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19 juin 2017 1 19 /06 /juin /2017 17:52

Un petit pas vers l'animalerie éthique ? C'est à titre préventif que la ville américaine interdit désormais la vente d'animaux d'élevage en animaleries. Cette mesure privilégie les animaux issus de refuges, afin de rendre plus responsable le commerce des animaux, comme c'est déjà le cas à Los Angeles, San Diego, Chicago et Boston.

 

 

Cet amendement proscrit également la vente de chiots âgés de moins de 8 semaines.

 

Une grande nouvelle pour les associations de protection animale qui dénoncent depuis longtemps les conditions d’élevage terribles des animaux revendus dans ces magasins spécialisés !

 

Mieux vaut prévenir que guérir

 

Toutefois, cette mesure n’aura aucun impact concret aujourd’hui… puisque San Francisco ne compte aucune animalerie de ce type. Elle a donc été publiée à titre préventif pour qu’aucune enseigne ne puisse à l’avenir s’installer et revendre des animaux issus d’élevages. 


Les éleveurs agréés et déclarés officiellement pourront néanmoins continuer de vendre leurs animaux directement au public.

 

Cet amendement représente toutefois un engagement fort en faveur de la protection animale : « La ville a reconnu que les animaux ne sont pas de la marchandise. Avec ce vote, San Francisco prouve qu’elle est une ville d’amour pour les millions de chiens et chats qui recherchent désespérément un foyer » a félicité Mimi Bekhechi, de l’organisation PeTA.

 

Quid de la situation française ?

 

La Fondation 30 Millions d’Amis milite depuis de nombreuses années pour interdire la vente d’animaux en animaleries. Ces magasins se sont multipliés, encourageant et suscitant les achats impulsifs d’animaux. De plus, les animaux sont souvent importés de l’étranger, principalement des pays d’Europe de l’Est où ces pauvres chiots et chatons sont élevés dans des conditions déplorables.

 

La Fondation 30 Millions d'Amis a donc engagé des discussions avec le ministère de l'Agriculture pour débattre de l’avenir de ces commerces. Elle rappelle également que l'adoption, c'est mieux que l'acquisition : n'achetez pas, adoptez ! N'hésitez pas à consulter les fiches des animaux en attente d'adoption.

 

 

Pour adopter, c'est par ici ! (liste non exhaustive)

 

Source : http://www.30millionsdamis.fr/actualites/article/11634-san-francisco-interdit-la-vente-danimaux-delevage-en-animaleries/

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Publié par Delphina - dans Actualités Agir
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18 juin 2017 7 18 /06 /juin /2017 17:39

Parmi cette sélection de cinq ouvrages à lire sous la chaleur estivale, trois livres engagés pour la cause animale, pour dénoncer l'horreur du travail en abattoir, ou pour repenser son alimentation carnée et notre société, un livre de recettes végan pour passer de la théorie à la pratique, et enfin, le témoignage poignant d'une jeune femme dont le chien lui a permis de rebondir après une dépression sévère. Bonne lecture !

La domination humaine (2016) de Pascale Corbin, Editions HSTES

 

Dans une société qui nous exhorte au festif, s'informer est devenu un devoir, afin d'éviter de céder aux actes d'achat irresponsables. Un monde invisible et sclérosé, néanmoins réel, est tenu secret parce qu'aujourd'hui, la mort et la souffrance massives qu'il engendre sont taboues. Paradoxalement, la sensibilité aux injustices et à la misère augmente peu à peu. Mieux connaitre cette réalité peut aboutir à une prise et conscience et à une remise en question de notre perception, nous faisant changer de paradigme et d'habitudes de consommation.

 

L'auteur explore aussi bien la place des religions, que la philosophie, le droit, l'écologie, l'agriculture sous ses diverses formes, les croyances, les traditions et même la publicité, pour nous renvoyer à notre façon d'appréhender le monde et de considérer les autres êtres vivants.

 

Préfacé par Stone, La domination humaine, en dévoilant les dessous de la condition animale de façon exhaustive, permet à tout un chacun d'être au fait d'une réalité souvent insoupçonnée, et donc d'agir en toute connaissance de cause.

 

***

 

Dog médecine (2017) de Julie Barton, Editions Belfond

 

Lucide et sans mièvrerie, porté par une écriture pleine de poésie, un témoignage bouleversant sur les mécanismes de la dépression et les liens uniques qui se nouent avec nos animaux de compagnie.

 

Julie Barton a vingt-deux ans lorsqu'elle se retrouve paralysée d'angoisse sur le sol de sa cuisine new-yorkaise. Arrivée en urgence, sa mère la ramène auprès des siens, dans l'Ohio.
Personne ne comprend ce qui lui arrive, elle-même ne se reconnaît pas. Le diagnostic tombe : Julie souffre d'une dépression sévère.


Parents, psychanalystes, psychiatres, tous désespèrent de la voir sortir de cet état qui la tient prisonnière.


Contre toute attente, c'est l'adoption de Bunker, un golden retriever, et l'amour inconditionnel qui l'unit au chiot, qui va changer son destin, modifier sa perception d'elle-même et des autres, et lui permettre de comprendre la cause refoulée de son mal-être.

*

 

 

***

 

Recettes végan (2015) de Catherine Moreau, Editions Larousse

 

Découvrez les saveurs de la cuisine vegan grâce à 50 recettes variées et équilibrées : chips de kale et de betterave, burger au steak de lentilles, courges farcies au quinoa et au tofu fumé, brownies aux noix de pécan...

 

Se faire plaisir sans produits d'origine animale, c'est possible, et ça peut même être facile ! . 

 

50 recettes gourmandes, équilibrées et rapides à réaliser. Des conseils pour assurer vos besoins nutritionnels. . Des informations santé apportées par une nutritionniste.

*

 

***

 

*

Steack machine (2017) de Geoffrey Le Guilcher, Editions Goutte d'or

 

“Qui se soucie des damnés de la viande ?” Cette question rhétorique résume à elle seule l’ambition principale de ce livre : révéler le quotidien des ouvriers qui travaillent dans des abattoirs industriels.

 

Pour le faire de manière authentique – sans filtre, donc – le journaliste indépendant Geoffrey Le Guilcher (qui a travaillé aux Inrocks pendant trois ans) a employé le seul moyen qui s’y prête : se faire embaucher dans l’un d’entre eux – rebaptisé Mercure –, en Bretagne, sous une fausse identité. Il a donc vécu pendant quarante jours, à l’été 2016, dans les mêmes conditions que tous les forçats du steak.

 

Ses observations, d’abord consignées dans un carnet puis retranscrites dans Steak Machine avec la force singulière du récit à la première personne, sont édifiantes.

*

 

***

 

 

Manifeste animaliste (2017) de Corine Pelluchon, Editions Alma

 

Soulignant l'universalité de la cause animale, Corine Pelluchon (philosophe et professeure à l'université Paris-Est-Marne-la-Vallée) montre que les violences infligées aux animaux reflètent les dysfonctionnements de la société. Raison pour laquelle il convient de politiser la cause animale et de donner des repères théoriques et pratiques pour y parvenir.

 

Pour commencer il convient de cesser la stigmatisation et l'ère des compromis qui ne donnent aucun résultat tangible. Stratégiquement ensuite, il faut aider les personnes travaillant dans l'élevage, l'expérimentation, l'alimentation ou la mode à se reconvertir et à innover étant entendu que la principale cause de l'exploitation animale provient d'un système économique qui étend la dérégulation sur toute la surface de la terre. Sensibiliser dès le plus jeune âge, découvrir la richesse des existences animales, enseigner l'éthique animale et l'éthologie dans le secondaire et à la faculté également. Car la culture et l'éducation sont les piliers de la justice.

 

L'idée poursuivie par l'auteure est de donner aux citoyens, aux représentants politiques et aux différents acteurs de l'économie les moyens d'opérer la transition vers une société juste prenant en compte les intérêts des humains et ceux des animaux.

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16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 17:29

Laisser son chien dans sa voiture pour aller faire ses courses en été expose l'animal au coup de chaleur, et potentiellement à une mort horrible par négligence. Que faire pour secourir un animal dans cette situation ? La marche à suivre.

