompréhension dans le monde occidental.

 

Mais face à l’augmentation des incidents dans lesquels des animaux dits domestiqués se sont retournés contre l’Homme, une loi a vu le jour fin décembre aux Emirats Arabes Unis afin d’interdire « la transaction ou la possession de toutes les espèces d’animaux sauvages et domestiques mais dangereux ». L’information rapportée par le journal « gulfnews.com » indique que le président Shaikh Khalifa Bin Zayed Al Nahyan a demandé à ce que la « Réglementation sur la propriété des animaux dangereux » prenne effet immédiatement. Les particuliers qui possèdent une ou plusieurs espèces sauvages dangereuses ont donc six mois pour remettre les animaux aux autorités. Seuls les parcs animaliers, les réserves, les cirques, les centres d’élevage ou de recherche sont autorisés à conserver leurs bêtes.

 

Les peines encourues en cas de non-application de la loi

 

Si vous êtes vu en possession d’un animal sauvage non autorisé : jusqu’à six mois de prison et une amende allant de 2 600 € à 130 000 €.

 

Pour la possession et l’exploitation d’un animal dangereux à des fins commerciales : prison ou amende allant de 13 000 € à 130 000 €.

 

Si vous utilisez votre animal pour attaquer une tierce personne et que cette personne :

manifeste des blessures superficielles : un an de prison et 104 000 € d’amende maximum

reste handicapée : 3 à 7 ans de prison

meurt dans l’attaque : prison à perpétuité

 

Et enfin, si vous utilisez un animal sauvage pour « terroriser » d’autres personnes : prison et/ou amende de 26 000 € à 182 000 €.

 

Les espèces concernées par la réglementation des Emirats Arabes Unis

 

Si les peines encourues sont plutôt claires, les espèces concernées par cette réglementation le sont beaucoup moins. En effet, la réglementation des animaux dangereux légifère également sur les chiens ! Désormais aux Emirats Arabes Unis, il vous faudra une licence pour posséder un chien et la laisse devient obligatoire dans les lieux publics. Par ailleurs, certaines races sont purement et simplement interdites : les dobermans, les mastiffs, les pitbulls, les boxers, les rottweilers, bref, vous l’aurez compris, les chiens d’attaque ou de défense.

 

Sur les espèces sauvages, les choses sont moins précises. La détention d’araignées, de scorpions, de lézards et de serpents n’est plus autorisée. Pour les oiseaux, les choses se corsent. La possession de mouettes (!), d’autruches et d’émeus est interdite. Chez les primates, chimpanzés, gorilles, bonobos, babouins, etc. sont également concernés. Enfin, les « big cats », c’est-à-dire les guépards, les tigres, les lions, jaguars et léopards sont également bannis.

 

La question que l’on peut se poser c’est qu’en est-il pour les espèces non dangereuses ? La loi précise à de nombreuses reprises le caractère imprévisible de ces espèces. Le ministre du changement climatique et de l’environnement, Thani Ahmad Al Zeyoudi, a d’ailleurs précisé au journal Gulfnews que cette loi « vise à protéger les membres de la communauté des risques qui peuvent être causés par ces animaux ». Dans ces conditions, nous ne sommes pas en mesure de dire si elle concerne également les espèces sauvages inoffensives…

 

Cette législation pose également bien d’autres questions : comment faire respecter cette loi alors même que les propriétaires des animaux sont riches, puissants et parfois de sang royal ? Que vont devenir les dizaines voire centaines d’animaux désormais persona non-grata mais impossibles à réintroduire dans la nature ?

 

Source : l'article de Cécile Arnoud http://www.especes-menacees.fr/actualites/emirats-arabes-unis-interdiction-possession-animaux-sauvages/

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30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 17:29

POUR SES 45 ANS, LE SALON DU CHEVAL DE PARIS VOUS PROPOSE DU SPORT DE HAUT NIVEAU ET DE NOMBREUSES SURPRISES ! Du 26 novembre au 4 décembre 2016, au Parc des Expositions de Paris Nord Villepinte.

 

Présentation de l'événement d'après le site officiel : https://www.salon-cheval.com/Le-Salon/Decouvrez-le-Salon

 

4 UNIVERS À DÉCOUVRIR :

 

 Sports et Compétitions : Sport, Performance et Convivialité

 

Le Salon du Cheval de Paris 2016 met l’accent sur le Sport en vous proposant un programme de compétitions nationales hors du commun pendant le concours hippique INDOOR DE PARIS. Saut d’obstacle, Dressage, Concours Complet d’Equitation, Attelage, Voltige, Horse Ball, Hunter et Western, toutes les disciplines seront au rendez-vous ! Dans un souci de confort aussi bien pour les participants que pour leurs chevaux, les équipes du Salon 2016 ont mis tous leurs efforts au service du Sport en préparant des conditions d’accueil inégalées : gestion des écuries, secrétariat sportif, espaces de convivialité dédiés aux cavaliers ainsi que des carrières et paddocks qui ont été redessinés pour l’occasion. Au programme : des épreuves nationales de niveau pro et amateur dont la dotation totale sera de 40 000 euros, mais aussi des épreuves nationales de niveau club et poneys pour satisfaire le plus grand nombre.

 

Spectacles et Animations : Découverte, Emotions et Talent

 

Le Salon du Cheval de Paris 2016 est définitivement le rendez-vous des passionnés. Le concours « Equi Star » révèlera comme chaque année les artistes équestres les plus talentueux du 1er au 4 Décembre 2016. Des baptêmes, initiations, démonstrations et ateliers vous seront proposés tous les jours, gratuitement, pour votre plus grand plaisir. Les Trophées de l’innovation mettront en lumière des projets originaux et innovants encore inconnus du grand public, qui révolutionneront notre manière de vivre notre passion des chevaux. Grande nouveauté concernant la Nuit du Cheval 2016, qui pour la première fois braquera ses projecteurs sur le Devoucoux Derby Indoor le samedi 26 novembre et sur le Pas-de-deux du Master International de Voltige by CWD le dimanche 27 novembre ! Un spectacle sportif dans une atmosphère de folie, qui sera précédé d’une performance artistique unique orchestrée par le Cadre Noir et Mario Luraschi.

 

Elevage et Ventes : Rencontres et Coups de cœur

 

Venez à la rencontre des éleveurs qui vous présenteront leurs chevaux, poneys, ânes et mulets ; partagez des expériences de passionnés et découvrez de nouvelles races. Le Salon du Cheval de Paris c’est aussi le rendez-vous des cavaliers et de leur futur compagnon d’écurie.

 

Ethologie, Bien-Etre et Sante : Conseils, Pédagogie et Cas pratiques

 

Le Salon du Cheval de Paris 2016 comportera un espace complètement dédié au bien-être et à la santé animale. S’adressant aux cavaliers, éleveurs, enseignants, propriétaires ou bien tout simplement aux passionnés de chevaux, tous les sujets relatifs à la santé, l’alimentation, l’hébergement, le comportement, l’appareil locomoteur et les soins seront traités par l’Association Vétérinaire Equine Française (AVEF). Vous pourrez aussi observer les « cliniques » dispensés par des éthologues professionnels et participer aux cas pratiques afin d’appréhender au plus près les problématiques abordées.

 

3 TEMPS FORTS INCONTOURNABLES :

 

            Les Longines Masters de Paris

 

Le Salon du Cheval de Paris 2016 vous offre l’opportunité d’admirer les champions internationaux de saut d’obstacles à l’occasion des Longines Masters de Paris, CSI 5*. Le Sport et l’Excellence réunis sur un même plateau pendant 4 jours de challenge et d’émotions du 1er au 4 Décembre.

