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29 novembre 2016 2 29 /11 /novembre /2016 18:31

Article lu ici : http://www.jbjv.com/Les-principaux-courants-en-ethique.html, extrait de J.-P. Engélibert, L. Campos, C. Coquio et G. Chapouthier (dir.), La Question animale. Entre science, littérature et philosophie, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2011, p. 79-92.

 

L’éthique animale peut être définie comme l’étude du statut moral des animaux ou, pour le dire autrement, l’étude de la responsabilité morale des hommes à l’égard des animaux, pris individuellement [1]. Elle pose donc les questions classiques des devoirs de l’homme envers les animaux, des éventuels droits des animaux et, plus généralement, des jugements moraux (c’est-à-dire ceux formulés en termes de bien ou de mal) à porter sur notre traitement actuel des animaux.

 

 

Histoire d'un concept

 

La naissance du débat contemporain dans les années 1970 est due à plusieurs facteurs. Dès la fin du XIXe siècle, la pratique de la protection animale s’intensifie, avec l’apparition d’associations et de mouvements organisés, mais la théorie ne connaît pas encore de développement substantiel. L’élément déclencheur sera sans doute la contestation de l’élevage industriel dans les années 60 en Angleterre [2]. C’est dans cette foulée que se crée ce que Richard Ryder appelle « le groupe d’Oxford » : un groupe d’étudiants et de chercheurs de l’université d’Oxford qui, au début des années 1970, pose les fondements de l’éthique animale.

 

Trois étudiants, Harris et les Godlovitch, publient un recueil intitulé Animals, Men, and Morals en 1972 [3]. Ce livre attire l’attention de trois autres étudiants, Andrew Linzey, Stephen Clark et Peter Singer, un Australien qui fait son doctorat à Oxford. C’est en faisant un compte rendu de cet ouvrage que Singer a pour la première fois introduit l’expression « Animal Liberation », qui est le titre d’un article qu’il a publié en 1973, puis d’un livre publié en 1975 [4]. S’ensuit immédiatement une avalanche de publications, toutes issues du groupe d’Oxford ou de personnes en contact avec le groupe. C’est ce que l’on appelle la première génération d’auteurs en éthique animale, qui pose les bases du débat contemporain.

 

Aujourd’hui, et dans le monde anglo-saxon exclusivement, l’éthique animale est considérée comme une véritable discipline universitaire, qui donne lieu à des milliers de publications, des colloques, des conférences, des thèses et de nombreux enseignements en philosophie, en droit, en sciences animales et en médecine vétérinaire. Les premiers cours se sont développés à la fin des années 70 et au début des années 80 aux Etats-Unis et en Angleterre. Ce développement, néanmoins, est très régionalisé : il est clairement anglo-saxon. On parle beaucoup plus de animal ethics que d’« éthique animale » - même si cela commence à changer en France depuis quelques années.

 

Les défis de la discipline

 

Pour avoir une identité propre, il faut en premier lieu se différencier du reste. Le premier défi de l’éthique animale en tant que discipline, ou domaine, est donc de se distinguer des autres, qui lui sont proches.

 

Premièrement, l’éthique animale (animal ethics) n’est pas la science du bien-être animal (animal welfare). On confond souvent, dans les laboratoires et les écoles vétérinaires, les notions d’éthique et de bien-être animal. La manière dont les médias utilisent les expressions « règles d’éthique animale » ou « comités d’éthique animale » est également trompeuse. La science du bien-être animal est une discipline technique qui ne se demande pas si l’homme doit chercher à améliorer le bien-être des animaux et pourquoi, mais seulement comment. L’éthique animale, de son côté, n’est qu’un questionnement, beaucoup plus large, qui n’est pas un ensemble de règles et qui déborde largement la question des animaux de recherche. L’éthique animale permet donc une remise en cause profonde de la relation homme-animal, contrairement à la science du bien-être animal dont l’unique but est de garantir l’absence ou la minimisation de la souffrance de l’animal exploité.

 

Deuxièmement, l’éthique animale (animal ethics) n’est pas le droit de l’animal (animal law), qui n’est pas non plus les droits de l’animal (animal rights). Le droit de l’animal, au singulier, est l’étude du statut juridique de l’animal dans le droit positif. C’est une discipline distincte, qui donne lieu à des cours dans près de la moitié des facultés de droit américaines, par exemple. Les droits de l’animal, au pluriel, entendus comme droits éventuellement légaux mais aussi et surtout moraux, relèvent au contraire de l’éthique. L’éthique animale est un ensemble plus large, qui intègre la question des droits de l’animal, mais pas seulement elle (puisqu’il est possible de réfléchir sur le statut moral de l’animal sans revendiquer une théorie des droits, comme le fait Singer par exemple).

 

Troisièmement, l’éthique animale (animal ethics) n’est pas la philosophie animale (animal philosophy). Cette confusion est fréquente dans la tradition continentale, en particulier en France. Ce que l’on pourrait appeler « philosophie animale » ou « philosophie de l’animalité » examine la manière dont la tradition philosophique considère l’animal (s’il pense, s’il raisonne, en quoi consiste son essence, son être-au-monde, ce qui le distingue de l’humain), dans une perspective souvent historique, des Grecs à nos jours, mais qui a tendance à privilégier certains courants (existentialisme, phénoménologie, herméneutique). Autrement dit, la philosophie animale relève davantage de l’ontologie, ou philosophie première, que de l’éthique appliquée, même si elle implique forcément des conséquences éthiques, et si le lien entre les deux domaines gagnerait à être développé.

 

Quatrièmement, l’éthique animale (animal ethics) n’est pas l’éthique environnementale (environmental ethics). Il y a au moins quatre différences. 1) L’éthique animale s’intéresse aussi à des classes d’animaux (de compagnie, de divertissement, d’élevage, de travail) qui ne relèvent pas de ce que l’on appelle la « nature », et ne font donc pas partie des préoccupations directes de l’éthique environnementale. 2) L’éthique animale ne s’intéresse qu’aux êtres vivants sensibles, car elle fait de la souffrance son point de départ. Les plantes, les entités supra-individuelles (forêts, espèces, écosystème) et le monde abiotique ne sont considérés qu’en tant qu’ils ont un lien avec l’animal, tandis qu’en éthique environnementale ils peuvent faire l’objet d’une considération morale directe. 3) L’éthique animale considère généralement la mort et la souffrance comme des maux, qu’elle cherche à éviter, ou au moins à minimiser. Ce n’est pas le cas de l’approche environnementale, qui est très critique à cet égard, considérant que la mort et la souffrance font partie intégrante de la vie et de la nature. 4) La perspective de l’éthique animale est généralement individuelle (puisque ce sont des individus qui souffrent), tandis que celle de l’éthique environnementale est généralement holiste, et s’attache à la protection des espèces et des écosystèmes.

 

L’éthique animale se distingue, elle n’est aucune de ces approches mais elle les implique toutes. C’est pourquoi je pense qu’il faut l’aborder dans un esprit interdisciplinaire, polyvalent, curieux et ouvert. Dans la deuxième partie d’Ethique animale, sur les cas pratiques, je mets souvent en évidence le fait que des problèmes qui semblent ne concerner que les animaux ont un impact sur les hommes et sur l’environnement. L’élevage industriel est un exemple typique : en plus de nuire au bien-être animal, il pollue énormément, participe au réchauffement climatique, à la déforestation, et à la misère humaine en poussant les petites exploitations traditionnelles à mettre la clé sous la porte.

De quels animaux parle-t-on ?

 

L’éthique animale qui étend le statut moral aux animaux est dans une logique extensionniste. Au cours de l’histoire, le statut moral s’est étendu des hommes blancs, mâles et libres aux esclaves, aux femmes, à tous les « autres » d’une manière générale et, aujourd’hui, il s’étend en dehors de l’homme, aux animaux, voire à tous les êtres vivants. Un défi important de l’éthique animale est donc de savoir jusqu’où il faut aller.

 

Jusqu’où le cercle de la considération morale doit-il s’étendre ? C’est-à-dire : de quels animaux parle-t-on ? Il existe un certain consensus : l’éthique dont il est question n’est généralement pas celle des éponges, des huîtres et des vers de terre. Les exemples utilisés s’approchent rarement des couches élémentaires de l’évolution et en restent généralement aux animaux supérieurs, à ceux dont il ne fait aucun doute qu’ils sont sensibles.

 

Le critère de la sensibilité 

 

C’est au XVIIIe siècle que l’on formule clairement cette thèse, qui est un renversement de perspective, une sorte de révolution copernicienne, selon laquelle c’est la sensibilité, et non la rationalité ou les capacités cognitives des animaux, qui font que l’on a envers eux certains devoirs. Et, contrairement à un préjugé fort répandu, ce n’est pas Bentham qui, le premier, a énoncé clairement cette thèse. C’est Rousseau : "l’homme est assujetti envers eux à quelque espèce de devoirs. Il semble, en effet, que, si je suis obligé de ne faire aucun mal à mon semblable, c’est moins parce qu’il est un être raisonnable que parce qu’il est un être sensible : qualité qui, étant commune à la bête et à l’homme, doit au moins donner à l’une le droit de n’être point maltraitée inutilement par l’autre" [5].

 

Aujourd’hui, le critère de la sensibilité, ou de la souffrance, est l’un des points de départ les plus consensuels de l’éthique animale contemporaine, mais il pose de nombreux problèmes. Il n’est pas toujours évident, par exemple, de savoir ce qu’est un animal sensible. Le critère de la sensibilité n’est donc pas simple à utiliser. Mais, plus fondamentalement, est-il nécessaire ?

