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16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 16:58

Le 17 février 2017, le philosophe américain Tom Regan, s'est éteint des suites d'une pneumonie à l'âge de 78 ans. Théoricien du droit des animaux, il est auteur du Droit des animaux, publié en 1983 aux Etats-Unis et traduit en français en 2013. Il a prononcé un vibrant discours resté célèbre contre la vivisection, dans lequel il interpellait les chercheurs qui travaillent sur des animaux de laboratoire. "Déposez ces armes du mal et rejoignez-nous, vous les scientifiques assez courageux et assez bons pour défendre ce qui est juste et vrai".

 

Ci-dessous, la vidéo de sa réponse à la question Est-il besoin d'une Déclaration des Droits pour le règne animal (1989) lors d'un débat organisé à Londres par l'Institution Royale de Grande Bretagne en 1989, diffusé sur l'une des chaînes télévisées de la BBC.

 

 

Lien direct : https://www.youtube.com/watch?v=1phNCMLZIiE

 

Publications intégrales de Tom Regan sur le site de la Bibliothèque Virtuelle des droits des animaux : 

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2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 17:28

Le point de vue du philosophe et historien des sciences sur la biodiversité. Interview du Pr. Jean-Marc Drouin. Propos recueillis au Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris par Michelle Folco et Sophie Mouge, professeurs relais pour l’académie de Créteil au Muséum (Direction de la Recherche, de l’Enseignement et de la Pédagogie - Muséum National d’Histoire Naturelle) et  Gilles Camus, responsable du site "Planet-Vie". Publié le 20/06/2007 sur http://planet-vie.ens.fr/content/epistemologie-biodiversite-drouin

 

 

A propos de Jean-Marc Drouin

Professeur de philosophie et d'histoire des sciences au Muséum national d'histoire naturelle, directeur adjoint du centre Alexandre-Koyré, est l'auteur de nombreuses études sur l'histoire de la botanique et de l'écologie. Il a publié à ce jour :

L'herbier des philosophes

Philosophie de l'insecte

L'Ecologie et son histoire : réinventer la nature

Théories de l'évolution

L'origine des espèces

 

Sommaire de l'entretien

1) Définition de la biodiversité

2) Du concept au terme précis de biodiversité

3) L'estimation de la biodiversité au cours de l'histoire

4) L'expédition Santo 2006

5) Date des premiers inventaires

6) Motivations des premiers catalogues

7) Les cabinets de curiosités

8) Méthodologie pour la réalisation des catalogues au cours de l'histoire

9) La curiosité, unique motivation des scientifiques ?

10) Quantification du nombre d'espèces et estimation des lacunes

11) Y a t'il une crise actuelle de la biodiversité ?

12) La notion de crise est-elle adaptée avec 15 millions d'espèces estimées ?

13) Préservation de la biodiversité et évolution

14) Faut-il conserver la biodiversité en l'état ?

15) Prise de conscience de l'interaction entre la biodiversité et l'Homme

16) Discours de "Valeur" contre discours "Utilitariste"

17) Le rôle de l'enseignant

 

1. Mr Drouin, en tant que philosophe et historien des sciences, comment définiriez-vous le terme "biodiversité" ?

 

"La biodiversité est la diversité biologique qui peut se définir à trois niveaux : diversité génétique (à l’intérieur de l’espèce), diversité des espèces et diversité des écosystèmes. La notion est apparue dans les années 80 avec l’expression de "diversité biologique" et la définition de ses trois niveaux. Par la suite, le mot "biodiversité" a contribué au succès de son concept mais d’une certaine façon, l’idée était présente depuis longtemps. Les disciplines naturalistes révolutionnées par l’évolution et l’écologie sont des savoirs basés sur la diversité naturelle, c’est-à-dire biologique (et géologique). Se pose alors le problème des rapports entre la diversité naturelle et la diversité culturelle du lieu.

 

2. Donc finalement, le concept de diversité du vivant va subir une évolution au fil des découvertes scientifiques. Le concept était donc déjà né avant qu’on lui attribue un terme précis : biodiversité ?

 

Un concept existe-il avant qu’il soit nommé ? C’est un grand problème récurrent dans les discussions entre les philosophes-historiens des sciences ! On l’admet bien pour l’évolution puisque Lamarck lui-même n’employait pas encore le terme ‘évolution’ ni même "transformisme".

 

Il disait clairement que les espèces se transforment, l’expliquait et donnait même un mécanisme (qui n’est pas celui qu’on retiendra par la suite) mais aucun mot concret ne résumait ces processus malgré l’existence de périphrases. Pour la diversité des espèces, cela paraît plus difficile. Mais il me semble tout de même qu’on peut parler de biodiversité des espèces avant la naissance du concept.

 

Un botaniste de la fin du XVIIIème siècle (ou du début du XIXe siècle) remarquait qu’on accusait les botanistes d’utiliser une profusion de termes. Ceux-ci répondaient que c’était comme si on accusait la nature d’être trop prodigue ! Il y a l’idée d’une profusion d’espèces qui entraîne une profusion de noms... Alors que certaines sciences tendent à simplifier et à ramener la diversité du réel sous un principe unique, c’est le contraire qui s’opère en biologie : il faut rendre compte de la diversité.

 

Les grandes théories du XIXème siècle seront donc amenées à la fois à souligner l’unité du vivant et en même temps sa diversité.

 

3. L’idée de biodiversité était donc déjà présente, comment pouvait-on l’estimer ?

 

Il existait différents calculs : on essayait d’estimer le nombre moyen d’espèces par genre. Par la suite on tentait d’évaluer les rapports entre la surface d’un pays et le nombre d’espèces qui s’y trouvaient. Puis au début du XIXème siècle, l’émergence de l’arithmétique botanique a permis des comparaisons du nombre d’espèces selon les différents groupes systématiques.

 

À l’époque de la Révolution française, on cherchait à justifier l’utilité de l’histoire naturelle. Constatant qu’une forêt ne possédait que 25 espèces d’arbres différentes, il paraissait crucial d’en importer pour en avoir plus et donc davantage de diversité : c’est l’époque de l’émergence des jardins d’acclimatation. On justifie l’utilité sociale de la connaissance naturaliste par l’augmentation du nombre d’espèces par importation d’espèces étrangères dans un pays. Quantité d’introductions ont été bénéfiques ou neutres. Mais actuellement la tendance est plutôt à la peur car certaines introductions ont eu des influences nocives (notamment dans les îles et les milieux fermés).