 

            La Nuit du Cheval

 

La Nuit du Cheval 2016, savant mélange entre spectacle équestre et Sport de haut niveau ! Le Samedi 26 Novembre 2016, réservez votre soirée et venez assister à un spectacle équestre exclusif présenté par le Cadre Noir de Saumur et Mario Luraschi, suivi, en avant-première sur Paris, du Devoucoux Derby de Cross Indoor. Le Dimanche 27 Novembre 2016 après midi, le spectacle  du Cadre Noir de Saumur et de Mario Luraschi sera cette fois-ci suivi des programmes libres du Master International de Voltige by CWD (étape Coupe du Monde).

 

            Le Championnat du Monde du Cheval Arabe

 

Le Salon du Cheval de Paris 2016 vous ouvre les portes d’un évènement prestigieux qui, du 25 au 27 Novembre 2016. Le Championnat de Monde du Cheval Arabe, ou 3 jours de compétitions pendant lesquels vont se jouer un ballet continu des « plus beaux pur-sang du monde ». Esthétique, résistant et endurant, le cheval Arabe, présente de nombreuses qualités qui seront jugées et notées par nos professionnels lors de cette compétition internationale unique au monde.

 

LES CHIFFRES CLES DU SALON DU CHEVAL DE PARIS

 

45 ans d’existence !

9 jours d'ouverture

Près de 150 000 visiteurs

450 exposants

2 300 chevaux 

1 soirée unique mêlant Sport et Spectacle : la Nuit du Cheval

1 CSI 5*, le Longines Masters de Paris

Indoor de Paris

 

EN SAVOIR PLUS (tarifs, horaires, agenda du jour...) : 

https://www.salon-cheval.com/

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29 novembre 2016 2 29 /11 /novembre /2016 18:31

Article lu ici : http://www.jbjv.com/Les-principaux-courants-en-ethique.html, extrait de J.-P. Engélibert, L. Campos, C. Coquio et G. Chapouthier (dir.), La Question animale. Entre science, littérature et philosophie, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2011, p. 79-92.

 

L’éthique animale peut être définie comme l’étude du statut moral des animaux ou, pour le dire autrement, l’étude de la responsabilité morale des hommes à l’égard des animaux, pris individuellement [1]. Elle pose donc les questions classiques des devoirs de l’homme envers les animaux, des éventuels droits des animaux et, plus généralement, des jugements moraux (c’est-à-dire ceux formulés en termes de bien ou de mal) à porter sur notre traitement actuel des animaux.

 

 

Histoire d'un concept

 

La naissance du débat contemporain dans les années 1970 est due à plusieurs facteurs. Dès la fin du XIXe siècle, la pratique de la protection animale s’intensifie, avec l’apparition d’associations et de mouvements organisés, mais la théorie ne connaît pas encore de développement substantiel. L’élément déclencheur sera sans doute la contestation de l’élevage industriel dans les années 60 en Angleterre [2]. C’est dans cette foulée que se crée ce que Richard Ryder appelle « le groupe d’Oxford » : un groupe d’étudiants et de chercheurs de l’université d’Oxford qui, au début des années 1970, pose les fondements de l’éthique animale.

 

Trois étudiants, Harris et les Godlovitch, publient un recueil intitulé Animals, Men, and Morals en 1972 [3]. Ce livre attire l’attention de trois autres étudiants, Andrew Linzey, Stephen Clark et Peter Singer, un Australien qui fait son doctorat à Oxford. C’est en faisant un compte rendu de cet ouvrage que Singer a pour la première fois introduit l’expression « Animal Liberation », qui est le titre d’un article qu’il a publié en 1973, puis d’un livre publié en 1975 [4]. S’ensuit immédiatement une avalanche de publications, toutes issues du groupe d’Oxford ou de personnes en contact avec le groupe. C’est ce que l’on appelle la première génération d’auteurs en éthique animale, qui pose les bases du débat contemporain.

 

Aujourd’hui, et dans le monde anglo-saxon exclusivement, l’éthique animale est considérée comme une véritable discipline universitaire, qui donne lieu à des milliers de publications, des colloques, des conférences, des thèses et de nombreux enseignements en philosophie, en droit, en sciences animales et en médecine vétérinaire. Les premiers cours se sont développés à la fin des années 70 et au début des années 80 aux Etats-Unis et en Angleterre. Ce développement, néanmoins, est très régionalisé : il est clairement anglo-saxon. On parle beaucoup plus de animal ethics que d’« éthique animale » - même si cela commence à changer en France depuis quelques années.

 

Les défis de la discipline

 

Pour avoir une identité propre, il faut en premier lieu se différencier du reste. Le premier défi de l’éthique animale en tant que discipline, ou domaine, est donc de se distinguer des autres, qui lui sont proches.

 

Premièrement, l’éthique animale (animal ethics) n’est pas la science du bien-être animal (animal welfare). On confond souvent, dans les laboratoires et les écoles vétérinaires, les notions d’éthique et de bien-être animal. La manière dont les médias utilisent les expressions « règles d’éthique animale » ou « comités d’éthique animale » est également trompeuse. La science du bien-être animal est une discipline technique qui ne se demande pas si l’homme doit chercher à améliorer le bien-être des animaux et pourquoi, mais seulement comment. L’éthique animale, de son côté, n’est qu’un questionnement, beaucoup plus large, qui n’est pas un ensemble de règles et qui déborde largement la question des animaux de recherche. L’éthique animale permet donc une remise en cause profonde de la relation homme-animal, contrairement à la science du bien-être animal dont l’unique but est de garantir l’absence ou la minimisation de la souffrance de l’animal exploité.

 

Deuxièmement, l’éthique animale (animal ethics) n’est pas le droit de l’animal (animal law), qui n’est pas non plus les droits de l’animal (animal rights). Le droit de l’animal, au singulier, est l’étude du statut juridique de l’animal dans le droit positif. C’est une discipline distincte, qui donne lieu à des cours dans près de la moitié des facultés de droit américaines, par exemple. Les droits de l’animal, au pluriel, entendus comme droits éventuellement légaux mais aussi et surtout moraux, relèvent au contraire de l’éthique. L’éthique animale est un ensemble plus large, qui intègre la question des droits de l’animal, mais pas seulement elle (puisqu’il est possible de réfléchir sur le statut moral de l’animal sans revendiquer une théorie des droits, comme le fait Singer par exemple).

 

Troisièmement, l’éthique animale (animal ethics) n’est pas la philosophie animale (animal philosophy). Cette confusion est fréquente dans la tradition continentale, en particulier en France. Ce que l’on pourrait appeler « philosophie animale » ou « philosophie de l’animalité » examine la manière dont la tradition philosophique considère l’animal (s’il pense, s’il raisonne, en quoi consiste son essence, son être-au-monde, ce qui le distingue de l’humain), dans une perspective souvent historique, des Grecs à nos jours, mais qui a tendance à privilégier certains courants (existentialisme, phénoménologie, herméneutique). Autrement dit, la philosophie animale relève davantage de l’ontologie, ou philosophie première, que de l’éthique appliquée, même si elle implique forcément des conséquences éthiques, et si le lien entre les deux domaines gagnerait à être développé.

 

Quatrièmement, l’éthique animale (animal ethics) n’est pas l’éthique environnementale (environmental ethics). Il y a au moins quatre différences. 1) L’éthique animale s’intéresse aussi à des classes d’animaux (de compagnie, de divertissement, d’élevage, de travail) qui ne relèvent pas de ce que l’on appelle la « nature », et ne font donc pas partie des préoccupations directes de l’éthique environnementale. 2) L’éthique animale ne s’intéresse qu’aux êtres vivants sensibles, car elle fait de la souffrance son point de départ. Les plantes, les entités supra-individuelles (forêts, espèces, écosystème) et le monde abiotique ne sont considérés qu’en tant qu’ils ont un lien avec l’animal, tandis qu’en éthique environnementale ils peuvent faire l’objet d’une considération morale directe. 3) L’éthique animale considère généralement la mort et la souffrance comme des maux, qu’elle cherche à éviter, ou au moins à minimiser. Ce n’est pas le cas de l’approche environnementale, qui est très critique à cet égard, considérant que la mort et la souffrance font partie intégrante de la vie et de la nature. 4) La perspective de l’éthique animale est généralement individuelle (puisque ce sont des individus qui souffrent), tandis que celle de l’éthique environnementale est généralement holiste, et s’attache à la protection des espèces et des écosystèmes.