 

Oui, répondent Singer et la plupart des acteurs de l’éthique animale contemporaine. Martha Nussbaum nuance sa réponse : non en théorie, mais oui en pratique. Théoriquement, Nussbaum défend une approche disjonctive selon laquelle « si une créature a soit la capacité de ressentir le plaisir et la douleur ou la capacité de se mouvoir d’un endroit à l’autre ou la capacité d’éprouver des émotions et de l’attachement ou la capacité de raisonner, et ainsi de suite [...], alors cette créature a un statut moral » [6]. Mais dans les faits, il se trouve que toutes les créatures qui ont les qualités susdites ont aussi la capacité de ressentir le plaisir et la douleur, car « la sensibilité joue un rôle essentiel dans le mouvement, l’attachement, l’émotion et la pensée [7] ». Autrement dit, si la sensibilité apparaît comme une condition nécessaire de la considération morale, ce n’est pas parce qu’elle est le seul critère pertinent, mais plutôt parce qu’elle est la condition de tous les autres critères, la condition de toutes les autres conditions de la considération morale. Donc, de ce point de vue, elle reste nécessaire.

 

Le critère de la sensibilité est-il suffisant ? A partir de maintenant je vais employer les termes « déontologisme » et « utilitarisme », qu’il faut d’abord expliquer. Le déontologisme, dérivé du grec deon (devoir), est une approche d’origine kantienne selon laquelle une action est moralement bonne si elle est accomplie par devoir ou par respect pour la loi. Les actes ont une valeur intrinsèque : ils sont bons ou mauvais en eux-mêmes, indépendamment des sujets et des conséquences (ex. : « tu ne tueras pas »). L’utilitarisme, au contraire, est une sorte de conséquentialisme, approche d’origine anglaise qui évalue moralement l’action en fonction de ses conséquences : une action est moralement bonne si elle produit les meilleures conséquences possibles.


Pour les utilitaristes comme Singer, la réponse est généralement oui : il suffit d’être capable de souffrir pour avoir droit à de la considération morale. C’est pourquoi, explique Singer, « pour défendre les conclusions qui sont argumentées dans ce livre [Animal Liberation] le principe de réduction maximale de la souffrance suffit » [8]. Mais pour d’autres, en particulier des déontologistes, le critère de la sensibilité n’est en général pas suffisant et il faut lui ajouter, ou le remplacer par, d’autres conditions. 

 

C’est notamment le cas de Tom Regan, et de son critère de sujet-d’une-vie. Pour lui, les individus sont sujet-d’une-vie « s’ils ont des croyances et des désirs, s’ils sont doués de perception, de mémoire et d’un sens du futur incluant leur propre futur, s’ils ont une vie émotionnelle faite de plaisirs et de peines, des préférences et des intérêts au bien-être, la capacité d’entreprendre une action pour atteindre leurs désirs et leurs buts, une identité psychophysique à travers le temps et un bien-être personnel dans le sens où l’on peut dire que leurs expériences leur réussissent ou pas [que leur vie se déroule bien ou mal] de manière logiquement indépendante de leur utilité pour les autres et du fait qu’elles puissent satisfaire l’intérêt de quelqu’un d’autre » [9]. La définition de Regan est assez restrictive, elle ne concerne à vrai dire que les mammifères âgés d’un an et plus, et l’auteur laisse ouverte la question de savoir ce qu’il en est des animaux moins évolués.

 

Certains auteurs donnent par ailleurs la priorité à certaines espèces.

 

D’une part, pour des raisons scientifiques : c’est souvent le cas avec les grands singes, et en particuliers les chimpanzés. Steven Wise, par exemple, considère que ne sont dignes de statut moral que les animaux titulaires d’une « autonomie pratique », c’est-à-dire capables de partager certaines tâches cognitives avec les humains (par exemple réussir le test du miroir, qui ferait la preuve d’une conscience de soi) [10]. Dans les faits, ce critère assez strict ne laisse passer que les humains, certains grands singes, les dauphins et les éléphants. Dans l’immédiat, il donne la priorité aux chimpanzés. A ce titre, il est le fondateur d’une organisation qui réunit juristes, scientifiques et experts dans le but de faire du chimpanzé un sujet de droit devant les tribunaux américains, et en particulier d’abolir leur utilisation pour le cinéma et la télévision.

 

Autre exemple : Paola Cavalieri est avec Singer à l’origine du Projet Grands Singes [11], dont le but est d’étendre aux grands singes trois droits jusqu’ici réservés aux humains – le droit à la vie, la protection de la liberté individuelle et l’interdiction de la torture.

 

D’autre part, on peut aussi donner la priorité à certaines espèces pour des raisons stratégiques : les militants donnent généralement la priorité aux animaux de consommation, pour des raisons qui n’ont rien à voir avec leurs caractéristiques propres, leurs capacités cognitives, par exemple, mais avec leur nombre – on tue chaque année au moins 53 milliards d’animaux dans le monde pour se nourrir (sans compter les poissons), et cela suffit, selon certains, à en faire une priorité absolue. 

 

Ce qu’il faut retenir de ce tour d’horizon rapide est qu’il est important de tenir compte de la diversité du monde animal. Ceux qui s’opposent à ce qu’ils appellent les « animalistes » (c’est-à-dire les défenseurs de la cause animale) ont tendance, pour les dénigrer, à dire qu’ils mettent tous les animaux dans le même sac et que défendre les droits des animaux, par exemple, c’est vouloir donner des droits au chimpanzé comme au ver de terre. Il y a un peu de vérité dans cette accusation dans la mesure où l’on pourrait reprocher aux acteurs de l’éthique animale de prendre toujours les mêmes exemples faciles et consensuels (le chien, le chat, le cheval, la cochon), et d’éviter les cas plus difficiles, les cas-limites (poissons, invertébrés, insectes). Mais, globalement, le reproche est infondé car la plupart des auteurs font l’effort de dire quels sont les animaux qui, pour eux, sont concernés par l’éthique animale. De toute façon, comme le dit bien Regan, le but n’est pas de dresser la liste exhaustive des animaux en question, ni de montrer que tous les animaux ont des droits (ou des intérêts, selon Singer), c’est de montrer qu’il est faux de considérer que seuls les hommes en ont. Donc, de ce point de vue, quelques exemples suffisent.

 

Les courants de l'éthique animale

 

          1) Les fondements

 

Avant d’entrer dans les courants eux-mêmes, il est utile de rappeler quelques notions fondamentales pour comprendre les débats dans le domaine de l’éthique animale. La première d’entre elles est l’antispécisme. Cette notion fondamentale, apparue dans les années 70 sous la plume de Richard Ryder à Oxford, est à la base de l’éthique animale. L’anti-spécisme s’oppose au spécisme. De la même manière que le racisme est une discrimination selon la race et le sexisme une discrimination selon le sexe, le spécisme est une discrimination selon l’espèce. C’est l’attitude qui consiste à juger la valeur d’un individu, à lui attribuer ou à lui refuser une certaine considération, non pas en fonction de ses caractéristiques individuelles, mais seulement en fonction de son appartenance à une espèce.

 

Être antispéciste, c’est donc ne pas faire de l’appartenance à une espèce un critère discriminant de considération morale. Les différences physiques entre les espèces ne sont pas moralement pertinentes. C’est déjà ce que disait Bentham au XVIIIe siècle : "Les Français ont déjà découvert que la noirceur de la peau n’est en rien une raison pour qu’un être humain soit abandonné sans recours au caprice d’un bourreau. On reconnaîtra peut-être un jour que le nombre de pattes, la pilosité de la peau, ou la façon dont se termine le sacrum sont des raisons également insuffisantes pour abandonner un être sensible à ce même sort" [12].

 

Aujourd’hui, quasiment tous les acteurs de l’éthique animale sont antispécistes. C’est l’une des bases les plus consensuelles du domaine. 

 

La deuxième notion, ou plutôt couple de notions, qu’il faut présenter est la distinction entre bien-être et droits des animaux. Il est capital d’insister car on ne cesse, en France, de faire la confusion. Lorsque les auteurs français critiquent l’éthique animale anglo-saxonne, qu’ils ne connaissent pas, ils la réduisent sans cesse à la défense des « droits des animaux ». Ferry écrit par exemple : « une deuxième tradition de pensée, qui n’a pourtant rien de totalitaire, a prétendu fonder l’idée d’un ‘droit des animaux’ […]. Il s’agit bien sûr de la philosophie utilitariste » [13]. Il y a là deux amalgames. D’une part, Ferry parle du droit des animaux au lieu des droits des animaux. Je rappelle que le droit des animaux est le statut juridique de l’animal dans le droit positif, à ne pas confondre avec la question, philosophique, des droits (moraux) des animaux. D’autre part, Ferry écrit que la philosophie utilitariste (il vise explicitement Singer) défend les droits des animaux : c’est une confusion très grave, puisque Singer fait exactement le contraire.

 

L’éthique animale contemporaine réunit une grande diversité de courants, comme nous le verrons dans un instant, mais elle est parcourue par une distinction, assez simple, entre deux grandes écoles de pensée : ceux qui souhaitent maximiser le bien-être animal, et ceux qui défendent des droits des animaux. 

 

Par bien-être animal, on entend généralement l’absence de faim et de soif, d’inconfort, de douleur, de blessure ou de maladie, de peur et de stress, ainsi que la liberté d’exprimer des comportements naturels. Les welfaristes (de l’anglais welfare, bien-être) ont donc pour but de maximiser le bien-être animal, c’est-à-dire réduire la souffrance lorsque c’est possible, c’est-à-dire lorsqu’elle n’est pas utile. Il est donc envisageable, pour un welfariste, d’accepter la souffrance animale si on estime qu’elle produit un plus grand bien (par exemple dans la recherche médicale).