 

 

  • Appelez le commissariat ou la gendarmerie, décrivez la scène et demandez l'assistance d'un représentant de l'ordre.
  • Immédiatement après, appelez la Fondation Assistance aux Animaux ou une association locale de protection pour les informer du problème et du fait que vous risquez d'être amené à briser la vitre de la voiture dans laquelle est enfermé un animal en souffrance.
  • Si les policiers tardent à arriver et que la situation devient critique, demandez à deux témoins de rester auprès de vous (ils témoigneront de votre bonne foi si besoin est), cassez une vitre et sortez l'animal de la voiture surchauffée. Conduisez-le à l'ombre et enveloppez-le dans un linge mouillé pour faire baisser sa température.
  • Restez auprès de lui jusqu'à l'arrivée des forces de l'ordre. 
  • Expliquez les circonstances et produisez vos témoins.
  • L'association de protection vous épaulera si on vous demande des comptes et sachez qu'elle est seule habilitée à porter plainte contre le propriétaire de l'animal secouru.

 

Le coup de chaleur n'est pas à prendre à la légère. La température dans un véhicule peut monter à 40° et plus, et faute d'aération, le chien s'affole, halète pour se ventiler (il n'est pas équipé pour transpirer), se met à baver et roule des yeux exorbités. A ce stade, si on ne le sort pas sur-le-champ, si on ne fait pas tomber sa température d'urgence, il fait un coma et meurt d'une encéphalite. Pas le temps de le transporter chez le vétérinaire...

 

Voilà pourquoi il est vital d'intervenir, et surtout de partager cette information, puisque mieux vaut prévenir que guérir. 

 

Source : Fondation Assistance aux animaux.

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15 juin 2017 4 15 /06 /juin /2017 20:18

On le sait, le célèbrissime youtubeur Rémi Gaillard est engagé pour les droits des animaux – il a été nommé Personnalité de l’année 2016 par PETA – et sensibilise régulièrement ses millions d’abonnés. Cette fois-ci, il participe à une nouvelle vidéo de PETA où il dénonce la cruauté envers les animaux dans les cirques et appelle le grand public à ne jamais s’y rendre.

 

 

Vidéo disponible ici sur le site officiel de PETA : http://www.petafrance.com/actualites/en-video-remi-gaillard-et-peta-appellent-au-boycott-des-cirques-animaliers/

 

Une vie de souffrances résumée en quelques mots

 

Rémi Gaillard dénonce l’existence misérable des animaux prisonniers des cirques, faite de captivité, de transport éprouvant entre deux représentations forcées et de dressage.

 

Le comique parle du sort des éléphanteaux arrachés à leur famille avant même d’être sevrés et battus avec des ankus (un crochet de dressage en fer) et des oursons attachés par une courte chaîne autour du cou pour les forcer à se tenir debout.

 

Pour lui, « Si le public connaissait la vérité sur la violence et la souffrance qui ont lieu en coulisse, ils trouveraient ces spectacles tout sauf divertissants ».

 

Rémi Gaillard rappelle qu’en plus de la souffrance physique et psychologique que subissent ces animaux, le fait de les tenir captifs dans de telles conditions fait courir un danger pour le public. Le dernier accident en date – où un lion a grièvement blessé son dompteur lors d’une représentation du Buffalo Circus dans la Somme – s’ajoute à une longue liste.

 

Il conclut : « À mon avis, les animaux ne veulent pas faire de vélo, sauter à travers des cerceaux, ou tenir en équilibre sur des ballons. En fait, les animaux exécutent des numéros juste parce qu’ils n’ont pas le choix. N’allez plus dans les cirques avec animaux. »

 

Ce que vous pouvez faire

 

Chaque jour nous rapproche de la fin de la captivité des animaux utilisés pour le divertissement. L’un des cirques Bouglione a annoncé récemment renoncer à l’exploitation d’animaux et la reproduction des orques et des dauphins captifs est désormais interdite en France. Près de 50 villes en France refusent les cirques animaliers sur leur territoire public, et des pays entiers font de même, dont l’Autriche, la Belgique, la Croatie, le Pérou et la Suède.

 

Participez-vous aussi à ce puissant mouvement pour venir en aide aux animaux prisonniers :

  • N’allez pas voir de cirques avec animaux, même une fois, et informez votre entourage.
  • Invitez les personnes souhaitant s’engager contre la maltraitance de ces animaux à contacter leur mairie pour faire interdire l’installation des cirques animaliers.

 

Source : http://www.petafrance.com/actualites/en-video-remi-gaillard-et-peta-appellent-au-boycott-des-cirques-animaliers/

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15 juin 2017 4 15 /06 /juin /2017 19:30

Observer, préserver et aménager les milieux naturels que l'homme a bousculés... C'est le métier de Fabien Lépine et Ludovic Foulc. Diplômés de l'IGPN [Institut pour la gestion et la protection de la nature], tous deux œuvrent désormais à la surveillance et la restauration de la nature.

 

 

C'est une journée comme Fabien Lépine les affectionne. En cette matinée de mars, ce chargé de projet écologie pour le Conservatoire des espaces naturels du Languedoc-Roussillon arpente les rives du Coulazou, une rivière située dans le département de l'Hérault. Le chantier qu'il supervise doit remplir trois objectifs. Il s'agit tout d'abord de permettre à la rivière un bon écoulement tout en limitant l'impact de ses crues sur les villages environnants. Ensuite, dans le cadre d'un chantier de compensation, son équipe a la tâche délicate de créer un habitat propice à la restauration de deux espèces de libellules perturbées par les chantiers voisins de l'autoroute A9.

 

Diplômé de l'IGPN en 2011, Fabien a été embauché au sein du Conservatoire alors même que ses études en BTS Gestion et protection de la nature à l'IGPN n'était pas achevées. « J'étais en stage entre la première et deuxième année. Le conservatoire m'a proposé un contrat à mi-temps dans l'attente de l'obtention de mon diplôme. L'école a dès lors tout fait pour que je puisse à la fois suivre les cours et saisir cette opportunité professionnelle », se souvient le chargé de projets. « À l'IGPN, j'ai pu trouver une formation très opérationnelle où on nous donne à la fois un bagage théorique et une expérience de terrain qui est à mes yeux fondamentale », poursuit Fabien qui conserve aujourd'hui des relations professionnelles avec certains de ses enseignants.

 

Ludovic Foulc, lui, est sorti diplômé en 2009 de son BTS à l'IGPN. Aujourd'hui conservateur pour le Conservatoire national du littoral, il garde un bon souvenir d'une formation très ouverte sur l'extérieur. « La multitude de stages nous permet de nous constituer un réseau. L'école insiste beaucoup sur ce point et elle a raison car il y a une forte concurrence dans ce secteur d'emploi », juge l'ancien étudiant. À présent dans la peau du recruteur, Ludovic apprécie notamment le profil des étudiants du Bachelor en gestion et valorisation naturaliste de l’IGPN, un parcours en 3 ans qui intègre le BTS. « Leur formation est intéressante car il y a une méthodologie associée à une expérience de terrain forte qui engage à devenir rapidement opérationnel », précise-t-il. Une capacité d’adaptation d’autant plus appréciée qu’elle s’associe à une connaissance solide de la réglementation et des enjeux économiques du territoire.

 

Cursus proposés :

  • BACHELOR EN GESTION ET VALORISATION NATURALISTE -> titre d'EXPERT NATURALISTE
  • MASTER OF SCIENCE EN ENVIRONNEMENT -> titre d'ingénieur de l'environnement
  • VAE VALIDATION DES ACQUIS DE L'EXPÉRIENCE
  • POSSIBILITE DE PREPARER LE BTSA GESTION ET PROTECTION DE LA NATURE

 

Pour en savoir plus sur l’école : www.igpn.fr

 

Source de l'article : http://www.letudiant.fr/premium/igpn/la-protection-du-milieu-naturel-pour-metier.html

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29 mai 2017 1 29 /05 /mai /2017 11:19

Situé au cœur de l'Ecole Nationale Vétérinaire d'Alfort (94), le centre Alforme accueille tous les ans plus de 1 000 animaux pour les accompagner dans leur rééducation ou remise en forme. Grégory, en charge de l’organisation des formations pour Alforme depuis 1 an maintenant, a accepté de répondre à nos questions.

 

 

L’HISTOIRE D'ALFORME

 

Delphina (Passion Animale) : Quelle est la date de sa création ?

Grégory (Alforme) : Le centre Alforme a été créé en février 2013.

 

D : Quel est le nom de son fondateur ?

G : Le centre a été fondé en février 2013 par un vétérinaire et un spécialiste animalier en collaboration avec le Dr Artem Rogalev, responsable du centre Alforme et spécialisé en rééducation fonctionnelle pour animaux.

 

D : Sur quelle idée a-t-elle été créée ?