 

L’éthique animale se distingue, elle n’est aucune de ces approches mais elle les implique toutes. C’est pourquoi je pense qu’il faut l’aborder dans un esprit interdisciplinaire, polyvalent, curieux et ouvert. Dans la deuxième partie d’Ethique animale, sur les cas pratiques, je mets souvent en évidence le fait que des problèmes qui semblent ne concerner que les animaux ont un impact sur les hommes et sur l’environnement. L’élevage industriel est un exemple typique : en plus de nuire au bien-être animal, il pollue énormément, participe au réchauffement climatique, à la déforestation, et à la misère humaine en poussant les petites exploitations traditionnelles à mettre la clé sous la porte.

De quels animaux parle-t-on ?

 

L’éthique animale qui étend le statut moral aux animaux est dans une logique extensionniste. Au cours de l’histoire, le statut moral s’est étendu des hommes blancs, mâles et libres aux esclaves, aux femmes, à tous les « autres » d’une manière générale et, aujourd’hui, il s’étend en dehors de l’homme, aux animaux, voire à tous les êtres vivants. Un défi important de l’éthique animale est donc de savoir jusqu’où il faut aller.

 

Jusqu’où le cercle de la considération morale doit-il s’étendre ? C’est-à-dire : de quels animaux parle-t-on ? Il existe un certain consensus : l’éthique dont il est question n’est généralement pas celle des éponges, des huîtres et des vers de terre. Les exemples utilisés s’approchent rarement des couches élémentaires de l’évolution et en restent généralement aux animaux supérieurs, à ceux dont il ne fait aucun doute qu’ils sont sensibles.

 

Le critère de la sensibilité 

 

C’est au XVIIIe siècle que l’on formule clairement cette thèse, qui est un renversement de perspective, une sorte de révolution copernicienne, selon laquelle c’est la sensibilité, et non la rationalité ou les capacités cognitives des animaux, qui font que l’on a envers eux certains devoirs. Et, contrairement à un préjugé fort répandu, ce n’est pas Bentham qui, le premier, a énoncé clairement cette thèse. C’est Rousseau : "l’homme est assujetti envers eux à quelque espèce de devoirs. Il semble, en effet, que, si je suis obligé de ne faire aucun mal à mon semblable, c’est moins parce qu’il est un être raisonnable que parce qu’il est un être sensible : qualité qui, étant commune à la bête et à l’homme, doit au moins donner à l’une le droit de n’être point maltraitée inutilement par l’autre" [5].

 

Aujourd’hui, le critère de la sensibilité, ou de la souffrance, est l’un des points de départ les plus consensuels de l’éthique animale contemporaine, mais il pose de nombreux problèmes. Il n’est pas toujours évident, par exemple, de savoir ce qu’est un animal sensible. Le critère de la sensibilité n’est donc pas simple à utiliser. Mais, plus fondamentalement, est-il nécessaire ?

 

Oui, répondent Singer et la plupart des acteurs de l’éthique animale contemporaine. Martha Nussbaum nuance sa réponse : non en théorie, mais oui en pratique. Théoriquement, Nussbaum défend une approche disjonctive selon laquelle « si une créature a soit la capacité de ressentir le plaisir et la douleur ou la capacité de se mouvoir d’un endroit à l’autre ou la capacité d’éprouver des émotions et de l’attachement ou la capacité de raisonner, et ainsi de suite [...], alors cette créature a un statut moral » [6]. Mais dans les faits, il se trouve que toutes les créatures qui ont les qualités susdites ont aussi la capacité de ressentir le plaisir et la douleur, car « la sensibilité joue un rôle essentiel dans le mouvement, l’attachement, l’émotion et la pensée [7] ». Autrement dit, si la sensibilité apparaît comme une condition nécessaire de la considération morale, ce n’est pas parce qu’elle est le seul critère pertinent, mais plutôt parce qu’elle est la condition de tous les autres critères, la condition de toutes les autres conditions de la considération morale. Donc, de ce point de vue, elle reste nécessaire.

 

Le critère de la sensibilité est-il suffisant ? A partir de maintenant je vais employer les termes « déontologisme » et « utilitarisme », qu’il faut d’abord expliquer. Le déontologisme, dérivé du grec deon (devoir), est une approche d’origine kantienne selon laquelle une action est moralement bonne si elle est accomplie par devoir ou par respect pour la loi. Les actes ont une valeur intrinsèque : ils sont bons ou mauvais en eux-mêmes, indépendamment des sujets et des conséquences (ex. : « tu ne tueras pas »). L’utilitarisme, au contraire, est une sorte de conséquentialisme, approche d’origine anglaise qui évalue moralement l’action en fonction de ses conséquences : une action est moralement bonne si elle produit les meilleures conséquences possibles.


Pour les utilitaristes comme Singer, la réponse est généralement oui : il suffit d’être capable de souffrir pour avoir droit à de la considération morale. C’est pourquoi, explique Singer, « pour défendre les conclusions qui sont argumentées dans ce livre [Animal Liberation] le principe de réduction maximale de la souffrance suffit » [8]. Mais pour d’autres, en particulier des déontologistes, le critère de la sensibilité n’est en général pas suffisant et il faut lui ajouter, ou le remplacer par, d’autres conditions. 

 

C’est notamment le cas de Tom Regan, et de son critère de sujet-d’une-vie. Pour lui, les individus sont sujet-d’une-vie « s’ils ont des croyances et des désirs, s’ils sont doués de perception, de mémoire et d’un sens du futur incluant leur propre futur, s’ils ont une vie émotionnelle faite de plaisirs et de peines, des préférences et des intérêts au bien-être, la capacité d’entreprendre une action pour atteindre leurs désirs et leurs buts, une identité psychophysique à travers le temps et un bien-être personnel dans le sens où l’on peut dire que leurs expériences leur réussissent ou pas [que leur vie se déroule bien ou mal] de manière logiquement indépendante de leur utilité pour les autres et du fait qu’elles puissent satisfaire l’intérêt de quelqu’un d’autre » [9]. La définition de Regan est assez restrictive, elle ne concerne à vrai dire que les mammifères âgés d’un an et plus, et l’auteur laisse ouverte la question de savoir ce qu’il en est des animaux moins évolués.

 

Certains auteurs donnent par ailleurs la priorité à certaines espèces.

 

D’une part, pour des raisons scientifiques : c’est souvent le cas avec les grands singes, et en particuliers les chimpanzés. Steven Wise, par exemple, considère que ne sont dignes de statut moral que les animaux titulaires d’une « autonomie pratique », c’est-à-dire capables de partager certaines tâches cognitives avec les humains (par exemple réussir le test du miroir, qui ferait la preuve d’une conscience de soi) [10]. Dans les faits, ce critère assez strict ne laisse passer que les humains, certains grands singes, les dauphins et les éléphants. Dans l’immédiat, il donne la priorité aux chimpanzés. A ce titre, il est le fondateur d’une organisation qui réunit juristes, scientifiques et experts dans le but de faire du chimpanzé un sujet de droit devant les tribunaux américains, et en particulier d’abolir leur utilisation pour le cinéma et la télévision.