 

L’expression « droits des animaux » est ambiguë et je fais partie de ceux qui s’en méfient. Elle implique d’emblée un faisceau de questions : quels droits ? Moraux ou légaux ? Des droits de l’homme étendus à certains animaux ou d’autres droits qui leur seraient propres ? Et quels animaux ? Selon quels critères ? Si l’on considère que l’animal a le « droit » non seulement de ne pas souffrir, mais encore de ne pas être exploité par l’homme, alors la défense des droits des animaux implique l’abolitionnisme, c’est-à-dire l’abolition de toute exploitation animale. 

 

Dans les faits, les défenseurs d’une théorie des droits sont souvent (mais pas systématiquement) abolitionnistes. On peut être welfariste et souhaiter l’abolition de telle ou telle pratique, la corrida par exemple, cela ne fait pas de vous un abolitionniste pour autant. Pour être abolitionniste, il faut souhaiter l’abolition de toute exploitation animale, et donc n’être pas seulement végétarien ou même végétalien, mais vegan, c’est-à-dire ne consommer aucun produit animal, ni pour se nourrir, ni pour se vêtir, ni pour se soigner, etc. L’abolitionniste ne cherche pas à évaluer telle ou telle pratique : il les refuse toutes, puisque ce qui le gêne est le principe même de l’exploitation animale. Il ne veut pas agrandir les cages, il veut les ouvrir, comme le dit explicitement Regan : « Le mouvement des droits des animaux est un mouvement abolitionniste ; notre but n’est pas d’élargir les cages, mais de faire qu’elles soient vides » [14].

 

Si cette distinction est claire, on peut être troublé par l’expression « libération animale », qui est trompeuse. Elle ressemble à une annonce abolitionniste : libérer les animaux, c’est ouvrir les cages, c’est donc cesser de les exploiter. Et pourtant, l’expression n’est pas de Regan, abolitionniste, mais de Singer, qui n’est pas abolitionniste ! Il ne faut donc pas la prendre au sens strict : Singer a le sens du slogan, du bon titre, mais ce n’est pas parce qu’il annonce la « libération » des animaux qu’il est abolitionniste. Singer est un welfariste.

 

          2) Le vif du sujet

               a) L'utilitarisme

 

Ces bases étant posées, voyons maintenant les courants à proprement parler. Tout d’abord, l’utilitarisme de Peter Singer. Le premier chapitre de Animal Liberation s’intitule : « Tous les animaux sont égaux. Ou pourquoi le principe éthique sur lequel repose l’égalité humaine exige que nous étendions l’égalité de considération des intérêts également aux animaux ».


L’idée clé de Singer est donc l’égalité de considération des intérêts. En l’occurrence,l’intérêt en question, que partagent la plupart des hommes et la plupart des animaux, est de ne pas souffrir. C’est-à-dire qu’il faut considérer avec autant de considération la souffrance animale et la souffrance humaine. Le fait que l’homme soit globalement plus intelligent, plus rationnel et plus complexe que la souris ne change strictement rien au fait que l’un et l’autre souffrent. Comme le dit Sidgwick : « la différence de rationalité entre deux espèces d’êtres sensibles ne permet pas d’établir une distinction éthique fondamentale entre leurs douleurs respectives » [15].

 

Il est important d’éviter deux confusions. Premièrement, l’égalité de considération n’est pas l’égalité de traitement. Lorsque Singer dit qu’il faut considérer également les intérêts de tous les animaux, cela ne signifie pas qu’il faille les traiter également. Tous les animaux n’ont pas les mêmes intérêts. Donc considérer également ces intérêts peut impliquer de les traiter différemment, en s’adaptant à chaque être : "La préoccupation pour le bien-être des enfants qui grandissent aux États-Unis peut exiger que nous leur apprenions à lire ; la préoccupation pour le bien-être des cochons peut ne rien impliquer d’autre que de les laisser en compagnie d’autres cochons dans un endroit où il y a une nourriture suffisante et de l’espace pour courir librement" [16].

 

Deuxièmement, l’égalité de considération n’est pas l’égalité des vies. Il ne s’agit pas de dire que toutes les vies sont d’égale valeur. Singer distingue deux situations : faire souffrir et tuer. En matière de souffrance, les autres caractéristiques que la souffrance, et qui sont notamment chez l’homme sa supériorité intellectuelle et tous les critères habituels, ne sont pas pertinents : ils ne changent rien à la souffrance elle-même. Par contre, pour ce qui est de la vie, ces critères deviennent pertinents. Donc « la vie d’un être possédant conscience de soi, capable de penser abstraitement, d’élaborer des projets d’avenir, de communiquer de façon complexe, et ainsi de suite, a plus de valeur que celle d’un être qui n’a pas ces capacités » [17].

 

               b) L'abolitionnisme et les théories des droits

 

La deuxième famille de courants importants est l’abolitionnisme et les théories des droits. Pour Regan, par exemple, attribuer des droits moraux à un être implique de reconnaître que celui-ci a une valeur inhérente selon le critère du fait d’être sujet-d’une-vie (tandis que pour Singer, avoir une considération morale pour un être implique de reconnaître qu’il a des intérêts selon le critère de la sensibilité). Autre défenseur d’une théorie des droits, Francione estime que le principal obstacle à la libération animale est juridique ; il réside dans le fait que les animaux sont toujours considérés comme des biens et qu’ils ont le statut légal de propriété. Dès lors, le premier droit qu’il faudrait leur reconnaître est celui de ne pas être traités comme des biens dont l’homme peut se rendre propriétaire, c’est-à-dire comme les moyens des fins d’autrui, et ce en vertu de leur valeur inhérente.

 

Dans l’intuitionnisme, je réunis l’ensemble des approches qui accordent une place essentielle à l’intuition, au bon sens et à la moralité courante, contre les positions classiques qui reposent surtout sur la rationalité (Sapontzis, Clark, Habermas). Clark, par exemple, écrit que « Ceux qui battent les chiens à mort font quelque chose que la société devrait condamner sans attendre de savoir si le chien a des droits abstraits et métaphysiques » [18]. Il s’appuie sur une intuition morale accessible à tous : il est mal de causer un mal évitable.

 

Les deux premiers courants que j’ai distingués, l’utilitarisme de Singer et la théorie des droits de Regan et Francione, s’opposent mais ils ont en commun un même goût pour l’argumentation rationnelle. Ils font tous les deux partie de ce que l’on pourrait appeler une éthique de la justice, qui cherche à établir rationnellement ce qui est juste. Un certain nombre d’auteurs ne partagent pas cette approche, qu’ils jugent trop froide et trop comparative (puisqu’elle compare la situation de l’animal avec celle de l’homme). Ils préfèrent une approche basée sur un sentiment direct : la sollicitude. Ils partent du principe que l’homme éprouve naturellement de la sympathie pour les animaux et ils développent leur argumentation en suivant cette ligne : c’est ce qu’on appelle l’éthique du care (soin, sollicitude). 

 

               c) Les approches "alternatives"

 

On trouve par ailleurs au moins quatre approches qu’on pourrait dire « alternatives », parce qu’elles abordent l’éthique animale en partant d’un point de vue extérieur, et que faute de temps je me contenterai de citer seulement : les approches religieuses, comme la « théologie animale » d’Andrew Linzey à Oxford ; les approches scientifiques (Rodd, Rollin) qui évaluent nos devoirs envers les animaux en fonction de leur fonctionnement biologique ; les approches environnementales (Callicott) qui s’opposent en général à l’éthique animale au sens strict, en ne faisant pas de la souffrance un critère et en s’intéressant au sort des espèces et non des individus et les approches féministes (Adams, Donovan), qui établissent un parallèle entre l’exploitation de l’animal par l’humain et l’exploitation de la femme par l’homme. 

 

Autre courant : l’approche par les capacités (capabilities approach). Nussbaum l’a développée dans les années 80 avec l’économiste Amartya Sen, sur les questions d’inégalité, de pauvreté et de développement. Ce qui est relativement nouveau est de l’appliquer à l’éthique animale. Nussbaum l’a fait en 2006. L’approche par les capacités, appliquée aux animaux, est une théorie des devoirs directs qui « traite les animaux comme des sujets et des agents, et pas seulement comme des objets de compassion », selon laquelle « les animaux ont droit au fonctionnement d’une grande variété de leurs capacités, celles qui sont le plus essentielles à une vie épanouie, une vie digne de la dignité de chaque créature » [19]. Quelles sont ces capacités ? Nussbaum en donne dix : la vie, la santé corporelle, l’intégrité corporelle, les sens, l’imagination et la pensée, la raison pratique, la capacité d’avoir des relations avec d’autres espèces et le jeu.

 

La politique constitue un autre angle à partir duquel il est possible d’aborder l’éthique animale. On peut voir par exemple Robert Garner [20], qui critique l’approche libérale dominante et montre qu’il y a de bonnes idées à prendre dans d’autres courants : conservatisme, communautarisme et socialisme. La perspective socialiste vise surtout à montrer comment l’exploitation animale et l’exploitation humaine sont étroitement imbriquées. C’est ce que fait un sociologue américain qui travaille sur la mondialisation de l’industrie agroalimentaire, « du terrible confinement et abattage de milliards d’autres animaux […] au traitement abusif des ouvriers de l’industrie alimentaire ; du meurtre de ceux qui au Tiers Monde résistent à l’expropriation de leur terre pour servir de nouveaux pâturages à une production toujours croissante de ‘bœuf nourri à l’herbe’ ; de l’expansion de la famine mondiale aux ‘maladies de l’abondance’ en grande partie causées par une alimentation excessivement carnée » [21].

 

               d) L’approche par le discours

 

Il est possible, et souhaitable, d’aborder l’éthique animale du point de vue argumentatif et sociologique, en analysant les discours et les stratégies de l’exploitation animale. Les stratégies d’exclusion sont les stratagèmes, les alibis et l’ensemble des actions mises en œuvre pour justifier l’exploitation animale et ses abus, tout en modérant la culpabilité des acteurs et des spectateurs. L’une des rares personnes, en France, à avoir défriché cette approche il y a quelques années est Georges Chapouthier. Je tente désormais de la développer, à travers notamment le cas de la corrida [22].