G : Depuis 2005, la demande des propriétaires d’animaux pour traiter des pathologies diverses et variées dans le pays ne cesse d’augmenter.

Des espèces comme le chat ou le chien ainsi que des affections plus complexes commencent à pouvoir être prises en charge grâce à des techniques de rééducation fonctionnelle de plus en plus variées et adaptées à l’animal.

La physiothérapie animale est une discipline de la médecine vétérinaire qui utilise un ensemble de techniques à des fins préventives ou curatives.

Cependant, les établissements en France sont trop peu nombreux, c’est pourquoi nous avons décidé de créer ce centre de rééducation et de remise en forme en collaboration avec l’École Nationale Vétérinaire d’Alfort et l’UMES (Unité de Médecine de l’Élevage et du Sport).

 

D : Quelles sont les principales étapes de son évolution ?

G : Pendant plusieurs mois après son ouverture, le centre Alforme proposait uniquement des prestations de service de rééducation pour les animaux de compagnie comme le chien et le chat.

En complément de ce service, Alforme propose également des produits dédiés pour aider l’animal dans le cadre de sa rééducation : alimentation, accessoires…

Peu de temps après, le centre s’est lancé sur la partie « bien-être » en proposant un service de soin ayant pour objectif de fournir un moment de détente et de relaxation pour l’animal.

Enfin, le centre Alforme propose désormais des formations à destination des particuliers et professionnels sur différentes thématiques :

  • Premiers secours animalier
  • Physiothérapie (pour les ASV [auxiliaires spécialisés vétérinaires] et les vétérinaires)

 

ALFORME AUJOURD’HUI

 

D : Qui dirige l’entreprise ?

G : Alforme est aujourd’hui sous la direction du Dr Artem Rogalev, vétérinaire et responsable du centre Alforme.

 

D : Quelle est votre activité principale ?

G : Alforme dispose aujourd’hui de différentes activités qui se résument en une seule phrase :

« Formation et expertise vétérinaire au service du bien-être animal »

 

D : Quels sont les produits commercialisés par l’entreprise ? ou Quels services proposez vous ? (Prestations? Formations?)

G : 

  • Rééducation et remise en forme

Dans le cadre de son activité, Alforme vous propose d’aider votre animal à récupérer ses fonctions locomotrices suite à une opération ou un traumatisme qu’il a pu subir grâce à des techniques de physiothérapie avancées.

En plus de la physiothérapie, le centre utilise également des techniques de proprioception pour aider nos compagnons dans leur reprise musculaire ou pour une préparation physique en vue d’une compétition (musher, course…).

  • Alimentation et produits

Pour accompagner votre animal au quotidien dans sa rééducation, Alforme propose également une gamme d’alimentation spécifique ainsi que des accessoires dédiés pour traiter des cas d’obésité ou de rééducation.

 

D : Quels sont vos clients ?

G : Nos clients sont principalement des propriétaires ayant besoin de faire accompagner leurs animaux dans le cadre de leur rééducation.

Les professionnels ainsi que les associations font également appel à nos services pour se former ou encore pour aider leurs animaux à se préparer physiquement.

 

D : Quels sont les tarifs ?

G : Les tarifs sont très variables car ils dépendent de l’état physique de l’animal et de ses besoins en terme de rééducation.

Par exemple, certains animaux auront besoin de notre intervention sur une période très courte tandis que d’autres auront besoin des services d’Alforme pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois.

Pour la partie formation, nous pratiquons des tarifs particuliers et professionnels.

En effet, Alforme dispose d’un agrément de formation qui permet de faire financer vos formations en passant un organisme financeur de la formation professionnelle.

 

LE FONCTIONNEMENT D'ALFORME

 

D : Quelle est la taille de l’entreprise ?

G : Alforme est le plus grand centre de rééducation en France, avec un espace de 200m² dédié pour la rééducation et la remise en forme.

 

D : Quels sont les différents services dans l’entreprise ?

Le centre dispose d’un service de consultation pour évaluer l’état de santé de l’animal avant de le prendre en charge au centre et ainsi mieux évaluer ses besoins.

Nous disposons également d’une partie pratique sur le centre où les séances de rééducation vont se dérouler sous la direction du vétérinaire.

Enfin, nous disposons également d’une salle pour l’animation des formations dans l’École Vétérinaire.

 

D : Quel est le temps nécessaire pour fabriquer un produit/produire un service ? 

G : Si nous prenons l’exemple des formations « Premiers secours animalier », nous avons mis 2 à 3 mois pour mettre en place cette formation.

 

D : Quelles machines et outils utilisez-vous ?

G : Dans le cadre de l’activité de rééducation et remise en forme, nous utilisons des tapis roulants secs et aquatiques.

Le centre dispose également d’une piscine pour réaliser les séances de rééducation.

Pour la partie renforcement musculaire, le centre dispose d’accessoires en salle de proprioception.

 

D : Avez-vous un site internet ?

G : Le centre Alforme dispose de 2 sites Internet :

  • http://alforme.fr/ - Site institutionnel de Alforme
  • https://boutique.alforme.fr/ - Boutique en ligne pour formations

 

D : Comment fait-on connaître le produit /service sur le marché ?

G : La majorité de nos clients sont envoyés par des cliniques vétérinaires qui ne disposent pas forcément des infrastructures nécessaires pour traiter toutes les pathologies en relation avec la rééducation fonctionnelle.

D’autres propriétaires nous viennent directement avec le bouche à oreille d’autres propriétaires qui ont été satisfaits de nos soins sur leurs animaux.

 

D : Faites-vous de la publicité et comment ?

G : La communication est faite grandement sur la partie formation pour aider les propriétaires d’animaux à connaître les gestes qui sauvent pour leurs animaux de compagnie.

Cette communication se fait surtout avec notre réseau de partenaires dans le monde animalier ainsi que les communautés en relation avec l’animal de compagnie.

 

ALFORME ET SON PERSONNEL

 

D : Quels sont les métiers dans l’entreprise ?

G : Alforme se compose d’un vétérinaire responsable du centre accompagné par 2 ASV (auxiliaires spécialisés vétérinaires) pour la réalisation des séances de rééducation.

 

L’ORGANISATION D'ALFORME

 

D : Quelles sont les périodes d'ouverture ?

G : Alforme est ouvert :

Du lundi au vendredi de 9h à 13h et de 14h à 18h

Le samedi de 9h à 13h

 

D : Y a-t-il des périodes calmes et d’autres plus actives ?

G : Les périodes de vacances scolaires sont plus calmes que le reste de l’année car les propriétaires sont généralement en vacances.

 

FOCUS SUR LA FORMATION « PREMIERS SECOURS ANIMALIER »

 

 

Alforme : Formation et expertise au service du bien-être animal

Situé au cœur de l'Ecole Nationale Vétérinaire d'Alfort (94), le centre Alforme accueille tous les ans plus de 1 000 animaux pour les accompagner dans leur rééducation ou remise en forme.

C'est dans cette optique que l'équipe d'Alforme vous propose différentes formations pour vous accompagner tout le long de la vie de votre animal.

Sous la direction du Docteur Vétérinaire Artem ROGALEV et son équipe, ces formations sont à destination des particuliers et/ou des professionnels.

 

Premiers secours animalier : une formation complète pour nos animaux

Chaque session dure une journée et est réalisée au sein même de l’Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort.

Cette journée très intense, est articulée entre cours théoriques et travaux pratiques dont mises en situation sur un animal mannequin et/ou chien du vétérinaire.

De la gestion et bonnes réactions à avoir en cas d’urgence, en passant par les malaises et traumatismes, vous aborderez toutes les bases pour bien réagir afin d’augmenter les chances de sauver votre animal.

Cette formation est réalisée sous la direction du Dr Artem Rogalev, responsable du centre Alforme et ancien vétérinaire à la Brigade de Sapeurs-Pompiers de Paris.

Suite à cette journée de formation, une attestation vous sera également remise en fin de journée par le vétérinaire.

 

Pour en savoir plus

Si vous souhaitez plus d’informations sur cette formation n’hésitez pas à les contacter :

Sur leur site : http://boutique.alforme.fr/

Par mail : formation@alforme.fr

Par téléphone : 01 56 29 20 35

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28 mai 2017 7 28 /05 /mai /2017 16:50

Entre le 30 mai et 5 juin, à l'occasion de la semaine européenne du développement durable déclinée sur l'ensemble du territoire européen, une batterie d'animations à destination du grand public sensibilisera à la préservation de la biodiversité et aux enjeux de la transition énergétique. 