 

Autre exemple : Paola Cavalieri est avec Singer à l’origine du Projet Grands Singes [11], dont le but est d’étendre aux grands singes trois droits jusqu’ici réservés aux humains – le droit à la vie, la protection de la liberté individuelle et l’interdiction de la torture.

 

D’autre part, on peut aussi donner la priorité à certaines espèces pour des raisons stratégiques : les militants donnent généralement la priorité aux animaux de consommation, pour des raisons qui n’ont rien à voir avec leurs caractéristiques propres, leurs capacités cognitives, par exemple, mais avec leur nombre – on tue chaque année au moins 53 milliards d’animaux dans le monde pour se nourrir (sans compter les poissons), et cela suffit, selon certains, à en faire une priorité absolue. 

 

Ce qu’il faut retenir de ce tour d’horizon rapide est qu’il est important de tenir compte de la diversité du monde animal. Ceux qui s’opposent à ce qu’ils appellent les « animalistes » (c’est-à-dire les défenseurs de la cause animale) ont tendance, pour les dénigrer, à dire qu’ils mettent tous les animaux dans le même sac et que défendre les droits des animaux, par exemple, c’est vouloir donner des droits au chimpanzé comme au ver de terre. Il y a un peu de vérité dans cette accusation dans la mesure où l’on pourrait reprocher aux acteurs de l’éthique animale de prendre toujours les mêmes exemples faciles et consensuels (le chien, le chat, le cheval, la cochon), et d’éviter les cas plus difficiles, les cas-limites (poissons, invertébrés, insectes). Mais, globalement, le reproche est infondé car la plupart des auteurs font l’effort de dire quels sont les animaux qui, pour eux, sont concernés par l’éthique animale. De toute façon, comme le dit bien Regan, le but n’est pas de dresser la liste exhaustive des animaux en question, ni de montrer que tous les animaux ont des droits (ou des intérêts, selon Singer), c’est de montrer qu’il est faux de considérer que seuls les hommes en ont. Donc, de ce point de vue, quelques exemples suffisent.

 

Les courants de l'éthique animale

 

          1) Les fondements

 

Avant d’entrer dans les courants eux-mêmes, il est utile de rappeler quelques notions fondamentales pour comprendre les débats dans le domaine de l’éthique animale. La première d’entre elles est l’antispécisme. Cette notion fondamentale, apparue dans les années 70 sous la plume de Richard Ryder à Oxford, est à la base de l’éthique animale. L’anti-spécisme s’oppose au spécisme. De la même manière que le racisme est une discrimination selon la race et le sexisme une discrimination selon le sexe, le spécisme est une discrimination selon l’espèce. C’est l’attitude qui consiste à juger la valeur d’un individu, à lui attribuer ou à lui refuser une certaine considération, non pas en fonction de ses caractéristiques individuelles, mais seulement en fonction de son appartenance à une espèce.

 

Être antispéciste, c’est donc ne pas faire de l’appartenance à une espèce un critère discriminant de considération morale. Les différences physiques entre les espèces ne sont pas moralement pertinentes. C’est déjà ce que disait Bentham au XVIIIe siècle : "Les Français ont déjà découvert que la noirceur de la peau n’est en rien une raison pour qu’un être humain soit abandonné sans recours au caprice d’un bourreau. On reconnaîtra peut-être un jour que le nombre de pattes, la pilosité de la peau, ou la façon dont se termine le sacrum sont des raisons également insuffisantes pour abandonner un être sensible à ce même sort" [12].

 

Aujourd’hui, quasiment tous les acteurs de l’éthique animale sont antispécistes. C’est l’une des bases les plus consensuelles du domaine. 

 

La deuxième notion, ou plutôt couple de notions, qu’il faut présenter est la distinction entre bien-être et droits des animaux. Il est capital d’insister car on ne cesse, en France, de faire la confusion. Lorsque les auteurs français critiquent l’éthique animale anglo-saxonne, qu’ils ne connaissent pas, ils la réduisent sans cesse à la défense des « droits des animaux ». Ferry écrit par exemple : « une deuxième tradition de pensée, qui n’a pourtant rien de totalitaire, a prétendu fonder l’idée d’un ‘droit des animaux’ […]. Il s’agit bien sûr de la philosophie utilitariste » [13]. Il y a là deux amalgames. D’une part, Ferry parle du droit des animaux au lieu des droits des animaux. Je rappelle que le droit des animaux est le statut juridique de l’animal dans le droit positif, à ne pas confondre avec la question, philosophique, des droits (moraux) des animaux. D’autre part, Ferry écrit que la philosophie utilitariste (il vise explicitement Singer) défend les droits des animaux : c’est une confusion très grave, puisque Singer fait exactement le contraire.

 

L’éthique animale contemporaine réunit une grande diversité de courants, comme nous le verrons dans un instant, mais elle est parcourue par une distinction, assez simple, entre deux grandes écoles de pensée : ceux qui souhaitent maximiser le bien-être animal, et ceux qui défendent des droits des animaux. 

 

Par bien-être animal, on entend généralement l’absence de faim et de soif, d’inconfort, de douleur, de blessure ou de maladie, de peur et de stress, ainsi que la liberté d’exprimer des comportements naturels. Les welfaristes (de l’anglais welfare, bien-être) ont donc pour but de maximiser le bien-être animal, c’est-à-dire réduire la souffrance lorsque c’est possible, c’est-à-dire lorsqu’elle n’est pas utile. Il est donc envisageable, pour un welfariste, d’accepter la souffrance animale si on estime qu’elle produit un plus grand bien (par exemple dans la recherche médicale).

 

L’expression « droits des animaux » est ambiguë et je fais partie de ceux qui s’en méfient. Elle implique d’emblée un faisceau de questions : quels droits ? Moraux ou légaux ? Des droits de l’homme étendus à certains animaux ou d’autres droits qui leur seraient propres ? Et quels animaux ? Selon quels critères ? Si l’on considère que l’animal a le « droit » non seulement de ne pas souffrir, mais encore de ne pas être exploité par l’homme, alors la défense des droits des animaux implique l’abolitionnisme, c’est-à-dire l’abolition de toute exploitation animale. 

 

Dans les faits, les défenseurs d’une théorie des droits sont souvent (mais pas systématiquement) abolitionnistes. On peut être welfariste et souhaiter l’abolition de telle ou telle pratique, la corrida par exemple, cela ne fait pas de vous un abolitionniste pour autant. Pour être abolitionniste, il faut souhaiter l’abolition de toute exploitation animale, et donc n’être pas seulement végétarien ou même végétalien, mais vegan, c’est-à-dire ne consommer aucun produit animal, ni pour se nourrir, ni pour se vêtir, ni pour se soigner, etc. L’abolitionniste ne cherche pas à évaluer telle ou telle pratique : il les refuse toutes, puisque ce qui le gêne est le principe même de l’exploitation animale. Il ne veut pas agrandir les cages, il veut les ouvrir, comme le dit explicitement Regan : « Le mouvement des droits des animaux est un mouvement abolitionniste ; notre but n’est pas d’élargir les cages, mais de faire qu’elles soient vides » [14].

 

Si cette distinction est claire, on peut être troublé par l’expression « libération animale », qui est trompeuse. Elle ressemble à une annonce abolitionniste : libérer les animaux, c’est ouvrir les cages, c’est donc cesser de les exploiter. Et pourtant, l’expression n’est pas de Regan, abolitionniste, mais de Singer, qui n’est pas abolitionniste ! Il ne faut donc pas la prendre au sens strict : Singer a le sens du slogan, du bon titre, mais ce n’est pas parce qu’il annonce la « libération » des animaux qu’il est abolitionniste. Singer est un welfariste.