 

Parmi les discours-alibis classiques : 

- l’alibi historique (l’homme préhistorique mangeur de chair et chasseur), l’alibi diététique (le besoin vital de viande)

- l’alibi écologique (chasse des espèces en surdensité, régulation des populations), l’alibi sportif (jeu, lutte, effort, règles, discipline)

- l’alibi naturaliste (relation avec la nature, bonheur d’une marche en forêt, passion des animaux)

- l’alibi de la tradition, qui consiste à défendre certaines pratiques parce qu’elles sont traditionnelles (foie gras « patrimoine culturel et gastronomique protégé en France » / alinéa 3 de l’article 521-1 du code pénal français qui sert à autoriser la corrida et les combats de coqs quand une « tradition locale ininterrompue » peut être invoquée)

- l’alibi économique (chasse au phoque, foie gras, corrida, etc.)

- l’alibi éducatif (cirques, zoos).

 

On trouve en outre trois stratagèmes : 

- Le premier est la négation des torts causés, qui a au moins deux manifestations. D’une part, la dissimulation de la réalité : il est très difficile de savoir comment les animaux sont traités derrière les portes des baraquements fermiers et des laboratoires. Des efforts sont entrepris pour qu’on ne voie pas l’exploitation animale – tout simplement parce que, si l’on voyait, on consommerait moins. D’autre part, le déguisement de la réalité, en partie par l’euphémisation : les chasseurs ne tuent pas, ils « récoltent », « cueillent », « prélèvent », « s’emparent », « prennent » ou procèdent à une « réduction de la population ». Les chercheurs « achèvent », « terminent » ou « sacrifient » ce qu’ils appellent du « matériel biologique » ou des « systèmes d’essai », c’est-à-dire des animaux de laboratoire. Aux Etats-Unis, les abattoirs sont des « unités de transformation d’aliments » (food-processing units), des « moissonneuses à protéines » (protein harvesters) ou des « usines à viande » (meat factory). On utilise une terminologie abstraite, mécanique ou agricole, plus propre, pour « sanitariser » l’acte de tuer. Ce qui prouve bien qu’il pose problème.

 

- Le deuxième stratagème est le découpage des responsabilités. C’est la division du travail, par exemple, qui permet au consommateur de viande de dissocier le morceau qu’il achète de l’animal dont il est originaire. Ce n’est pas la même personne qui élève, abat, transporte et achète la viande : la responsabilité est donc diluée dans une société qui fonctionne « toute seule » et le consommateur est déconnecté de la réalité. Plutarque disait : si tu veux manger de la viande, tue l’animal toi-même.

 

- Le troisième stratagème est la dévalorisation de la sympathie pour les animaux. On véhicule l’idée que la sympathie pour les animaux a un fondement irrationnel, sentimental et juvénile. On vise à décrédibiliser les personnes, les associations, les discours qu’on appelle « animalistes », c’est-à-dire qui défendent d’une manière ou d’une autre la cause animale. 

 

L’exemple le plus courant consiste à utiliser ce qu’on appelle en théorie de l’argumentation le sophisme du pire. On s’insurge que l’on puisse penser aux animaux quand tant d’humains souffrent et meurent de faim. Le sophisme du pire consiste à dire que X n’est pas un problème puisqu’il y a pire que X (et que l’on devrait donc concentrer toute son énergie sur le pire que X). Par exemple, il consiste à décrédibiliser ceux qui luttent contre la corrida en les accusant de n’avoir aucun sens des priorités : Wolff (auteur d’une Philosophie de la corrida dans laquelle on trouvera de nombreux sophismes) pense qu’ils feraient mieux de s’occuper « de la Tchétchénie, de l’Irak, du Darfour », « des enfants qui crèvent de faim ou meurent sous les bombes » [23].

 

L’argument est extrêmement courant, et totalement fallacieux. D’abord, comme le dit bien Chapouthier, ceux qui citent volontiers les enfants du tiers-monde comme un prétexte pour ne pas se soucier des animaux ne font en général strictement rien ni pour les uns ni pour les autres. Ensuite, il y a une faute logique : ce n’est pas parce qu’il y a pire ailleurs que l’on ne doit rien faire ici. Ce n’est pas parce que des enfants meurent de faim que l’on ne doit rien faire pour la souffrance des poules pondeuses, dans la mesure où l’un n’empêche pas l’autre. On peut donc se soucier du bien-être des taureaux. Et, plus largement, des animaux. C’est même quelque chose d’important pour l’homme, comme en témoigne ce recueil.

 

[1] Pour tout développement sur ce sujet, voir J.-B. Jeangène Vilmer, Ethique animale, Paris, PUF, 2008.

[2] Voir par exemple R. Harrison, Animal Machines : The New Factory Farming Industry, London, Vincent Stuart, 1964.

[3] S. et R. Godlovitch, et J. Harris, Animals, Men, and Morals : An Enquiry into the Maltreatment of Non-Humans, London, Victor Gollancz, 1971.

[4] P. Singer, “Animal Liberation”, The New York Review of Books, 20:5, 5 avril 1973 et Animal Liberation : A New Ethics for our Treatment of Animals, New York Review/Random House, New York, 1975.

[5] J.-J. Rousseau, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, Aubier, 1973, p. 59.

[6] M. Nussbaum, Frontiers of Justice : Disability, Nationality, Species Membership, Cambridge, Harvard UP, 2006, p. 362.

[7] Ibid.

[8] P. Singer, La Libération animale, seconde édition, Grasset, 1993, p. 56.

[9] T. Regan, The Case for Animal Rights, Berkeley, University of California Press, 1983, p. 243.

[10] S. Wise, in C. R. Sunstein et M. C. Nussbaum (ed.), Animal Rights. Current Debates and New Directions, Oxford, Oxford UP, 2004, p. 19-50.

[11] P. Cavalieri et P. Singer (ed.), The Great Ape Project : Equality beyond Humanity, London, Fourth Estate, 1993.

[12] J. Bentham, An Introduction to the Principles of Morals and Legislation, XVII, §I, IV, note 1, Oxford, Clarendon Press, 1907, p. 311.

[13] L. Ferry, Le Point, 6 avril 2001, p. 136.

[14] Interview de Tom Regan, Cahiers Antispécistes 2, janvier 1992.

[15] H. Sidgwick, « The Establishment of Ethical First Principles », Mind, 4:13, 1879, p. 106-107.

[16] P. Singer, La Libération animale, op. cit., p. 31.

[17] Ibid., p. 55.

[18] S. Clark, dans un dépliant de la RSPCA, On the Side of the Animals.

[19] M. Nussbaum, op. cit., p. 351 et 392.

[20] R. Garner, The Political Theory of Animal Rights, Manchester, Manchester UP, 2005.

[21] D. Nibert, Animal Rights / Human Rights. Entanglements of Oppression and Liberation, Lanham, Rowman & Littlefield Publishers, p. 134.

[22] J.-B. Jeangène Vilmer, « Les sophismes de la corrida », Revue semestrielle de droit animalier, 2, 2010, p. 119-124.

[23] F. Wolff, « Gare à l’idéologie ‘animaliste’ », L’Humanité hebdo, 15 septembre 2007, p. 18.

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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 20:43

Arte diffusera une soirée Thema le 13 décembre prochain à 20H50, intitulée « Pas si bêtes, les animaux ».

 

 

Martin Blanchard, réalisateur chez What’s Up films, nous éclaire : "Le documentaire de 90’ que j’ai réalisé « Les animaux ont-ils des droits? » ouvrira la soirée, avec des interviews de Peter Singer, Jane Goodall, Gary Francione, Boris Cyrulnik, Vinciane Despret, Mariane Thieme (parti des animaux NL), Temple Grandin, Jocelyne Porcher, Pascal Durand (EELV, [aujourd'hui DVG, ndlr]), Sébastien Arsac (L214…). Mon documentaire sera suivi du film sur le Nonhuman Rights Project de Steve Wise (Unlocking the Cage)."

 

Bande-annonce du documentaire de Martin Blanchard,

"les animaux ont-ils des droits?" : 

(lien direct : http://tinyurl.com/hgcav32)

 

 

Mais qui sont les intervenants de ce documentaire ?

Peter Singer est un philosophe australien auteur de La libération animale, ouvrage de référence dans la protection animale, dont j'ai parlé dans mon article "les animaux ont le droit d'être bêtes" : http://www.passionanimale-delphina.fr/article-les-animaux-ont-le-droit-d-etre-betes-118405374.html

Jane Goodall est une primatologue, éthologue et anthropologue britannique, qui a récemment signé la préface du livre Révolutions animales : comment les animaux sont devenus intelligents, dont je parle ici : http://www.passionanimale-delphina.fr/2016/11/livres-preuves-de-l-intelligence-animale.html

Gary Francione est un juriste et philosophe américain, défenseur des droits des animaux et théoricien du véganisme.

Boris Cyrulnik est un psychiatre et psychanalyste français, auteur de Les animaux aussi ont des droits.

Vinciane Despret est une philosophe des sciences belge, qui a publié Que diraient les animaux... Si on leur posait les bonnes questions ?

Mariane Thieme est une femme politique néerlandaise, dirigeante du parti pour les animaux.

Temple Grandin est une célèbre autiste américaine, professeur de zootechnie et de sciences animales à l'université. Passion Animale lui a consacré un article récemment : http://www.passionanimale-delphina.fr/2016/11/temple-grandin-l-interprete-des-animaux.html

Jocelyne Porcher est une sociologue de l'INRA qui s'intéresse aux relations hommes-animaux. Son site : http://jocelyneporcher.fr/

Pascal Durand (DVG) est un eurodéputé qui agit pour les animaux.