 

Si l’on reprend une analyse critique de Raphael Larrère lors d’un récent colloque, on peut se demander s’il existe une bonne et une mauvaise diversité. Par exemple, si l’importation de quantités de plantes dans une île des Kerguelen fait disparaître les plantes endémiques, il n’y a aucun gain. Mais il ne faut pas considérer non plus que toute migration d’espèces soit à proscrire. Il s’agit d’un thème important qui touche à l’éthique de l’environnement, à des problèmes de valeurs et qui demandent beaucoup de connaissances théoriques de la part des collègues de disciplines telle que l’écologie.

 

4. Comment percevez-vous le travail actuel fait sur l’île de Santo ?

 

Ce qui me semble intéressant dans la mission Santo, c’est la permanence de la démarche de « voyage ». Fontenelle, un philosophe du XVIIIème siècle, faisant l’éloge de Tournefort disait que la botanique n’est pas une science sédentaire parce que les livres pour s’en instruire ont été dispersés à la surface de la Terre ; si on veut étudier la faune, la flore et la géologie des îles du Pacifique, il faut que des gens aillent sur place, et plus précisément des scientifiques.

 

Dans ce sens, la mission actuelle sur l’île de Santo est d’un grand intérêt. D’abord il est réjouissant de voir la permanence du voyage comme démarche scientifique. De même que dans l’histoire de la médecine, on constate la permanence de la clinique, c’est-à-dire de l’observation du cas. La médecine se transforme, se modernise l’observation du cas demeure. Les mathématiciens d’aujourd’hui ne sont plus ceux du temps d’Archimède mais continuent cependant de calculer. L’expérimentation a joué un rôle décisif dès l’époque de Galilée en physique, de Lavoisier en Chimie ou de Claude Bernard en physiologie, elle est de nos jours différente mais reste une démarche fondamentale.

 

Il y a des démarches comme celle du questionnement du réel qui imposent un déplacement - qu’il s’agisse d’un déplacement de proximité ou d’une grande expédition scientifique. Dans certains cas, la grande expédition est le seul moyen efficace de répondre aux questionnements des chercheurs. Elle permet à la fois d’aller chercher un objet qu’on ne trouve pas sur place et de voir varier les conditions de milieu. Epistémologiquement, il s’agit d’une démarche fondamentale. Il est donc vraiment important que des expéditions puissent encore voir le jour et qu’elles se fassent en relation avec le public. En effet ces grandes expéditions ont contribué à l’évolution théorique des disciplines naturalistes et ont de surcroît alimenté l’imaginaire et l’intérêt du public pour les questions scientifiques.

 

5. À quelle période peut-on commencer à dater les premiers inventaires de faune et de flore effectués par les scientifiques ?

 

Les premiers inventaires datent de la fin du XVIIème siècle, mais surtout du XVIIIème siècle, le siècle des Lumières. À l’époque, on parlait de catalogues et non d’inventaires car il y a dans ce mot une notion de fragilité et d’appartenance à un patrimoine ; c'est-à-dire que le mot inventaire suggère une peur de la disparition, ce qui n’était pas le sentiment unanime à l’époque des premiers voyages naturalistes.

 

6. Pourquoi les scientifiques ont alors ressenti le besoin de faire des catalogues de la biodiversité ?

 

Ce besoin d’élaborer des catalogues répond tout d’abord à des motivations économiques. 
D’une certaine façon, ce sont les Européens qui font le catalogue de la diversité biologique des autres parties du monde donc de ce point de vue-là, on ne peut pas ne pas parler de différentes aires culturelles. Sur place, ils rencontrent des savoirs locaux concernant cette diversité. Selon les cas, les pays et les individus, soit ils prennent en compte ces savoirs et il y a rencontre et métissage culturels, soit ils arrivent en pays conquis et alors il y a un vide. En fait, tout n’était pas forcément déjà connu et il arrivait aussi aux scientifiques de découvrir des plantes ou des animaux auxquels les gens sur place n’avaient pas forcément pris garde. 
Un paradoxe est souvent soulevé par les auteurs du XVIIIème siècle. En effet, les plantes et animaux rencontrés sont déjà intégrés aux cultures sur place. Or, en l’honneur d’Adanson, on a donné au baobab le nom d’Adansonia, mais lui-même protestait en arguant qu’il s’agit d’un arbre africain et qu’il faut donc l’appeler baobab et non du nom de son descripteur européen !

 

Un des autres buts de ces catalogues était aussi de répertorier les ressources dont on dispose, c'est-à-dire la diversité qui est utile pour l’homme. Avant même les premiers naturalistes en voyage en Amérique, les marins avaient déjà rapporté le tabac, la pomme de terre, la tomate, le maïs etc… 


Le cadre de vie quotidien, les jardins et la nourriture sont profondément marqués par le transfert des plantes et animaux d’un continent à l’autre. C’est l’époque où on rêve d’acclimater quantités d’arbres dans nos forêts.

 

7. Certaines espèces étaient aussi rapportées à la cour : ont-elles contribuées à l’élaboration des cabinets de curiosités ?

 

Les espèces étaient effectivement rapportées à la cour, mais mortes et constituaient les cabinets de curiosité. Par la suite, toutes les espèces vivantes collectées ont permis d’élaborer des cabinets d’histoire naturelle. 


On peut dire d’une certaine façon qu’à la Renaissance et au début du XVIIème, on cherche l’élément curieux comme par exemple le rémora, la rose de Jéricho, le bezoar, la dent de Narval. Ensuite, les scientifiques se sont dits que toutes les coquilles d’escargot des jardins, tous les chênes d’Amérique du nord pourraient être aussi intéressants à étudier. On passe donc de l’extraordinaire, du curieux et du merveilleux à une forme de recherche d’exhaustivité. 