 

          2) Le vif du sujet

               a) L'utilitarisme

 

Ces bases étant posées, voyons maintenant les courants à proprement parler. Tout d’abord, l’utilitarisme de Peter Singer. Le premier chapitre de Animal Liberation s’intitule : « Tous les animaux sont égaux. Ou pourquoi le principe éthique sur lequel repose l’égalité humaine exige que nous étendions l’égalité de considération des intérêts également aux animaux ».


L’idée clé de Singer est donc l’égalité de considération des intérêts. En l’occurrence,l’intérêt en question, que partagent la plupart des hommes et la plupart des animaux, est de ne pas souffrir. C’est-à-dire qu’il faut considérer avec autant de considération la souffrance animale et la souffrance humaine. Le fait que l’homme soit globalement plus intelligent, plus rationnel et plus complexe que la souris ne change strictement rien au fait que l’un et l’autre souffrent. Comme le dit Sidgwick : « la différence de rationalité entre deux espèces d’êtres sensibles ne permet pas d’établir une distinction éthique fondamentale entre leurs douleurs respectives » [15].

 

Il est important d’éviter deux confusions. Premièrement, l’égalité de considération n’est pas l’égalité de traitement. Lorsque Singer dit qu’il faut considérer également les intérêts de tous les animaux, cela ne signifie pas qu’il faille les traiter également. Tous les animaux n’ont pas les mêmes intérêts. Donc considérer également ces intérêts peut impliquer de les traiter différemment, en s’adaptant à chaque être : "La préoccupation pour le bien-être des enfants qui grandissent aux États-Unis peut exiger que nous leur apprenions à lire ; la préoccupation pour le bien-être des cochons peut ne rien impliquer d’autre que de les laisser en compagnie d’autres cochons dans un endroit où il y a une nourriture suffisante et de l’espace pour courir librement" [16].

 

Deuxièmement, l’égalité de considération n’est pas l’égalité des vies. Il ne s’agit pas de dire que toutes les vies sont d’égale valeur. Singer distingue deux situations : faire souffrir et tuer. En matière de souffrance, les autres caractéristiques que la souffrance, et qui sont notamment chez l’homme sa supériorité intellectuelle et tous les critères habituels, ne sont pas pertinents : ils ne changent rien à la souffrance elle-même. Par contre, pour ce qui est de la vie, ces critères deviennent pertinents. Donc « la vie d’un être possédant conscience de soi, capable de penser abstraitement, d’élaborer des projets d’avenir, de communiquer de façon complexe, et ainsi de suite, a plus de valeur que celle d’un être qui n’a pas ces capacités » [17].

 

               b) L'abolitionnisme et les théories des droits

 

La deuxième famille de courants importants est l’abolitionnisme et les théories des droits. Pour Regan, par exemple, attribuer des droits moraux à un être implique de reconnaître que celui-ci a une valeur inhérente selon le critère du fait d’être sujet-d’une-vie (tandis que pour Singer, avoir une considération morale pour un être implique de reconnaître qu’il a des intérêts selon le critère de la sensibilité). Autre défenseur d’une théorie des droits, Francione estime que le principal obstacle à la libération animale est juridique ; il réside dans le fait que les animaux sont toujours considérés comme des biens et qu’ils ont le statut légal de propriété. Dès lors, le premier droit qu’il faudrait leur reconnaître est celui de ne pas être traités comme des biens dont l’homme peut se rendre propriétaire, c’est-à-dire comme les moyens des fins d’autrui, et ce en vertu de leur valeur inhérente.

 

Dans l’intuitionnisme, je réunis l’ensemble des approches qui accordent une place essentielle à l’intuition, au bon sens et à la moralité courante, contre les positions classiques qui reposent surtout sur la rationalité (Sapontzis, Clark, Habermas). Clark, par exemple, écrit que « Ceux qui battent les chiens à mort font quelque chose que la société devrait condamner sans attendre de savoir si le chien a des droits abstraits et métaphysiques » [18]. Il s’appuie sur une intuition morale accessible à tous : il est mal de causer un mal évitable.

 

Les deux premiers courants que j’ai distingués, l’utilitarisme de Singer et la théorie des droits de Regan et Francione, s’opposent mais ils ont en commun un même goût pour l’argumentation rationnelle. Ils font tous les deux partie de ce que l’on pourrait appeler une éthique de la justice, qui cherche à établir rationnellement ce qui est juste. Un certain nombre d’auteurs ne partagent pas cette approche, qu’ils jugent trop froide et trop comparative (puisqu’elle compare la situation de l’animal avec celle de l’homme). Ils préfèrent une approche basée sur un sentiment direct : la sollicitude. Ils partent du principe que l’homme éprouve naturellement de la sympathie pour les animaux et ils développent leur argumentation en suivant cette ligne : c’est ce qu’on appelle l’éthique du care (soin, sollicitude). 

 

               c) Les approches "alternatives"

 

On trouve par ailleurs au moins quatre approches qu’on pourrait dire « alternatives », parce qu’elles abordent l’éthique animale en partant d’un point de vue extérieur, et que faute de temps je me contenterai de citer seulement : les approches religieuses, comme la « théologie animale » d’Andrew Linzey à Oxford ; les approches scientifiques (Rodd, Rollin) qui évaluent nos devoirs envers les animaux en fonction de leur fonctionnement biologique ; les approches environnementales (Callicott) qui s’opposent en général à l’éthique animale au sens strict, en ne faisant pas de la souffrance un critère et en s’intéressant au sort des espèces et non des individus et les approches féministes (Adams, Donovan), qui établissent un parallèle entre l’exploitation de l’animal par l’humain et l’exploitation de la femme par l’homme. 

 

Autre courant : l’approche par les capacités (capabilities approach). Nussbaum l’a développée dans les années 80 avec l’économiste Amartya Sen, sur les questions d’inégalité, de pauvreté et de développement. Ce qui est relativement nouveau est de l’appliquer à l’éthique animale. Nussbaum l’a fait en 2006. L’approche par les capacités, appliquée aux animaux, est une théorie des devoirs directs qui « traite les animaux comme des sujets et des agents, et pas seulement comme des objets de compassion », selon laquelle « les animaux ont droit au fonctionnement d’une grande variété de leurs capacités, celles qui sont le plus essentielles à une vie épanouie, une vie digne de la dignité de chaque créature » [19]. Quelles sont ces capacités ? Nussbaum en donne dix : la vie, la santé corporelle, l’intégrité corporelle, les sens, l’imagination et la pensée, la raison pratique, la capacité d’avoir des relations avec d’autres espèces et le jeu.

 

La politique constitue un autre angle à partir duquel il est possible d’aborder l’éthique animale. On peut voir par exemple Robert Garner [20], qui critique l’approche libérale dominante et montre qu’il y a de bonnes idées à prendre dans d’autres courants : conservatisme, communautarisme et socialisme. La perspective socialiste vise surtout à montrer comment l’exploitation animale et l’exploitation humaine sont étroitement imbriquées. C’est ce que fait un sociologue américain qui travaille sur la mondialisation de l’industrie agroalimentaire, « du terrible confinement et abattage de milliards d’autres animaux […] au traitement abusif des ouvriers de l’industrie alimentaire ; du meurtre de ceux qui au Tiers Monde résistent à l’expropriation de leur terre pour servir de nouveaux pâturages à une production toujours croissante de ‘bœuf nourri à l’herbe’ ; de l’expansion de la famine mondiale aux ‘maladies de l’abondance’ en grande partie causées par une alimentation excessivement carnée » [21].

 

               d) L’approche par le discours

 

Il est possible, et souhaitable, d’aborder l’éthique animale du point de vue argumentatif et sociologique, en analysant les discours et les stratégies de l’exploitation animale. Les stratégies d’exclusion sont les stratagèmes, les alibis et l’ensemble des actions mises en œuvre pour justifier l’exploitation animale et ses abus, tout en modérant la culpabilité des acteurs et des spectateurs. L’une des rares personnes, en France, à avoir défriché cette approche il y a quelques années est Georges Chapouthier. Je tente désormais de la développer, à travers notamment le cas de la corrida [22].

