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30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 18:54

Mammouth, tigre de Tasmanie (ci-contre) : les essais de clonage menés par plusieurs laboratoires laissent perplexes.

 

L'homme aura-t-il bientôt le pouvoir de ramener à la vie des espèces éteintes comme le mammouth, le tigre de Tasmanie ou le pigeon migrateur américain? Soixante ans jour pour jour après le décryptage de la structure en double hélice de l'ADN (acide désoxyribonucléique) par Francis Crick et James Watson, le 25 avril 1953, ce vieux rêve - ou ce fantasme - refait surface.

 

Les progrès réalisés ces vingt dernières années dans le domaine de la génétique et de la connaissance de cette molécule support de l'hérédité laissent penser que cet exploit est à la portée des scientifiques qui tentent de relever le défi. Mais il y a encore loin de la coupe aux lèvres.

 

La plus récente tentative de «dé-extinction» a été révélée en janvier par les chercheurs australiens du projet Lazare, en référence à ce personnage des Évangiles que le Christ ressuscite. Elle porte sur deux étonnantes petites grenouilles vivipares (Rheobatrachus villenus et R. silus) disparues peu de temps après leur découverte, au milieu des années 1980. Les femelles de ces drôles de batraciens incubaient littéralement leurs œufs dans leur estomac grâce à une hormone qui suspendait la sécrétion d'acide gastrique pendant les quelques semaines nécessaires à la «gestation».

 

La grenouille vivipare Rheobatrachus silus a disparu au milieu des années 1980.

 

Après avoir introduit des noyaux de ces grenouilles éteintes, congelés depuis quarante ans, dans des ovules énucléés d'espèces voisines, l'équipe de Michael Archer, paléontologue à l'université de Galles du Sud, a réussi à obtenir des embryons. Mais ces derniers sont morts au bout de quelques jours. Malgré ce semi-échec - ou ce demi-succès -, les membres du projet Lazare ont bon espoir de parvenir à leurs fins, pour peu qu'ils disposent de suffisamment d'ovules «receveurs».

 

La même technique de clonage, qui avait donné naissance à la célèbre brebis Dolly (ci-contre) en 1996, fut utilisée il y a dix ans par des biologistes espagnols pour tenter de ressusciter Celia, la dernière représentante du bouquetin des Pyrénées, morte en 2000. Las: le petit chevreau cloné, porté par une chèvre domestique, mourut quelques minutes après sa naissance en raison d'une grave malformation pulmonaire.

 

La vérité est que la technique du clonage a un très faible taux de succès. Dans le cas de Celia, sur 57 implantations d'œufs clonés, une seule gestation est arrivée à terme. Soit un rendement de moins de 2 %. En outre, comme le fait remarquer Hervé Le Guyader (Auteur de «Penser l'évolution», Imprimerie nationale-Actes Sud, 2012), professeur de biologie évolutive à l'université Paris-VI, «il est impossible de disposer du génome complet d'une espèce disparue: une part importante de l'ADN est détruite au moment de la mort de l'individu et la conservation au cours du temps est ensuite très aléatoire». Seules les espèces éteintes depuis moins de 100.000 ans peuvent prétendre à la dé-extinction. Les dinosaures que le romancier Michael Crichton ressuscite dans «Jurassic Park» n'ont aucune chance - et c'est sans doute mieux ainsi - de renaître des éprouvettes.

 

Certains généticiens proposent de ne cloner que les gènes importants de l'espèce candidate pour les inclure dans le génome d'une espèce voisine. C'est ce que le biologiste George Church, de l'université d'Harvard, projette de faire sur le pigeon migrateur américain, disparu à la fin du XIXe siècle. «Encore faut-il être capable d'identifier ces gènes et s'assurer qu'ils s'allument et s'éteignent au bon moment de la phase embryonnaire, poursuit le Pr Le Guyader. Autre difficulté, compte tenu de ce que l'on sait de l'épigénétique, le cytoplasme et les mitochondries de l'ovule receveur ne seront pas les mêmes. Du coup, il n'est pas sûr que l'oiseau qui en ressortira sera vraiment un pigeon migrateur.»

 

Illustration sur ordinateur de mammouths laineux, que des biologistes russes rêvent de voir de nouveau dans les steppes de Sibérie.

 

La même remarque vaut pour le mammouth, que des biologistes russes rêvent de voir de nouveau arpenter les steppes de Sibérie. Avec la difficulté supplémentaire que personne n'est parvenu à ce jour à prélever des ovules d'éléphante, l'espèce la plus voisine. La résurrection du tigre de Tasmanie, disparu en 1931, dont rêvent les Australiens, paraît encore plus aléatoire car il n'existe aucune espèce proche de ce carnivore marsupial.

Source : Le Figaro.

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Publié par Delphina - dans Sciences
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Lucas 30/04/2013 20:50


Je pense que le clonage d'animaux en voie de disparition est une bonne chose. Le clonage, ce n'est pas le Maaaal ! Après, il faut que cela soit bien encadré, et comme tu le dis dans ton billet,
tout n'est pas encore réglo là dessus.

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