Cette recherche est liée à des intérêts économiques, à la recherche de médicaments, mais aussi à une idée de la richesse de la nature. Pour Galilée et les autres géomètres, la nature est écrite en langage mathématique, mais pour les naturalistes, c’est un trésor. Les idées religieuses étaient omniprésentes et soulignaient une profusion de la nature. Le premier jardin botanique était pour eux celui d’Eden ! Finalement, la connaissance de la biodiversité était à l’époque une façon de se rapprocher le plus possible de Dieu et des créatures qu’il aurait créées… 


Ceci me rappelle une plaisanterie à propos du généticien Haldane : un théologien lui avait demandé si l’histoire naturelle nous apprenait quelque chose sur Dieu et ce dernier lui a répondu : "Oui ! Un amour immodéré des coléoptères !"…

 

8. Comment procédaient ces scientifiques pour faire le catalogue de toute cette faune et flore, sachant que les techniques de l’époque n’étaient pas aussi sophistiquées que celles d’aujourd’hui ?

 

Il existe un livre d’Yves-Marie Alain sur le voyage des plantes à l’époque de la marine à voile. On note que le transport des plantes vivantes présente un aspect héroïque et lourd de conséquence. Actuellement, on ne s’étonne plus de trouver du café ‘pur Arabica Colombie’ alors que l’aire d’origine de ce café est dans la péninsule arabique ! Ces plants ont été transportés par les Hollandais dans leurs colonies d’Asie du sud-est, donnés ensuite au Jardin des plantes de Paris puis transportés dans les Antilles. L’histoire raconte que le premier voyageur qui a apporté un pied de café aux Antilles a partagé sa ration d’eau avec son plant de café à cause d’une pénurie à bord ! De même, Bernard de Jussieu aurait rapporté d’Angleterre, un cèdre du Liban dans son chapeau ! Cet arbre se trouve actuellement au Jardin des plantes.

 

L’important est de constater qu’il s’agit d’une tâche difficile, qui est réalisée aux XVIIIème et XIXème siècles. De ces expéditions, il nous reste des caisses dont l’une est actuellement exposée dans la grande galerie de l’évolution du Muséum de Paris -sorte de petites serres de voyage faites en grillage et verre pour le transport de plantes vivantes. Le transport des graines était lui plus facile.

 

9. Ne s’agissait-il donc que de scientifiques qui partaient par pure curiosité dans le but de découvrir de nouvelles espèces ?

 

Au début, de nombreux collecteurs non scientifiques rapportaient des spécimens aux scientifiques qui pour la plupart ne voyageaient guère. Mais au fil du temps, les scientifiques ont fait partie des expéditions : il n’est qu’à rappeler le jeune Darwin partant sur le Beagle pour faire le tour du monde ou encore Philibert Commerson qui part dans l’expédition dirigée par M. Bougainville et trouve un arbuste au Brésil auquel il donne le nom du chef de l’expédition, le Bougainvillier : arbuste des zones chaudes tempérées et tropicales actuellement connu de tous !

 

10. Les scientifiques arrivaient-ils à quantifier le nombre d’espèces qu’ils inventoriaient et avaient-ils conscience des manques ?

 

Ils disposaient d’un dénombrement des espèces : quelques milliers au XVIIème siècle, quelques dizaines de milliers au XVIIIème et enfin des centaines de milliers au XXème siècle. Chaque siècle, 10 fois plus d’espèces sont mises en évidence. On ne peut pas connaître toutes les espèces, ni les retenir, ni les classer. Ainsi Tournefort, afin de les regrouper, fixa la notion de ‘genre’, puis d’autres naturalistes ont défini celle de famille etc. D’une certaine façon, le travail de classification et de nomenclature est lié aux nécessités de traiter cette multitude de plantes ou d’animaux. 

 

Concernant les manques, les scientifiques ont le sentiment que le travail de classification est indispensable d’un point de vue pratique, car pour ranger il faut classer. Cela les aide à refléter l’ordre de la nature pour donner un sens à la classification. Se pose alors le problème des transitions entre familles et la question de savoir comment boucher les « trous » entre groupes systématiques.. Tous pensent alors qu’une classification naturelle est un idéal à atteindre mais beaucoup estiment qu’on y parviendra seulement lorsque davantage de plantes seront répertoriées.

 

Imaginons que l’exploration d’une île amène la découverte de 300 espèces. Représentent-elles le tiers, la moitié ou les 3/4 de ce qui existait réellement ? Ceci restait difficile à dire. Mais des estimations ont vu le jour au fil du temps, liées à la naissance de la biogéographie. Après la phase de quête de curiosités, puis de catalogues exhaustifs s’impose l’idée d’une distribution des espèces dans l’espace. Par exemple, certaines espèces animales ou végétales se trouvent un peu partout et d’autres sont endémiques (on ne les trouve que là). 
Une idée émerge bientôt : dans les îles, il y a proportionnellement moins d’espèces que sur une surface égale de continent (à paramètres égaux).

 

11. Vous semble-t-il avisé de parler aujourd’hui de crise de la biodiversité ?

 

On peut parler de crise mais à condition de savoir qu’il ne s’agit pas de la première et qu’elle n’est pas unique. Il ne s’agit pas de ‘La Crise’ mais plutôt de plusieurs situations de crises. Il existe des diversités d’usage et de pratiques culturelles qui créent des diversités naturelles.

 

Un des intérêts d’une expédition comme SANTO 2006 est justement de prendre la mesure du changement. Ce changement a des caractères de crise mais aussi des caractères de transformations et de rencontres, même si on a l’impression que les aspects catastrophiques dominent.

 

12. Actuellement, on ne connaît que 1,5 million d’espèces alors qu’il en existerait 15 millions. Pensez-vous que la notion de crise garde alors toute sa dimension ?

 

Je ne connais pas ces chiffres et je laisse aux collègues scientifiques le soin de les préciser. Ce que l’on ne connaît pas disparaît sans doute aussi vite que ce que l’on connaît, donc il y a certainement des espèces qui disparaissent avant même qu’on ne les connaisse.
Par exemple, l’homme a eu le temps de connaître le Dodo avant sa disparition. Cela paraît rassurant car l’idée que des espèces vont disparaître sans même les avoir connues est frustrante. En effet, on ne peut alors pas en conserver de traces matérielles : certains produits de l’évolution sont perdus, ce qui prive le monde vivant de possibilités de changement. On se prive des possibilités d’évolution de nouvelles ressources, d’adaptation à des changements climatiques ou autres.