 

L’Accord de Paris ratifié par 136 pays a suscité un espoir immense dans le monde : celui de voir enfin réconciliés le développement durable et la protection de l’humanité, à travers une économie mondiale sobre en carbone et en ressources.

 

La France a été à l’origine de ce succès historique, notre responsabilité collective est de préserver cet acquis et de le faire prospérer. C’est pourquoi la ministre de l’environnement a présenté à l’ONU en juillet 2016 le plan d’action français pour les objectifs de développement durable. Cet accord s’inscrit et répond à l’enjeu et à la nécessité que représente la mise en œuvre des 17 objectifs de développement durable en France mais aussi dans le monde. En tant que gardienne de « l’esprit de Paris », la France reste mobilisée pour atteindre ces objectifs et contribuer à la lutte contre le changement climatique.

 

Découvrez les initiatives dans votre région en cliquant ici : http://evenements.developpement-durable.gouv.fr/campagne/sedd2017

 

Plus d'informations :

 

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28 mai 2017 7 28 /05 /mai /2017 15:23

Comme je vous en parlais en novembre 2016, le premier parti animaliste en France a vu le jour (lire l'article ici), et pour la première fois, l'électeur a donc l'opportunité de porter la cause animale, la protection de ces êtres vivants doués de sensibilité, dans l'hémicycle de l'Assemblée Nationale.

 

 

Quel programme, pour quels combats ?

 

Les propositions sont classées par thèmes, dont font partie le Droit animal, l'Education et la Formation, les animaux de compagnie, le divertissement, l'expérimentation animale, les animaux sauvages et la chasse, l'élevage et l'aquatique.

 

Entre autres, parmi les propositions juridiques se trouvent l'institutionnalisation de la protection animale par la création d'un Ministère à son effet, la pénalisation des crimes sur les animaux, et la reconnaissance d'un meilleur rôle aux associations de défense de la faune.

 

Concernant l'éducation, il s'agit notamment d'enseigner dès le plus jeune âge le respect de l'animal, de supprimer les dissections scolaires.

 

Sont prévus également un meilleur encadrement du commerce des animaux de compagnie, la lutte contre l'abandon, une assurance-maladie pour nos compagnons (dont les traitements sont souvent si onéreux !).

 

Il y a aussi la volonté, dans le domaine aquatique, d'encadrer la pêche et de sanctionner les pratiques illégales, de créer et renforcer la protection de sanctuaires marins. 

 

Bien entendu, il importe d'abolir les corridas, les animaux de cirques, les combats de coqs et toute forme d'exhibition cruelle, ainsi que d'interdire la chasse, d'accompagner la transition vers des méthodes d'expérimentation sans animaux, et d'en finir avec les pratiques douloureuses en élevage.

 

Enfin, il est décidé d'accompagner l'évolution des pratiques alimentaires.

 

Pour consulter le programme du parti dans le détail, visitez la page https://parti-animaliste.fr/programme/.

 

Quel candidat chez vous ?

 

Pour connaître les représentants candidats dans votre circonscription, rendez-vous sur cette page du site officiel du Parti Animaliste et sélectionnez votre département de résidence : https://parti-animaliste.fr/candidats/.

 

 

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Publié par Delphina - dans Agir Actualités idées
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28 mai 2017 7 28 /05 /mai /2017 14:55

La chasse est de nos jours inutile et cruelle. Les chasseurs ne sont pas des tireurs hors pair et laissent derrière eu des animaux blessés qui périssent lentement dans d'affreuses souffrances. Quant à leur argument de régulation de la faune sauvage, c'est tout simplement un leurre.

 

Mettons fin à cette cruauté archaïque

Mettons fin à cet acte de cruauté archaïque et barbare.

 

Personne ne chasse plus pour se nourrir dans cette partie du monde, et les chasseurs s'arrogent le droit de mort sur la faune sans le moindre respect du vivant ou des protecteurs de la nature. Souvent mauvais tireurs, ils laissent derrière eux des animaux blessés qui périssent lentement dans d'affreuses souffrances. 

 

Les chiens élevés en vue de guider les chasseurs lors de leurs battues sanglantes sont souvent maltraités, affamés et rendus agressifs pour qu'ils soient aux meilleurs aguets et plus efficaces pour dégoter les pauvres animaux sauvages chez eux. C'est inadmissible.

 

L'argument de régulation de la faune est une fausse "excuse". A la fin des années 60, quand la rage a opéré un retour en force dans l'Hexagone, on a d'abord chargé les chasseurs d'éliminer les renards en nombre pour stopper l'épidémie. En vain, c'est la vaccination orale qui est venue à bout de ce fléau. La vraie régulation des espèces passe par des campagnes de régulation des naissances et de redistribution des territoires sauvages.

 

"On ne peut pas dissimuler le but de la chasse par de grands mots qui servent si bien à cacher le véritable caractère de manifestations barbares." Plus que jamais, l'analyse de Tolstoï reste d'actualité.

 

Face au lobby malsain des fusils, unissons-nous

 

Découvrez le RAC : "Le RAC, né Rassemblement Anti Chasse en 2002, puis renommé Rassemblement pour l’Abolition de la Chasse, et désormais RAssemblement pour une France sans Chasse, est une association (loi 1901).

 

Il est composé de personnes sensibles à la condition animale, de naturalistes, de photographes animaliers, de promeneurs et autres personnes, s’étant unis dans le but de lutter contre la chasse afin de protéger la faune sauvage et de pouvoir exercer leurs loisirs sans être soumis à la pression et à la dangerosité des chasseurs. [...]" plus d'informations sur le site officiel de l'association : http://france-sans-chasse.org/association-antichasse/le-rac-qui-sommes-nous

 

 

Source : Fondation Assistance aux animaux et le RAC.

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Publié par Delphina - dans Agir
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29 novembre 2016 2 29 /11 /novembre /2016 18:31

Article lu ici : http://www.jbjv.com/Les-principaux-courants-en-ethique.html, extrait de J.-P. Engélibert, L. Campos, C. Coquio et G. Chapouthier (dir.), La Question animale. Entre science, littérature et philosophie, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2011, p. 79-92.

 

L’éthique animale peut être définie comme l’étude du statut moral des animaux ou, pour le dire autrement, l’étude de la responsabilité morale des hommes à l’égard des animaux, pris individuellement [1]. Elle pose donc les questions classiques des devoirs de l’homme envers les animaux, des éventuels droits des animaux et, plus généralement, des jugements moraux (c’est-à-dire ceux formulés en termes de bien ou de mal) à porter sur notre traitement actuel des animaux.

 

 

Histoire d'un concept

 

La naissance du débat contemporain dans les années 1970 est due à plusieurs facteurs. Dès la fin du XIXe siècle, la pratique de la protection animale s’intensifie, avec l’apparition d’associations et de mouvements organisés, mais la théorie ne connaît pas encore de développement substantiel. L’élément déclencheur sera sans doute la contestation de l’élevage industriel dans les années 60 en Angleterre [2]. C’est dans cette foulée que se crée ce que Richard Ryder appelle « le groupe d’Oxford » : un groupe d’étudiants et de chercheurs de l’université d’Oxford qui, au début des années 1970, pose les fondements de l’éthique animale.

 

Trois étudiants, Harris et les Godlovitch, publient un recueil intitulé Animals, Men, and Morals en 1972 [3]. Ce livre attire l’attention de trois autres étudiants, Andrew Linzey, Stephen Clark et Peter Singer, un Australien qui fait son doctorat à Oxford. C’est en faisant un compte rendu de cet ouvrage que Singer a pour la première fois introduit l’expression « Animal Liberation », qui est le titre d’un article qu’il a publié en 1973, puis d’un livre publié en 1975 [4]. S’ensuit immédiatement une avalanche de publications, toutes issues du groupe d’Oxford ou de personnes en contact avec le groupe. C’est ce que l’on appelle la première génération d’auteurs en éthique animale, qui pose les bases du débat contemporain.

 

Aujourd’hui, et dans le monde anglo-saxon exclusivement, l’éthique animale est considérée comme une véritable discipline universitaire, qui donne lieu à des milliers de publications, des colloques, des conférences, des thèses et de nombreux enseignements en philosophie, en droit, en sciences animales et en médecine vétérinaire. Les premiers cours se sont développés à la fin des années 70 et au début des années 80 aux Etats-Unis et en Angleterre. Ce développement, néanmoins, est très régionalisé : il est clairement anglo-saxon. On parle beaucoup plus de animal ethics que d’« éthique animale » - même si cela commence à changer en France depuis quelques années.