Sébastien Arsac est un militant pour la protection des animaux d'élevage, il est le cofondateur de l'association L214, à l'origine des images montrant les pratiques cruelles des abattoirs, récemment de celui de Limoges (lire mon article ici : http://www.passionanimale-delphina.fr/2016/11/limoges-videos-choc-de-l214-sur-l-abattage-de-vaches-gestantes.html)

 

Au programme de la soirée 

 

- le documentaire de Martin Blanchard : "les animaux ont-ils des droits?"

Thomas Kausch s'entretient avec l'écrivain allemand Richard David Precht à propos de l’intelligence et des droits des animaux, ainsi que sur la question des rapports entre les hommes et les bêtes.

Le Nonhuman Rights Project/ L'avocat des chimpanzés : combat sans précédent de l’avocat Steven Wise pour faire progresser les droits des animaux, filmé par les deux documentaristes chevronnés Chris Hegedus et D.A. Pennebaker. En 2013, il s'est lancé un nouveau défi : faire passer les chimpanzés du statut juridique d’"objets" à celui de "personnes".

 

Le Nonhuman Rights Project

 

Après trente ans passés à batailler contre les lois inefficaces relatives au bien-être animal, l’avocat Steven Wise s’est lancé en 2013 un nouveau défi, sous le regard d’un couple fameux dans l’histoire du cinéma direct documentaire, Chris Hegedus et D.A. Pennebaker. Avec son association Nonhuman Rights Project, il a tenté de faire passer les chimpanzés du statut juridique d’"objets" dénués de droits à celui de "personnes". Car selon lui, les animaux doués de capacités cognitives avancées, comme les grands singes, les cétacés et les éléphants doivent pouvoir prétendre aux mêmes droits fondamentaux que les humains, ce qui garantirait à ces espèces menacées une protection autrement plus efficace que celle que la loi leur accorde. Avec pour bagages les travaux des primatologues du monde entier, et pour armes des mandats d’Habeas corpus, une disposition du droit anglo-saxon permettant de libérer des personnes injustement emprisonnées, l’avocat américain entreprend de défendre quatre chimpanzés lors d’un procès inédit.

 

Lignes mouvantes : Fort de l’attention médiatique et de la réceptivité croissante du public face à ses arguments, Steven Wise a réussi à faire bouger les lignes du droit américain. En filmant de bout en bout son combat mouvementé, ce documentaire révèle les enjeux complexes de la question des droits des animaux. Une plongée captivante au cœur d’un débat juridique à rebondissements.

 

Sources : Martin Blanchard & Arte (http://www.arte.tv/guide/fr/20161213)

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19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 16:41

Clap de fin ! Après deux semaines de pourparlers, les pays réunis à la 22ème Conférence des parties sur le Climat, ont rendu public, l’appel de Marrakech en faveur de l’action pour le climat et le développement durable. Une proclamation est un signal de changement vers une nouvelle ère de mise en œuvre de l’Accord de Paris. Celui de réduire à 2 degré Celsius, les émissions de gaz à effet de serre dans le monde pour sauvegarder l’environnement pour les générations futures.

 

 

Ci-dessous, l’intégralité de la Proclamation de Marrakech pour l’action pour notre climat et le développement durable.

 

"Nous, Chefs d’États, de Gouvernements, et Délégations, rassemblés à Marrakech, en sol Africain, pour la Vingt-deuxième session de la Conférence des Parties, la douzième session de la Conférence des Parties agissant comme réunion des Parties au Protocole de Kyoto et la Première session de la Conférence des Parties agissant comme réunion des Parties à l’Accord de Paris, à la gracieuse invitation de Sa Majesté le Roi du Maroc, Mohammed VI, prononçons cette proclamation afin de signaler un changement vers une nouvelle ère de mise en œuvre et d’action en faveur du climat et du développement durable.

 

Notre climat se réchauffe à un rythme alarmant et sans précédent et nous avons le devoir urgent de répondre. Nous nous réjouissons de l’entrée en vigueur rapide de l’Accord de Paris, adopté en vertu de la Convention-cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques, ainsi que de ses objectifs ambitieux, sa nature inclusive, et sa conformité a l’équité et au principe des responsabilités communes mais différenciées et des capacités respectives, eu égard aux différentes situations nationales, et nous affirmons notre engagement pour sa mise en œuvre complète. 

 

En effet, cette année, nous avons assisté à un élan extraordinaire en matière de lutte contre les changements climatiques, partout dans le monde, ainsi que dans de nombreux fora multilatéraux. Cet élan est irréversible — il est guidé non seulement par les gouvernements, mais également par la science, par le monde des entreprises ainsi que par une action mondiale de tous types et à tous niveaux.

  

Notre tâche aujourd’hui est de perpétuer cet élan, ensemble, allant de l’avant délibérément pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et pour encourager les efforts en matière d’adaptation, favorisant et appuyant ainsi l’Agenda pour le Développement Durable de 2030 et ses Objectifs de Développement Durable.

 

Nous appelons à un engagement politique des plus fermes afin de lutter contre les changements climatiques, c’est une priorité urgente. Nous appelons à une solidarité forte avec les pays les plus vulnérables aux impacts des changements climatiques et nous tenons à souligner la nécessité d’appuyer les efforts visant à améliorer leur capacité d’adaptation, à renforcer leur résilience et à réduire leur vulnérabilité.

 

Nous appelons toutes les Parties à renforcer et à soutenir les efforts pour éradiquer la pauvreté, assurer la sécurité alimentaire et prendre des mesures rigoureuses pour faire face aux défis des changements climatiques dans le domaine de l’agriculture.

 

Nous appelons à rehausser d’urgence nos ambitions et à renforcer notre coopération afin de combler l’écart entre les trajectoires d’émissions actuelles et celles requises pour atteindre les objectifs à long terme de limitation de la température fixés par l’Accord de Paris.

 

Nous appelons à une augmentation des financements, des flux et de leur accès, conjointement avec une amélioration de la capacité et de la technologie, y compris des pays développés vers les pays en développement.

                                                                                                                        
Nous, les pays développés Parties, réaffirmons notre objectif de mobiliser 100 milliards de dollars américains.

 

Nous, à l’unanimité, appelons à davantage d’action climatique et d’appui, bien avant 2020, en prenant en compte les besoins spécifiques et les circonstances particulières des pays en développement, des pays les moins avancés ainsi que ceux particulièrement vulnérables aux effets néfastes des changements climatiques.  

 

Nous qui sommes Parties au Protocole de Kyoto encourageons la ratification de l’Amendement de Doha.

 

Nous, collectivement, appelons tous les acteurs non étatiques à se joindre à nous pour une action et une mobilisation immédiate et ambitieuse, s’appuyant sur leurs importantes réalisations, notant les multiples initiatives et le Partenariat de Marrakech pour l’Action Climatique Globale lui-même, lancé à Marrakech. 

 

La transition requise de nos économies pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris fournit une opportunité positive et substantielle pour une prospérité accrue et un développement durable.

 

La Conférence de Marrakech marque un point d’inflexion important dans notre engagement pour rassembler la communauté internationale dans son ensemble afin de relever un des plus grands défis de notre temps.

 

Dorénavant, alors que nous nous tournons vers la mise en œuvre et l’action, nous renouvelons notre détermination de vouloir inspirer la solidarité, l’espoir et l’opportunité pour les générations présentes et futures."

Source : http://guineenews.org/environnement-les-conclusions-de-la-cop-22-a-marrakech/

 

EN SAVOIR PLUS

-> sur la COP21 à Paris : http://www.passionanimale-delphina.fr/2015/11/la-cop21-kezaco.html & http://www.cop21paris.org/

-> sur la COP22 à Marrakech : http://cop22.ma/fr/

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19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 15:50

Les membres de ce nouveau mouvement veulent rendre visible la question animale et identifier un électorat pour lequel elle est prioritaire. Ils réfléchissent au soutien qu'ils pourraient apporter à un candidat à la présidentielle de 2017.

 

88 % des Français estiment que le bien-être des animaux d'élevage en France devrait être mieux protégé qu'il ne l'est actuellement, selon une enquête Eurobaromètre conduite en 2016. Quatre ans plus tôt, un sondage Ifop révélait que 29% des citoyens considéraient que les propositions des candidats en matière de protection animale pourraient influencer leur vote. C'est dans cette optique que le premier Parti animaliste français a officiellement vu le jour lundi. Sept personnes en sont à l'origine. Parmi elles, des militants associatifs, des politiques et des avocats.

 

Ce mouvement «reconnait et accorde une place centrale à la question animale dans la société», expliquait lundi Isabelle Dudouet-Bercegeay, l'une des cofondatrices, à l'occasion d'une conférence de presse. Pour que cette question ne soit plus «diluée» au milieu de moult propositions électorales, ce parti politique ne se positionnera que sur les thématiques en lien avec les animaux.

 

«Nos dirigeants politiques considèrent acceptable de découper puis de dépecer un animal alors qu'il est encore conscient» Hélène Thouy, co-fondatrice du Parti Animaliste

 

Le but est d'identifier un électorat pour lequel il s'agit d'une priorité. «Aujourd'hui, nos dirigeants politiques considèrent acceptable de découper puis de dépecer un animal alors qu'il est encore conscient», regrette Hélène Thouy, avocate au Barreau de Bordeaux et cofondatrice du Parti animaliste. Elle insiste sur le fait que celui-ci s'attachera à mettre en place un Ministère de la Protection animale. Il veillera - entre autres choses - à l'interdiction de la mise à mort d'un animal sans insensibilisation préalable, des mutilations pratiquées en élevage et de la pratique du gavage. Des mesures qui font écho aux derniers scandales dans l'industrie alimentaire. Début novembre, l'association L214 révélait des images insoutenables. Filmées en mai dernier dans un abattoir de Limoges, elles montrent des employés en train d'ouvrir des utérus de vaches gestantes pour en sortir des fœtus, dont certains sont déjà partiellement formés.