 

Je crois qu’il ne faut pas opposer l’idée de transformations continuelles dans la nature au souci de protéger, de conserver et de préserver les ressources naturelles, même si tous ces termes ne sont pas équivalents. De même il ne faut pas opposer diversité culturelle et diversité naturelle parce que la diversité des cultures vient aussi de la diversité des environnements naturels. Parallèlement, la diversité des cultures, par la diversité des usages qu’elle induit, contribue à la diversité naturelle. Il y a donc un cercle vertueux, un enrichissement mutuel et une interaction. Même si toutes les idées de développement durable présentent beaucoup d’ambiguïtés et ne sont pas toujours très claires, on relève quand même cette idée de préserver des possibilités de changements et en quelque sorte de ne pas brûler nos vaisseaux.

 

13. En voulant préserver cette biodiversité, n’y a-t-il pas un risque que l’homme canalise l’évolution des êtres vivants et finisse par la freiner ?

 

Non, l’homme ne va pas canaliser l’évolution en voulant préserver la biodiversité. Il me semble plutôt qu’il y a danger si on ne lutte pas pour préserver la biodiversité car on canalise alors l’évolution en réduisant ses possibilités. Si on ne fait rien et qu’on laisse simplement faire l’effet des forces économiques, des transformations non voulues de la nature, alors il y a danger. 
Le problème que vous soulevez existe, mais il me semble qu’il y a moins de dangers si on agit sur la préservation de la biodiversité que si on ne lutte pas et qu’on laisse polluer toutes les rivières par exemple ou si on laisse faire l’effet de serre au maximum… Car dans ce cas, on va se retrouver entraîné dans un flux de changements complètement canalisés qui ne sont pas obligatoirement ceux qui sont les plus souhaitables.

 

L’action de l’homme sur la nature a d’un autre côté des aspects positifs. C’est par ses pratiques par exemple que l’on peut nourrir autant d’hommes sur terre, qu’on a pu réguler des maladies… Il ne faut pas avoir un point de vue purement négatif, l’important c’est surtout de faire un état des lieux et être conscient du fait qu’il faut maîtriser notre propre pouvoir sur la nature. Ceci est difficile car longtemps l’homme a été faible devant la nature donc il a pris l’habitude de lutter contre elle et non de la préserver. Actuellement, encore, des éléments naturels nous rappellent que nous ne sommes pas toujours les plus forts…

 

14. Mais pensez-vous qu’il soit quand même souhaitable de conserver la biodiversité en l’état ?

 

Non, il faut ne faut pas obligatoirement conserver la biodiversité en l’état, mais il faut conserver les possibilités de changement. On peut faire le rapprochement avec l’idée de patrimoine : si on veut transmettre quelque chose aux générations futures, il ne faut ni ne toucher à rien ni « vendre la maison ». Il faut laisser évoluer les choses…

 

En fait, le problème de la crise de la biodiversité pose le problème du rythme de l’évolution. Ce rythme est devenu si important que l’extinction qui nous menace risque d’être irréversible. Si on ne maîtrise pas mieux notre ascendance sur la nature, alors vont disparaître des capacités de récupération de la nature et d’adaptation aux changements.

 

15. En fait, la crise de la biodiversité touche directement l’Homme : la prise de conscience de son existence le concerne donc directement et pas seulement la Nature au sens large. 
D’après-vous peut-on dater cette prise de conscience ?

 

Cette question est un vrai socle de discussion : je crois que tout le monde devrait pouvoir admettre que l’avenir de l’espèce humaine, au moins d’un point de vue qualitatif, réclame un certain nombre de changements dans nos attitudes vis-à-vis de la nature.

 

On trouve des naturalistes dès le XIXème siècle qui expliquent que lorsqu’une forêt disparaît - Auguste St Hilaire parle de déforestation au Brésil - plusieurs plantes utiles, comme des médicaments, sont peut-être en train de disparaître. Mais en envisageant les thèmes du changement global cela prend encore une autre échelle. Ce n’est pas simplement une espèce qui aurait pu être à l’origine de ressources importantes qui disparaît, mais c’est aussi notre propre environnement de vie.

 

La grande question qui est posée à la philosophie de l’environnement par certains auteurs est : est-ce que cette prise de conscience est suffisante ? Protéger la nature pour nous protéger c’est encore de l’anthropocentrisme, un anthropocentrisme subtil, mais un anthropocentrisme tout de même. C’est une sorte d’égoïsme intelligent. Ne faudrait-il pas aller plus loin jusqu’à reconnaître aussi une certaine forme de valeur intrinsèque aux choses de la nature ? De la même manière que l’on pense que si la Joconde, Notre Dame de Paris ou la Tour Eiffel disparaissaient cela représenterait une perte importante, de la même manière savoir que tel paysage du grand nord canadien ou telle espèce de la canopée tropicale existe, cela a une valeur.

 

En effet il faut les considérer comme des produits de l’évolution, les produits d’une histoire et dire qu’ils ont une valeur. Il ne s’agit pas de dire que leur valeur doit l’emporter sur tout autre considération et que c’est la seule valeur mais je crois qu’il faut aller un peu plus loin que l’argument d’utilité. En tout cas, défendre la nature et ses produits, d’une certaine manière, c’est aussi vouloir défendre l’Homme.

 

Le darwinisme et toute l’histoire naturelle nous ont appris que nous appartenons à cette nature et que nous sommes donc embarqués dans la même aventure qu’elle. C’est déjà une première prise de conscience et nous pouvons aller au-delà en donnant une certaine forme de valeur à des éléments de la nature. Ceci dit, s’il fallait choisir entre le virus du SIDA et les êtres humains, il n’y aurait pas à hésiter ! Mais c’est souvent très compliqué car entre les tigres et les paysans de l’Inde qui se font attaquer par les tigres, par exemple, la cohabitation est très difficile.

 

Ainsi il est parfois très difficile de concrètement arbitrer. Mais après tout, la politique, la morale et la philosophie sont pleines d’arbitrages entre des valeurs contradictoires.

 

16. Peut-on parler de « valeur » en opposition avec « utilitaire » ? Est-ce qu’historiquement on a des exemples qui montrent que les arguments utilitaires ont finalement plus de moyens de faire avancer les choses que les arguments de valeur ?

 

Dans l’histoire on retrouve les deux, mais disons que les jugements de valeur ne deviennent opérants que lorsqu’ils ont des financements. En même temps, trouver des financements pour faire quoi ? Il faut bien avoir des jugements de valeur, d’abord pour convaincre le public de l’intérêt de la chose et puis pour que cela ait un sens. 