 

Parmi les discours-alibis classiques : 

- l’alibi historique (l’homme préhistorique mangeur de chair et chasseur), l’alibi diététique (le besoin vital de viande)

- l’alibi écologique (chasse des espèces en surdensité, régulation des populations), l’alibi sportif (jeu, lutte, effort, règles, discipline)

- l’alibi naturaliste (relation avec la nature, bonheur d’une marche en forêt, passion des animaux)

- l’alibi de la tradition, qui consiste à défendre certaines pratiques parce qu’elles sont traditionnelles (foie gras « patrimoine culturel et gastronomique protégé en France » / alinéa 3 de l’article 521-1 du code pénal français qui sert à autoriser la corrida et les combats de coqs quand une « tradition locale ininterrompue » peut être invoquée)

- l’alibi économique (chasse au phoque, foie gras, corrida, etc.)

- l’alibi éducatif (cirques, zoos).

 

On trouve en outre trois stratagèmes : 

- Le premier est la négation des torts causés, qui a au moins deux manifestations. D’une part, la dissimulation de la réalité : il est très difficile de savoir comment les animaux sont traités derrière les portes des baraquements fermiers et des laboratoires. Des efforts sont entrepris pour qu’on ne voie pas l’exploitation animale – tout simplement parce que, si l’on voyait, on consommerait moins. D’autre part, le déguisement de la réalité, en partie par l’euphémisation : les chasseurs ne tuent pas, ils « récoltent », « cueillent », « prélèvent », « s’emparent », « prennent » ou procèdent à une « réduction de la population ». Les chercheurs « achèvent », « terminent » ou « sacrifient » ce qu’ils appellent du « matériel biologique » ou des « systèmes d’essai », c’est-à-dire des animaux de laboratoire. Aux Etats-Unis, les abattoirs sont des « unités de transformation d’aliments » (food-processing units), des « moissonneuses à protéines » (protein harvesters) ou des « usines à viande » (meat factory). On utilise une terminologie abstraite, mécanique ou agricole, plus propre, pour « sanitariser » l’acte de tuer. Ce qui prouve bien qu’il pose problème.

 

- Le deuxième stratagème est le découpage des responsabilités. C’est la division du travail, par exemple, qui permet au consommateur de viande de dissocier le morceau qu’il achète de l’animal dont il est originaire. Ce n’est pas la même personne qui élève, abat, transporte et achète la viande : la responsabilité est donc diluée dans une société qui fonctionne « toute seule » et le consommateur est déconnecté de la réalité. Plutarque disait : si tu veux manger de la viande, tue l’animal toi-même.

 

- Le troisième stratagème est la dévalorisation de la sympathie pour les animaux. On véhicule l’idée que la sympathie pour les animaux a un fondement irrationnel, sentimental et juvénile. On vise à décrédibiliser les personnes, les associations, les discours qu’on appelle « animalistes », c’est-à-dire qui défendent d’une manière ou d’une autre la cause animale. 

 

L’exemple le plus courant consiste à utiliser ce qu’on appelle en théorie de l’argumentation le sophisme du pire. On s’insurge que l’on puisse penser aux animaux quand tant d’humains souffrent et meurent de faim. Le sophisme du pire consiste à dire que X n’est pas un problème puisqu’il y a pire que X (et que l’on devrait donc concentrer toute son énergie sur le pire que X). Par exemple, il consiste à décrédibiliser ceux qui luttent contre la corrida en les accusant de n’avoir aucun sens des priorités : Wolff (auteur d’une Philosophie de la corrida dans laquelle on trouvera de nombreux sophismes) pense qu’ils feraient mieux de s’occuper « de la Tchétchénie, de l’Irak, du Darfour », « des enfants qui crèvent de faim ou meurent sous les bombes » [23].

 

L’argument est extrêmement courant, et totalement fallacieux. D’abord, comme le dit bien Chapouthier, ceux qui citent volontiers les enfants du tiers-monde comme un prétexte pour ne pas se soucier des animaux ne font en général strictement rien ni pour les uns ni pour les autres. Ensuite, il y a une faute logique : ce n’est pas parce qu’il y a pire ailleurs que l’on ne doit rien faire ici. Ce n’est pas parce que des enfants meurent de faim que l’on ne doit rien faire pour la souffrance des poules pondeuses, dans la mesure où l’un n’empêche pas l’autre. On peut donc se soucier du bien-être des taureaux. Et, plus largement, des animaux. C’est même quelque chose d’important pour l’homme, comme en témoigne ce recueil.

 

[1] Pour tout développement sur ce sujet, voir J.-B. Jeangène Vilmer, Ethique animale, Paris, PUF, 2008.

[2] Voir par exemple R. Harrison, Animal Machines : The New Factory Farming Industry, London, Vincent Stuart, 1964.

[3] S. et R. Godlovitch, et J. Harris, Animals, Men, and Morals : An Enquiry into the Maltreatment of Non-Humans, London, Victor Gollancz, 1971.

[4] P. Singer, “Animal Liberation”, The New York Review of Books, 20:5, 5 avril 1973 et Animal Liberation : A New Ethics for our Treatment of Animals, New York Review/Random House, New York, 1975.

[5] J.-J. Rousseau, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, Aubier, 1973, p. 59.

[6] M. Nussbaum, Frontiers of Justice : Disability, Nationality, Species Membership, Cambridge, Harvard UP, 2006, p. 362.

[7] Ibid.

[8] P. Singer, La Libération animale, seconde édition, Grasset, 1993, p. 56.

[9] T. Regan, The Case for Animal Rights, Berkeley, University of California Press, 1983, p. 243.

[10] S. Wise, in C. R. Sunstein et M. C. Nussbaum (ed.), Animal Rights. Current Debates and New Directions, Oxford, Oxford UP, 2004, p. 19-50.

[11] P. Cavalieri et P. Singer (ed.), The Great Ape Project : Equality beyond Humanity, London, Fourth Estate, 1993.

[12] J. Bentham, An Introduction to the Principles of Morals and Legislation, XVII, §I, IV, note 1, Oxford, Clarendon Press, 1907, p. 311.

[13] L. Ferry, Le Point, 6 avril 2001, p. 136.

[14] Interview de Tom Regan, Cahiers Antispécistes 2, janvier 1992.

[15] H. Sidgwick, « The Establishment of Ethical First Principles », Mind, 4:13, 1879, p. 106-107.

[16] P. Singer, La Libération animale, op. cit., p. 31.

[17] Ibid., p. 55.

[18] S. Clark, dans un dépliant de la RSPCA, On the Side of the Animals.

[19] M. Nussbaum, op. cit., p. 351 et 392.

[20] R. Garner, The Political Theory of Animal Rights, Manchester, Manchester UP, 2005.

[21] D. Nibert, Animal Rights / Human Rights. Entanglements of Oppression and Liberation, Lanham, Rowman & Littlefield Publishers, p. 134.

[22] J.-B. Jeangène Vilmer, « Les sophismes de la corrida », Revue semestrielle de droit animalier, 2, 2010, p. 119-124.

[23] F. Wolff, « Gare à l’idéologie ‘animaliste’ », L’Humanité hebdo, 15 septembre 2007, p. 18.

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Publié par Delphina - dans idées Agir
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29 novembre 2016 2 29 /11 /novembre /2016 18:05

Sergey Polyushko est un photographe Ukrainien aux centres d’intérêt variés.
Habitué du milieu publicitaire mais aussi de la mode et même de l’architecture, si nous nous intéressons à Sergey aujourd’hui c’est pour l’un de ses dons extraordinaires : celui d’immortaliser l’âme de nos animaux préférés à travers de fabuleux clichés.