 

Les défis de la discipline

 

Pour avoir une identité propre, il faut en premier lieu se différencier du reste. Le premier défi de l’éthique animale en tant que discipline, ou domaine, est donc de se distinguer des autres, qui lui sont proches.

 

Premièrement, l’éthique animale (animal ethics) n’est pas la science du bien-être animal (animal welfare). On confond souvent, dans les laboratoires et les écoles vétérinaires, les notions d’éthique et de bien-être animal. La manière dont les médias utilisent les expressions « règles d’éthique animale » ou « comités d’éthique animale » est également trompeuse. La science du bien-être animal est une discipline technique qui ne se demande pas si l’homme doit chercher à améliorer le bien-être des animaux et pourquoi, mais seulement comment. L’éthique animale, de son côté, n’est qu’un questionnement, beaucoup plus large, qui n’est pas un ensemble de règles et qui déborde largement la question des animaux de recherche. L’éthique animale permet donc une remise en cause profonde de la relation homme-animal, contrairement à la science du bien-être animal dont l’unique but est de garantir l’absence ou la minimisation de la souffrance de l’animal exploité.

 

Deuxièmement, l’éthique animale (animal ethics) n’est pas le droit de l’animal (animal law), qui n’est pas non plus les droits de l’animal (animal rights). Le droit de l’animal, au singulier, est l’étude du statut juridique de l’animal dans le droit positif. C’est une discipline distincte, qui donne lieu à des cours dans près de la moitié des facultés de droit américaines, par exemple. Les droits de l’animal, au pluriel, entendus comme droits éventuellement légaux mais aussi et surtout moraux, relèvent au contraire de l’éthique. L’éthique animale est un ensemble plus large, qui intègre la question des droits de l’animal, mais pas seulement elle (puisqu’il est possible de réfléchir sur le statut moral de l’animal sans revendiquer une théorie des droits, comme le fait Singer par exemple).

 

Troisièmement, l’éthique animale (animal ethics) n’est pas la philosophie animale (animal philosophy). Cette confusion est fréquente dans la tradition continentale, en particulier en France. Ce que l’on pourrait appeler « philosophie animale » ou « philosophie de l’animalité » examine la manière dont la tradition philosophique considère l’animal (s’il pense, s’il raisonne, en quoi consiste son essence, son être-au-monde, ce qui le distingue de l’humain), dans une perspective souvent historique, des Grecs à nos jours, mais qui a tendance à privilégier certains courants (existentialisme, phénoménologie, herméneutique). Autrement dit, la philosophie animale relève davantage de l’ontologie, ou philosophie première, que de l’éthique appliquée, même si elle implique forcément des conséquences éthiques, et si le lien entre les deux domaines gagnerait à être développé.

 

Quatrièmement, l’éthique animale (animal ethics) n’est pas l’éthique environnementale (environmental ethics). Il y a au moins quatre différences. 1) L’éthique animale s’intéresse aussi à des classes d’animaux (de compagnie, de divertissement, d’élevage, de travail) qui ne relèvent pas de ce que l’on appelle la « nature », et ne font donc pas partie des préoccupations directes de l’éthique environnementale. 2) L’éthique animale ne s’intéresse qu’aux êtres vivants sensibles, car elle fait de la souffrance son point de départ. Les plantes, les entités supra-individuelles (forêts, espèces, écosystème) et le monde abiotique ne sont considérés qu’en tant qu’ils ont un lien avec l’animal, tandis qu’en éthique environnementale ils peuvent faire l’objet d’une considération morale directe. 3) L’éthique animale considère généralement la mort et la souffrance comme des maux, qu’elle cherche à éviter, ou au moins à minimiser. Ce n’est pas le cas de l’approche environnementale, qui est très critique à cet égard, considérant que la mort et la souffrance font partie intégrante de la vie et de la nature. 4) La perspective de l’éthique animale est généralement individuelle (puisque ce sont des individus qui souffrent), tandis que celle de l’éthique environnementale est généralement holiste, et s’attache à la protection des espèces et des écosystèmes.

 

L’éthique animale se distingue, elle n’est aucune de ces approches mais elle les implique toutes. C’est pourquoi je pense qu’il faut l’aborder dans un esprit interdisciplinaire, polyvalent, curieux et ouvert. Dans la deuxième partie d’Ethique animale, sur les cas pratiques, je mets souvent en évidence le fait que des problèmes qui semblent ne concerner que les animaux ont un impact sur les hommes et sur l’environnement. L’élevage industriel est un exemple typique : en plus de nuire au bien-être animal, il pollue énormément, participe au réchauffement climatique, à la déforestation, et à la misère humaine en poussant les petites exploitations traditionnelles à mettre la clé sous la porte.

De quels animaux parle-t-on ?

 

L’éthique animale qui étend le statut moral aux animaux est dans une logique extensionniste. Au cours de l’histoire, le statut moral s’est étendu des hommes blancs, mâles et libres aux esclaves, aux femmes, à tous les « autres » d’une manière générale et, aujourd’hui, il s’étend en dehors de l’homme, aux animaux, voire à tous les êtres vivants. Un défi important de l’éthique animale est donc de savoir jusqu’où il faut aller.

 

Jusqu’où le cercle de la considération morale doit-il s’étendre ? C’est-à-dire : de quels animaux parle-t-on ? Il existe un certain consensus : l’éthique dont il est question n’est généralement pas celle des éponges, des huîtres et des vers de terre. Les exemples utilisés s’approchent rarement des couches élémentaires de l’évolution et en restent généralement aux animaux supérieurs, à ceux dont il ne fait aucun doute qu’ils sont sensibles.

 

Le critère de la sensibilité 

 

C’est au XVIIIe siècle que l’on formule clairement cette thèse, qui est un renversement de perspective, une sorte de révolution copernicienne, selon laquelle c’est la sensibilité, et non la rationalité ou les capacités cognitives des animaux, qui font que l’on a envers eux certains devoirs. Et, contrairement à un préjugé fort répandu, ce n’est pas Bentham qui, le premier, a énoncé clairement cette thèse. C’est Rousseau : "l’homme est assujetti envers eux à quelque espèce de devoirs. Il semble, en effet, que, si je suis obligé de ne faire aucun mal à mon semblable, c’est moins parce qu’il est un être raisonnable que parce qu’il est un être sensible : qualité qui, étant commune à la bête et à l’homme, doit au moins donner à l’une le droit de n’être point maltraitée inutilement par l’autre" [5].

 

Aujourd’hui, le critère de la sensibilité, ou de la souffrance, est l’un des points de départ les plus consensuels de l’éthique animale contemporaine, mais il pose de nombreux problèmes. Il n’est pas toujours évident, par exemple, de savoir ce qu’est un animal sensible. Le critère de la sensibilité n’est donc pas simple à utiliser. Mais, plus fondamentalement, est-il nécessaire ?

 

Oui, répondent Singer et la plupart des acteurs de l’éthique animale contemporaine. Martha Nussbaum nuance sa réponse : non en théorie, mais oui en pratique. Théoriquement, Nussbaum défend une approche disjonctive selon laquelle « si une créature a soit la capacité de ressentir le plaisir et la douleur ou la capacité de se mouvoir d’un endroit à l’autre ou la capacité d’éprouver des émotions et de l’attachement ou la capacité de raisonner, et ainsi de suite [...], alors cette créature a un statut moral » [6]. Mais dans les faits, il se trouve que toutes les créatures qui ont les qualités susdites ont aussi la capacité de ressentir le plaisir et la douleur, car « la sensibilité joue un rôle essentiel dans le mouvement, l’attachement, l’émotion et la pensée [7] ». Autrement dit, si la sensibilité apparaît comme une condition nécessaire de la considération morale, ce n’est pas parce qu’elle est le seul critère pertinent, mais plutôt parce qu’elle est la condition de tous les autres critères, la condition de toutes les autres conditions de la considération morale. Donc, de ce point de vue, elle reste nécessaire.

 

Le critère de la sensibilité est-il suffisant ? A partir de maintenant je vais employer les termes « déontologisme » et « utilitarisme », qu’il faut d’abord expliquer. Le déontologisme, dérivé du grec deon (devoir), est une approche d’origine kantienne selon laquelle une action est moralement bonne si elle est accomplie par devoir ou par respect pour la loi. Les actes ont une valeur intrinsèque : ils sont bons ou mauvais en eux-mêmes, indépendamment des sujets et des conséquences (ex. : « tu ne tueras pas »). L’utilitarisme, au contraire, est une sorte de conséquentialisme, approche d’origine anglaise qui évalue moralement l’action en fonction de ses conséquences : une action est moralement bonne si elle produit les meilleures conséquences possibles.