 

On ne va pas dire que l’on envoie une expédition avec 150 scientifiques et que l’on donne des moyens financiers simplement pour donner bonne conscience à des groupes industriels. On va dire que :

- l’expédition a un intérêt scientifique parce que cela fait partie de la gloire de l’esprit humain de chercher à connaître le réel

- que pour protéger les éléments de la nature, il faut les connaître

- que cette nature est aussi le cadre de vie de culture et de populations locales avec lesquelles on peut essayer d’établir d’autres liens que ceux qui existaient à l’époque coloniale.

 

Ce sont là des arguments de valeur morale. Regardez ce qui se passe avec l’art, les journées du patrimoine mobilisent un tas de gens. Finalement l’humanité marche aussi aux valeurs et pas seulement aux intérêts.

 

Mais après, une fois que l’on a déterminé par des valeurs qu’une expédition scientifique est importante pour trouver les moyens de la réaliser, il faut aussi un dédommagement en termes d’utilité. 

 

Ainsi, je mettrais d’abord le jugement de valeur, et après il faut être réaliste en cherchant des compensations, des dédommagements, des financements en termes d’utilité. Mais l’utilité pour l’utilité ne mènerait à rien…

 

17. On distingue dans le public concerné par les missions, le grand public et le public scolaire. Quel message voudriez-vous faire passer aux enseignants qui se retrouvent face aux questions de leurs élèves sur la crise de la biodiversité ? Pensez-vous que les enseignants doivent alerter les élèves ? L’enseignant a-t-il un rôle à jouer ?

 

"Alerter" est un bien grand mot car il annonce une catastrophe. Non je verrais plutôt pour l’enseignant l’idée qu’il doit transmette des notions, qu’il doit éduquer les élèves à la liberté des citoyens. 

 

La citoyenneté, la liberté, le rapport au savoir, la transmission des valeurs culturelles ça comprend entre autres choses la prise de conscience du rapport à la nature. Je crois que, d’une certaine façon, c’est ce que les enseignants ont toujours fait à l’école en transmettant la culture qui est un type de rapport à la nature.

 

L’enseignant a tellement de choses à enseigner que c’est plutôt à lui de voir dans ce qu’il enseigne ce qui s’inscrit dans la biodiversité plutôt que d’en rajouter. 
Mais peut-être que par une ruse de la raison, cette nature lointaine et exotique qui a un parfum d’aventure peut aussi amener à voir la nature proche, la nature au quotidien. Il existe également une chose qui peut être réconfortante pour les enseignants, c’est de voir que les expéditions font évoluer l’image de la science. Les élèves ont parfois une image stéréotypée de la science : celle du savant fou, de la science toute puissante, de la science confondue avec la technologie. Alors que pour les élèves, étudier la carte de répartition d’une espèce de palmier ou la reconstitution d’un arbre généalogique des poissons, c’est aborder différemment la science. Il ne s’agit pas d’opposer une bonne science, qui a un parfum d’aventure et qui est respectueuse de la nature, a une science dure, mais il s’agit de montrer qu’il y a de multiples manières de faire de la science.

 

Le pluralisme épistémologique, c’est-à-dire l’idée que toutes les démarches scientifiques ne sont pas sur le même modèle, est illustré ici. Selon la diversité des objets que l’on étudie il y a une diversité d’approche. La science reste une aventure humaine !

 

Un des aspects intéressants de l’expédition SANTO sera d’observer sur les photographies la rencontre des scientifiques avec les populations autochtones. En effet il est important de montrer que l’expédition n’arrive pas sur une terre vierge. Il y a une rencontre avec la population locale, et la science n’est pas faite que par l’Europe mais par la rencontre de l’Europe avec les autres aires culturelles."

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2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 13:29

Durant les années 1996-97, pendant 18 mois, le naturaliste Ben Kilham, a élevé trois oursons orphelins pour en faire des adultes sauvages et forts. Le National Geographic a filmé la lutte qui s’est engagée pour leur survie. Squirty la femelle et ses oursons donneront à Ben, et au National Geographic la possibilité de s’introduire dans la vie secrète des ours noirs sauvages, à un niveau encore inexploré. Voici le documentaire dans son intégralité (environ 1h).

 


(Documentaire FR) Dans La Peau D'un Ours EP 25... par DX919

 

A propos de Ben Kilham : 

Dyslexique dans son enfance mais doté d'un QI de surdoué, Ben Kilham a le don de comprendre les ours mieux que quiconque. Il prétend même être capable de penser exactement comme eux. Depuis près de douze ans, il étudie les ours noirs et a élevé plusieurs oursons. Sa protégée la plus douée est Squirty, une femelle qu'il a trouvée à l'âge de sept semaines et à qui il a tout appris.

 

Son site officiel (en anglais) : 

http://www.benkilham.com/Benkilham.com/HOME_PAGE.html

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8 septembre 2016 4 08 /09 /septembre /2016 11:18
Sarcosuchus imperator : 12m et 10 tonnes de crocodile

En l’an 2000, Paul Sereno et son équipe ont pu reconstituer le squelette de Sarcosuchus imperator, l’un des plus grands crocodiliens du monde. Ce crocodile géant régnait sur les rivières africaines du Crétacé moyen, il y a environ 110 millions d’années.


Sarcosuchus est issu d’une branche annexe de la famille des crocodiliens, différente de celle qui a produit les crocodiles actuels.


La découverte de Sarcosuchus


C’est à Gadoufaoua, dans le désert du Sahara, au Niger, que l’équipe de paléontologues a entamé son expédition de 4 mois.
Gadoufaoua est un cimetière légendaire de fossiles où Paul Sereno était venu chercher des fossiles de dinosaures.


En l'an 2000, il n'y a pas trouvé de dinosaures mais des fossiles de crocodiles de toutes tailles. Au Crétacé moyen, quand des rivières coulaient au milieu des plaines fertiles du Sahara, cinq espèces au moins de crocodiles peuplaient cette partie de l'Afrique. Sarcosuchus y faisait figure de monstre et ne craignait personne, pas même Suchominus tenerensis, un spinosaure muni de redoutables griffes.


En tamajaq, langue des touaregs de ce désert, Gadoufaoua signifie littéralement « « l’endroit où les chameaux ont peur de passer ». Mais pour les paléontologues, c’est surtout le plus riche gisement de fossiles de dinosaures du continent africain.