 

Le Parti animaliste sera-t-il représenté aux présidentielles de 2017? Il vise essentiellement des sièges à l'Assemblée Nationale. «Nous allons nous pencher sur la possibilité de soutenir un candidat qui partagerait entièrement notre façon de penser», avancent les fondateurs. Dans la salle, un membre de l'Oeuvre d'Assistance aux Bêtes d'Abattoirs (OABA) exprime ses «craintes» à l'idée que ce parti naissant ne se compromette en s'associant à certaines «idées politiques et propos inacceptables». Hélène Thouy le rassure: «Nous avons à coeur des valeurs qui seraient en contradiction avec certaines idées républicaines, auxquelles nous n'apporterons aucun soutien.» D'ici-là, le parti compte tout mettre en oeuvre pour se montrer irréprochable. Il devrait bénéficier de l'appui de plusieurs expertises scientifiques, qui lui permettront de renforcer ses compétences sur des domaines clés de son programme, tels que l'abattage, l'élevage et l'expérimentation animale.

Source : http://www.lefigaro.fr/politique/2016/11/15/01002-20161115ARTFIG00298-en-france-le-premier-parti-animaliste-voit-le-jour.php

 

POUR EN SAVOIR PLUS

-> le site officiel : https://parti-animaliste.fr/

-> les fondateurs : https://parti-animaliste.fr/fondateurs/

-> leur page Facebook : https://www.facebook.com/parti.animaliste/

 

A noter : Le parti animaliste des Pays-Bas — le Partij voor de Dieren (Parti pour les Animaux) — a été créé il y a 10 ans ; en 2013 il comptait déjà trois élus, deux parlementaires et un sénateur ! Le parti animaliste espagnol est très influent ; et il existe près d’une vingtaine de mouvements animalistes dans le monde (Canada, Australie…), depuis 15 ans pour certains...

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19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 13:15

Vingt-neuf élèves, de 21 à 61 ans, ont fait leur rentrée le 5 septembre pour obtenir un diplôme en droit animalier. Un cursus unique en France.

 

En apparence, c’est un cours de droit tout ce qu’il y a de plus classique. A ceci près que les exemplaires du code civil posés sur les tables sont estampillés du logo de la Fondation 30 Millions d’amis. Et que certains ordinateurs affichent les couleurs d’autres associations de protection animale : L214, le WWF ou Sea Shepherd. Sur le campus de Brive-la-Gaillarde (Corrèze), une antenne de l’université de Limoges, 29 étudiants suivent depuis lundi 5 septembre le premier diplôme universitaire (DU) en droit animalier de France. Deux semaines d’enseignement – 54 heures au total – dispensées par neuf professeurs de droit pour « faire avancer la protection des animaux ».

 

 

« Depuis la loi du 16 février 2015, les animaux sont considérés comme des êtres vivants doués de sensibilité dans le code civil, et sont extraits de la catégorie des biens », énonce, lors du premier cours consacré aux statuts juridiques de l’animal, Jean-Pierre Marguénaud, professeur de droit privé, fondateur de la Revue semestrielle de droit animalier et cocréateur du diplôme. C’est à la suite de cette « avancée juridique majeure » qu’il a décidé, avec sa collègue Lucille Boisseau-Sowinski et en partenariat avec 30 Millions d’amis, de créer un diplôme universitaire qui soit « uniquement consacré à cette discipline en plein essor mais complexe et mal maîtrisée ».

 

« Le droit animalier est difficile à appréhender, dans la mesure où il touche à de nombreuses branches, qu’il s’agisse des droits civil, pénal, rural, environnemental, européen ou encore aux règles de bien-être, note Mme Boisseau-Sowinski, maîtresse de conférences en droit privé. Actuellement, il n’est jamais enseigné dans le cursus commun de la licence ou du master en droit. » Seule exception, la faculté de Strasbourg délivre depuis un an des cours de droit animal, mais dans le cadre d’une spécialisation (« animaux : sciences, droit et éthique ») au sein d’un master plus général intitulé « ethique et sociétés ».

 

L’université française reste très en retard par rapport aux Etats-Unis, qui enseignent le droit animalier depuis une vingtaine d’années. « Les trois quarts des facs américaines proposent cette discipline, et l’université de Lewis & Clark, à Portland (Oregon), a même un master uniquement consacré à cette question », indique Olivier Le Bot, professeur de droit public à l’université d’Aix-Marseille, qui intervient dans le master de Strasbourg et le nouveau diplôme de Limoges.

 

« Les débouchés ne sont pas assez importants pour créer un master à part entière, juge de son côté Lucille Boisseau-Sowinski. Les responsables juridiques d’associations ou les avocats qui prennent des dossiers de droit animal le font en général en parallèle d’autres activités. C’est pourquoi notre diplôme, ouvert aux bac + 2, ne mène pas à un métier mais à des connaissances, une spécialisation complémentaire à un parcours. »

 

Cookies végans en pays bovin

 

Conséquence de ce choix : une première promotion très hétérogène. Parmi les 29 admis – sur 83 candidatures reçues –, on compte 17 étudiants en formation initiale et 12 en formation continue, âgés de 21 ans à 61 ans et provenant de 17 départements. Une magistrate, des avocats ou un professeur de philosophie côtoient ainsi des étudiants en sciences politiques, en droit, en éthologie, des attachés territoriaux ou encore un comportementaliste canin. Un seul trait commun rassemble une majorité des élèves : 24 sont des femmes, pour seulement 5 hommes.

 

A la pause déjeuner, sur la pelouse de l’université corrézienne, la petite troupe débat de végétarisme en partageant des salades de quinoa et des cookies végans. Une scène inhabituelle, en plein cœur d’un pays d’élevage bovin. « J’ai toujours été sensible à la question animale mais mon engagement remonte à l’époque où j’ai adopté un chien qui avait été battu, raconte Perrine Ferrer, dynamique doctorante de 26 ans, qui mène une thèse en droit de la familleà l’université Paris-1. L’humain ne peut pas s’octroyer un droit de vie ou de mort sur les animaux. C’est une conviction d’ordre philosophique, mais c’est par le droit que l’on peut faire changer les choses. »

 

Or, juge-t-elle, « la maltraitance animale n’est pas suffisamment punie aujourd’hui », car le « droit animalier ne rencontre aucun écho chez les juristes, à part des rires ». Quand l’étudiante a annoncé qu’elle suivrait le cursus de Brive, elle s’est vu rétorquer : « Si cela vous fait plaisir, allez-y, mais pour votre carrière, cela ne servira à rien. »

 

Plus qu’une ligne supplémentaire sur leur CV, c’est surtout la perspective d’une meilleure protection des animaux qui motive les étudiants. Tous sont des passionnés de la première heure, souvent militants. Comme Alice Rodriguez, 23 ans, titulaire d’un master 1 en éthologie à Paris-13, qui vient de fonder un collectif avec des « amis du mouvement Nuit Debout » pour organiser des débats et, à terme, créer des sanctuaires pour animaux. « J’aime énormément les félins, raconte-t-elle. Je me suis rendue compte qu’ils étaient en voie d’extinction et qu’il fallait les protéger dans leur milieu sauvage. »

 

250 à 1 050 euros la formation

 

Les chats, c’est aussi le rayon de Fabienne Cacciapaglia. Depuis sept ans, cette professeure de SVT dans un collège de l’Isère a pris en charge, dans le cadre de son association Les EntreChats, 750 félins errants qu’elle soigne, stérilise et propose à l’adoption. « Le droit animalier va me fournir de solides connaissances, à la fois pour connaître les démarches que l’on peut entreprendre en tant qu’association et pour livrer aux élèves des informations claires et rigoureuses, qui vont au-delà de ma sensibilité propre », affirme-t-elle.

 

Il y a encore Pierre Georget, cheveux assortis à sa chemise blanche, qui a dirigé une entreprise de la grande distribution, avant de reprendre ses études en droit afin « d’aider les associations à faire des propositions juridiques qui tiennent la route et mener du lobbying auprès des parlementaires ».

 

Reste que si une bonne connaissance du droit peut conduire à une évolution de la jurisprudence, « les grandes réformes concernant l’exploitation animale ne peuvent se faire dans les prétoires mais au Parlement », assure Lucille Boisseau-Sowinski. D’ici là, le DU de Limoges, facturé entre 250 et 1 050 euros selon le profil des étudiants (hors droits d’inscription universitaires), espère nouer des liens avec des écoles vétérinaires et de la magistrature pour la rentrée 2017.

Source : http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2016/09/08/a-l-universite-de-brive-avec-la-premiere-promo-qui-veut-defendre-les-animaux_4994736_1652692.html

 

EN SAVOIR PLUS : 

-> Présentation officielle de la formation, des modalités d'inscription et débouchés sur le sie de l'université de Limoges : http://www.fdse.unilim.fr/article937.html

-> Publications de la revue semestrielle de Droit Animalier par l'université : http://www.unilim.fr/omij/publications-2/revue-semestrielle-de-droit-animalier/

-> Evolution de la définition juridique de l'animal dans le Droit français : http://www.passionanimale-delphina.fr/2014/04/le-statut-juridique-des-animaux-remis-doucement-en-question.html

-> Ethique et condition animale étudiées par Florence Burgat dans l'article "Les Animaux ont-ils des droits?" publié dans la revue Sciences Humaines : http://www.passionanimale-delphina.fr/2016/02/les-animaux-ont-ils-des-droits.html

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19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 12:56

Après la SPA, l'humoriste Rémi Gaillard s'engage avec l'association Animalter contre la fourrure, pour sensibiliser les jeunes à ne plus en acheter et obliger les grandes marques à ne plus en commercialiser.

