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5 juillet 2016 2 05 /07 /juillet /2016 14:10

Il y a près d’un an, la mort d’un lion nommé Cecil déclenchait une polémique qui allait devenir mondiale. Le félin de 13 ans fut abattu par un Américain, amateur de chasse, qui l’avait attiré à l’extérieur du parc national Hwange, au Zimbabwe, l’avait pisté pendant quarante heures, avant de le tuer. L’animal avait été retrouvé décapité.

 


La réaction de colère et de dégoût fut mondiale, alimentée par la presse et les réseaux sociaux, où a largement circulé la photographie du cadavre du félin avec, en arrière-plan, les hommes qui l’avaient tué. L’un d’entre eux était Walter J. Palmer, un dentiste de Minneapolis, dont le nom et l’adresse ont été diffusés en ligne par la Zimbabwe Conservation Task Force (ZCTF), et qui a eu droit à un véritable lynchage en ligne.

 


Au moment de sa mort, Cecil était suivi grâce à une puce GPS par des chercheurs de l’université d’Oxford qui étudiaient les conséquences de la « chasse sportive » sur les lions du parc Hwange.

 


Pour eux, si la mort du lion reste une tragédie, elle a aussi été l’occasion de faire avancer la réflexion sur la protection de la faune sauvage. « Nous espérons que le moment Cecil va devenir un mouvement Cecil », a expliqué David Macdonald, professeur et directeur de la Wildlife Conservation Research Unit (Wildcru). Il n’hésite pas à dire que cette affaire a été « la plus importante qu’on ait jamais vue concernant la vie sauvage. Elle est devenue si virale, c’était sans précédent ».

 


Des dons et des moyens


Après les retombées médiatiques et compassionnelles, les suivantes ont été financières. La Wildcru a récolté 1 million de dollars par les dons de plus de douze mille personnes. L’autre levier que les chercheurs ont utilisé est législatif : la Wildcru avait déjà réussi à faire adopter un moratoire sur la chasse aux lions dans le parc Hwange entre 2004 et 2008. Une fois qu’il eut expiré, ils firent baisser le quota annuel de soixante lions tués à six. Depuis cette date, le nombre de lions y a augmenté de 50 % et atteint cinq cents fauves.

 


La chasse reste la première cause de mortalité de ces animaux. Au Zimbabwe, elle représente un revenu de 16 millions de dollars (14 millions d’euros) par an, grâce, notamment, à la chasse aux « trophées » (lions, éléphants, léopards), autorisée au Zimbabwe et dans vingt-sept autres pays africains.

 


Faut-il pour autant interdire totalement cette pratique ? Pas si simple répondent les chercheurs qui militent pourtant pour la sauvegarde des animaux. Si la chasse disparaissait, d’importantes sources de revenus aussi, ce qui aboutirait à mettre les lions encore plus en danger.

 


La descendance est assurée


La priorité, selon la Wildcru, est de créer et maintenir des espaces sauvages « pour permettre des activités de chasse légale ».

 


« Si vous interdisez complètement la chasse, les parcs nationaux seront transformés en terres cultivables, et ce sera une immense perte. »

 


La conservation des espaces sauvages entre en conflit avec les intérêts des populations locales, dont le bétail subit des attaques, sans compter les accidents humains. C’est pourquoi l’argent récolté depuis la mort de Cecil sert majoritairement à aider les habitants des environs du parc Hwange à se prémunir contre les accidents, donc à cohabiter avec les lions.

 


L’argent a notamment servi à grossir les effectifs du programme Long Shields Guardians, qui équipe un « gardien » dans chaque village : il dispose d’un vélo, d’une vuvuzela (sombre souvenir d’une Coupe du monde) et d’un téléphone. Lorsqu’un lion s’approche, le gardien se charge à la fois de l’éloigner et de prévenir les habitants.

 


Le budget augmenté de la Wildcru a également permis de changer les clôtures qui protègent le bétail, en remplaçant les palissades à claire-voie en bois par du plexiglas blanc complètement opaque : « Le lion ne peut pas attaquer quelque chose qu’il ne voit pas », résume Liomba-Junior Mathe, un chercheur zimbabwéen membre du projet.

 


Autant d’avancées qui n’auraient pu exister sans la mort de Cecil, « une tragédie » qui a « aussi eu du bon », dit Andrew Loveridge, membre de la Wildcru. Même la descendance du lion, treize lionceaux et quinze petits-lionceaux, a eu de la chance. Ils n’ont pas été attaqués par des rivaux, comme cela était redouté au moment de la mort de Cecil, les lions ayant l’habitude de tuer la descendance d’un rival disparu pour que les lionnes s’accouplent plus vite avec eux. Cecil ayant dominé son clan avec un autre lion, Jericho, ce dernier a protégé les lionceaux.


Source : http://www.lemonde.fr/big-browser/article/2016/07/01/la-mort-du-lion-cecil-n-a-pas-ete-vaine_4962143_4832693.html#OaLzJqFDH580Xiy6.99

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