Parfois, la chance sourit aux scientifiques. Dès son arrivée, l’équipe se retrouva nez à nez avec un énorme crocodile qui, de toute évidence, devait constituer une menace pour n’importe quel dinosaure. A l’aide de brosses et de poinçons, ils commencèrent à débarrasser délicatement les mâchoires fossilisées de leur gangue de pierraille. Chacune d’entres elle faisait bien la taille d’un homme. Mais, le monstre qui disposait de telles armes n’était pas un dinosaure : c’était un gigantesque crocodile.


Sarcosuchus, cependant, n’était pas un inconnu. Une partie de ses dents coniques, de ses vertèbres, et des plaques d’écailles d’une trentaine de centimètres avaient été découvertes par Félix de Lapparent, paléontologue français, en 1947. D'autres os avaient été exhumés par Philippe Taquet, un autre paléontologue français, en 1964 sur le site de Gadoufaoua, justement.
Mais les fossiles fragmentaires étaient malheureusement insuffisants pour reconstituer l’animal.

 

Portrait d'un géant


Sarcosuchus Imperator mesurait 11 à 12 m de long. Son poids a été estimé à 9 tonnes.

Il vivait probablement au bord des fleuves et attaquait les herbivores qui venaient s'y abreuver. Quand on sait qu'un Ouranosaurus adulte mesurait 7 m de long, on se doute de la puissance de ce crocodile pour pouvoir entraîner une telle proie au fond de l'eau.

Âgés de 110 millions d'années, l'étude de fossiles découverts au Niger a permis aux scientifiques d'en savoir plus sur l'anatomie, la taille, le mode de vie et sur la place dans l'arbre de l'évolution de ce reptile géant.

Sarcosuchus possédait une superbe armure. Des écailles, d’une longueur de 30 cm, assuraient une protection efficace sur le cou, le dos et la queue.


Les scientifiques estiment que ce crocodile atteignait sa taille adulte à l'âge de 50 ou 60 ans. Certaines caractéristiques du crâne et des mâchoires de Sarcosuchus imperator pourraient le rapprocher d’une famille de crocodiles marins piscivores, comme Pholidosaurus et Terminonaris. Cependant, l'empereur des crocodiles vivait dans les rivières et avait une alimentation variée, au contraire de ses deux cousins carnivores.

 

Sarcosuchus imperator : 12m et 10 tonnes de crocodile
Sarcosuchus imperator : 12m et 10 tonnes de crocodile

Un crâne extraordinaire

 

Sarcosuchus se distingue de tous les autres crocodiliens par son crâne extraordinaire. Le crâne le plus complet fait un peu moins de 2 m de long. 

 

Plus d’une centaine de dents font saillie dans ses mâchoires étroites. Contrairement à tous les crânes des autres crocodiles, vivants ou disparus, celui de Supercroco (nom donné par Paul Sereno) s’élargit vers l’extrémité avant. On y observe une rangée de grandes incisives meurtrières. Il est évident que Sarcosuchus ne se contentait pas de poissons.


Dans le renflement, au bout du museau, loge une cavité énorme placée sous les narines. L’animal devait avoir un odorat exceptionnel et un cri tout à fait particulier.
 

Reconstitution

 

Les fossiles retrouvés ont permis de rassembler un peu plus de 50% du squelette, assez pour reconstituer un spécimen à sa taille réelle.

La BBC a fait revivre ce super prédateur, pour notre plus grand plaisir, grâce à la magie de l’informatique. (vidéo ci-dessous, cliquer ici si elle ne fonctionne pas : https://www.youtube.com/watch?v=QjeKEOMH0IM)
 

Sources : http://www.dinosoria.com/sarcosuchus.htm / National Geographic (2000) / BBC

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5 juillet 2014 6 05 /07 /juillet /2014 14:32

HISTOIRE D'UN SYMBOLE 

Dans l’hémicycle du Bundestag, le parlement allemand, tous les regards convergent vers lui. Il est gigantesque, imposant, un peu dodu aussi : l’aigle, et plus exactement, le Bundesadler, l’aigle fédéral.

 

 

Des aigles, on en retrouve un peu partout en Allemagne :

- sur l’étendard du président de la République fédérale,
- sur les anciens billets de 100 DM et maintenant sur les pièces d’un Euro,
- sur les timbres poste,
- sur les maillots de foot, ou même parfois directement sur la peau des supporters.

 

Vénéré dès l'Antiquité

 

L’histoire de cet aigle remonte au tout début de la culture humaine. Symbole du soleil, symbole de puissance et d’immortalité, l’aigle était déjà vénéré dans les cultures orientales tout comme chez les Grecs et les Romains où il symbolisait l’empire romain (SPQR signifie Senatus Populusque Romanus, soit "le Sénat et le peuple Romain" : emblème de la République Romaine repris par tradition par l'Empire). Le Dieu suprême des Germains, Odin, s’incarnait lui aussi volontiers en aigle. En l’an 800, Charlemagne (à droite) va choisir le symbole de l’empire romain, l’aigle pour incarner l’immense empire qu’il a conquis de haute lutte, et qui va devenir le Saint Empire romain germanique.

 

 

Associé aux croisés germaniques au Moyen-Age

 

Au Moyen-âge, pendant les croisades, on reconnaîtra les croisés germaniques à cet aigle qui orne leurs étendards et leurs boucliers. Le symbole s’impose. Au 12ième siècle, on lui ajoute une épée à la patte droite, et un sceptre, ou un globe crucifère, à la patte gauche. Au 15ième siècle, il devient bicéphale (ci-contre), à l’image du roi ET empereur. Deux têtes qui surveillent attentivement les pays slaves comme l’occident.

 

Envié par Napoléon puis emblème de l'unification allemande

 

L'aigle, au coeur de la symbolique napoléonienne

 

Et pourtant... "Un aigle de France s’éleva – coucou, dans les plumes de l’empereur romain il vola – coucou", dit une chanson de 1800. Jeune et toutes griffes dehors, un autre aigle s’est en effet levé à l’Ouest. Napoléon va fondre sur l’empire romain germanique et l’achever d’un coup de bec. Mais l’aigle allemand, tel un phénix, renaît de ses cendres et tout au long du 19ième siècle, il sera de tous les combats pour l’unification allemande. Bismarck qui réalise cette unité choisira définitivement comme symbole national l’aigle à une tête, auquel il ajoute toutefois les symboles de la monarchie prussienne : une couronne, une chaîne, un bouclier. Après la guerre 14-18, la République de Weimar le fait redessiner par Tobias Schwab : un aigle dénudé de ses symboles monarchiques auquel de surcroît la crise économique fait perdre bien des plumes : on l’appelle alors "Pleitegeier", "vautour de faillite". Ci-contre, affiche de propagande française vantant la victoire face à l'Allemagne lors de la guerre de 1914-1918 : le coq écrase l'aigle.

