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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 11:27

Apparu en 2004 dans le Lot-et-Garonne,

l'insecte d'origine chinoise étend désormais sa menace sur les ruches

jusqu'en Angleterre.

 http://cache.20minutes.fr/img/photos/20mn/2011-08/2011-08-25/article_FRELONASIATIQUE.jpg


La scène est impressionnante. Avec trois, cinq, parfois dix de ses congénères, le frelon asiatique fait des vols stationnaires devant la ruche. Il attend le retour des butineuses. Une fois sa proie attrapée,  Vespa velutina se suspend à une branche et commence son découpage macabre. La tête de l'abeille tombe, puis les ailes et les pattes. Il ne conserve que le thorax, riche en protéines, qui, une fois ramené au nid, deviendra une houlette pour les larves affamées.

A partir de septembre, il devient même fréquent de voir les frelons pénétrer dans les ruches et manger les couvains, car les abeilles gardiennes sont moins nombreuses à l'entrée. Et quand ils n'entrent pas, ce sont les abeilles qui n'osent plus sortir. Un cercle vicieux se met alors en place. "Comme elles ramènent moins d'eau et de nourriture dans la ruche, la reine ne pond plus. Le cheptel, affaibli et vieilli, a de grandes chances de mourir à l'arrivée de l'hiver."

La découverte de frelons asiatiques -reconnaissables à leurs pattes jaunes- dans le Sud-Ouest remonte à 2004, à Tonneins (Lot-et-Garonne) chez un producteur de bonsaïs. Les insectes seraient arrivés avec des poteries chinoises importées dans le département et dans lesquelles des reines auraient hiberné. "On peut être quasiment certain qu'il s'agit d'une origine chinoise provenant d'une province autour de Shangaï", précise Claire Villemant, entomologiste au muséum d'histoire naturelle et coordinatrice de travaux financés par le programme européen pour l'apiculture.

Le bilan des travaux publiés en juin par le Muséum montre l'expansion de l'insecte : trois nids recensés en 2004 dans un seul département, près de 2000 en 2010 dans 39 départements. Et deux nids ont été repérés cet été pour la première fois en Espagne. Selon l'étude, la plupart des pays d'Europe ont un risque de voir ce frelon s'acclimater sur leur territoire, en particulier le long des côtes de la Mediterranée. L'Europe de l'Est et la Turquie  pourraient être aussi envahies.

En dépit de ce tableau, le frelon asiatique n'est pas encore classé parmi les espèces nuisibles. Car s'il fait des dégâts chez les apiculteurs amateurs, les professionnels, qui réalisent 60% de la production nationale, sont encore relativement épargnés. 

Il n'existe pas encore d'étude économique sur l'impact de ces "goinfres" sur la production de miel et les cheptels d'abeilles. Mais les choses bougent. Le ministère de l'agriculture a saisi, en septembre 2010, l'Institut technique de la pollinisation afin qu'il travaille sur le sujet.

http://www.bsavenir.fr/homepages/15/d310812895/sitebsavenir/wp-content/uploads/2011/08/aout-frlon-carte.jpg

Reste la question des piqûres.

Rien d'alarmant visiblement en termes de santé publique. Certes, une quinquagénaire est morte en juin dans le Médoc, suite à des piqûres de frelons asiatiques et plusieurs personnes, dont des pompiers, se font régulièrement surprendre par l'insecte. Mais rien d'alarmant. Les hôpitaux d'Agen, de Bergerac ou de Bordeaux, parmi les zones les plus envahies, n'ont pas constaté d'augmentation de cas. "Le Vespa Velutina n'est pas agressif, surtout s'il est seul, mais il peut être potentiellement dangereux et attaquer avec ses congénères s'il se sent en danger", précise Denis Thiery, directeur de recherche d'une unité mixte de l'institut national de la recherche agronomique (l'INRA) de Bordeaux. Depuis 2007, son département travaille sur l'éthologie et les techniques de piégeage de l'insecte.

A ce jour, aucune technique fiable et sélective à 100% n'a été trouvée. Les apiculteurs utilisent de manière très artisanale un mélange à base d'alcool et de solution sucrée, qui attire, certes, les frelons asiatiques mais aussi d'autres insectes. Une solution que les chercheurs regrettent, surtout quand ces pièges sont placés au printemps, dés le mois de mars, dans l'espoir d'attraper des fondatrices pour diminuer le nombre de nids à venir.

 

"De toute façon, il faut être lucide, tranche Claire Villemant : cette espèce fait désormais partie de la faune française. Il va falloir apprendre à vivre avec."

 

Source : Le Monde.

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