Sauvages, élevés ou domestiques — écureuils, vaches ou chiens — il parvient à saisir à travers son objectif l’énigme de ceux qui ne parlent pas, à créer l’intimité si particulière oscillant entre la profondeur et l’abandon et à instaurer le dialogue entre le regardant et le regardé.

Très soutenu sur les réseaux sociaux (plus de 40 000 abonnés sur Instagram) c’est un véritable voyage poétique quotidien qu’offre Sergey Polyushko à ses fans et la raison pour laquelle vous ne pouviez pas passer à côté.

[Photos] L'oeil de Sergey Polyushko
[Photos] L'oeil de Sergey Polyushko
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[Photos] L'oeil de Sergey Polyushko
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Vous pouvez suivre de plus près le talent extraordinaire de Sergey Polyushko en vous rendant sur sa page facebook : https://www.facebook.com/psfoto.com.ua 

Ou ici : https://500px.com/polyushkosergey

 

Source de cet article : http://www.demotivateur.fr/article/le-photographe-ukrainien-sergey-polyushko-realise-des-cliches-d-animaux-d-une-rare-beaute-7958

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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 20:43

Arte diffusera une soirée Thema le 13 décembre prochain à 20H50, intitulée « Pas si bêtes, les animaux ».

 

 

Martin Blanchard, réalisateur chez What’s Up films, nous éclaire : "Le documentaire de 90’ que j’ai réalisé « Les animaux ont-ils des droits? » ouvrira la soirée, avec des interviews de Peter Singer, Jane Goodall, Gary Francione, Boris Cyrulnik, Vinciane Despret, Mariane Thieme (parti des animaux NL), Temple Grandin, Jocelyne Porcher, Pascal Durand (EELV, [aujourd'hui DVG, ndlr]), Sébastien Arsac (L214…). Mon documentaire sera suivi du film sur le Nonhuman Rights Project de Steve Wise (Unlocking the Cage)."

 

Bande-annonce du documentaire de Martin Blanchard,

"les animaux ont-ils des droits?" : 

(lien direct : http://tinyurl.com/hgcav32)

 

 

Mais qui sont les intervenants de ce documentaire ?

Peter Singer est un philosophe australien auteur de La libération animale, ouvrage de référence dans la protection animale, dont j'ai parlé dans mon article "les animaux ont le droit d'être bêtes" : http://www.passionanimale-delphina.fr/article-les-animaux-ont-le-droit-d-etre-betes-118405374.html

Jane Goodall est une primatologue, éthologue et anthropologue britannique, qui a récemment signé la préface du livre Révolutions animales : comment les animaux sont devenus intelligents, dont je parle ici : http://www.passionanimale-delphina.fr/2016/11/livres-preuves-de-l-intelligence-animale.html

Gary Francione est un juriste et philosophe américain, défenseur des droits des animaux et théoricien du véganisme.

Boris Cyrulnik est un psychiatre et psychanalyste français, auteur de Les animaux aussi ont des droits.

Vinciane Despret est une philosophe des sciences belge, qui a publié Que diraient les animaux... Si on leur posait les bonnes questions ?

Mariane Thieme est une femme politique néerlandaise, dirigeante du parti pour les animaux.

Temple Grandin est une célèbre autiste américaine, professeur de zootechnie et de sciences animales à l'université. Passion Animale lui a consacré un article récemment : http://www.passionanimale-delphina.fr/2016/11/temple-grandin-l-interprete-des-animaux.html

Jocelyne Porcher est une sociologue de l'INRA qui s'intéresse aux relations hommes-animaux. Son site : http://jocelyneporcher.fr/

Pascal Durand (DVG) est un eurodéputé qui agit pour les animaux.

Sébastien Arsac est un militant pour la protection des animaux d'élevage, il est le cofondateur de l'association L214, à l'origine des images montrant les pratiques cruelles des abattoirs, récemment de celui de Limoges (lire mon article ici : http://www.passionanimale-delphina.fr/2016/11/limoges-videos-choc-de-l214-sur-l-abattage-de-vaches-gestantes.html)

 

Au programme de la soirée 

 

- le documentaire de Martin Blanchard : "les animaux ont-ils des droits?"

Thomas Kausch s'entretient avec l'écrivain allemand Richard David Precht à propos de l’intelligence et des droits des animaux, ainsi que sur la question des rapports entre les hommes et les bêtes.

Le Nonhuman Rights Project/ L'avocat des chimpanzés : combat sans précédent de l’avocat Steven Wise pour faire progresser les droits des animaux, filmé par les deux documentaristes chevronnés Chris Hegedus et D.A. Pennebaker. En 2013, il s'est lancé un nouveau défi : faire passer les chimpanzés du statut juridique d’"objets" à celui de "personnes".

 

Le Nonhuman Rights Project

 

Après trente ans passés à batailler contre les lois inefficaces relatives au bien-être animal, l’avocat Steven Wise s’est lancé en 2013 un nouveau défi, sous le regard d’un couple fameux dans l’histoire du cinéma direct documentaire, Chris Hegedus et D.A. Pennebaker. Avec son association Nonhuman Rights Project, il a tenté de faire passer les chimpanzés du statut juridique d’"objets" dénués de droits à celui de "personnes". Car selon lui, les animaux doués de capacités cognitives avancées, comme les grands singes, les cétacés et les éléphants doivent pouvoir prétendre aux mêmes droits fondamentaux que les humains, ce qui garantirait à ces espèces menacées une protection autrement plus efficace que celle que la loi leur accorde. Avec pour bagages les travaux des primatologues du monde entier, et pour armes des mandats d’Habeas corpus, une disposition du droit anglo-saxon permettant de libérer des personnes injustement emprisonnées, l’avocat américain entreprend de défendre quatre chimpanzés lors d’un procès inédit.

 

Lignes mouvantes : Fort de l’attention médiatique et de la réceptivité croissante du public face à ses arguments, Steven Wise a réussi à faire bouger les lignes du droit américain. En filmant de bout en bout son combat mouvementé, ce documentaire révèle les enjeux complexes de la question des droits des animaux. Une plongée captivante au cœur d’un débat juridique à rebondissements.

 

Sources : Martin Blanchard & Arte (http://www.arte.tv/guide/fr/20161213)

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19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 16:41

Clap de fin ! Après deux semaines de pourparlers, les pays réunis à la 22ème Conférence des parties sur le Climat, ont rendu public, l’appel de Marrakech en faveur de l’action pour le climat et le développement durable. Une proclamation est un signal de changement vers une nouvelle ère de mise en œuvre de l’Accord de Paris. Celui de réduire à 2 degré Celsius, les émissions de gaz à effet de serre dans le monde pour sauvegarder l’environnement pour les générations futures.

 

 

Ci-dessous, l’intégralité de la Proclamation de Marrakech pour l’action pour notre climat et le développement durable.

 

"Nous, Chefs d’États, de Gouvernements, et Délégations, rassemblés à Marrakech, en sol Africain, pour la Vingt-deuxième session de la Conférence des Parties, la douzième session de la Conférence des Parties agissant comme réunion des Parties au Protocole de Kyoto et la Première session de la Conférence des Parties agissant comme réunion des Parties à l’Accord de Paris, à la gracieuse invitation de Sa Majesté le Roi du Maroc, Mohammed VI, prononçons cette proclamation afin de signaler un changement vers une nouvelle ère de mise en œuvre et d’action en faveur du climat et du développement durable.

 

Notre climat se réchauffe à un rythme alarmant et sans précédent et nous avons le devoir urgent de répondre. Nous nous réjouissons de l’entrée en vigueur rapide de l’Accord de Paris, adopté en vertu de la Convention-cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques, ainsi que de ses objectifs ambitieux, sa nature inclusive, et sa conformité a l’équité et au principe des responsabilités communes mais différenciées et des capacités respectives, eu égard aux différentes situations nationales, et nous affirmons notre engagement pour sa mise en œuvre complète. 