 

Choisi par Hitler, il devient un symbole nazi

 

Hitler, en le posant sur sa croix gammée, lui étend les ailes à l’image de ses idées expansionnistes. Ce symbole représente l’unité voulue par le Führer entre l’État : l’aigle et le parti : la croix gammée. Cet aigle aux allures martiales a la tête tournée à droite toute. On le retrouve partout, sur les casquettes et les tampons, l’aigle du IIIième Reich prend une ampleur et une présence inégalées jusqu’alors.

 

Depuis 1950 : l'apaisement

La toute nouvelle république fédérale reprendra en 1950 l’aigle comme emblème. En voici la description officielle : "l’emblème fédéral figure, sur un fond jaune d’or, un aigle noir monocéphale, la tête tournée vers la droite, les ailes déployées mais les plumes resserrées, le bec, la langue et les griffes de couleur rouge." Un aigle qui rappelle volontairement celui de la république de Weimar. Et en 1953, le sculpteur Ludwig Gies crée pour le bâtiment du Parlement à Bonn un immense aigle en plâtre aux formes un peu plus rondes. Un aigle qui a survécu à la réunification de l’Allemagne et qui, bien sûr, a suivi le déménagement de la capitale à Berlin en 1999. Et savez-vous comment les Allemands le surnomment, cet aigle ? "die fette Henne", la grosse poule. L’aigle s’est apaisé…

Source : Arte (avec Elsa Clairon)

Pour en savoir plus sur l'aigle

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30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 15:10

Les Animaux du Monde est une émission télévisée consacré au monde des animaux, produite et réalisée par François de La Grange (ci-contre) et diffusée sur la Deuxième chaîne de l'ORTF puis TF1 du 20 janvier 1969 au 29 avril 1990.

 

Diffusée deux fois par mois à la Télévision française sur la deuxième chaîne « couleur », elle était présentée par François de La Grange, Marie-Josée Neuville ou Marlyse Lowenbach (sa femme) et commentée avec l'appui scientifique d'une équipe attitrée de spécialistes animaliers : Francis Petter, Sous-Directeur au Muséum, Pierre Pfeffer, Chargé de recherches au C.N.R.S., Antoine Reille, Maître assistant à la Faculté des sciences, et Michel Klein, vétérinaire. 

 

 

 

Le générique de cette émission est devenu culte :

 

(Audio, version longue - 2:08)

Avec Antoine Reille, François de La Grange est l'un des fondateurs en 1969 de l'association des Journalistes-écrivains pour la nature et l'écologie (JNE). Il est également nommé Président-adjoint de la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) en 1971. Il remporte enfin la même année le prix Grammont de la Société Protectrice des Animaux (SPA).

 

À la mort de François de La Grange, survenue en 1976, Marlyse de la Grange poursuit la production de l'émission animalière avec Antoine Reille, à ses côtés comme co-producteur.

 

L'émission sera supprimée de la grille de TF1 le 29 avril 1990.

 

Voici différentes versions de son générique (via Youtube) :

 

(Le super toucan toco)
(Version sans paroles)

Sources : INA, Wikipédia, Youtube

 

Il est possible de télécharger les épisodes 1 à 21 de la série sur le site de l'INA, via ce lien (cependant ce n'est pas gratuit) http://boutique.ina.fr/video/fictions-et-animations/feuilletons-et-series/PACK120514962/les-animaux-du-monde-episodes-1-a-21.fr.html .



 

Pour en savoir plus sur "Les Animaux du Monde" :

http://biofaune.canalblog.com/archives/2013/01/20/26162028.html

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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 18:41

 

"Une incroyable animation réalisée avec des photos d’archives de la WWF !

 

Ceux qui s’intéressent au webdesign connaissent certainement la parallaxe, qui est un effet de changement de position de l’observateur sur l’image qu’il perçoit. (exemple de site en parallaxe). Pour faire clair, la parallaxe permet de donner un effet dynamique à une image fixe.

L’agence Make Productions a réalisé une vidéo impressionnante basée sur cet effet, en reprenant des images d’archives de la WWF. Au final, un rendu assez étrange et saisissant le tout sur une musique Snow Patrol.

Si vous utilisez Photoshop, certaines séquences vous feront aussi penser à l’effet de déformation de marionnette.

Bref, on en redemande !" [Vu sur mdelmas.net]

 

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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 12:58

Le 05/02/2008 dans Le Figaro : "Bovins, porcs et volailles, que nous consommons quotidiennement, sont alimentés avec du maïs ou du soja génétiquement modifiés.

 

 


L'interdiction de cultiver des OGM protège-t-elle pour autant nos assiettes ? Peut-on aujourd'hui trouver des produits OGM ou fabriqués à partir d'OGM dans le commerce ? La FNSEA comme Greenpeace sont d'accord pour dire que malgré les réglementations, des OGM parviennent quand même dans nos assiettes. La vente de produits contenant plus de 0,9 % d'organismes génétiquement modifiés et donc soumis à un étiquetage réglementaire est néanmoins tout à fait marginale. Mais l'administration ne dispose apparemment pas de données précises sur ce sujet.

 

La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), en charge du contrôle de l'étiquetage, n'a pas dressé de liste officielle de produits OGM vendus. Mais d'après l'association Greenpeace, qui a développé un réseau de 5 000 «détectives-citoyens», une trentaine de produits sont aujourd'hui vendus avec la mention spéciale «contient des OGM» ou «est susceptible de contenir des OGM». Conformément à la loi, cette mention est inscrite dans la liste d'ingrédients de chaque produit.

 

Dans son «panier», Greenpeace relève, pour l'essentiel, de l'huile de soja, de la farine de maïs et une kyrielle de produits américains importés, comme des céréales de la marque Oreo, de la préparation pour Muffin ou encore de la sauce barbecue. Ces trente produits ne sont qu'une goutte d'eau au regard des 80 000 références alimentaires du marché français.