 

 

Rémi Gaillard continue son combat pour la cause animale avec une campagne contre la fourrure. Après s'être enfermé pendant quatre jours dans une cage pour récolter des fonds pour la SPA, il se met en scène dans des affiches diffusées dans le métro parisien pendant une semaine pour sensibiliser le grand public à ne plus porter de la fourrure.

 

L'objectif est de «sensibiliser les jeunes qui achètent de la fourrure sans même s'en rendre compte, avec la mode des vestes à capuches». Aujourd'hui la plupart de la fourrure est produite pour ces vêtements, à des prix souvent accessibles (parfois moins de 50 euros) loin de l'image des manteaux de fourrure dans les boutiques de luxe. Le but de la campagne est d'obliger les marques qui produisent encore ces vestes de les retirer du marché ou d'utiliser de la fourrure synthétique.

 

Sensibiliser et proposer des alternatives

 

Aux côtés de Rémi Gaillard sont présentes d'autres personnalités qui se sont fait connaître sur Youtube, le comédien Greg Guillotin du collectif Nou et la youtubeuse du sud de la France Georgia Horackova, très engagée pour la cause animale.

Vidéo (lien youtube : https://youtu.be/50GEXAQ1sEk )

 

Les affiches ainsi que la campagne VireTaCapuche sont menées par le collectif Mode sans fourrure, créé par l'association Animalter. «Par ces affiches nous voulions attirer l'attention des jeunes en restant sérieux» explique Cyril Bret, bénévole. «Nous préférons donner des solutions, des alternatives, plutôt que seulement dénoncer par des images chocs». Sur le site de la campagne Vire Ta Capuche sont présentées des moyens de vérifier si la fourrure est vraie ou non. Par exemple, brûler quelques poils, et si ça sent le cheveu brûlé, c'est qu'il s'agit bien de fourrure animale.

 

Les affiches ont dans un premier temps été censurées par Mediatransports qui s'occupe de la publicité dans le métro à Paris, invoquant des situations représentées qui correspondent à des actes de strangulation et l'utilisation d'images pouvant heurter la sensibilité de certains publics. Mais après des discussions de nouvelles affiches ont été proposées par l'association et acceptées. Elles sont donc présentes jusqu'au 23 novembre dans une cinquantaine de stations de métro et de RER de la région parisienne, comme République, Nanterre Préfecture ou encore Château d'Eau.

Source de l'article : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/11/17/01016-20161117ARTFIG00186-remi-gaillard-s-engage-contre-la-fourrure-dans-le-metro-parisien.php

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13 novembre 2016 7 13 /11 /novembre /2016 12:25

Sa performance vise à sensibiliser l'opinion à la cause animale. Son succès dépasse toutes les prévisions.

 

 

Enfermé pour la bonne cause. Rémi Gaillard est entré dans une cage du refuge de la SPA de Villeneuve-lès-Maguelone (Hérault), vendredi 11 novembre à midi, afin de sensibiliser l'opinion sur le sort des animaux abandonnés. 

 

L'humoriste avait promis de quitter sa cellule de 3m² quand les 300 animaux du lieu auront été adoptés, ou quand il aura permis la collecte de 50 000 euros en faveur de l'association. Les internautes, en effet, sont invités à participer financièrement sur la plateforme Leetchi.com ou sur la loterie en ligne Bravoloto. A chaque grille remplie, un centime est reversé à la SPA.

 

Mission accomplie. Samedi, Rémi Gaillard revendiquait déjà près de 100 000 euros de dons sur son profil Facebook, où la performance est diffusée en direct. Malgré le succès de l'opération, il n'a toujours pas quitté sa cage.

 

"C'est impressionnant cette mobilisation"

 

"J'ai plus appris avec mon propre chien, disparu voici quatre ans, qu'avec les humains", a expliqué l'humoriste, cité par Le Parisien, épaulé par l'humoriste Nicole Ferroni. La directrice de la SPA, Annie Benezech, est aux anges. "C'est impressionnant ce qui se passe ici, cette mobilisation. L'ampleur que ça prend. D'habitude, on n'ouvre même pas le 11 novembre."

 

"Même bien équipé, je redoute le froid, expliquait Rémi Gaillard à Paris-Match, avant le début de sa performance. Mais contrairement à ces pauvres animaux, moi, j’ai eu la chance de pouvoir choisir un enclos plein sud pour ne pas louper les rayons du soleil !" Les nombreux soutiens reçus lui ont sans doute réchauffé le cœur.

 

Lu ici : http://www.francetvinfo.fr/faits-divers/enferme-en-cage-l-humoriste-remi-gaillard-recolte-100-000-euros-pour-la-spa_1917661.html

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4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 19:33

AFP / OBS - L'association L214, qui milite pour le bien-être animal et l'abolition de la consommation de viande, a diffusé jeudi de nouvelles vidéos-choc pour dénoncer les pratiques des abattoirs: en ligne de mire cette fois l'abattage de vaches en gestation, pratique courante qu'elle veut faire interdire. (vidéo en fin d'article)

 

Ces nouvelles images ont été tournées par Mauricio Garcia-Pereira, employé depuis sept ans à l'abattoir de Limoges et révulsé par les foetus de veaux qu'il a vu arrachés du ventre de leur mère à peine abattue.

 

Il a grandi dans une ferme et mange volontiers de la viande. Mais il "n'en peut plus" et s'est allié à l'association pro-vegan L214 pour lancer l'alerte à visage découvert, a-t-il dit à l'AFP. Une première dans l'histoire de l'association dont les vidéos choquantes de souffrances animales ont provoqué la fermeture temporaire de certains abattoirs et abouti à la création d'une commission d'enquête parlementaire.

 

Les images prises clandestinement par Mauricio Garcia-Pereira prouvent que des vaches portant des veaux prêts à naître sont fréquemment abattues, estime L214.

 

Or "il est interdit de transporter des vaches au-delà du huitième mois" de gestation, a affirmé à l'AFP son porte-parole, Brigitte Gothière. Selon elle, certains veaux figurant dans les vidéos "ont entre huit et neuf mois" car ils ont déjà des poils.

 

La législation européenne interdit le transport des animaux, et de fait leur abattage, "à compter de 90% du terme de la gestation, ce qui équivaut à huit mois pour une vache", confirme-t-on au ministère de l'Agriculture.

 

L214, qui a lancé une pétition pour faire interdire l'abattage des vaches gestantes "au moins lors du dernier tiers de leur gestation", a annoncé avoir déposé plainte contre X jeudi auprès du Tribunal de Limoges pour établir les responsabilités éventuelles.

 

Pas d'irrégularité pour la direction et la mairie

 

"Les images de vaches gestantes que j'ai vues ne relèvent pas d'une irrégularité, contrairement à la pratique qui consiste à faire entrer une caméra dans un lieu où la prise d’images est soumise à autorisation", a réagi le directeur de l'abattoir, Pascal Pain. "Mon métier, c'est de respecter la réglementation, pas d'avoir des états d'âme", a ajouté lors d'une conférence de presse le patron du plus gros abattoir municipal de France (300 à 500 bêtes par jour, 80 employés).

 

La ville de Limoges, propriétaire de l'abattoir, s'est elle aussi défendue de tout manquement. "Ce qu'il y a sur ces vidéos se passe dans les mêmes conditions partout: 100% des animaux qui vont à l'abattoir meurent", a ironisé le premier adjoint au maire, Guillaume Guérin (Les Républicains).

 

Le chef de file de l'opposition socialiste à la mairie, Philippe Rheilac, s'est également déclaré solidaire de l'abattoir, "acteur essentiel de la filière agroalimentaire en Limousin, région d'élevage."

 

Député européen du Limousin et socialiste lui aussi, Jean-Paul Denanot a de son côté annoncé avoir saisi la Commission européenne sur cette "pratique légale mais difficilement recevable au plan de l'éthique et du bien-être animal".

 

Les vidéos tournées par Mauricio ont horrifié la Société protectrice des animaux (SPA), qui demande à l'Etat de modifier la loi pour mettre fin à une "pratique innommable".

 

Quant à Brigitte Bardot, elle a accusé dans un communiqué de sa fondation le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, d'être le "complice de cette barbarie" et appelle les candidats à la présidentielle à "prendre au sérieux l'urgence des améliorations des conditions d'abattage".

 

Selon L214, 170.000 vaches gestantes sont abattues chaque année en France.

 

Il s'agirait d'une aberration économique pour un éleveur franc-comtois interrogé par l'AFP, "étonné des chiffres avancés". "Si une vache est pleine, sachant que déjà on paye l'insémination (45 euros environ), la plupart du temps, on la garde pour qu'elle vèle", estime cet éleveur.

 

Sur la foi de vidéos réalisées par un autre employé de l'abattoir, qui a pour sa part souhaité rester anonyme, L214 a également porté plainte contre l'abattoir de Limoges lui-même pour des "infractions répétées à la réglementation dans l'abattage et mauvais traitements sur animaux", notamment pour des étourdissements ratés de vaches et de cochons et pour une utilisation systématique et inappropriée des aiguillons électriques destinés à faire avancer les animaux.

 

Source de l'article : http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20161103.AFP0904/limoges-videos-choc-sur-l-abattage-de-vaches-en-gestation.html

 

SITE DE L214 : http://www.l214.com/

SIGNER LA PETITION : http://www.l214.com/enquetes/2016/abattoir-made-in-france/limoges

 

ATTENTION CES IMAGES PEUVENT HEURTER !