 

En effet, cette année, nous avons assisté à un élan extraordinaire en matière de lutte contre les changements climatiques, partout dans le monde, ainsi que dans de nombreux fora multilatéraux. Cet élan est irréversible — il est guidé non seulement par les gouvernements, mais également par la science, par le monde des entreprises ainsi que par une action mondiale de tous types et à tous niveaux.

  

Notre tâche aujourd’hui est de perpétuer cet élan, ensemble, allant de l’avant délibérément pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et pour encourager les efforts en matière d’adaptation, favorisant et appuyant ainsi l’Agenda pour le Développement Durable de 2030 et ses Objectifs de Développement Durable.

 

Nous appelons à un engagement politique des plus fermes afin de lutter contre les changements climatiques, c’est une priorité urgente. Nous appelons à une solidarité forte avec les pays les plus vulnérables aux impacts des changements climatiques et nous tenons à souligner la nécessité d’appuyer les efforts visant à améliorer leur capacité d’adaptation, à renforcer leur résilience et à réduire leur vulnérabilité.

 

Nous appelons toutes les Parties à renforcer et à soutenir les efforts pour éradiquer la pauvreté, assurer la sécurité alimentaire et prendre des mesures rigoureuses pour faire face aux défis des changements climatiques dans le domaine de l’agriculture.

 

Nous appelons à rehausser d’urgence nos ambitions et à renforcer notre coopération afin de combler l’écart entre les trajectoires d’émissions actuelles et celles requises pour atteindre les objectifs à long terme de limitation de la température fixés par l’Accord de Paris.

 

Nous appelons à une augmentation des financements, des flux et de leur accès, conjointement avec une amélioration de la capacité et de la technologie, y compris des pays développés vers les pays en développement.

                                                                                                                        
Nous, les pays développés Parties, réaffirmons notre objectif de mobiliser 100 milliards de dollars américains.

 

Nous, à l’unanimité, appelons à davantage d’action climatique et d’appui, bien avant 2020, en prenant en compte les besoins spécifiques et les circonstances particulières des pays en développement, des pays les moins avancés ainsi que ceux particulièrement vulnérables aux effets néfastes des changements climatiques.  

 

Nous qui sommes Parties au Protocole de Kyoto encourageons la ratification de l’Amendement de Doha.

 

Nous, collectivement, appelons tous les acteurs non étatiques à se joindre à nous pour une action et une mobilisation immédiate et ambitieuse, s’appuyant sur leurs importantes réalisations, notant les multiples initiatives et le Partenariat de Marrakech pour l’Action Climatique Globale lui-même, lancé à Marrakech. 

 

La transition requise de nos économies pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris fournit une opportunité positive et substantielle pour une prospérité accrue et un développement durable.

 

La Conférence de Marrakech marque un point d’inflexion important dans notre engagement pour rassembler la communauté internationale dans son ensemble afin de relever un des plus grands défis de notre temps.

 

Dorénavant, alors que nous nous tournons vers la mise en œuvre et l’action, nous renouvelons notre détermination de vouloir inspirer la solidarité, l’espoir et l’opportunité pour les générations présentes et futures."

Source : http://guineenews.org/environnement-les-conclusions-de-la-cop-22-a-marrakech/

 

EN SAVOIR PLUS

-> sur la COP21 à Paris : http://www.passionanimale-delphina.fr/2015/11/la-cop21-kezaco.html & http://www.cop21paris.org/

-> sur la COP22 à Marrakech : http://cop22.ma/fr/

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19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 15:50

Les membres de ce nouveau mouvement veulent rendre visible la question animale et identifier un électorat pour lequel elle est prioritaire. Ils réfléchissent au soutien qu'ils pourraient apporter à un candidat à la présidentielle de 2017.

 

88 % des Français estiment que le bien-être des animaux d'élevage en France devrait être mieux protégé qu'il ne l'est actuellement, selon une enquête Eurobaromètre conduite en 2016. Quatre ans plus tôt, un sondage Ifop révélait que 29% des citoyens considéraient que les propositions des candidats en matière de protection animale pourraient influencer leur vote. C'est dans cette optique que le premier Parti animaliste français a officiellement vu le jour lundi. Sept personnes en sont à l'origine. Parmi elles, des militants associatifs, des politiques et des avocats.

 

Ce mouvement «reconnait et accorde une place centrale à la question animale dans la société», expliquait lundi Isabelle Dudouet-Bercegeay, l'une des cofondatrices, à l'occasion d'une conférence de presse. Pour que cette question ne soit plus «diluée» au milieu de moult propositions électorales, ce parti politique ne se positionnera que sur les thématiques en lien avec les animaux.

 

«Nos dirigeants politiques considèrent acceptable de découper puis de dépecer un animal alors qu'il est encore conscient» Hélène Thouy, co-fondatrice du Parti Animaliste

 

Le but est d'identifier un électorat pour lequel il s'agit d'une priorité. «Aujourd'hui, nos dirigeants politiques considèrent acceptable de découper puis de dépecer un animal alors qu'il est encore conscient», regrette Hélène Thouy, avocate au Barreau de Bordeaux et cofondatrice du Parti animaliste. Elle insiste sur le fait que celui-ci s'attachera à mettre en place un Ministère de la Protection animale. Il veillera - entre autres choses - à l'interdiction de la mise à mort d'un animal sans insensibilisation préalable, des mutilations pratiquées en élevage et de la pratique du gavage. Des mesures qui font écho aux derniers scandales dans l'industrie alimentaire. Début novembre, l'association L214 révélait des images insoutenables. Filmées en mai dernier dans un abattoir de Limoges, elles montrent des employés en train d'ouvrir des utérus de vaches gestantes pour en sortir des fœtus, dont certains sont déjà partiellement formés.

 

Le Parti animaliste sera-t-il représenté aux présidentielles de 2017? Il vise essentiellement des sièges à l'Assemblée Nationale. «Nous allons nous pencher sur la possibilité de soutenir un candidat qui partagerait entièrement notre façon de penser», avancent les fondateurs. Dans la salle, un membre de l'Oeuvre d'Assistance aux Bêtes d'Abattoirs (OABA) exprime ses «craintes» à l'idée que ce parti naissant ne se compromette en s'associant à certaines «idées politiques et propos inacceptables». Hélène Thouy le rassure: «Nous avons à coeur des valeurs qui seraient en contradiction avec certaines idées républicaines, auxquelles nous n'apporterons aucun soutien.» D'ici-là, le parti compte tout mettre en oeuvre pour se montrer irréprochable. Il devrait bénéficier de l'appui de plusieurs expertises scientifiques, qui lui permettront de renforcer ses compétences sur des domaines clés de son programme, tels que l'abattage, l'élevage et l'expérimentation animale.

Source : http://www.lefigaro.fr/politique/2016/11/15/01002-20161115ARTFIG00298-en-france-le-premier-parti-animaliste-voit-le-jour.php

 

POUR EN SAVOIR PLUS

-> le site officiel : https://parti-animaliste.fr/

-> les fondateurs : https://parti-animaliste.fr/fondateurs/

-> leur page Facebook : https://www.facebook.com/parti.animaliste/

 

A noter : Le parti animaliste des Pays-Bas — le Partij voor de Dieren (Parti pour les Animaux) — a été créé il y a 10 ans ; en 2013 il comptait déjà trois élus, deux parlementaires et un sénateur ! Le parti animaliste espagnol est très influent ; et il existe près d’une vingtaine de mouvements animalistes dans le monde (Canada, Australie…), depuis 15 ans pour certains...

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