Pour les utilitaristes comme Singer, la réponse est généralement oui : il suffit d’être capable de souffrir pour avoir droit à de la considération morale. C’est pourquoi, explique Singer, « pour défendre les conclusions qui sont argumentées dans ce livre [Animal Liberation] le principe de réduction maximale de la souffrance suffit » [8]. Mais pour d’autres, en particulier des déontologistes, le critère de la sensibilité n’est en général pas suffisant et il faut lui ajouter, ou le remplacer par, d’autres conditions. 

 

C’est notamment le cas de Tom Regan, et de son critère de sujet-d’une-vie. Pour lui, les individus sont sujet-d’une-vie « s’ils ont des croyances et des désirs, s’ils sont doués de perception, de mémoire et d’un sens du futur incluant leur propre futur, s’ils ont une vie émotionnelle faite de plaisirs et de peines, des préférences et des intérêts au bien-être, la capacité d’entreprendre une action pour atteindre leurs désirs et leurs buts, une identité psychophysique à travers le temps et un bien-être personnel dans le sens où l’on peut dire que leurs expériences leur réussissent ou pas [que leur vie se déroule bien ou mal] de manière logiquement indépendante de leur utilité pour les autres et du fait qu’elles puissent satisfaire l’intérêt de quelqu’un d’autre » [9]. La définition de Regan est assez restrictive, elle ne concerne à vrai dire que les mammifères âgés d’un an et plus, et l’auteur laisse ouverte la question de savoir ce qu’il en est des animaux moins évolués.

 

Certains auteurs donnent par ailleurs la priorité à certaines espèces.

 

D’une part, pour des raisons scientifiques : c’est souvent le cas avec les grands singes, et en particuliers les chimpanzés. Steven Wise, par exemple, considère que ne sont dignes de statut moral que les animaux titulaires d’une « autonomie pratique », c’est-à-dire capables de partager certaines tâches cognitives avec les humains (par exemple réussir le test du miroir, qui ferait la preuve d’une conscience de soi) [10]. Dans les faits, ce critère assez strict ne laisse passer que les humains, certains grands singes, les dauphins et les éléphants. Dans l’immédiat, il donne la priorité aux chimpanzés. A ce titre, il est le fondateur d’une organisation qui réunit juristes, scientifiques et experts dans le but de faire du chimpanzé un sujet de droit devant les tribunaux américains, et en particulier d’abolir leur utilisation pour le cinéma et la télévision.

 

Autre exemple : Paola Cavalieri est avec Singer à l’origine du Projet Grands Singes [11], dont le but est d’étendre aux grands singes trois droits jusqu’ici réservés aux humains – le droit à la vie, la protection de la liberté individuelle et l’interdiction de la torture.

 

D’autre part, on peut aussi donner la priorité à certaines espèces pour des raisons stratégiques : les militants donnent généralement la priorité aux animaux de consommation, pour des raisons qui n’ont rien à voir avec leurs caractéristiques propres, leurs capacités cognitives, par exemple, mais avec leur nombre – on tue chaque année au moins 53 milliards d’animaux dans le monde pour se nourrir (sans compter les poissons), et cela suffit, selon certains, à en faire une priorité absolue. 

 

Ce qu’il faut retenir de ce tour d’horizon rapide est qu’il est important de tenir compte de la diversité du monde animal. Ceux qui s’opposent à ce qu’ils appellent les « animalistes » (c’est-à-dire les défenseurs de la cause animale) ont tendance, pour les dénigrer, à dire qu’ils mettent tous les animaux dans le même sac et que défendre les droits des animaux, par exemple, c’est vouloir donner des droits au chimpanzé comme au ver de terre. Il y a un peu de vérité dans cette accusation dans la mesure où l’on pourrait reprocher aux acteurs de l’éthique animale de prendre toujours les mêmes exemples faciles et consensuels (le chien, le chat, le cheval, la cochon), et d’éviter les cas plus difficiles, les cas-limites (poissons, invertébrés, insectes). Mais, globalement, le reproche est infondé car la plupart des auteurs font l’effort de dire quels sont les animaux qui, pour eux, sont concernés par l’éthique animale. De toute façon, comme le dit bien Regan, le but n’est pas de dresser la liste exhaustive des animaux en question, ni de montrer que tous les animaux ont des droits (ou des intérêts, selon Singer), c’est de montrer qu’il est faux de considérer que seuls les hommes en ont. Donc, de ce point de vue, quelques exemples suffisent.

 

Les courants de l'éthique animale

 

          1) Les fondements

 

Avant d’entrer dans les courants eux-mêmes, il est utile de rappeler quelques notions fondamentales pour comprendre les débats dans le domaine de l’éthique animale. La première d’entre elles est l’antispécisme. Cette notion fondamentale, apparue dans les années 70 sous la plume de Richard Ryder à Oxford, est à la base de l’éthique animale. L’anti-spécisme s’oppose au spécisme. De la même manière que le racisme est une discrimination selon la race et le sexisme une discrimination selon le sexe, le spécisme est une discrimination selon l’espèce. C’est l’attitude qui consiste à juger la valeur d’un individu, à lui attribuer ou à lui refuser une certaine considération, non pas en fonction de ses caractéristiques individuelles, mais seulement en fonction de son appartenance à une espèce.

 

Être antispéciste, c’est donc ne pas faire de l’appartenance à une espèce un critère discriminant de considération morale. Les différences physiques entre les espèces ne sont pas moralement pertinentes. C’est déjà ce que disait Bentham au XVIIIe siècle : "Les Français ont déjà découvert que la noirceur de la peau n’est en rien une raison pour qu’un être humain soit abandonné sans recours au caprice d’un bourreau. On reconnaîtra peut-être un jour que le nombre de pattes, la pilosité de la peau, ou la façon dont se termine le sacrum sont des raisons également insuffisantes pour abandonner un être sensible à ce même sort" [12].

 

Aujourd’hui, quasiment tous les acteurs de l’éthique animale sont antispécistes. C’est l’une des bases les plus consensuelles du domaine. 

 

La deuxième notion, ou plutôt couple de notions, qu’il faut présenter est la distinction entre bien-être et droits des animaux. Il est capital d’insister car on ne cesse, en France, de faire la confusion. Lorsque les auteurs français critiquent l’éthique animale anglo-saxonne, qu’ils ne connaissent pas, ils la réduisent sans cesse à la défense des « droits des animaux ». Ferry écrit par exemple : « une deuxième tradition de pensée, qui n’a pourtant rien de totalitaire, a prétendu fonder l’idée d’un ‘droit des animaux’ […]. Il s’agit bien sûr de la philosophie utilitariste » [13]. Il y a là deux amalgames. D’une part, Ferry parle du droit des animaux au lieu des droits des animaux. Je rappelle que le droit des animaux est le statut juridique de l’animal dans le droit positif, à ne pas confondre avec la question, philosophique, des droits (moraux) des animaux. D’autre part, Ferry écrit que la philosophie utilitariste (il vise explicitement Singer) défend les droits des animaux : c’est une confusion très grave, puisque Singer fait exactement le contraire.

 

L’éthique animale contemporaine réunit une grande diversité de courants, comme nous le verrons dans un instant, mais elle est parcourue par une distinction, assez simple, entre deux grandes écoles de pensée : ceux qui souhaitent maximiser le bien-être animal, et ceux qui défendent des droits des animaux. 

 

Par bien-être animal, on entend généralement l’absence de faim et de soif, d’inconfort, de douleur, de blessure ou de maladie, de peur et de stress, ainsi que la liberté d’exprimer des comportements naturels. Les welfaristes (de l’anglais welfare, bien-être) ont donc pour but de maximiser le bien-être animal, c’est-à-dire réduire la souffrance lorsque c’est possible, c’est-à-dire lorsqu’elle n’est pas utile. Il est donc envisageable, pour un welfariste, d’accepter la souffrance animale si on estime qu’elle produit un plus grand bien (par exemple dans la recherche médicale).

 

L’expression « droits des animaux » est ambiguë et je fais partie de ceux qui s’en méfient. Elle implique d’emblée un faisceau de questions : quels droits ? Moraux ou légaux ? Des droits de l’homme étendus à certains animaux ou d’autres droits qui leur seraient propres ? Et quels animaux ? Selon quels critères ? Si l’on considère que l’animal a le « droit » non seulement de ne pas souffrir, mais encore de ne pas être exploité par l’homme, alors la défense des droits des animaux implique l’abolitionnisme, c’est-à-dire l’abolition de toute exploitation animale. 