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2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 11:05

Près de 60% de la population des vertébrés ont disparu en 42 ans. L'association WWF publie un rapport sur l'évolution des populations animales entre 1970 et 2012 et le constat est terrible.

 

Afficher l'image d'origine

"L'humanité se met elle-même en danger", alerte WWF. Les populations de mammifères, poissons, oiseaux, amphibiens et reptiles dans le monde se sont effondrées de 58% en 42 ans (entre 1970 et 2012) et ce déclin va se poursuivre si nous ne faisons rien, alerte l'ONG dans un rapport publié mercredi 26 octobre.

 

Lire le rapport (PDF) > http://awsassets.wwfffr.panda.org/downloads/27102016_lpr_2016_rapport_planete_vivante.pdf

 

"Que la biodiversité poursuive sa chute, et le monde naturel que nous connaissons aujourd'hui s'effondrera d'un seul tenant", avertit Marco Lambertini, le directeur général de WWF dans le monde. Pour mesurer cette évolution, le Fonds mondial pour la nature et la Société zoologique de Londres ont étudié 14 152 populations appartenant à 3 706 espèces vertébrées.

 

"Le déclin subi par les populations d'espèces sauvages est de plus en plus préoccupant", remarque également Marco Lambertini. "Il devrait atteindre en moyenne 67%" d'ici à 2020, si rien n'est fait pour enrayer la tendance. "On est en train d'assister à une régression de la vie sur la planète dont nous sommes en partie responsables", estime de son côté Pascal Canfin, directeur général de WWF en France.

 

"Quand le vivant disparaît, c'est le capital naturel qui disparaît. Et si on détruit ce capital naturel, on détruit notre capacité à vivre sur la planète dans la durée." Pascal Canfin

 

Les animaux d'eau douce sont particulièrement touchés : - 81% en moyenne entre 1970 et 2012. Ils sont victimes de la surexploitation, parfois involontaire, comme les dauphins de rivière, ainsi que de la dégradation de leur habitat. Les populations des milieux marins ont chuté de 36% : un tiers des espèces de requins et de raies sont désormais menacées d'extinction, en raison de la surpêche surtout.

 

Les effectifs des espèces terrestres ont dégringolé de 38%. A cause du braconnage, le nombre d'éléphants d'Afrique, par exemple, a diminué de 111 000 individus depuis 2006, pour plafonner à 415 000, selon les dernières données de l'ONG.

 

ZOOM SUR LES MENACES CONSIDEREES (extrait du rapport PDF) :

L'activité humaine est la principale origine de ces disparitions...

 

Perte et dégradation de l’habitat : LA PLUS FREQUEMMENT SUBIE

Ce sont les modifications de l’environnement accueillant une espèce, que ce soit la disparition complète de l’habitat, sa fragmentation ou la dégradation de ses caractéristiques majeures. Parmi ces causes actuelles figurent l’agriculture, l’exploitation forestière, les transports, les aménagements résidentiels et commerciaux, la production d’énergie et l’extraction minière. S’agissant des habitats d’eau douce, la fragmentation des fleuves et des ruisseaux et les prélèvements d’eau font partie des menaces les plus fréquentes.

 

Surexploitation des espèces

La surexploitation peut être directe ou indirecte. La première recouvre la chasse, le braconnage ou les récoltes non responsables, qu’ils soient pratiqués à des fins commerciales ou de subsistance. La seconde, porte sur les espèces non ciblées qui ne sont pas tuées intentionnellement, comme les prises accessoires dans la pêche.

 

Pollution

La pollution affecte parfois directement une espèce en rendant l’environnement inadapté à sa survie : c’est ce qui se produit, par exemple, lors d’une marée noire. Mais elle agit aussi indirectement, en réduisant la disponibilité en nourriture ou les capacités reproductives, elle contribue à la diminution des populations.

 

Espèces invasives et maladies

En faisant concurrence aux espèces autochtones pour l’espace, l’alimentation et les autres ressources, les espèces invasives se transforment parfois en de véritables prédatrices, voire répandent des maladies auparavant absentes de l’environnement où elles s’installent. Les êtres humains transportent également de nouvelles maladies d’une région du globe à une autre.

 

Changement climatique

Avec les changements de températures, certaines espèces vont devoir s’adapter en se déplaçant géographiquement pour retrouver des conditions de vie adaptées. Mais les impacts du changement climatique sont pour l’essentiel indirects : en effet, les modifications de températures risquent de brouiller les signaux déclenchant les événements saisonniers, telles la migration et la reproduction, et les faire survenir au mauvais moment (en dissociant par exemple la période reproductive de la période d’abondance de la nourriture dans un habitat donné).

 

Le changement climatique n'a pour l'instant qu'un impact "relativement marginal (...) parce qu'on n'en est qu'à un degré de réchauffement"planétaire par rapport à l'ère préindustrielle, précise Pascal Canfin. Mais si les températures s'emballent du fait des émissions de gaz à effet de serre, liées aux activités humaines, les scientifiques promettent des impacts dévastateurs pour l'homme et les écosystèmes, en raison d'inondations, sécheresses, tempêtes...

 

Entrons-nous dans la sixième extinction de masse ? (extrait du rapport PDF)

 

Pour les paléontologues, les extinctions de masse sont des crises biologiques ou biotiques se traduisant par la perte d’une grande quantité d’espèces au cours d’une période de temps géologique relativement courte. Une extinction de masse ne s’est produite qu’à cinq reprises durant les 540 derniers millions d’années. À chaque fois, elles sont survenues en réaction à la modification de grands systèmes écologiques, par exemple, un changement du climat ou de la composition atmosphérique, une variation de la disponibilité de terre à différentes latitudes ou d’eau à différentes profondeurs maritimes, voire leur combinaison. Mais durant les derniers siècles, le rythme de perte d’espèces enregistré sur Terre s’est avéré à la fois exceptionnellement élevé et croissant.

 

Les études récentes laissent supposer que le taux actuel d’extinction se situe entre 100 à 1 000 extinctions pour 10 000 espèces par siècle, soit un chiffre nettement supérieur au taux d’extinction de long terme (exclusion faite des épisodes de crise relevés dans l’histoire de la Terre), ou taux d’extinction naturelle. Autrement dit, il est possible que nous nous trouvions aujourd’hui à l’aube d’une sixième grande extinction. Des études récentes estiment que le taux d’extinction des vertébrés aujourd’hui, même sous des conditions stables, est 100 fois supérieur que leur taux d’extinction naturel.

 

EN SAVOIR PLUS

Lire le rapport 2016 PDF publié par WWF ici : http://awsassets.wwfffr.panda.org/downloads/27102016_lpr_2016_rapport_planete_vivante.pdf

 

Source : http://www.francetvinfo.fr/animaux/especes-menacees/pres-de-60-des-populations-de-vertebres-ont-disparu-en-42-ans_1892151.html

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8 septembre 2016 4 08 /09 /septembre /2016 09:21

L'organisation WWF (World Wildlife Fund) est connue pour ses campagnes de publicité "chocs" servant à promouvoir la sauvegarde d'espèces menacées et la protection de l'environnement via la lutte contre le réchauffement climatique. Or pour avoir un impact dans nos sociétés actuelles, hyperconnectées où l'on zappe en permanence entre diverses applications (qui prend encore le temps de lire un dossier d'information complet ?), il faut savoir viser juste, et précis. Et cela, WWF l'a bien compris. Retour en images sur des campagnes ancrées dans le monde d'aujourd'hui.

 

2014 : #LastSelfie (dernier selfie)

WWF : retour sur des campagnes chocs et connectées
WWF : retour sur des campagnes chocs et connectées

La campagne « Don’t let this be my #lastselfie » ("ne laisse pas ce selfie être le dernier") diffusée au Danemark et en Turquie se compose de selfies des 5 espèces menacées soutenues par WWF (gorilles, tigres, ours polaires, pandas et orangs-outans).


Cette campagne a été réalisée par l’agence turque 41-29 qui a eu une idée de génie, diffuser ces selfies d’animaux sur Snapchat pendant 10 secondes. Le caractère éphémère de Snapchat rappelle au public touché, la fragilité de ces espèces en danger et marque donc efficacement les esprits. Nous pouvons d’ailleurs nous demander si derrière le côté tendance du selfie ne se cache pas une certaine provocation : le selfie, avec son côté narcissique semble bien superficiel face à l’enjeu de la vie des espèces menacées.


Outre cet aspect choc qui invite à la réflexion, pourquoi ce choix de support ? Des études on démontré que les jeunes de la génération Y étaient plus sensibles aux messages photographiques qu’aux messages écrits ce qui expliquerait qu’ils délaissent Facebook et utilisent de plus en plus Snapchat.

 

Pour en revenir à la campagne, elle associe photographie, esthétisme, communication directe et symbolique éphémère.

 

Source de l'analyse : http://www.creads.fr/blog/analyses-marketing-communication/last-selfie-campagne-wwf

 

PARIS CLIMAT 2015 : On voit seulement ce que l'on veut voir

Une affiche favorite du concours des Creative Awards de 2015.

WWF : retour sur des campagnes chocs et connectées

2016 : WWF GO

 

Véritable phénomène mondial de l'été, le jeu mobile Pokemon GO bat tous les records et bénéficie d’une notoriété très importante. Visiblement, le concept du jeu n'a pas laissé indifférent les graphistes des campagnes de WWF. Voici un détournement intelligent des codes de Pokemon GO ainsi que de son célèbre slogan « attrapez-les tous », qui devient ici "sauvez les tous".

WWF : retour sur des campagnes chocs et connectées
WWF : retour sur des campagnes chocs et connectées
WWF : retour sur des campagnes chocs et connectées
WWF : retour sur des campagnes chocs et connectées

Vous êtes sensibilisés aux actions du WWF ? 

Rendez-vous sur son site officiel : http://www.wwf.fr/

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