 

«Liste rouge»

La législation ne prévoit pas une obligation d'étiquetage pour les produits d'origine animale qui ont bénéficié d'une alimentation pouvant être génétiquement modifiée. Le groupe volailler Doux précise que ses volailles commercialisées «sont nourries par du soja acheté sur les marchés mondiaux et qu'à ce titre il peut être génétiquement modifié». Cette entreprise agroalimentaire, présente au Brésil, précise aussi qu'elle est en mesure, «si ses clients l'exigent», de vendre des volailles n'ayant pas consommé d'OGM.

 

«Il faut arrêter de cacher la réalité aux Français. Nous importons tous les jours des OGM par bateau entier. L'essentiel intervient dans la fabrication de nourriture animale. Si les OGM sont dangereux, il faut le dire, et dans ce cas bloquer les arrivages dans les ports français», prévient Pascal Ferrey, vice-président de la FNSEA.

 

Greenpeace a dressé une liste rouge exhaustive (+ici en pdfde tous les groupes agroalimentaires qui ne garantissaient pas que la fabrication de leurs produits (œufs, lait, fromage…) se faisait hors de la filiale OGM. C'est-à-dire que les produits mentionnés ont pu être obtenus à partir de vache, volaille, porc… nourris à partir d'OGM. Des marques prestigieuses (Blédina, Nestlé-Guigoz, Lu Heudebert, Unilever-Maille, Lactalis-Bridel…) côtoient des PME parmi lesquelles beaucoup de fromageries. Il faut néanmoins préciser que Greenpeace ne distingue pas dans cette liste rouge les entreprises qui ne garantissent pas la filière non OGM et celles qui ont refusé de répondre à son questionnaire."

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25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 18:40

La Cour de cassation a confirmé les condamnations dans l'affaire du naufrage. Rappel des principaux faits de cette catastrophe écologique.

 

 

La Cour de cassation a validé mardi 25 septembre les condamnations, dont celle de Total, prononcées pour la marée noire provoquée par le naufrage d'Erika en 1999. Décryptage de cette catastrophe écologique en huit chiffres clés.

 

20.000 tonnes de fuel



Le 12 décembre 1999, le cargo Erika, vieux de 25 ans, battant pavillon maltais, affrété par Total avec 30.900 tonnes de fioul, se brise à une cinquantaine de kilomètres des côtes du Finistère. A la fin du pompage, le 5 septembre 2000, 11.235 tonnes de fioul sont récupérées mais 20.000 se sont échappées.

 

400 kilomètres de littoral dégradés

 

Le naufrage du bateau complètement rouillé de l'intérieur, selon le Bureau enquêtes-accidents mer (BEA-Mer), souille 400 kilomètres de littoral, du Finistère à la Vendée. Un audit chiffre les préjudices à près d'un milliard d'euros.

 

 

150.000 oiseaux

 

La catastrophe écologique a provoqué la mort de 80.000 à 150.000 oiseaux. Devant la perspective de voir casser l'arrêt condamnant Total dans l'affaire du naufrage, l'eurodéputé et ex-juge d'instruction Eva Joly s'était dite "choqué" au mois d'avril, insistant sur la protection des côtes sauvages.

 

200 millions d'euros de nettoyage

 

Total, qui craint pour son image, a plusieurs fois rappelé avoir versé 171 millions d'euros d'indemnisations aux parties civiles après le jugement de première instance qui s'ajoutaient aux "200 millions d'euros versés pour le nettoyage des plages".

 

19 mises en examen

 

A la fin de l'instruction, fin mars 2004, il y a 19 mis en examens, dont le capitaine Karun Mathur, l'armateur Savarese, l'affréteur Total, la société de classification Rina. En 2006, 15 prévenus sont renvoyés devant le tribunal de Paris pour mise en danger d'autrui, pollution, ou abstention volontaire de combattre un sinistre.

 

 

4 condamnés

 

Outre Total, la Rina, organisme de contrôle italien qui avait délivré le certificat de navigabilité, le directeur de la société exploitante et l'armateur ont été déclarés coupables. La cassure de la coque est attribuée à "une faiblesse de structure". En 2008, le tribunal condamne Total et Rina à l'amende maximale pour des sociétés (375.000 euros) et l'armateur Giuseppe Savarese et le gestionnaire Antonio Pollara à l'amende maximale pour des particuliers (75.000 euros). Les autres prévenus, dont le capitaine sont relaxés. En 2010, la cour d'appel de Paris confirme les condamnations de Total, Rina, Giuseppe Savarese et Antonio Pollara aux amendes maximales. Elle porte le montant des indemnisations de 192,5 à 200,6 millions d'euros.

 

200,6 millions d'euros de dommages et intérêts

 

Les parties civiles (Etat, collectivités locales, associations de protection de l'environnement) ont obtenu 200,6 millions d'euros de dommages et intérêts, dont environ 13 millions au titre de "préjudice écologique".

 

Une issue

 

L'avocat général de la Cour de cassation suscite un tollé parmi les parties civiles en recommandant dans un avis "une cassation sans renvoi de l'arrêt attaqué", c'est-à-dire une annulation de toute procédure, au motif que la justice française n'est pas compétente. Et d'assurer que c'est "la seule issue juridiquement possible". Le jugement de la Cour de cassation ne l'a donc pas suivi.

Source : nouvelobs.com

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9 septembre 2012 7 09 /09 /septembre /2012 18:02

C'était en 2001...

" Le Mexique renonce à une usine de sel

pour préserver la pureté d'une lagune.

 

 

En Basse-Californie (Mexique), cinq années de lutte acharnée entre les défenseurs des baleines et des promoteurs commerciaux se sont soldés par une victoire pour les amis des cétacés. En effet, la firme Mitsubishi et le gouvernement mexicain ont retiré leur projet de construction d'un site d'évaporation du sel, sur le littoral de la lagune San Ignacio. Chaque hiver, les baleines grises y migrent pour se reproduire ou mettre bas. Les écologistes avaient argué qu'elles seraient menacées par l'usine, qui aurait occupé 260 km2 et déversé de l'eau salée très concentrée. Sensible à ces arguments, l'ancien président mexicain, Ernesto Zedillo, a déclaré que le projet avait été abandonné pour préserver le site entourant la lagune : ce lieu, classé patrimoine de l'humanité, attire chaque année 3000 personnes.Source : National Geographic

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