 

Dans les faits, les défenseurs d’une théorie des droits sont souvent (mais pas systématiquement) abolitionnistes. On peut être welfariste et souhaiter l’abolition de telle ou telle pratique, la corrida par exemple, cela ne fait pas de vous un abolitionniste pour autant. Pour être abolitionniste, il faut souhaiter l’abolition de toute exploitation animale, et donc n’être pas seulement végétarien ou même végétalien, mais vegan, c’est-à-dire ne consommer aucun produit animal, ni pour se nourrir, ni pour se vêtir, ni pour se soigner, etc. L’abolitionniste ne cherche pas à évaluer telle ou telle pratique : il les refuse toutes, puisque ce qui le gêne est le principe même de l’exploitation animale. Il ne veut pas agrandir les cages, il veut les ouvrir, comme le dit explicitement Regan : « Le mouvement des droits des animaux est un mouvement abolitionniste ; notre but n’est pas d’élargir les cages, mais de faire qu’elles soient vides » [14].

 

Si cette distinction est claire, on peut être troublé par l’expression « libération animale », qui est trompeuse. Elle ressemble à une annonce abolitionniste : libérer les animaux, c’est ouvrir les cages, c’est donc cesser de les exploiter. Et pourtant, l’expression n’est pas de Regan, abolitionniste, mais de Singer, qui n’est pas abolitionniste ! Il ne faut donc pas la prendre au sens strict : Singer a le sens du slogan, du bon titre, mais ce n’est pas parce qu’il annonce la « libération » des animaux qu’il est abolitionniste. Singer est un welfariste.

 

          2) Le vif du sujet

               a) L'utilitarisme

 

Ces bases étant posées, voyons maintenant les courants à proprement parler. Tout d’abord, l’utilitarisme de Peter Singer. Le premier chapitre de Animal Liberation s’intitule : « Tous les animaux sont égaux. Ou pourquoi le principe éthique sur lequel repose l’égalité humaine exige que nous étendions l’égalité de considération des intérêts également aux animaux ».


L’idée clé de Singer est donc l’égalité de considération des intérêts. En l’occurrence,l’intérêt en question, que partagent la plupart des hommes et la plupart des animaux, est de ne pas souffrir. C’est-à-dire qu’il faut considérer avec autant de considération la souffrance animale et la souffrance humaine. Le fait que l’homme soit globalement plus intelligent, plus rationnel et plus complexe que la souris ne change strictement rien au fait que l’un et l’autre souffrent. Comme le dit Sidgwick : « la différence de rationalité entre deux espèces d’êtres sensibles ne permet pas d’établir une distinction éthique fondamentale entre leurs douleurs respectives » [15].

 

Il est important d’éviter deux confusions. Premièrement, l’égalité de considération n’est pas l’égalité de traitement. Lorsque Singer dit qu’il faut considérer également les intérêts de tous les animaux, cela ne signifie pas qu’il faille les traiter également. Tous les animaux n’ont pas les mêmes intérêts. Donc considérer également ces intérêts peut impliquer de les traiter différemment, en s’adaptant à chaque être : "La préoccupation pour le bien-être des enfants qui grandissent aux États-Unis peut exiger que nous leur apprenions à lire ; la préoccupation pour le bien-être des cochons peut ne rien impliquer d’autre que de les laisser en compagnie d’autres cochons dans un endroit où il y a une nourriture suffisante et de l’espace pour courir librement" [16].

 

Deuxièmement, l’égalité de considération n’est pas l’égalité des vies. Il ne s’agit pas de dire que toutes les vies sont d’égale valeur. Singer distingue deux situations : faire souffrir et tuer. En matière de souffrance, les autres caractéristiques que la souffrance, et qui sont notamment chez l’homme sa supériorité intellectuelle et tous les critères habituels, ne sont pas pertinents : ils ne changent rien à la souffrance elle-même. Par contre, pour ce qui est de la vie, ces critères deviennent pertinents. Donc « la vie d’un être possédant conscience de soi, capable de penser abstraitement, d’élaborer des projets d’avenir, de communiquer de façon complexe, et ainsi de suite, a plus de valeur que celle d’un être qui n’a pas ces capacités » [17].

 

               b) L'abolitionnisme et les théories des droits

 

La deuxième famille de courants importants est l’abolitionnisme et les théories des droits. Pour Regan, par exemple, attribuer des droits moraux à un être implique de reconnaître que celui-ci a une valeur inhérente selon le critère du fait d’être sujet-d’une-vie (tandis que pour Singer, avoir une considération morale pour un être implique de reconnaître qu’il a des intérêts selon le critère de la sensibilité). Autre défenseur d’une théorie des droits, Francione estime que le principal obstacle à la libération animale est juridique ; il réside dans le fait que les animaux sont toujours considérés comme des biens et qu’ils ont le statut légal de propriété. Dès lors, le premier droit qu’il faudrait leur reconnaître est celui de ne pas être traités comme des biens dont l’homme peut se rendre propriétaire, c’est-à-dire comme les moyens des fins d’autrui, et ce en vertu de leur valeur inhérente.

 

Dans l’intuitionnisme, je réunis l’ensemble des approches qui accordent une place essentielle à l’intuition, au bon sens et à la moralité courante, contre les positions classiques qui reposent surtout sur la rationalité (Sapontzis, Clark, Habermas). Clark, par exemple, écrit que « Ceux qui battent les chiens à mort font quelque chose que la société devrait condamner sans attendre de savoir si le chien a des droits abstraits et métaphysiques » [18]. Il s’appuie sur une intuition morale accessible à tous : il est mal de causer un mal évitable.

 

Les deux premiers courants que j’ai distingués, l’utilitarisme de Singer et la théorie des droits de Regan et Francione, s’opposent mais ils ont en commun un même goût pour l’argumentation rationnelle. Ils font tous les deux partie de ce que l’on pourrait appeler une éthique de la justice, qui cherche à établir rationnellement ce qui est juste. Un certain nombre d’auteurs ne partagent pas cette approche, qu’ils jugent trop froide et trop comparative (puisqu’elle compare la situation de l’animal avec celle de l’homme). Ils préfèrent une approche basée sur un sentiment direct : la sollicitude. Ils partent du principe que l’homme éprouve naturellement de la sympathie pour les animaux et ils développent leur argumentation en suivant cette ligne : c’est ce qu’on appelle l’éthique du care (soin, sollicitude). 

 

               c) Les approches "alternatives"

 

On trouve par ailleurs au moins quatre approches qu’on pourrait dire « alternatives », parce qu’elles abordent l’éthique animale en partant d’un point de vue extérieur, et que faute de temps je me contenterai de citer seulement : les approches religieuses, comme la « théologie animale » d’Andrew Linzey à Oxford ; les approches scientifiques (Rodd, Rollin) qui évaluent nos devoirs envers les animaux en fonction de leur fonctionnement biologique ; les approches environnementales (Callicott) qui s’opposent en général à l’éthique animale au sens strict, en ne faisant pas de la souffrance un critère et en s’intéressant au sort des espèces et non des individus et les approches féministes (Adams, Donovan), qui établissent un parallèle entre l’exploitation de l’animal par l’humain et l’exploitation de la femme par l’homme. 

 

Autre courant : l’approche par les capacités (capabilities approach). Nussbaum l’a développée dans les années 80 avec l’économiste Amartya Sen, sur les questions d’inégalité, de pauvreté et de développement. Ce qui est relativement nouveau est de l’appliquer à l’éthique animale. Nussbaum l’a fait en 2006. L’approche par les capacités, appliquée aux animaux, est une théorie des devoirs directs qui « traite les animaux comme des sujets et des agents, et pas seulement comme des objets de compassion », selon laquelle « les animaux ont droit au fonctionnement d’une grande variété de leurs capacités, celles qui sont le plus essentielles à une vie épanouie, une vie digne de la dignité de chaque créature » [19]. Quelles sont ces capacités ? Nussbaum en donne dix : la vie, la santé corporelle, l’intégrité corporelle, les sens, l’imagination et la pensée, la raison pratique, la capacité d’avoir des relations avec d’autres espèces et le jeu.

 

La politique constitue un autre angle à partir duquel il est possible d’aborder l’éthique animale. On peut voir par exemple Robert Garner [20], qui critique l’approche libérale dominante et montre qu’il y a de bonnes idées à prendre dans d’autres courants : conservatisme, communautarisme et socialisme. La perspective socialiste vise surtout à montrer comment l’exploitation animale et l’exploitation humaine sont étroitement imbriquées. C’est ce que fait un sociologue américain qui travaille sur la mondialisation de l’industrie agroalimentaire, « du terrible confinement et abattage de milliards d’autres animaux […] au traitement abusif des ouvriers de l’industrie alimentaire ; du meurtre de ceux qui au Tiers Monde résistent à l’expropriation de leur terre pour servir de nouveaux pâturages à une production toujours croissante de ‘bœuf nourri à l’herbe’ ; de l’expansion de la famine mondiale aux ‘maladies de l’abondance’ en grande partie causées par une alimentation excessivement carnée » [21].

 

               d) L’approche par le discours

 

Il est possible, et souhaitable, d’aborder l’éthique animale du point de vue argumentatif et sociologique, en analysant les discours et les stratégies de l’exploitation animale. Les stratégies d’exclusion sont les stratagèmes, les alibis et l’ensemble des actions mises en œuvre pour justifier l’exploitation animale et ses abus, tout en modérant la culpabilité des acteurs et des spectateurs. L’une des rares personnes, en France, à avoir défriché cette approche il y a quelques années est Georges Chapouthier. Je tente désormais de la développer, à travers notamment le cas de la corrida [22].

 

Parmi les discours-alibis classiques : 

- l’alibi historique (l’homme préhistorique mangeur de chair et chasseur), l’alibi diététique (le besoin vital de viande)

- l’alibi écologique (chasse des espèces en surdensité, régulation des populations), l’alibi sportif (jeu, lutte, effort, règles, discipline)

- l’alibi naturaliste (relation avec la nature, bonheur d’une marche en forêt, passion des animaux)

- l’alibi de la tradition, qui consiste à défendre certaines pratiques parce qu’elles sont traditionnelles (foie gras « patrimoine culturel et gastronomique protégé en France » / alinéa 3 de l’article 521-1 du code pénal français qui sert à autoriser la corrida et les combats de coqs quand une « tradition locale ininterrompue » peut être invoquée)

- l’alibi économique (chasse au phoque, foie gras, corrida, etc.)

- l’alibi éducatif (cirques, zoos).

 

On trouve en outre trois stratagèmes : 

- Le premier est la négation des torts causés, qui a au moins deux manifestations. D’une part, la dissimulation de la réalité : il est très difficile de savoir comment les animaux sont traités derrière les portes des baraquements fermiers et des laboratoires. Des efforts sont entrepris pour qu’on ne voie pas l’exploitation animale – tout simplement parce que, si l’on voyait, on consommerait moins. D’autre part, le déguisement de la réalité, en partie par l’euphémisation : les chasseurs ne tuent pas, ils « récoltent », « cueillent », « prélèvent », « s’emparent », « prennent » ou procèdent à une « réduction de la population ». Les chercheurs « achèvent », « terminent » ou « sacrifient » ce qu’ils appellent du « matériel biologique » ou des « systèmes d’essai », c’est-à-dire des animaux de laboratoire. Aux Etats-Unis, les abattoirs sont des « unités de transformation d’aliments » (food-processing units), des « moissonneuses à protéines » (protein harvesters) ou des « usines à viande » (meat factory). On utilise une terminologie abstraite, mécanique ou agricole, plus propre, pour « sanitariser » l’acte de tuer. Ce qui prouve bien qu’il pose problème.

 

- Le deuxième stratagème est le découpage des responsabilités. C’est la division du travail, par exemple, qui permet au consommateur de viande de dissocier le morceau qu’il achète de l’animal dont il est originaire. Ce n’est pas la même personne qui élève, abat, transporte et achète la viande : la responsabilité est donc diluée dans une société qui fonctionne « toute seule » et le consommateur est déconnecté de la réalité. Plutarque disait : si tu veux manger de la viande, tue l’animal toi-même.

 

- Le troisième stratagème est la dévalorisation de la sympathie pour les animaux. On véhicule l’idée que la sympathie pour les animaux a un fondement irrationnel, sentimental et juvénile. On vise à décrédibiliser les personnes, les associations, les discours qu’on appelle « animalistes », c’est-à-dire qui défendent d’une manière ou d’une autre la cause animale. 

 

L’exemple le plus courant consiste à utiliser ce qu’on appelle en théorie de l’argumentation le sophisme du pire. On s’insurge que l’on puisse penser aux animaux quand tant d’humains souffrent et meurent de faim. Le sophisme du pire consiste à dire que X n’est pas un problème puisqu’il y a pire que X (et que l’on devrait donc concentrer toute son énergie sur le pire que X). Par exemple, il consiste à décrédibiliser ceux qui luttent contre la corrida en les accusant de n’avoir aucun sens des priorités : Wolff (auteur d’une Philosophie de la corrida dans laquelle on trouvera de nombreux sophismes) pense qu’ils feraient mieux de s’occuper « de la Tchétchénie, de l’Irak, du Darfour », « des enfants qui crèvent de faim ou meurent sous les bombes » [23].

 

L’argument est extrêmement courant, et totalement fallacieux. D’abord, comme le dit bien Chapouthier, ceux qui citent volontiers les enfants du tiers-monde comme un prétexte pour ne pas se soucier des animaux ne font en général strictement rien ni pour les uns ni pour les autres. Ensuite, il y a une faute logique : ce n’est pas parce qu’il y a pire ailleurs que l’on ne doit rien faire ici. Ce n’est pas parce que des enfants meurent de faim que l’on ne doit rien faire pour la souffrance des poules pondeuses, dans la mesure où l’un n’empêche pas l’autre. On peut donc se soucier du bien-être des taureaux. Et, plus largement, des animaux. C’est même quelque chose d’important pour l’homme, comme en témoigne ce recueil.

 

[1] Pour tout développement sur ce sujet, voir J.-B. Jeangène Vilmer, Ethique animale, Paris, PUF, 2008.

[2] Voir par exemple R. Harrison, Animal Machines : The New Factory Farming Industry, London, Vincent Stuart, 1964.

[3] S. et R. Godlovitch, et J. Harris, Animals, Men, and Morals : An Enquiry into the Maltreatment of Non-Humans, London, Victor Gollancz, 1971.

[4] P. Singer, “Animal Liberation”, The New York Review of Books, 20:5, 5 avril 1973 et Animal Liberation : A New Ethics for our Treatment of Animals, New York Review/Random House, New York, 1975.

[5] J.-J. Rousseau, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, Aubier, 1973, p. 59.

[6] M. Nussbaum, Frontiers of Justice : Disability, Nationality, Species Membership, Cambridge, Harvard UP, 2006, p. 362.

[7] Ibid.

[8] P. Singer, La Libération animale, seconde édition, Grasset, 1993, p. 56.

[9] T. Regan, The Case for Animal Rights, Berkeley, University of California Press, 1983, p. 243.

[10] S. Wise, in C. R. Sunstein et M. C. Nussbaum (ed.), Animal Rights. Current Debates and New Directions, Oxford, Oxford UP, 2004, p. 19-50.

[11] P. Cavalieri et P. Singer (ed.), The Great Ape Project : Equality beyond Humanity, London, Fourth Estate, 1993.

[12] J. Bentham, An Introduction to the Principles of Morals and Legislation, XVII, §I, IV, note 1, Oxford, Clarendon Press, 1907, p. 311.

[13] L. Ferry, Le Point, 6 avril 2001, p. 136.

[14] Interview de Tom Regan, Cahiers Antispécistes 2, janvier 1992.

[15] H. Sidgwick, « The Establishment of Ethical First Principles », Mind, 4:13, 1879, p. 106-107.

[16] P. Singer, La Libération animale, op. cit., p. 31.

[17] Ibid., p. 55.

[18] S. Clark, dans un dépliant de la RSPCA, On the Side of the Animals.

[19] M. Nussbaum, op. cit., p. 351 et 392.

[20] R. Garner, The Political Theory of Animal Rights, Manchester, Manchester UP, 2005.

[21] D. Nibert, Animal Rights / Human Rights. Entanglements of Oppression and Liberation, Lanham, Rowman & Littlefield Publishers, p. 134.

[22] J.-B. Jeangène Vilmer, « Les sophismes de la corrida », Revue semestrielle de droit animalier, 2, 2010, p. 119-124.

[23] F. Wolff, « Gare à l’idéologie ‘animaliste’ », L’Humanité hebdo, 15 septembre 2007, p. 18.

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